\ L'IMPARTIAL JEUDI, LE 14 JUILLET, 1904. Appel aux Prejuges Le Witness de Montréal est un journal que l’on ne saurait certes, accuser d'esprit de partisaunerie, ni de favoritisme à l'égard du mi- nistere et de tout le parti libéral. Et cependant, voici ce que ce jour- nal publie à l'adresse du chef dis- ment Responsable PA Lés organes libéraux, et surtout ‘“la Presse’’ se posent depuis quel- que temps en champions du gou- vernement responsable. Ils croient |tingué du gouvernement : devoir défendre cette grande insti-! ‘‘L’histoire racontera que le fait tution contre les entreprises d'un le plus en vue de la brillante car- Dundonald ou d’un McDougall. | rière publique de Sir Wilfrid Lau- Nous connaissons pourtant de pires .rier a été son immense désir de pro- ce rs à vd en, “ON expérience m’a convaincu que dans cette bonne terre du Canada, dans toutes ses sections, classes, races et; croyances, les appels aux préjugés 1 pouvaient sur le coup créer une| explosion d’excitation/ mai; ne fi-. nissent invariablement que produire : le mépris dans les cœurs et les es-! prits du peuple honnête et intelli-; _ ennemis du gouvernement respun- sable, Ce sont: le prenier minis- tre lui-même et ses collègues, tout posent la population du Canada. mouvoir l’idée d'unité entre les deux principaux éléments qui com- Les générations futures auront bien de la difficuité à comprendre com- Le gouvernement responsable, | ment un tel homme a pu être ac- cusé en face de souffler le vent de c'est celui qui s'expose à porter la peine de ces actes et qui sait que le la discorde et de la désunion contre peuple est son juge suprême. C'est Ile Royaume Uni. Ces politiciens à peu près a seule façon dont le conservateurs qui portent cette ac- | peuple puisse le gouverner lui-mê. | cusation, comme nous 1 avons déjà m2 et c'est pour conquérir cette lé- Fe uniquement pour en faire » gitime prérogative qu’il a si long- [base de leur campagne politique n’y temps combattu, sous la conduite ajoutent nallement foi eux-mêmes, de Lafontaine. Mais pour que le mais ils ne sont pas sans ignorer la peuple exerce son droit d'apprécia- valeur d’un appel aux préjugés de tion sur ceux qui le gouvernent, | races, et que dans une nation com- il doit nécessairement savoir tout ce | me la nôtre, ilne saurait exister quise passe. Et c’est pourquoi, de conduite plus condamuable. depuis l émancipation populaire, | Les préjugés de races agissent et les choses de gouvernement s'appel- réagissent jusqu’à ce que la nation lent les affaires publiques. cesse d’être une. Pas un parmi Mais avec le gouvernement Lau- | nous—pas en parmi les accusateurs rier nous retournons en arrière. de Sir Wilfrid Laurier—qui n'ait Les affaires de l’Etat ne sont plus | nas prononcé et même écrit en une publiques le gouvernement du pays | occasion quelconque le mot même est entre les mains de quelques-uns que nous nevoulions pas dire ; qui trament tout dans l'ombre. | nous avous même fait l'acte même Et c'est cette conduite rétrograde que nous ne voulions pas faire. de l'Opposition entendait signaler | C'est de cette manière et nulle au- à l'attention publique. par la mo- | tre que Sir Wilfrid Laurier en par- tiou de M. Haggart touchant la lant des nominations de Lord Dun- suppression de certains document. | donald, a laissé échapper la matt- C’est par l'opposition, dans notre | vaise interprétation angiaise pour système parlementaire, que le peu- | un mot français qui signifie ‘‘fo- ple exerce son droit de surveiilance; | reigner’’ et ‘‘stranger’"—et ‘’stran c’est l'opposition qui doit tout con- ger'’ dans sa forme la plus douce naître. Or, depuis quelque temps, | pour signifier quelqu'un qui n’est elle se voit