L'IMPARTIAL, JEUDI, ET Nate ré te Ha dé Se nt Le 4 PA. + AE ÉRA PATES $ SR EP CU SES TN RTE Ps 7 +5 FT « ; TS, LE 13 AOUT 1908. L'Aventarier Malgre Lui a (Suite de la 1re. page) — Parce que je ne comprends rien pux usages et aux invraise mblances de ce pays-ci..…. Eh bien ! je vais vous dire, moi, comment uous nous sonumes trompés. —Oh ! fit Michon tristement, ce pera bien inutile, si vous n'avez pas trouvé le moyen de me reudre So- phie. —C'est que, précisément, je l'ai trouvé, ou tout au moins, je m'y zésigne. —Et quel est-il ? —Mon Dieu ! mon ami, tout simplement d'annoncer dans les journaux que je consens à payer les cinquante mille dollars deman- dés par les ravisseurs pour nous la ramener. C'est une excellente idée, en efiet,'’ répliqua Claude, qui ne comptait plus sur l'héritage de l'oncle depuis qu’ils connaissait son intention d’épouser miss Billen- brock- S'il avait èté d'aussi méchante humeur que la veille, il aurait ajouté ; “Et vous lui devez bien ça, car sans votre lettre d’invitation à ve- nir vous voir, sans votre fameux «Tu es une Bancelin’’, nous n’en serions pas là.”” Mais il garda cette dernière apos- trophe pour lui et continua d’écou- ter Martin. En arrivant à Saint-Lous, disait celui-ci, je vais faire annohcer par le plus important journal de la ville qu’on pourra se présenter à notre hôtel, ou nous assigner un rendez- vous... —Mais si les bandits à la Nouvell-Orléans ? —Mon cher, mon annonce sera télégraphiée par le soin des repor- ters ou correspondants de journaux aux quatre coins des Etats-Unis, et reproduite gratis par cent feuilles publiques. —Et ce sera toujour: ça de rat- trapé sur les deux cent cinquante mille francs. Malheureusement, ajouta Claude avec amertume, j'ai une cruelle peur que cette capitu- lation n’arrive trop tard —Qui vous fait penser ainsi ?”? demauda l'oncle, étonné. Mais Claude : ‘‘Et si nous la trouvons dans son cercueil ?”? L'oncle n’avait pas pensé à cela. J1 tressaillit à ces mots des pieds à là tête. “Oui, oui, dit-il j'aurais dû at- tendre d’être à Saint-Louis pour prendre une résolution.” Ii setut. Michon, torturé par les angoisses qui lui reprenaient les nerfs, Michon détourna la tête afin de cacher une larme, et se mit à regarder machinalement devant lui le paysage admirable qui se dé- roulait. sont restés morte IX Il était sept h:ures du matin. Jamais plus splendide expansion de lumière n'avait baigné plus idéale contrée. La puissante masse d’eau du Mississipi, dans sa majestueuse lenteur, renvoyait aux regards é- blouis des reflets d'argent sur une tra née infinie, tandis que la forêt mposante et superbe, vec ses oIn- loiseaux, firmament, eaux, forêts, depuis la pourpre éclatante de quel- ques nuages voisins du soleil jus- qu’au blanc pâle de certains arbres aient dans le voisinage d’un vert intense. Le train fuyait follement sur la berge, allant au-devant de nouvel- les surprises, soit que les grandes baies sunitement entr'ouvertes lais- sassent voir au loin l'horizon atti- rant, soit que le terrain, tout à coup pittoresque dans sa sauvage- rie tourmentée, limitât la vue à quelques centaines de pas. Certes, l'âme la plus réfractaire aux impressions que peuvent gra- ver 1:s voyages dans une mémoire indifférente était forcée à l’admira- tion la plus sincère, que dis-je ? à l'enthousiasme le plus effréné. Il ne se pouvait rien de plus beau. Claude lui-même, malgré sa dou- leur et ses raisons maintenant légi- times d’abhotrer les aventures, fut enveloppé par la divine harmonie qui régnait en ce lieu. Ses yeux grandis buvaient le spectacle magique. Eclairé pour la première fois, comprenant les ivresses d’une intelligence dédai- gneuse des platitudes urbaines pou- vait goûter dans ce milieu paradi- siaque, il fut envahi par un cha- grin amer à la pensée du plaisir qu'aurait éprouvé Sophie daus la contemplation de cet éden. Mais locomotive et wagons f- laient furieu sement, et bientôt le soleil monta dans l’azur, les arbres devinrent moins épais. Une sava- ne se déroula sans obstacles et sans fin, puis ce fut fini. On retomba dans la vulgarité des sites cent fois vus, Le cœur de Michon revint insensiblement à ses tortures, à sa colère, et quand il ne resta plus en lui que le souvenir des merveilles traversées si prompte- ment, le pauvre garçon laissa enten- dre un gémissement douloureux... Dans la voiture réservée aux hommes de couleur, les nègres a- vaient passé une partie de la nuit à boire, tout en parlant de leurs af- faires, à voix basse. Boubou seul s'était