se mage" æ = duisent. me pee ee enne —e ge m e mcm. ent ni. ee < LE D CE ee DECADENCE MORALE Article de M. Charles Thibault, ecrit specialement pour “YA: Universel” ‘De tous les points du ciel mon: tent de noirs nuaywes.” P. L. Si au pavillon l’on reconnaît la nature de la cargaison, au titre de cet article, le lecteur en pressentira le sujet, L'A/bum ne s'en effraye- ra pas, il faut l’espérer. Le méde- cin consciencieux devrait-il tou- jours cacher la vérité à son patient? Ne serait-ne pas un crime de le laisser mourir sans l’avertir du danger ? Etla vigie ne doit-elle pas signaler l’écueil caché? Ne sommes-nous pas tous solidaires ? Chaque homme n’a-t-il pas sa pa- trie dans le temps ? N'est-il pas opportun de pousser le cri d’alarme : ‘‘Sentinelle, pre- nez garde à vous !l’’ Cesiècle nais- sant a déjà tout dévoré ? Croyan- ces, charité, moeurs, morale, litté- rature, patriotisme, lois, justice, tout s'effondre, tout s'écroule, tout s’engloutit dans l’abîme creusé sous nos pas, par nos propres mains. Regardez un demi-siècle en ar- rière, Notre société alors était bonne, dévouée, généreuse, patrio- tique, chrétienne. Jetez un regard sur nos contemporains des grandes cités et comparez-les avec leurs de- vanciers. Hélas ! si les générations oubliées sous la poussière du tombeau pou- vaient se lever, nous reconnaî- traient-elles ? Le mal est partout ; le bien semble caché. Une ombre opaque semble recouvrir l’intelli- gence quasi générale. Dans une société neuve, nous sommes presque des décadents. Notre but est la jouissance. Zola est notre maître ; l’on s’offusque même à l’annonce d’une conférence sur : l’Eternel Louis Veuiilot.”" La Grèce d’Aristide est au milieu de nous, Des dévoyés, des sec- taires, des hommes sans ‘‘status’’ dans leurs pays, viennent-ils nous visiter, vite, l’on s’empresse d’aller entendre, leur prodiguer des lou- anges, les applaudir. L'on s’ap- latit. La fierté n’est plus. Nous jouons à tous les jeux ; mais nous faisons surtout le jeu de nos pires ennemis. L'on semble oublier que le tra- vail est le plus grand remède aux maux de l'humanité ; un dictame à ses blessures ; que c’est l’unique châtiment qui porte en lui sa pro- pre récompense. La société actuelle, dévoyé par l'infernal théâtre, par l’éhonté ro- mantisme, par une littérature délé- tère, par des associations clandes- tines, par des clubs malsains, etc., ne veut plus travailler, veut jouir. Le paganisme réapparaît. (C’est le cirque, c’est la scène, ciest la ram- pe, c’est le drame, c’est la passion ; c’est l’agio, la spéculation véreuse, le jeu de hasard—<ce vol légalisé— qui nous entraînent et nous sé- L'on veut être riche à n'importe quel prix ! On prostitue l'honneur, on ruine ses compatrio- tes, on trafique jusqu’à la justice | n'importe, l’on veut arriver au but. Dans un pareil état, Dieu dé- tourne ses regards du monde. Nos citadins deviennent frivoles. légers, amollis, démoraiisés ; J’on dirait déjà d’une société en pleine banqueroute morale. L'on est a- vide de luxe, insolent, orgueilleux, froid et frondeur. Le vent est semé et l’on ne songe pas à se préserver de l'orage ! Partout des points noirs à l'hori- zon ; et l’on voit à peine poindre, ça et là, quelques petites éclaircies à travers les déchirures du ciel. Et pourtant, malheur à nous au jour de la grande liquidation ! Que de mauvais exemples ! que de scandales de toutes parts ! Dites-le-nous. Jadis, eut-on ja- mais songé à ériger, au milieu d’une ville catholique, un hôpital peutre? Aurait-on pensé à fonder une bibliothèque publique sans con- trôle de l’autorité religieuse, gar- dienne née de la foi, de l’ortho- doxie, des mœurs, de la morale et de l'éducation des peuples ? La démoralisation des grands, social. Le succès, les hautes et lucratives positions, l’aisance, le bien-être, le confort matériel, sem- blent être le but unique. Nos re- gards, fascinés par les splendeurs éphémères, ne s'élèvent plus au delà. Iln’y a peut-être plus mê- me d’au delà ! Ce blasphème n’est pas encore sur toutes 12s lèvres ; il est dans plus de cœurs qu’on ne le croit. Nous nous étiolons, faute de l’air de la Foi qui vivifie. Les yeux remplis de cette pous- sière mortelle qui aveuglait Dante dans ses périgrinations infernales, nous marchons en tâtonnant vers l’abîme. Y songeons-nous ? Nous vivons gras, nous festoyons, nous semblons être en adoration perpé- tuelle, non seulement devant le veau d’or, mais bien plus, devant la chair. Et quelle chair fanée, flétrie, rance, faisandée, digne, tout au plus, d’appétits de fauves. Ce fut un roi de race pentagruélique qui a ennobli l’aloyau, en le sirant: “Sir: loin”. Avons-nous les mêmes énergies morales qu’autre- fois ? Nos devanciers se mariaient