q Un Acadien Mon père était un "Acadien". Tel que je l'ai connu, et telle que je connais l'Histoite des Acadiens, je pulä conclure que mon père avait le véritable type Acadien. Mais qu’est*Ce, au juste, qu'un Acadien? Voilà le point! L'île» du—Princeoüdouard faisant partie du Dominion du Canada, ses habitants ne sont—ils pas tous des "Canadiens"?... Sans doute; mon père était un "Canadien", mais descandant des "Acadiens". Aujourä'hui, un peu partout, un véritable Acadien se fait reconnaître à son parler: son accent et les expressions proprement acadiennes ne permettent pas de s'y tromper. Ce phénomène à son explication historique qu'il est peut—être bon de signaler pour rassurer tous les Acadiens d'aujourd'hui qu’ils n'ont.rien ä regretter de ce qui les distingue de leurs compatriotes. ïls n'ont pas ä rougir d'avoir gardé si fidèlement l'héritage du passé! "... La colonisation de l’Acadie s'est faite avant la formation définitivo de la langue française. Toute émigration de France a cessé à partir du jour oü l'Acedie estpaosée sous la couronne de 1'Angleterre_ (1713). Les colons qui, avant comme après la conquête de leur pays, n'ont guère ou la chance de s'instruire, aux qui ont toujours vécu dans l'isole— ment, ils ont nécessairement gardé 1e vieux parler de leurs pères: la langue du seizième siècle. L'adoucissement des finales: onne, omme, en ounne et comme; l'emploi du pronom singulier avec le pluriel du verbe: j'avîons, j'êtion8,... etc., ..."...êteient d'usage courant ä l'époque d'Henrî II et d’Henri IV," 11t«on dans l'Histoire. Et l'auteur de ces citations couclut: "La conser- vation de la langue française chez les Acadiens, dans les conditions que l'on connaît, est un fait aussi surprenant que celui de leur renaissance". Le "parler" n'est pas le seule caractéristique du peuple. Pour bien saisir ce que l'attribut "d'Acudien" ajoute ä la personnalité d'un individu, il faudrait remonter un peu dans l'histoire, revolp la merveilleuse épopée qui a marqué nos ancêtres, les Exilês de Grand»Prê. Les belles pages d'un Abbé Casgrain, ou le "Récit du voyage" d‘un Abbé Dubois, nous parlent de l'héroïsme de nos aïeux en termes dignes des chrétiens de l'âge apostolique. A l'héroïsme, cee_premiers colons alliaientencore une simplicité de vie qui frappait mêmeleurs ennemis. Les vers de Longfellow n'étaient pae que poésie; ils décrivaient la vérité toute simple: "N1 verroux, ni loquets Ne fermaient dans la nuit, leur moäeste demeure. Et la porte s'ouvrait, comme l'âme, à toute heure. Là, le riche était pauvre en aon honnêteté, Et le pauvre ignorait ce qu'est la pauvreté.