L’IMPARTIAIL, JEUDI LE 8 NOVEMBRE, 1898 TR … [lesquels elle vivra, mais servir! ALBERTON HE ADQUARTERS LE POETE VAGABOND a Le poète Onésime Loye vit le jour à Lyon. 11 serait peut-être encore inconnu sans un hasard qui le mit en contact avec les lois de son pays. 1ls'en allait sur les routes poudreuses du Berri, sous le s0-: leil brûlant de ces jours der- niers, heureux de vivre, de con- templer le ciel bleu et d’enten- dre le gazouillement des oi- seaux à l'ombre des vertes fron- daisons. 11 s'en allait, portant allè- grement sa misère, comme le chemineau de Richenin, en en- filant des rimes. Sans souci du lendemain, il chantait sur son chemin, en son geant que le bon Dieu qui donne la pâture aux petits des oiseaux ne do't vas laisser mourir de faim un pauvre amoureux de la Muse, . etiltendit la main, un jour, pour avoir du pain. Mais le tricorne d'un gendarme vint lui rappeler que “la mendicité est interdite sur le territoire du dé- partement de l'indre”, et Oné- sime Loye fut emprisonné. Traduit devant le Tribunal correctionnel de La Châtre, sous l’incalpation de vagabondage et de mendicité, le pauvre poète Jyonnais a présenté lui-même sa défense, dans une forme si ori- ginale qu’elle mérite d’être rap- portée : —Votre nom ? lui demanda le président. —Onésime Loye, c'est ainsi qu'on me (nomme. — Votre âge ? —Voilà bien cinquante ans que je suis {honnête homme. — Votre domicile ? —La terre est mon seul lit, mon rideau, {le ciel bleu. —Votre profession ? Aimer, chanter, prier, croire, espérer (en Dieu. — Vous mendiâtes un pain ? —J'avais faim, magistrat, au cune loi du (monde. Ne saurait m'arrêter quand mon (estomac gronde. — Vous êtes un homme ins- truit ; pourquoi n'écrivez vous pas comme vous par-lez ? — Hélas ! les éditeurs sout de terribles (gens, Qui se montrent pour nous assez peu |[complaisants. “Quand vous serez cèlèbre, ont-ils dit, {mon cher mai- tre. “Nous nous occnperons vous faire (connaitre |” Je beau discours n’empêcha pas l’infortuné poète d’être cun- damné à vingt-quatre heures de prison. Alors, avec la sereine dignite d’un Homère. Onésime Loye se retire et remercie le président. —Oh ! magistrat, merci ! Ton arrêt me [sourit. Car pendant un grand jour, je vais être [nourri. Les Poires Renver- sees Le petit Urbain est tout en joie. Voilà plus d'un mois que ses parents n’ont pas eu la moindre peccadiie à lui repro- cher et, pour le récompenser, on lai a permis d'inviter tous ses petits amis à déjeûner avec lui. Urbain s’est levé à six heures du matin, il a commandé lui- même à la cuisinière toutes les friandises qu’il aime, car on lui confie le soin d'organiser le des- sert ; il a présidé aux apprêts de la table : mais le temps ne passe pas, il n'est que dix heures ! Encore deux longues heures ! Que faire, et que les heures s’é- coulent lentement dans l'attente d’un grand plaisir. Sa maman imagina alors, pour lui faire prendre patience, de l’envoyer à la promenade. de Urbain part avec sa bonne, emportant son cerf-volant qu’il doit lancer dans la plaine voi- DEYRAIT TOUJOURS ETRE 8083 LA HAS. Pan Kiher IL N'Y APASDESOUFFRANCE Ni DR DOULEUR, INTERNE OU EXTERNE, QUI NE SOIT SOU- LAGÉE PAR LE PAIN-RILLER, a SN NE Pate à nom PERRY DAVIS & SON. sine. Chemin faisant ils rencon- trent le jeune Colas, fils d'un jardinier du voisinage, qui al- lait livrer des poires que son père avait vendues la veille ; elles étaient dans des paniers, sur un âne que Colas chassait devant lui. Urbain courut à sa rencontre ; il y avait longtemps qu'ils ne s'étaient vus, ils s’em- brassèrent