Ne RE Mt ie | ü À — È où attentes hé él mi bd à ea it ane tot ne a me em 6 L’'IMPARTIAL, JEVDI LE 12 Em» LT FE LA MERE JOB | (Suite de la lère page) l'influence des pintes de bière, le bruit grandissait de plus en plus dans la oour de lAigle d'or, un jeune homme se tenait tont seul derrière la haie de - hêtre qui séparait lotir du jar- dix potager de l'auberge. Ses vêtements à la mode de la ville, ses traits fins et ses membres délicats eussent pu faire supposer qu'il était étran- ger, et que le hasard seul l'avait conduit en ee lieu. On lisait sur sa physionomie une prefende tristesse ; le plus souvent il te- nait la tête penshée et le regard fixé sur le sel ; mais, par meo- ments, 1l se redressait et lançait, à travers une étroite ouverture de ja haie, des regards étinee- lants vers l'endreit eù les femmes des membres de la ‘“‘ælide, conversaient et riaient autour de nombreuses tables. Alors une eentraetion fébrile | plissait ses lèvres frémissantes, sen visage pâlissait, et oublieux de tout le reste, il tendait le cou vers l'objet qui semblait l'irri- ter ; ses poings se crispaient, et de rauques soupir s’échap paient de sa poitrine, jusqu'à ve que la crise nerveuse se ealmät, et que, sacsombant sous une ao- blante convietion, il laissât dere- chef pencher tristement la tête sur sen sein. Tandis qu'immebile et silea- eieux, il semblait abimé dans la contemplation des causes de sa deuleur, un jeune paysan tour- ua le eein de la haie, et, sans être apereu, s'apprecha du son geur désolé. 11 lui posa la main sur l'épaule, et dit d’une veix eom patissante : —Grabriel, si j'étais à votre place, je boirais une bonne pinte ià-dessus. Ne vous ai-je pas dit, il y à plus de six meis, que °e faiseur d'embarras, aveo ses moustaches, vous brasserait de mauvaise bière ? O’est un sean- dale ! Prêter l’ereille ainsi, au milien de tout le village au es- quet d'au étranger | (Gabriel regarda d'un œil hea- mide eelui qui vemait de parler, taudis qu’un pénib'e seupir s'é- ehappait de sa poitrine. L'autre reprit : —Le forgeren avait bien rai- son, quand il disait, il ya trois mois, que ce monsieur Walter vous couperait l’herbe sous le pied. Savez-vous ee qu'il pré- tend maintenant ? Qu'on wma- chine un mariage entre lui et Rosiue. Un amer sourire d'incrédulité eontraeta les traite de (tabriel, et il fit un geste menaçant comme pour éesrter de Jui eette idée affreuse. —Allons, allons, mentrez vous homme, dit l’autre, il est facile de voir qu'il est question de quelque chose. Le Mensieur Walter, depuis ees derniers mois, n'est-il pas presque tous les dimanches à Wispelbeke ? Et Rosine cache-t-elle son es. poir d'aller un jeur habiter la ville eemme son frère Muge ? Qe Walter n'estil pas à ses yeux une merveille de géméro- sité, de peiitesse et d'esprit ; el ne parle-t-elle pas de lui, cemme sie’était un modèle de toutes les vertus ? Le jeune homme hocha Ja tête avec désespeir. — On ae vous renverra, Gta. briel, que lorsque tent sera bA- olé ; mais, à vetre plaee, je ne leur donnerais pas le temps de se moquer de moi; je les enver. rais bel et bien prememner, et m'amuserais comms il faut avee les amis, pour leur montrer que je ne me soucie guère de leur fausseté. Allons, venez, et ne restez pas là tout seul à tergi- verser. Le forgeron veus a va, et tenez-veus droit eemme un homme ! Gabriel suivit un silence et la tète penchée, le jeune paysan, qui, tout en marchant, répétait : —Buvez là-dessus deux ou troie pintes, et laissez cette ee- quette mijaurée à ceux qui ne valent pas mieux qu'elle. —Resine qui, sans s'en douter, venait d'ôtre épiée à travers la haie avee une si févreuse atten- tion, était toujeurs assise à oôté de l’assoeié de son frère. Une inexplioable tristesse s'était pen à peu emparée de son cœur, et cette disposition n'avait pas 6- chappé à mensieur Walter. Comme s'il voulait, par poli- tesse, respecter sa mélanaolie, dent il s'était vrainement effer- dé de pénétrer le motif, il avait fixé, avee un intérêt apparent, sur la cible et sur les tireurs. — Pourquei es-tu si triste, Rosine ? demanda la mère Job. Je ne sais, maistoi, ten père et d'autres encore, vous êtes de singulières gens. Nous sommes ivi à une belle fête, pour nens amuser, et vous faites des visa- ges eomme si neus étions bien malhearenux, et avions des rai- sous d'avoir de gres chagrins. —Où denc peut être wabrie}? 