L'IMPARTIAL, JEUDI. LE 81 DEC. ts d'indépendance, plutôt que par méfiance de n’être pas bien traité, chez eux. Ilavait mis le Père Chauvreulx dans ses intérêts. —Cette cérémonie, disait-il, peut bien se retarder six mois. On n’est pas si vieux, pour se marier, à dix-sept-ans ! + Noël arriva, en 1755, à la date accoutumé ; mais il n’y eut pas, cette année-là, et pendaut plu- sieurs années après, de bans publiés à Grand-Pré, ni nulle part en À- cadie. Le grand dérangement s'était fait ; Grand-Pré avait été incen- dié, ainsi que tous les autres éta- blissements français, en pleine paix, par ordre du gouverneur Law- rence : et les Acadiens avaient été dispersés ‘‘comme des feuilles mor- tes qu'emporte un ouragan d’au- tomne.”” La résistance avait été impossi- ble. Le colonel Winslow, venu avec un fort détachement pour, os- tensiblement, prendre à Grand-Pré ses quartiers d'hiver, avait trouvé un moyen ingénieux de se saisir de nouie. ++ Tous les Acadiens ne furent pas emmenés en captivité. Un petit nombre réussit à s'échapper, en se sauvant dans les bois. Parmi ceux-ci, Marcel d’Aiïigle et Fran- çoise. Maïs la forêt, sans abri, sans vi- vres, sans armes à feu pour s’en procurer, leur fut presque aussi cruelle que les Anglais, à la diffé- rence près qu'ils y mourraient en- semble et qu’ils pouvaient enterrer leurs morts dans la terre d’ Acadie. Le veillard et l'enfant avaient d’abord gagné le suête, et étaient parvenus jusqu’au Port-Mouton, où ils espéraient trouver quelque vaisseau français. Mais perdant bientôt tout espoir de ce côté, et appréhendant d’être pris, ils avaient retraversé, au cœur de l’hi- ver la péninsule dans toute sa lar- geur, et étaient venus se fixer, après des fatigues et des privations inouies à la baie Sainte-Marie, à l'endroit où s'élève aujourd’hui le Collège Sainte-Anne. L'existence, durant l'été suivant, eur fut assez facile’ Au moyen de fascines et de piquets, assujettis L'HON. à sa petite-fille : | avant les gelées. Autrement tu, ne pourras pas m’enterrer, et notre | cabane sera inhabitable pour toi. La fosse fut creusée au pied d’un gros chêne, bien à l’abri, sur la pente d’un butereau. Françoise avait laissé faire l’aïeul. Quand il eut terminé, ! elle lui dit de sa voix la plus ca- ressante : —Grand-Père, creusons une au- tre fosse, auras la vôtre. Et le vieillard, sans rien dire, sans verser une larme, s'était mis à creuser une seconde fosse, tout à côté de la sienne, mais plus petite. Françoise tapissa sa tombe de mousse et de lichens. Elle y reve- nait souvent, apportant des fleurs tardives d’automme, et l’ornant a- vec amour, Comme si c’eut été PASCAL POIRIER, le jonc des fiançailles qu'il avait à | vreuix, à la demande de Marcel; d’'Aigle, avait remis à Noël la Le blication de ses bans, \ Il le passa au doigt de sa fiancée, | et, se penchant sur le vieillard pour lui demander sa supiême bé-| nédiction, il s'aperçut qu'il avait, cessé de vivre. | — C'est la Vierge qui nous a, sauvés, André, et qui vous a con- duit ici, murmura Françoise à son époux. | Pour la remercier, disons-lui le cantique que vous lui chantiez, en partant de Grand-Pré, quand ils vous out si cruzllement blessé à cause de moi. dans la main, agenouillés près du corps de l’aieul, chantèrent à demi- voix l’hymne à Marie, leur nou- SENATEUR se poursuivait toujours, Marcel dit gardé, comme une relique sainte, | whether it is genuine or not. As an illustration of this fact, the — Il faut que je creuse ma fosse, | Grand-Pré, quaud le Père Chau-|1904 Cakndar just issued by The N. K. Fairbank Company is an example, For vears, the ‘‘Fairy’’ Calendars of this Company have ranked among th: leading aunual art creations. but in the present instance, they have fairly outclas- sed previous efforts. Ths Calendar is compossed of seven sheets, 10 by 13 inches in | size, printed on heavy glazed paper and executed in twelve different colors. The first sheet represents an idealic figure of a young woman who is flanked each side by a broad, wavy blue scroll on which appear the different monthly indices, twel- ve in all. The other six sheets are E+ les deux enfants, la sain lésvotoi to six individual bust stu- dies of young women from the brush of C. Warde Traver, an ar- tist of national repute. raires, que ce l’est pour n'importe quel commerçant. ating Became a Dread. HOW MANY PEOPLE ARE ALMOST , AFRAID TO SIT DOWN TO THEIR MEALS ? YOU MAY BE ONE OF THEM. FA CURE FOR YOU. BURDOCK BLOOD BITTERS CURES INDIGESTION, DYSPEPSIS BILIOUSNESS, SOUR, WEAK AND , ALL STOMACH TROUBLES. 