systématiquement fer- | pas de la localité, pas de la famille, mer tout accès aux documents pu- pas familier avec les faits. Sir blics les plus nécessaires. | Wilfrid a donné cette explication M. Haggart en a donné plusieurs lui-même, de sorte que ceux qui exemples frappants : le mémoire font retentir à sons de trompette de M. Blair qui condammait le cette expression malheureuse dans Grand-Tronc Pacifique, la lettre | tout le Canada, la Grande Bretagne de M. Hays qui renfermait le pro- et la France n’ont aucune excuse jet initial du Transcontinental, et pour leur jeu coupable. eufin la première partie du rapport, ‘‘Ilest malheureux, comme il de lord Dundonald qui signalait le l’a dit lui-même, bien qu’il se soit mauvais état de notre milice. repris sur-le-champ, qu'il ait em- : Ce n'est que par hasard ou par ployé le mot ‘‘foreigner’”” à l’a- ricochet que ces importants docu- | dresse de Dundonald. Mais com- ments sont parvenus à la connais- me ille dit également lui-même, sance de l'opposition. On peut dans toutes les années de sa vie, supposer qu'il y en a d'autres qui dans toutes les luttes dans lesqu2lles sont cachés. Dans chacun des cas ila été engagé, il n’a jamais, en connus, le gouvernement a joué la autant que nous sachions, employé comédie des fausses confidences. |un mot offensant à l’adresse d’un C'était toujours un prétexte, | homme ou d'une classe quelconque. lorsque ce n'était pas un mensonge | Une telle chose, en vérité, est con- tout bonnement, comme pour le tre l'essence même de sa nature. rapport de lord Dundonald qui ‘‘Le pays et le monde entier ac- était destiné à la publication. La cepteront l'explication complète et vraie raison c'est que nous avons | concluante de Sir Wilfrid, mais des un gouvernement despotique qui politiciens d’une classe toute par- abuse de sa majorité servile et ne ticulière continueront à l’injurier laisse voir au peuple que ce qui fait | demain, et chaque jour et chaque son affaire, | Cepen- le ministère, C’est le cas de dire : Medice, cura te ipsum. er er Re Pme EE au rome tn. gare races om “ PES nn PORN ETS A semaine, et chaque mois. Bien plus, ce n’est même pas la | dant, ces injures retomberont sur majorité de la Chambre qui décide, | leurs têtes. Le grand cœur du c’est le ministère tort seul, c’est le| peuple n'est ni mauvais ni in- Gouverneur en Conseil. Sir Wil. | sensé.” 4 frid décide, ou plutôt, MM. Sif-! ‘‘On m'a dit”, a déclaré ie pre- ton et Fitzpatrick décident, et tout |mier ministre, en s'adressant à la est fait. La majorité libérale n’a | Chambre vendredi soir, ‘‘que ma . pas besoin de savoir pourquoi et | signification était offensante et in- l'opposition n’a pas le droit. C’est | sultante. if la théorie des libéraux d’aujour-! ‘‘Je n’ai jamais recherché la ba- gent." —Ze lionnier Canadien. Y Que mn ame + rep L'Alcoolisme Nous extrayons ce qui suit d'une conférence faite dernièrement Montréal par M. l'abbé à. ! Tranche- du siècle : ‘‘Ce que nous poursuivons, ce nomme le fléau du siècle, c'est l’al- cool sous forme de liqueurs fortes, c’est l’abus des spiritueux. “L’'alcoolisme spécifié n’est pas | une boisson ; il est un poison pour | le corps, l'âme, la famille, la race et la nation. Il voile l’intelli- gence et il déchaîne la bête hu- maine. Son action d'ailleurs es- proportionnelle à la dose qu'on int gurgite. | ‘Or cette dose, à l'heure pré- | | sente, est effroyable, Littérale- ment, nous sonmuaes en train de 1 9 nous noyer ua fleuve d'alcoo!. L'ivrognerie se propage, en effet, | d'une façon alarmante un peu par- | tout, principalement aux Etats-U-; nis où il semble qu'il n'ya pas d'endroit où l'on puisse mieux s'amuser que dans un cabaret. | Ce triste état de choses, s'il