11 sait que nous deviens vonir ici, murmara la jeune fille. —Je erois le voir là-bas. — Vous le voyez, maman ? s'écria Resine avec joie. — Là, derrière monsieur le baron ; il nous tourne le des et parle au fils du fermier Adrien —— Et il ne vient pas nous dire boujour ! Ue n'est pas bien à lui. Gabriel est un ben gareon, maman ; mais il a souvent de si étranges idées en tête. Que peut-il encere avoir mainte- nant ? Soyez-en sure, il est fà- ché sontre moi. Peurquei ? Dieu le sait. C'est pourtant triste !… Ah 'il se reteurue, il me voit! Le nora de Gabriel s'éshappa de ses lèvres, eile se leva et fit signe de la main au jeune Lomme. --Ah ! maman,il s'en va; son regard est bien dur ! ——De quei vais-tu t'inquiéter, Rosine ? dit la mère Jeb en son- riant ; le ciel est bien haut, et poutant, il y arrive souvent des nuages.....Allens, mets-toi oes idées-là hors de la tête. Tiens, voici ton père ; Ini aussi n’a pas l'air de bonne humeur ! Baes Job quittait en ce me- ment la eible pour se rappro- che de sa famille. Déjà, de loin, on pouvait voir à ses gestes brus- ques et ses lèvres pincées, qu'il était mécontent du résultat du tir. —N'ai-je pas dit que j'étais ensoroelé ? s'écria t-il. Treis ro- ses en huit coups ! Je gage une demi-tonne de bière, que de- main, j'en ferai einq à la suite l’une de l’autre ! Mais aujourd'- hui ! si je brisais ma flèche con- tre le bois, cela né m'étonnerait pas ! — it quia gagné la tabatière en argent ? demanda la mère Job. —(Gagnée, gagnée ! Elle n'est pas du tout gagnée. Nous avons encore chacun sept coups à ti- rer. —ÆEt qui a fait le wlus de ro ses ? ; — Le notaire en a quatre ! Mais, toi, Job, tu en avais trois. Avec un ceup heureux, tu rattrapes le notaire ; et s'il tire un peu moins bien, tu peux encore gagner la tabatière et être ‘“‘primus.” Sur ees entrefaites, le bras- seur avait bu une eouple de verres de bière: il répondit avee impatieuce : —$i je n'étais né pour le mal- heur, persoune autre que moi n'aurait litabatière ; mais main- tenant ! Tu verras que je tirerai plus mal encore la secende fois que la première. _ —Assieds-toi un instant près de nous, dit la mère Job d'un tes amical, et reprends courage; sois sûr que cela ira mieux tent à l'heure ! scie : “éela ira mieux‘! Je te dis, moi, que cela n'ira pas mieux ; @:la ira plus mal ! —Allons, cher homme, me te la mère Job ; si eela ne veut pas aller mieux, je n'y puis rien faire. 11 faut pourtant que quel- a'y aura ni bras, ni jambes cas- sés. —Je sais bien que cela te se- rait bien égal que je quittasse “l'Aigle d'er, déshonoré ! grom quoi es tu là à faire la mine ? dit-il à sa fille. Est-ce de la bou- deris ? Monsieur Walter est là dans une agréable société ! Huge se sauve, et va fumer des eigares avec le baron, et toi, tu tournes quasi le dos à netre hôte. C'est poli ça! L'assosié de Hugo voulut dire quelques mots. ponr exeu- ser Rosine ; mais baes Job ne parut pas l'entendre, et deman- da, en regardant fixement l'ea- fant : Engelbert est hien pâle ! Pourquoi ne parles-tn pas à cet enfant ? il est malade. —Ah ! tu prends toujours les vhoses au pire, répendit sa fem- me. il a mangé trep de bouillie de riz, le petit gourmand. &ela se passera ; ne t'inquiète pas d'Engelbert ! Le brasseur eût sans deite —Oh! aveo cette éternelle ; tâche donc pas contre moi, dit) qu'un gagne, et, en tous cas, il} mela baes Job...Resine, pour-/ douné eours plus longtemps à sa manvais aumour, en conti-| nuant ses reproches bourrus, si le héraut de la ‘“gilde” n’eût crié au loin : —Hommes du second peiotom préparez-vous ! Bacs Jeh tendit son aro en toute hâte, après quoi, sans! plus faire la moindre attention à sa société, il courut au tir. | Rosine, par um sentiment