4 , Mr. J. G. Clunis, Barney's River, NS., tells of what this wo rem edy has done for him:—It is with tude that I can testify to the wo curative powers of 3.B.B. I was s0 badly troubled with indigestion that whatever I ate caused me 50 much torture that eating became a dread to me. I tried numerous physicians, but their medicines seemed to make me worse. I thought would B.B.B., so got a bottle, an after taking a few doses felt a lot better, bottles I was as well as ever, and have had no return of the trouble since. recommend your medicine to the degree. B.B.B. is for sale at all dealer Dix ans de Terrible Nevralgie Ste Ursule, By the time I had taken the last of two - UN NOEL EN ACADIE Fed | La Comptabilite du Cultivateur | 4 er és : Maintenant que tous les gros tra= 7 vaux de l'année sont finis, c’est le 1 Je ne publierai pas tes bans a-|ennemis, et pour toujours, peut-. temps pour le cultivateur de se ren- % vant Noël, avait répondu le Père|être, les êtres qu'ils aimaient le. dre compte des résultats. i Chauvreulx ; ta maison n'est pas|plus au monde, leur cœur se ré-! Un inventaire enregistrant la va- à encore tout achevée, et Françoise |volta, et, d'un comman élan, ils. eur des bâtisses, des machines, } est bien trop jeune pour se mettre |essayèrent de briser le cordon qui, des animaux, des produits non dans la misère. Et qui prendra les faisait prisonuieïs. vendus, devrait être fait avec pré- | É soin de mon vieil ami Marcel, si tu | Les baïonnettes s’abaissèrent. et cision, de manière à se rendre 4 lui emmènes sa petite fille ? un grand nombre tombèrent bai- | compte si ona fait du progrès de- ; ; Le fait est que Françoise était | gnés dans leur sang. puis l'année passée, et quelles sont U A bien d'âge à se marier ayant eu ses| Alors, comprenant que tout cs les parties de l'exploitation qui out + dix-sept ans aux labourages. Tes |poir terrestre était perdu, ils to:r- payé et celles qui ne l'ont pas. 3 Acadiennes de l’en premier se ma-|nèrent leur pensée vers le ciel, et, D ans notre temps d’affaires stric- ‘1É riaient communément à dix-sept |s’affligeant sur celles qui se déses- tes c'est une négligence impardon- ë ans ; plusieurs même à seize, voire |péraient autour d'eux, bien plus nable et qui peut conduire à de tris- à quine. que sur eux-mêmes, ils entonnè-! tes surprises, de ne pas établir ses : Mais il y avait eu un noir com-|rent un cantique à la Patronne de comptes de profits et de pertes au {8 plot ourdi entre :e curé de Grand-|1l'Acadie, la Mèie des Douleurs : moins une fois l'an. | Re) nr D ts EE k André ciésen TT res ra m5 0 a fait si peu de pro- | André avait rempli à peu près Etc'est en chantant que, __— grès | mais, il est encore mieux de 4 | toutes les conditions exigées, alors bianles sux mary que Rome vit savoir exactement à quois’en tenir, | d'un Acadien cherchant à se ma-|"" Jour descendre dass l'arène du et de prendre une résvlution coura- rier : sa maisonneite s’en allait Colisée pour y'être déchirés par les geuse d'améliorer les choses, par | finie ; aucuu, parmi les jeunes gar- tigres et les léopards, ils passèrent [plus d'attention dans tous les çons du village, n'avait un meilleur | °° milieu des vieillards, des enfants | détails, pendant l’année à venir. f attelage que lui ;et avec les cinq et des femmes gémissant, pleurant, | Ce n'est qu'en constatant ce qui D arpents de pré que son père lui criant avec leur cœur de suprêmes a donné ‘des. résuliats. déseppelee F avait donnés en partage, en même séieux, Eur 0 rendre nr ut |tanis qu’on peut améliorer les mé- | temps qu’un joli morceau de terre _ ils furent entassés sur les navires |thodes d'exploitation. 