enveloppé dans une couver- ture et avait dormi, o1 tout au moins était resté immobile comme une planche, pendant que les autres bavardaient avec une animation gran‘li sante, à mesure que l’eau- de-vie échauffait leur cerveau. De temps à autre, l’un d’eux, s’oubliant, lançait un mot plus haut on ripostait avec moins de mesure. Boubou ne bougeait pas plus qu’un terme. Cependant, quelqu’- un qui eût pu je'er un regard sous la couverture dont tout son corps et surtout sa tête étaient entourés, se fût aperçu que, de temps à au- tre, le boy ouvrait imperceptible- ment les yeux et que, très proba- biement, il ouvrait davantage enco- re les oreilles. Jupiter et Hélégas discutaient assez âprement une question sans doute controversable ; les deux au- tres buvaient ferme et se conten- taient d'écouter, indifférents peut- être, peut être aussi déjà trop ivres pour bien comprendre. Puis les deux drôles parurent a- voir trouvé un terrain d'entente. La conversation, devenue languis- sante, cessa bientôt tout à fait, et, comme des gens armés d’une réso- lution décisive, les quatre noirs, fleur des bas-fonds de la Nouvelle- Orléans, s’étendirent à leur tour, dont les fleurs innombrables souri- oublier ce nom. —QOui, mister Martin. —Nous, nous allons loger à l’hô- tel Muller. Tout le monde vous l’indiquera, mais, tâchez de ne pas \ —QOui, mister Maïtin.’” Ceci entendu, Arsène, Claude et Boubou s’en allèrent ensemble, at- tirant quelque peu l'attention par leur attirail de carabines et de re-, volvers : mais aux Etats-Unis, et non loin des limites de l'Ouest, les hommes armés sont assez fréquents pour qu’on ne s'étonne pas long- temps de leur présence. ‘‘Mon oncle, remarqua Claude, pendant qu’ils marchaient déjà non loin de la gare, nous oublions la question du cercueil. —Ah ! de par tous les diables, vous avez raison, mon neveu ; Où avais-je la tête ?’’ Ils revinrent rapidement vers la station et l’oncle Martin s’informa. ‘Nous avons reçu votre dépê- che, lui répondit le chef de gare, et nous avons fait le nécessaire dès que le train désigné par vous a passé par ici. —Eh ! bien? : —Les fourgons de marchandises ne de bagages ont été vidés entière- ment, nous n'avons pas trouvé de colis en forme de bière et ayant des trous sur l’une de ses quatre faces. —Allons donc ! —C'est comme j’ai l'honneur de vous le dire." —Vous ne vous êtes das trompé de train ? —Impossible. Tous les trains ont été visités soigneusement, scru- puleusement. —Voilà qui est extraordinaire. —Tenez, en ce moment même, on se livre à la même opération sur les fourgons de l’éclair par lequel vous êtes arrivés. Voulez-vous venir voir ? —Parbleu !”” fit l’oncle Martin. A Saint-Louis, on ne parlait plus qu’anglais ou allemand. Claude était donc hors d’état de compren- dre ce qu’on disait, et il fallut que Boubou reprit ses fonctions d'in- terprète. La caisse signalée comme ayant été expédiée de Red-Junction pour Chicago n’était pas davantage dan: le convoi qui avait amené l’oncle ct le neveu. Ce fut pour Michon une nouvelle secousse, plus douloureuse encore que les précédentes, et son désespoir éclata malgré lui quand il fallut se rendre à l’hôtel. ‘‘Probablement, disait l'oncle, on aura mal cherché. Le colis étant à destination de Chicago, on n’aura pas jugé nécessaire de fouil- ler dans ie fourgon spécial à cette ville, mais vous savez que la police est prévenue, là-bas, et je vais té- légraphier que nous sommes à Saint-Louis, où l’on ne manquera pas de nous aviser. —Tout cela est bel et bien, dit Michon, qui se montait ; n’empê- che que nors ne soyons pas plus avancés que le jour de l’explosion, avec cette aggravation que nous avons presque perdu l'espérance, —Pas moi, pas moi! clama l’oncle de son air tranquille. —Je crois bien. Ce n’est pas | de votre femme qu’il s’agit. — Pardon... —$Si vous appreniez que miss Billenbrock a été capturée par des Indiens Sioux, sur le parcours du rail-road Pacific.... —$i j'apprenais cela, répondit bres violettes adoucissait de notes , Martin avec le même calme, je ne ndres cet éclat aveuglant, Lalnon sans avoir absorbé quelques! ferais pas plus pour la petite So- 1o1 des contrastes s’imposait si bien | nouveaux verres de whisky, et phie. Ce qui n2 veut pas dire que que l'esprit le plus vulgaire en s’endormirent du sommeil de l’inno- ‘j'accepterais ce malheur sans en comprenait la charmeresse douceur | Cence méconnue. |souffrir beaucoup. Au contraire. Sous la tente bleue du ciel de Quand le train-éclair s'arrêta Mais je ne m’abandonne