de convenance, eptama avec men- | sieur Waiter, une eonversatien | naïve des paysans et la liberté avec laquelle on vit à la oam-! pagne; la mère Job parlait à hante veix avee la fermière, Catherine, des entantset de la. fièvre scarlatine, qui régnait au village, mais qui, heureusement serablait diminuer. Huge s'en tretenait tosjours avec le baren, du prix probable qu'attein- dreient les grains au marche, après le moiseon. Au bout de quelques instants, de vifs applaudissements écla-. tèrent tout à coup auprès de la cible, et tous les villageois oou- rurent au bout de la eour et s’y réunirent en une masse com- pacte. Les femmes se léverent aussi par curiosité... La tabatière était gagnée ! Quai pouvait être l'heureux vainqueur ? Rosine qui était montée pré- eipitamment sur sa chaise, et voyait sans dente mieux que les autres ce qui se passait, s'eeria tout à verp, en battant des mains avec un oubli eemnlet de sa tristesse : —Mamau, maman ! Ah! c'est le père qui a gagné ! Voyrz, vo- yez, monsieur le baron lui don en la tabatière d'argent ! — Est-ce vrai? demanda Ja mère Job en levant dans see bras eon petit garçon, avec une joyeuse émotion. —(ertainement ! écoutez, on crie déjà : vive baes Job ! Et ce effet, cette aeclamation s'élevait du gronpe au milieu duquel ie baron était occupé à remettre le prix au vaiüqueur- — Dieu soit loué! s’écria la mére Job aveo joie... Mainte- nant, du moins, il sera satisfait En ee momemæt, Rosine aper- cut Gabriel qui sortait de d«ler- rière la haie et s’apprechait des membres de la ‘’gilde.” Elle sau- ta à bas de sa chaise en disant : Mamans, maman, je vais voir un peu de près, eh! «ee doit être beau monsieur Île ba- ron qui parle au père et qui lui dit teutes sortes de belle cheses ! À ees mets, elle s'élanga vers le lieu eù la foule était rassem- | Chaque année des milliers de femmes succom- bent des suites de cette dangereuse maladie 1ppe-: lée communément le Retour de l’Age. femmes avaient la sagesse de prendre un remède capable de fortifier tout leur système, alors elles pour traverser: périoce critique qui est pleine de dangers et qui, quand elles ne suc- auraient Ja force nécessaire heureusement cette combent pas, les laissent souvent invalides ouinfirmes. Les Piiu= N les Rouges du Dr. Coderre M n'ont pas d’égales pour guérir les maladies occasionnées par l'âge critique. Elles ont guéri des femmes qui souffraient de: puis bien des années et que leurs médecins avaient abandonnées, elles en ont guéri qui étaient devenues invalides. Ne vous décourag- donc pas, car vous guérirez Vous aussi, et pour cela vous n’avez qu’à suivre l’exem- ple de femr:*s qui étaient bien maladeseta:i aujourd’huisont en santé ct parfaitement heureuses. Mme Omer Beauchemin, St-Alevis des Monts, Qué. x Dit: ‘ Que toutes les femmes qui soufirent du retourde | 34 l’âge ne désespèrent pas. Pendant 15 ans j'ai soufkert de | +. $ D AVRIL, 1900. cette maïadie, Denx médecins qui.me soignaient voulaient que j'aille à l'hôpital subir une opération. Grâce aux bons traitements des médecins spécialistes et aux Pilules Rouges du Dr. Coderre, je suis guérie et j'ai évité une cruelle opé- Si les les femmes qui so dès aujourd’aui. sultation par écr | Méfiez-vous de | |. nables contrefaço | dangereuses. Ne Quelque soit le genre de leur maladie, toutes les femmes devraient consulter nos médecins s5p€- cialistes- C’est un grand avantage offert à toutes gereusement malades. nt faibles, languissantes ou dan- Ne retardez pas, écrivez Nos médecins ont obtenu un 1 cu | ëy æ ‘4 LA 3 - a succès vraiment étonnant au moyen de ces con- it, Ne craignez pas, vos lettres sont lues et répondues par les médecins seuls. Les femmes qui demeurent près de la ville sont invitées à venir voir nos méde- cins à leur salon de consulta- tions tous les jours de 9 hrs a.rm. à 6 hrs p.m. Dimanches excep- tés. Toutes consultations per- sonnelles ou par écrit, stricte- ment confidentielles et gratuites. Souffrez-vous de constipation ? 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