4 haute il avait de quoi affaîter la anglais. s | La saison qui vient de se termi- L: grange que la jeunesse des environs | André pli de ci Françoise, ner a été généralement avanta- à: était venue lui aider à se bâtir, en- |agenouillée auprès de son aïeul, et geuse : et la balance que doit éta- | tre les foins coupés et les blès mûrs. eva fait un pare fau pour lui blir ie cultivateur penchera très 1: Mais Marcel d'Aigle n'avait que dire une parole d'adieu. | | probablement du côté des bénéfices. sa petite fille pour lui tenir sa mai- Un soldat, croyant qu’il voulait Ce devrait être un bon point de dé- son, depuis que sa femme s'était fuir, lui enforça _ baionnette se part pour tenir régulièrement ses quittée mourir ; et il ne voulait pas travers de l'épaule ; et Françoise, comptes ; car il est aussi important se retirer chez ses enfants, qui|°" © pe ca # ” FU Ie pour lui de pouvoir suivre les pro- pourtant l'en priaient, par esprit poussa André, était tombée éva- grès réalisés et les déficits tempo- 4 toute la population, sans coup sa chambre d’épousée. veau chant de Noël : Each head is given a frame effect : + e 'er- 7 PEN : Comté Maskimongé, P. Q. férir. ensemble avec ee horiortes on ges Lorsque l'hiver fut tout à fait Je:imets ma confiance in imitation of burnt leather, with 1 P a le Ii somma ‘‘tous les habitants |gnes, le vieillard s'était consiruit un venu, et que le sol durci comme de ; borders and decorations in L'Art Le 5 Mai, 1904. | mâles, âgés de plus de dix ans’” de se rendre dans leur église pour en- tendre une communication très im- portante du gouverneur. Quand ils furent rassemblés dans le lieu de la prière, les portes étant fermées et les issues bien gar- dées par ses hommes, Winslow leur annonça qu’ils étaient prison- niers de Sa Gracieuse Majesté, le Roi ; que tous leurs biens étaient confisqués, et qu’ils allaient être emmenés captifs sur les vaisseaux de guerre, ancrés dans la rade. Ceci se passait les septembre 1755: L'embarquemeut commença le dix du même mois. Par mesure de lâcheté, plus en- core que de cruauté, Winslow or- donna que les hommes fussent em- barqués les premiers. Il avait peur. Deux cent soixante jeunes gens furent désignés pour le premier convoi, et l’ordre leur fut donné de marcher. En sortant ds: l’église, ces pau- vres eufants aperçurent leurs mè- res, leurs sœurs, leurs promises, agenouillées sur les marches du perron et tout le long de la route qu'ils allaient suivre. A ce spectacie déchirant, à la pensée qu ils laissaient derrière eux, aux ma D du ot and aus da D ne 2 où TRS cuite nt nijagau, dans lequel il! prenait quel- ques anguilles, des plaises, du pou- lamon, du maquereau, de la gatte et quelquefois du homard. Françoise, de son côté, approvi- sionna le foyer de fruits sauvages, fraises, framboises et cerises,d’a- bord ; puis desucrêtes, de quatre- temps, de poires âcreset de bluets canadiens, qüand la saison fut plus avancée. Pour tout ça les coques et les moucles, coquillages très com- muns sur les côtes de la baie Sainte- Marie, fient leur principale nour- riture. L'automne leur fournit des pom- mes-de-pré en abondance: la lisière des prairiesen était couverte ; ils s’approvisionnaient aussi de pom- mes-de-terre rouges, des grappes d'ours et des noisettes, quoique en petite quantité. Mais, durant l’hiver, ils mau- qnèrent périr de froid et de faim. Quelques lièvres pris au collet, de faîne, que Françoise abattait, en grimpant. au faît des hêtres ; des co- ques qu’ils allaient pêcher dans le sable gelé du rivage, et quelques racines sauvages. furent tout ce qu’ils purent se procurer d’ali- ments. Quand arriva le troisième hiver, la