cordiaiement. Colas aperçut le cerf-volant, il n’en avait jamais vu : grand plaisir pour les deux amis de jouer un petit moment ensemble ; mais‘ tandis qu'ils suivaient des yeux le cerfvolant qui allait au gré des vents, ne voilà-t-il pas le maudit âne qui enfile un petit sentier au-dessus du chemin, qui embarrasse ses paniers dans les broussailles, et qui fait la culbute avec les poires, qui se répandent dans la boue! Le pauvre Colas fit un cri en vo- yant ce désastre : “Ah Dieu! que va dire mon père, qui a re- çu hier l'argent de ces poires ! Mes pauvres poires «ont abi. mées” Et il pleurait. Urbain, de son côté, était déselé d’avoir été la cause de l’accident en enga-. geant Colas à jouer avec lui, et Urbain pleurait. —AÀ quoi sert de pleurer ain- si ? dit la bonne, voyons plutôt si nous ne pourrions Pas réparer le désordre. Ramassez les poires, Colas ; et vous, Urbain, essuyez les avec mon tablier : moi, je les rangerai à mesure dans les pa- niers. Effectivement le conseil était bou : les poires étans tom- bées dans la boue, u’étaient pas meurtries, et, avec de la patien- ce, on venait à bout de jes net- toyer : il y avait aéjà un pani:r de rangé, quaud ile entendirent la cloche qui les appelait : Ding, don, ding, don, ding, din, don. —Qu'est-ce que celà ? dit Colas. —C'est maman qui m'appelle, lui répondit Urbain ; mais ne t'inquiète pas, mon pauvre (Co- las, elle ne me grondera pas de rentrer un plus tard pour te rendre service. Cependant :il songeait en lui-même à ses pe- tits amis qui l’attendaient pour jouer et pour goûter : il soupira, mais il n’hésita pas. Enfin le méchant âne est sur ses pieds, les paniers sont remis, tout est en état. Colas, avant de continuer son chemin, offre à Urbain et à la bonne des poires pour se rafraichir ; car le travail les avait échauffés. “Je te re- mercie, mon bon Colas, lui dit Urbai2, tes poires sont vendues, il ne faut pas y toucher”.—1ls s’embrassent, et ils reprennent chacun leur chemin. Lorsqu'Urbain arriva, sa ma- man lui dit : ‘Mon fils, il n'est pas bien d’avoir fait attendre tes petits amis.” —Oh ! maman, ne prends pas ton air sévère : va, je euis sûr que, lorsque tu sauras la cause de notre retard, tu ne me gron- deras pas. Alors il lui raconta l’aventure des poires, et comme quoi il a- vait fallu lies ramasser, les essu- yer, les ranger ; le désespoir du pauvre Colas, et sa reconnais- sance : enfin rien ne fut ou- blié. Loin de le gronder, la maman prit alors son fils dans ses bras, «e félicitant d’avoir fait une ac- tion véritablement louabie, en sacrifiant son plaisir au désir de rendre service à Colas ; et eile lui promit pour le dimanche suivant une fête toute sembla. ble où serait invité le petit pay- san. | | ) STUCK TO Low's “We have tried a good many worm medicines but during the past five years have stuck to Dr. Low's, as it proved to be the best.” Samuel T. Sargent, Broockville, Ont. COMMENT COMMENCENT LES GUERRES Tommy lisait les nouveles de la guerre. Après avoir fait sa revue ji va trouver sa mère et lui demande : Maman, comment cent les” guerres ? Eh bien, dit la mère, suppo- sons que les Anglais baisseraient le drapeau américain et que les Américains... "M. li, le père de Tommy inter- vint. Ma chère, dit-il les Anglais ne voudraient pas... Excusez-moi, fit la mère les Anglais baisseraient Maintenant, ma chère, répar- tit le père, qui a jamais entendu un tel langage ? Je vous prie de ne pas m'in- terrompre, dit elle. Mais réplique le père, vons induisez Tommy en erreur ! Non, monsieur, répartit la mère, vivement. Mais, j'en suis