pas au bre étendue des grands arbres fai-|dans la gare de Saint-Louis, Bou- | désespoir, moi. Dureste, vous ut naitre l'idéc du soin que met | bou fut le ; remier sur le quai, et |n’avez pas oublié mes paroles de la nature à ménager les compen- | COurut vers Michon, auquel on pou- cette nuit. tions. | vait croire qu'il allait révéler quel- | —Non, certes ! Uu léger souffle balançait les ci- | ‘ue chose d’important, car sa hâte | — Eh b'en ! c’est le moment de Jiies,. D'innombrables oiseaux sem- blaient se hâter de cueillir l'heure idéale où, sous ces climats, il ne fait pas encore la chaleur torride sous laquelle, vers le milieu du jour, les êtres et les végétaux pa- raissent écrasés. On se sentait pé- nétré d'une exquise fraîcheur, qui, | par un phénomène psychique, était :’! 1euse encore par la gamme ininter ompue des nuances les plus délicates servant de transi- tion aux tons plus décidés qui for maient le fond du tableau: rendue fleurs, OS LRO PT SRE. OCR | était grande. Mais, à quelques pas |de son maître, il s'arrêta comme s'il venait d’être retenu par une réfie- | xion soudaine. Cefut même très tranquillement qu’il rejoignit l’on- cle et le neveu, qui s’orientaient. Les quatre nègres arrivèrent à leur | tour. ‘‘Tenez, leur dit Arsène Martin en leur donnant quelques dollars, voici de quoi vous loger à votre guise. Prenez soin de nous in- former dans quelle auberge vous vous serez installés. faire paraître l’annonce dont je vous ai entretenu. Et vous pou- , vez être assuré que, cette fois, on nous rendra votre femme, morte ou | vivante. , —Ah! oui, toujours ! morte ou vivante ! fit Claude en écla- tant ; mais ce n’est pas morte que je la veux, entendez-vous ! —Ni moi non plus, parbleu ! Vous moquez-vous, par hasard ? — Et savez-vous, reprit Michon) d’une voix qu'il s’efforçait en vain de contenir, savez-vous seulement | you will find them very interesting. £ou to inspect our stock of Winter Dry Goods. SOME SPECIAL .VALUES There is no argument half so convincing as the evidence of your own eyes. For that reason we want We will be most pleased to exhibit our stock and value Freizes, Plain and Striped Zibilines, per yd and not an off shade in the colors, good values at 15c now for. DRESS GOODS : All the newest Blacks and Colors, Rough Tweeds, Etc., also a snapin 50 inch suitings, good value at 50 D div dote ses see WRAPPERETTES Besides the usual range of English and American patterns we have a line of Canadian. 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ERA Lis si ces abominables noirs... —Lesquels ? demanda Martin. —Je veux parler, en ce moment, de Jupiter et de ses complices. —Eh bien ? —J'ai dans l’idée qu’ils nous jouent et que tous leurs mouve- ments sont des frimes... —Qu'importe à présent, puis- que nous allons couper court à...’ Donr’t plod along like your grandmother did before you, scouring and scrubbing; bending and rubbing. GOLD DUST makes housework easy. It cleans everything and injures nothing. More economical than soap. Made only by THE N. K. FAIRBANK COMPANY, New York. Boston, St Louis Montreal. Chicago, Mais Claude interrompit violem- ‘‘Comment, qu'importe ? Vous me feriez tomber de chaud mal, ma paroïe d'honneur !? Boubou avait écouté cette courte conversation , en regardant tour à tour Martin Michon de ses grands yeux expressifs. Un ins- tant, sa physionomie s’anima et i: ouvrit la bouche pour parler, puis il resta hésitant et, en fin de comp te, garda le silence. L'oncle s'étant contenté de hausser les épaules en écoutant les dernières paroles de Claude, ce dernier resta muet de sox côté. Après avoir retenu trois chambres à l'hôtel, Martin, toujours escorté de son neveu, se rendit à l’office du journal ‘Missouri newspaper,’’ et rédigea l’avis par lequel il annon- çait sa capitulation. Mais, en sor tant, comme il avait tout de même sur le cœur les derniers mots que lui avait adressés Michon touchant miss Billenbrock et le reste, il ne put se priver de lui dire : Grams v) et Abonnez-vous a L’'IMPARTIAL ment son oncle : { 1 t endant à Elles se vendent facilement; vu que e client, qui achètede 248 vous une boite de t un Billet ROUE Das Des roms dame Vu eue der Eet 820 ANS "Nous donnons ces GARANTIE POUR a journée même de la réception de }’ RE pd es rapidement, et tout © eo do In sontses à vos amis. Des centaines de personnes ont reçu de pce Montres 0 an son 2e ae he LT > us + Toronto, Ont 5 La Clôture en fil Métallique tissé de Page. 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