pau- vres, travaillaient en commun, éle- vaient leurs nombreuses familles et vivaient heureux sous l’égide de la religion, à l’ombre du clocher tuté- laire—paratonnerre de notre pays. On n’avait pas peur de s’unir a- lors dans les liens sacrés ; la femme était la vrai compagne de l’homme, son aide, sa consolation, son sou- tien. En est-il de même aujourd’hui, surtout au sein de nos familles bourgeoises ? Pourquoi nos jeunes gens fuient- ils le mariage ? N'est-ce pas, très souvent, parce que la poupée, ob- jet de ieur amour, est sortie tout empapillottée de nos cours ‘‘soi- faire une épouse sérieuse, de tenir uue maison économique, de vaquer aux soins domestiques ? C’est une Sylphide évaporée, une incapable, une rêveuse, une i- déale, qui singe la grande dame, lit le roman, fréquente le théâtre, fait même de la littérature et sourit pour montrer son râtelier en perles blanches, fourni par le dentists à la mode. Des ans, l’on répare d’avance l’irréparable outrage. Aussi, qu’arrive-t-il souvent ? c'est que, pour passer sa fille, le père qui, par un lonz travail, a ré- ussi à arrondir sa petite fortune, est obligé de faire vivre le nouveau ménage. On s’achète un gendre ; on n’aime guère sa bru ; elle n’a pas les qualités requises de la vraie femme canadienne. Regardez les enfants de nombre de nos parvenus, dans tous les rangs. Que sont-ils ? sinon des a- trophiés des rachitiques des ramol- lis, de évaporés, des damoiseaux, des propres à rien. Et quoi qu'ils asse 1t, ils ne seront toujours que des ‘‘petits crevés’”, qui ne trouve- ront jamais un onzième chiffre a- près Ampère et Newton, ni une ‘huitième note, après Auber et Ros- sini. Causes : inauvaise éduca- tion, mollesse et vanité des parents, laisser-aller, absence de surveil- lance, paresse. - désæœuvrement, vie facile, Juxe, affaissement de l’intel- ‘lrrence et d1 cœur, mauvaises lec- cabarets et frivoles amuse- lincnts. | La charité, si généreuse autre- Fois, si douce au cœur du malheu- reux auquel on donnait libérale- ment sans demander la cause de ses souffrances, existe-t-elle encore ? Aurait-on souffert jadis, comme on le voit de nos jours, que de pau- vres aveugles, à demi-vêtus, res- tassent exposés pendant nos hivers sibériens, tête-nue, sur nos places publiques, sollicitant de maigres aumônes qui n’arrivent pas ! O spectacle digne du paganisme d'Athènes, de Rome ou de Car- th g:! N'avons-nous pas peur des parvenus, atteint tout le corps disant” classiques, incapable de: me mme + que 1s disastres antiques nous é- crasent À notre tour ? Cette cha- rité, dont l'xrchetype est en Haut, qui se cachit pour faire le bien, pour soulazer le misérable, cet ob- jet sacr£ de; Romains, ‘‘res est sa- cra miser'’’, pour atténuer ses maux, sécher ses larmes, cicatriser ses plaies, cacher sa honte, adoucir son existence, comment la pratiquons- nous ? Qui donne pour prêter à Dieu ? Qui travaille à rappeler l’exilé ? Qui secourt l’indigent et prend soin de l’orphelin ou du vieillard ? Ilest vrai que l’on donne quel- que chose. Mais, même en don- nant, l’on cherche à satisfaire sa vanité, sa gloriole ; on veut jouir. De là ces soirées brillantes, ce luxe, cet apparat, ces gaïs festins, ces parties de plaisir organisées dans le but de recettes pour les bonnes œuvres ; sans do ute, même de cette manière, il vaut mieux donner que de ne pas le faire : mais de mérite et la récompense seront- ils les mêmes ? L'on dépense des millions en ce pays, en excursions inutiles, en fri- volités, en extravagances, en sou- pers fins, en mets délicats, en bals! ingurgite journellement, dans notre | ville et sa banlieue, pour environ | $15,000 de boissons ! tonne de la misère qui nous entoure et de la difficulté qu’éprouve le: ; pauvre à se procurer le combustible nécessaire ? Que d’autres abus à signaler !| La spéculation véreuse cause de! nombreuses ruines. Nos adminis- | trations semblent atteintes d’un ! cancer incurable, et toutes nos en- quêtes ne servent à démontrer que : ‘“Des fripons gagés surveillent mal leurs complices’’. Il est temps que l’honnête criti- que apparaisse parmi nous ; qu’il s’arme du fouet, qu'il flagelle, qu’il dénonce, qu’il corrige, qu’il re- dresse. Oh ! la belle mission que celle-là. Quelle belle mission pour le vrai journaliste et le consciencieux pu- bliciste ! Sice tableau vous semble chargé, c’est qu’ilest pris sur le vif. Ce n’est pas une vision idéa- liste, c’est une photographie. Or, celle-ci ne ment pas ; elle reproduit exactement l’objet qu’elle peint. Que le lecteur réfléchisse, regar- de, descende dans les replis de sa propre âme, il constatera la véra- cité des fautes reprochées à notre société contemporaine. Par mé- garde, un jeune homme met le pied sur la ‘‘traîne’’ d’une grande dame, très décolletée. De là l’apostro- phe : ‘‘Fichu maladroit !”” —‘Oh ! madame, que ce fichu serait bien mieux sur vos épaules que sur vos lèvres !’’ Voilà une vérité bien dure mais très vraie. Connaître le mal, c’est la moitié de sa guérison. Il faut que quelqu'un sonne l’a- larme, afin que tous courent étein- dre le feu. Ce chirurgien qui am- pute le membre gangrené est le bourreau du patient, en attendant qu'il en soit le sauveur. La vérité a encore quelques privilèges, sinon un droit quelconque. Ilest vrai qu’elle est une plante passablement étrangère à notre terre. Il y a encore assez de bon pour espérer une réaction. Réagissons, corrigeons-nous, et, comme Desaix le disait à Napoléon : ‘“La bataille est perdue, mais il nous reste encore assez de temps pour en gagner une autre.’”’ (Cette parole fit éclore Marengo.—Que cet article fasse aussi remporter une autre victoire, en faveur d’une réaction chrétienne, patriotique et salutaire. Montréal, 19 janvier 1903 Abonnez-vous a brillants, en riches toilettes, et l’on | 2 Et l’on s'é- | er: Te , APTE ER PDT LES AE SR Co? "à 5e d re ee. mn. ST Co 207 Ven ad Cr SE. NT AT Êb £ ( —— 7 ee. ni m € Es | EL « — de Pac L OR, AATETS, POTTS AE pe * 2 \ The Eastern National Conner £cr2. pany, Limited, whose Gold and Copper Deposits are at Cheticamp, Cape Breton, Élis capitalized at 850,000 The Board of Directors of eight includes some of tho É A Best Known and Most Reputable Busi- ness Men of Halifax, who have become [4 members ot this comvany confident that the property it has acquired is one of the most valuahle in Canada, and cituated In one of the most promising mining 1 districts in America. . The mining areas purchased by the Le Eastern National Copper Comoany, #9 Limited, have been thoroughly prospected | and have undergone exgert examina- Ation by trustworthy enginecrs during Es the past eighteen months. It has been "Non the evidence of mining men competent to testify as to the worth of the property that many have already been satiefied to jsubseribe for stock, believing that they were joining in an enterpris2 giving E promise of large roturns and inet A their shares would assurediy advance pin value as the development ozera- “tions proceeded. as The Company is now Biocking Out a Body of Copper Ore estimated to con- ag tain 160,060 TONS. The average 52 result of the tests so far made to deter- mine the Value of the Ore is TER DOLLARS PER TON, and when the work now under way is completed it is calculateG that there will be GRE IE SIGHT to the Value of $1,609,6000. 1 The Development CGperations are Procseding with Pay Qre on Aii Sides Es of a Two-Hundreäd Foot Sioge which ie 23 being driven through the Main Ue- Li posit. # Other Beds of Copper are known to EL Underlie and Overlie the Bed Now Be- ing Developed, and it is confidentiy Ex- = pected that This Mining Property will #? prove of Vast Value when a Few Months E More Work has been Performed. 24 Gold is Associated with the Conner : Contents of the Eastern Kationa! Gre, #% in Quantity Probabiy More than Sufii- + + à En tonts to the Gosd, chase this property were reccived and #% declined before the present Company acquired it. ETES 477 € chnt to Pay the Exponso 6? Eliirg 64 and Miliing, Leaving tho Ciic: C n(J The Operations now being conductedr, by the Eastorn Kat onaïi Genror tom-f pany. Limited, were begun only after ths La ÿ proposition had been iost Caro ul; ge invostigaios and large expenditure of .? : : re = . * money bad been justitied by the resuits 5% . “is . t of such investigation. The CompauyE, 3 considers the sprertunity for invocst- 2 … % md 2% 8 mont one of the most attractivol ne’oro tho public. Stock which is now being sold at a low figure will Gertainiy Le advance as progress is made on tho Doposits. Several liberal offers to pur-&, The former owners are i 1 ® À r . shareholders in the Eastern National, à, bavinz accepted stock in payment for get their interesis and s0 dornonstrated their} confilence in the worth of the Copperé Deposit now being opened and other Deposits which it is proposed to develop #8 at an early date, e | e The sum of 810,639 is to be expended &À in 26 present operations, in order toi further establish the extent of the Cop- p+r Beds, and place a large quantity of üro in Sight Part of this ainount is #* beisg raised by the sale of a block off. stock at 83 per o2nt, of par, Fully Paid #: a. Additional stock will not be offered at present, That already muarketed is gt held by the purchasers for higher prices. Applications for stock should be ad- @ dressed to ALFRED BENNETT & CO. 16 Prince Street - - Halifax, N. 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