certain. dame ! Ne rm'appelez pas madame. Je ne le vous le permettrai pas. Je vous appelerai comme il me plaira, dit le père, qui deve- nait rouge. Je regrette de vous avoir ja- mais vu, dit-elle, Vous êtes si. C'est assez. dit Tommy, en prenant la porte ; je crois que je sais, maintenant, comment commencent ies guerres. vommen- ma- WEAK LUNGs. “1 was troubled with a Sore Throat and Weak Lungs and was completely cured by Dr. Wood's Norway Pine Syrup.” Goughs That Stick. You don't seem to be able to throw them off. All the ordinary remedies you've tried don’t touch them. The cough remedy for you is Dr. Wood’s Norway Pine Syrup. It loosens the phlegm, allays the irritation, heals and soothes the in- flamed lung tissue. Mr. WM. FERRY, Blenheim, Ont. says: ‘I can recommend Dr. Wood's Norway Pine Syrup as the very best medicine for coughs and colds, sore throat and weak lungs. Dr. Wood’s Norway Pine Syrup. Never faiis to Cure. Pour Les Femmes ee Un savant allemand vient de consacrer trois volumes à l’étude de la bouche et du menton des femmes qui peuvent, selon lui, d'après des données extrême- ment scientifiques, nous rensei gner sur leurs caractères et leurs défauts. Bornons-nous à quelques in- dications générales publiées en matière de préface : Menton rond, duveteux, à fossette : Caractère de la propri- étaire ; faiblesse de volonté, goût du vlaisir et des friandises. Amie de la musique, de la danse. Pas ménagère. Cœur bon, serviable aux amis mais capri- cieuse et gentiment boudeuse. Menton, petit, facilement mo- bile, délicatement saillant : vo- lonté accusée, mais capricieuse. Plus d'imagination que de cœur. Désir de paraître. Goût des va- nités du monde qui ne le satis- font pas. Mélange de sentimen- talité et de sens pratique. C'a- prices, jalousie. Cette femme rendra malheureux ceux avec par sa coquetterie et l’art de te- nir un salon les visées d'un ma- ri ambitieux. Lèvres légèrement charnues, la supérieure légèrement en saillie : Fierté publique, cœur froid, ombrageux, modération dans les sentiments. Nature calme et réfléchie, mais orgneil, etc., etc. Les descriptions continuent ainsi pendant des pages sans que les caractères se présentent sous un jour plus séduisant. D'où il faut conclure que, quelles que soient les formes de Ja bouche et du menton des dames, il sera toujours très prudent de se dé- fier de leur caractère. Le savant allemand serait-il aussi mysogyne que Diderot qui disait que, parmi les femmes, la meilleure ne valait rien ? Nous avouons que c'est un peu fort. Mrs. David Labor, Waterford, Ont., say : “1 can recommend Hagyard's Yellow Oil for pains of any kind. 1t cured me of a distressing pain that the doctor cold not sure.” A FRIGHTFUL BLUNDER Will often cause a horrible Burn, Scald, Cut or Bruise, Bucklen’s Arnica Salve, the best in the world, will kill the pain and promptly heal it. Cures Old Sores, Fever Sores, Ulcers, Buils, Felons, Corns, all Skin Eruptions. Best Pile cure on earth. Only 25 cts. a boxi Cure guarantced. Suld by all Draggists. Largest and Best Stock of Silverware in the Province Goods that will Wear Right. À nice assortment of Solid Silver. Goods, in ‘(fine white boxes, suit- able for presents. Souvenir Spoons, Solid Silrer enamelled. Watches, $3.00 to $100. Rings, 25c to $50.00 a beauti- ful line. Chains, White all through,5 6c Do, } gold, warranted 20 years by manufacturers, $6.00, $8.00, 510.00 Solid Silver Thimbles, 25c. up. Flag Stick Pins, 5c, 10c, 25c. Souvenir Brooches, 50e, $1.00. 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