se continue, ne peut qu'entrainuer la ruine et le déshonneur de ceux qui se livrent pieds et poiugs liés à ce vice, et la croisade entreprise contre l'ivrognerie—croisade intelligente —devrait être poussée avec la plus grande vigneur. { La population des Etats-Unis Le gouvernement fédéral vi:nt de publier un résumé du recense- ment de 1900. C'est un volume de 450 pages où se trouvent con- densés, sous une forme aussi claire que peut l'être une statistique, les résultats généraux de ce recense- | ment. De 1890 à 1900, voyons-nous! dans ce résumé, la population des Etats-Unis (non compris les colo- nies- a passé de 63 millions à 76 millions. En même temps, la ri- chesse publique s'élevait de 77 ruilliards de dollors à 94 milliards de dollars; dans ces derniers! chiffres, l'accroissement de la va-| leur des terres cultivées a passé de 16 milliards à 207% milliards. On sait quele recensement fait la distinction entre la population ‘‘native’” et la population étran- | gère. Dans ia première—qui est considérée comme ‘‘américaine’”, | —0ù comprend les enfants des é- trangers, même si ces enfants sont nés le lendemain de l’arrivée aux Etats;Unis de ieurs parents non-|! naturalisés. (Cette population na- tive’”’a .ugmenté de 12 millions, pendant les dix années qui ont pré- cédé le recensement. Par contre, la population ‘‘étrangère”’ n’a aug- menté que d'un peu plus d’un mil-) lion. Ce dernier chiffre est.il bien exact? On peut se le demander lorsqu'o:: sait que, de 1890 à 1900, i'immigration a amené aux Etats- Unis près de quatre millions d'é- trangers,. d’hui, et c’est, comme on peut voir, taille bien que je n'en aïe jamais d’un libéralism: un peu bizarre. Eu peur. J'ai toujours combattu | Sinous sommes régis par un ca- | avec des armes loyales. Monsieur, | binet sectet, jar une oligarchie|0n ma dit que lorsque j'ai employé tyrannique, autant vaut supprimer | le mot ‘‘foreigner’' mon âme était | la Chambre des Communes tout de | pleine d’un sentiment qui trouvait suite, par économie. son expression. Je dédaigne del La Chambre des Communes re- ! répondre à une telle insinnation. | { n.. présente le peuple et elle discute | Si Soixante ans de ce que je crois| les actes du ministère ; mais si le | être une vie honorable, une vie qui | ministre lui cache ses actes et qu’on | incontestablement été remplie de ñ tolère la chose, la représentation | dévotion loyale aux institutions populaire devient un luxe, une dé- | britanniques, n’est pas une ré-| pense inutile, | ponse suffisante à une insinuation | Que le peuple dise s'il aime |d° tte nature, je ne tenterai pas | mieux abdiquer ses droits et confé- pe FR ne PR: rer la dictature à l’autocrate sir’ …p qe HE Me can _e liés de l’honorable monsieur, ceux Wilirid ou s'il aime mieux voir une | qui combattent avec lui, m’ont ac- forte opposition contrôler même cet | cusé durant des années d'être trai- honnête homme. Qu'ils se pro-} tre à ma race et à ma religion, nonce entre le danger des ténèbres | Mais Ce Cri commence à se faire vieux, et ils ont dû en inventer un et la sécurité du plein air.—Ze! all trouble is at an end. Don’t Chide the THE MOST COMPLETE STOCK > OF mn. MIOSUMMER REDDIREMENTS Uothing Department House Furnishing Dept. workmw£nship, style and fit, isunexc:lled in Canada. This department contairs Carpets of all kinds, We sell Progress Brand Clothing, which for Wall Papers, Rugs, Squares. Window Shades, Por- tiers, Frillel and Tasseled Muslins, Window Poles montagne, sur l'alcoolisme, le fléau Our line of Children's and Boy's Clothing is most qui est une plaie sociale, ce que je ber and Showerproof Coats, from $2.50 to $12.00. 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