PE DIT «ets dur La Jeune Fille Pauvre chambre, la paupière sèche, la poitrine gonflée, la tête en feu, en proie à une sorte de délire qui tenait du désespoir et de la folie. XL11 Les HYPOTHESRS DE DEUX ACTEURS Quatre heures du matin son- naient lentement à la grande hor'oge du château, lorsque madame Lobeau fut brusque- ment éveillée par deux coups rapides frappés à sa porte. Presque aussitôt, maitre Ana- tole, en habit de voyage, entrait, une bougie à la main et s'‘écriait d'un air tragique : — Madame, tout est perdu ! Madame Lobeau,, stupéfaite, s'était assise sur son lit, et, écartant les rideaux de soie, elle aurmura aveo une angoisse qui n'avait rien de joué : —Qu'arrivetäil ? vite. 1ls sont partis. Qui, partis ? M. Philippe et elle. Impossible ! Trop vrai, madame ! si cela m'eût regardé, rien de semblabie n'aurait eu lieu. Vous vous serez trompé, bal butia-t-elle. Un pareil éclat ! lis auraient reculé, iui sur- tout. Autrefois, cela aurait pa être. Aujcurd'hui, vous n'êtes plus son maître. Je ne j'ai jamais été. Elle le tient, il ne lui échap- pera pas. Que faire, mon Dieu ! Nous entendre. Avez vous un salut ? Nous le trouverons. En attendant, s'il pouser ? Cela ne se fait pas si vite. M Philippe est faible ; il tient à vous ; ramenons-le. Comment ? Soyez malade à la suite de cette commotion, malade à en mourir A près ? 11 accourt. Qui l'instruira ? Moi ! Parlez moyen de allait l’e- Vous ns savez même pas où il est. Je le saurai. Semons l'or, s’il le faut ; le temps presse, Je pars. Peut-être arriverai je assez tôt âu train pour entraver leur fuite. Pendant men abscence, ne ménagez pas le broit. Déjà la malsOn cépnait l'événement, et les pronos circulent. Dans quelques ,heures, il fant que l'histoire soit sue à dix la ronde, et le secret divuigué. Fernande doit être traitée de telle qu'un homme d'honneur ne puisse Ini donner son nom. Cette nécessité est cruelle. C'est nne nécessité. Optez- vous pour mon départ ? Madame. Lobeau, ub calme qu'on n'aurait pu soup- lieues à pressenti, sorie aveu çonder en elle, se passa un pei- gnoir à la hâte et volà à la chambre de son irère. Le lit n'était poiut défait. lampe que Philippe avait oublié d'é- teindre, brülait encore sur sa table chargée de livres et de La paperasses. Elle visita sa gar de-robe ; rien n'avait levé. Il l'épousera ! été en Concentrée. Elle quitta cette chambre et | se dirigea vers celle de a nande, Celle-ci aussi était 6- clsirée, Aucun ment. fam de Jeunesse, de chasteté qui! allait à l'âme. { Î À } Madame Lobeau s'était arré- tée sur le seuil. Fernande a- vait, pour ainsi dire, imprimé à cette pièce quelque chose d'an- gélique, de réposé et de-doux, comme une émanation d'elle- même ; quelques chose qui cri- ait : Arrière !'aux profanateurs, avec une muette éloquence, et qui rendit songeuse celle qui venait là avec des pensées de déshonneur et de honte. Elle est, elle doit être coupa- ble ! se dit-elle à haute voix pour se convaincre, sans doute: Elle est coupable ! Tout est contre elle, et cette fuite fait, de sa faute, un crime. Elle s'est mise au ban de ia société. Une leçon lui est utile, elle laura. Et tranquillement, elle reu- tra dans ses appartements, se remit au lit, sonna sa femme de chambre, et, d'un ton éploré et doleut, lui demanda des détails sur l'événement de la nuit. Elle apprit alors que Philippe était parti, ou avait fait semblaut de partir à sept heures du soir. Quant à Fernande, nui ne l’a- vait vué sortir. On ignorait donc l'heure de son départ Les domestiques de la maison furent mandés tour à tour, les détails s’arrêtèrent la, Quaelques-uns brodèrent un peu sur l'histoire, aucun nc put donner une certitude. | À huit heures, le cocher qui | venait de conduire le précep- pe à la gare, porta à madame Lobeau ces qaelques mots d'A natole : ‘Je suis sur ma voie” À midi, un télégramme, daté d'Orléans, disait ceci : ‘Tout va bien sauf retard. Ont pris train mixte de Paris. Monte en ex- press,” Madame Lobeau avait fait défendre sa porte. Madame de Bianchemin n'avait pu la voir. L'abbé Saturdin qui était venu à pied et par un temps horrible, malgré ses pressantes instances, avait dû retourner au presby- tère sans l'avoir vue. XL11i UN MAJEUR EN TUTELLE En arrivant à Paris, le pre- mier solu d’Anatole fut de tà- cher de retrouver M. de Fineste; chose difficiie ! 