pierre, se fut couvert de son ta- pis de neige, les deux proscrits se préparèrent à mourir. Les forces manquèrent au vieil- lard, le premier. il n’avait plus la vertu de se lever. Un jour, c'était le 25 décembre, il dit à son enfant : —Je sens que je vais mourir. Aiïde-moi, Frafoise à me traîner jusqu’au bord de isa fosse, Quand je serai trépassé, tu essaieras de me pousser dedans, et, après m'avoir couvert de branchages, tu rouleras une pierre que j'ai mise là, tout près, afin que les loups ne viennent pas manger mon Corps. Ilessaya de se lever, mais re- tomba inerte et apparemment sans vie, sur son grabat. Françoise le crut mort et se mit à prier, en sanglotant : elle n’avait plus la force de pleurer, Au même instant la porte de la cabane s’ouvrit, et un homme tout couvert de frimas et de neige entra, sans que Françoise l'eut entendu frapper. . —Ah! c'est toi, André, dit le vieillard, en ouvrant de grands yeux, qu'un éclair illuminait. Nous t'attendions. Agenouillez- vous là, mes enfants, à côté de moi, ’ _ . . aucun changement n'étant SUr-|et mariez-vous devant le bon Dieu, venu, et les Sauvages leur ayant Liisquil n'y a pas ici de prêtre. jus de leurs mortels appris que la chasse aux Français André, car c'était bien lui, avait Vierge, en votre Secours ; Servez-moi de défense, Prenez soin de mes jours. Et, quand ma dernière heure Viendra fixer mon sort, Obtenez qne je meure De la plus sainte mort. PASCaL, POIRIER. Shédiac, N. B. décembre 1903 A ‘‘Fairy’’Calendar The constant improvement in calendars is becoming more marked each year. The creations in this line, which a score of years ago, would be deemed works of art are now classed with those varigated mental compositions of which ‘Poor Richard’'s Almanac'’ was a veritable p:ototyre. This great advancement in the of making typographical charts sy which the passage of the year can be accurately gauged is mainiy—if not cntirely—due to the rerfeciing and cheapening of the various pro- cesses of printing. These have de- velopped to such a statethat today, the work of the printing and litho- graphic press rivals that of the painter himself. In fact, it is pos- sble by the expenditure of great care and skill to so reproduce al picture that it will at a short dis- tance puzzle even an expert to tel | mmgténremne . TE Nouveau (The New Art) which is the latest French treatment for decorative effects and is all the vo- gue. Taken altogether, the Calendar is a distinct and remarkably beau- tiful work of art which should be in the possession of every lover 0} the ‘‘home beautiful.‘ The new calendar is being given in return for ten oval fronts from Fairy Soap boxes or 25 cen‘s in stamps and can be obtained from The N. K. Fairbank Company ontreal Lunch AND Restaurant Room I have cpened a lunch room anc restaurant at my old stand, Tig- nish, where lunches can be had a! all hours. Ice cream, temperate drivks, confectionary, fruits, cigars, etc. Ovysters in season We also do baking to order have a good lunch. Mrs. M. McElroy MAIN STREET 1 D 2 GR a D D ARR When coming to Tignish call ana Ti2o ist TE E. R. O. ComMPpANY, LIMITED HALIFAX, N. S., AND MONTREAL MESSIEURS, — I! me fait plaisir de certifier que j'ai souffert pendant dix ans d’une terrible névralgie et que tous les médecins que j’ai consultés é- taient tous incapables de me doune- aucun soulagement. Un ami me recommanda nn jour d'acheter une bouteille de votre huile merveilleuse, je l’appliquai telle que la direction, en arrière du depuis ce temps je n'ai jam aucune douleur. Je suis heureuse de recomman- der votre huile à tous ceux qui souffrent car je suis convaincue qu'ilsen retireront de grands bé- néfices. MADAME MARIE ST, LOUIS a Je certife que le témoignage cis dessus est ent'èrement vrai. J. B. GAUTHIER, Curé de 1 Eglise Anglicane. Ste, Ursule, le 6 Mai, 1903 ie es gens 2 dns + à cou plusieurs fois chaque jour et : “ * #7 y» i : | à ' Abonnez-Vous a L'impartial Fo ’ mers 5e ME