1: ne perdit pas le temps en recherches inutiles, alla au bureau de police de Ja gare, donna le signalement de Phiiippe et reconnut avec plai- sir que Ce signalement répon-: dait exactement à celui d'un voyageur arrivé par le premier train. Comme il se disait po:teur d'importantes nouvelles pour le jeune homme, et qu'il fit com prendre qu'il ne reculait devaut aucune dépense,il eut bientôt, a sa dispnsitiou, les plas fins imiers qui promirent de lui rapporter dans quelques heures l'adresse demandée. Cela fait, il monta daus une voiture et se fit conduire chez 8 docteur Alfaut, dans ie cas où Philippe, agissant en homme d'honneur qu'il était, lui aurait ramené Fernande. Aucun é. tranger n'avait pu voir le doc- teur dans la journée, puisqu'il était absent depuis la veille. Le précepteur se rendit alors à l'hôtel indiqué aux agents ; et n'eut pas longtemps à attendre; trois de ses hommes arrivèrent presque à la fois. L'un désigna la maison dorée | comme servant de retraite à un |eouple L'autre, l'hôtel des ambassa- il l’épousera '|deurs où deux voyageurs du marmurait-elle avec une rage|train d'Orléans avaient mis pied | la sauver d une sitaation peril- arrivé dans Ja nuit. à terre, et dont le portrait se rapprochait beaucoip de celui Philippe et de Fernande, le uom seu}, pas pius que le nom qu'Anatole s’expliqua ment. Le dernier venu affirma: | L'IMPARTIAL JEUDI LE 26 DEC, 1901 que ses camarades se trompaient et que M. de Fineste était ius: tallé an grand hôtel, chambre No 24, qu'il y avait mandé un tailleur pour 6e faire habil'er, car il était en veston de chasse, qu'ilétait sorti à une heure s'était rendu à l’Ccole de inéde- cine avec la voiture No 2.035, qu'il arait interrogé le concierge, de l’école ; était reparti; avait acheté en route un aunnaire et un guide, et était entré à l'hôtel où il devait se trouver encore. Décidément, ce dernier était bien Philippe. Qu'avait-il fait de Ferdande ? Avec qui serait: elle partie sinon avec Ini ? Un rapproch:ment bien sim-- ple et auqnel il n'avait pas d a- bord songé prouva au précep- teur qu'il s'était trompé duns ses calcu!s, que son explication avec la jeuue fille uyant eu lieu vers neuf heures du soir il n'était pas possible, quelque diligence qu'elle eut mise d ar- river à temps au irain de dix heures quinze. —lis out voulu sauver les apparences, se dit-il : elle vien- dra le rejoindre; je réponds bien qe ce sera trop tard. On le voit, la nature perverse du précepteur acoueillait avec avidité les moindres probabi- lités 11 jugeait des autres d'a près lui wême, et se persuadait, non dela culpabilité d: Fer- nande, mais des espérances, qu'elle devait avoir et qu’elle réaliserait par un coup d'au- dace ou d'adresse. C'est par adresse l'hypocrisie Ja pius rfliuée, qu'il était parvenu à accepter la bieu- veillauce de l'excellent prêtre qui l'avait teuu au séminaire jusqu’à l'âge de vingt quatre ans ; C’est par adresse encore, qu'il était parvena à dicter des lois à Finesie; il comptait sur cette adresse pour empêcher je mariage d: Fernande avec Phi läppe; sur elle encore, poar rendre brillant son avenir ob scur; il ne trouvait donc pas étonnaut qu'an autre déployàt autant de persérerance, et usa des mêmes armes pour atteindre au but proposé. Majheureu+ement, ur plan déconvertest un plan avorté. Fernande était battue d'avance, ce qui rejouissait fort le pre: cepteur et mettait un sourire à ses lèvres. ll remercia chau- dement et généreusement jies agents de police, mouta dans la voiture du dernier et ton cha eufin aa gramwd hôtel. Philippe de Fineste était dans sa chawm bre. Uu domestique intro duisit Anatole auprès de jui. À demi coaché lomane, et avec sur une ot- celui ci fenilletait uu dun air distrait et fatigué lorsque parut le pré- cepteur. — Vous, ici ! fit il en frouçant le sourcil. Qui ns —Ah! Monsieur, je vo-s trouve ? Dieu soit loué ! je COuTs apiès vous depu S quatre heures du matin. — Vous pouviez vous épar- guer ce soin. Ne suis-je pas libre de mes actiois ? — Savez vous ce qu'est de venue mademoiselle Feruande ? aunuaire vous a per- | put à peine articuler: |fâme ? continua Philippeavee violence. bouleverse-/ du couple de la maison derée, | Monsieur. On y respirait un par-}ne répondait au nom donné, ce Pensé que vous la rameniez au facile- docteur Alfaut, son protecteur. interrogea sans préambule le Précepteur, pour mieux juger de l'effet produit. Phüippe deviut blême et — Pour qui me yienez vous Monsieur, et pour qui prenez vous Cette jeune fiile ? — Nousaioës cra que, pour leuse...… —Je ]uien créerais une in. m'entendaz En nn mot, — Voas (a continuer) ASTHMA CURE FREE Asthmalene Briugs Instant Relief and Permanent Cure in all Cases. SENT ABSOLUTELY FREE ON RECEIPT OF POSTAL WRITE YOUR NAME AND ADDRESS PLAINLY. There is nothing like Asthma- lene. It brings instant relief, even in the worst cases. It cures when all else fails. The Rev C F WELLS, of Villa Ridge 1il, says.‘ Your trial bottle ot Asthama- lene received in good condition. [ cannot. tell you how thaukful I feel for the good derived from it. 1 was a slave, chained with putrid sore throat and Asthma for ten years. 1 despaired of ever being cured. 1saw your advertisement for the cure of this dreadful and tormentin disease, Asthma, and thought you ba overspoken yourselves, but resolved to give ita trial. ‘To my astonishment, the trial acted like a charm. 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