: l } i | : | . mr, r, VOLEUR !: Le vent souffle à rafales, ba- layant le ciel sale où les nuages se pourchassent, et fouettant la neige fondue qui tombe en bone liquide sur le paré gras. C'est une triste matinée de novemb-e d'une humidité péné- trante, pius âpre que le froid $ec du rigoureux hiver. Parmi les passants, qui hà- tent le pas, chemive un mise- reux, coiffé d’un vieux chapeau d? paille, vêtu d'un court ves- ion dans les poches duquel il enfonce furieusement ses mains en arrondissant le des. _—_—" sr Maigre et lamentable, il a l'as-| pect hésitant des pauvres bou- gres qui errent sans but, trai- nant leur misère à la dérive, à travers les jours sans pain et les nuits sans asile. Son histoire est celle de beau- coup de ses pareils. Il n'est ni Psresseux nl ivrogne ; mais :a guigne s'attache aprèsses chau:. ses et le poursuit sans trève. Ouvrier graveur sur métaux, il a dû abandonner son état par suite d’ane affection de la vue D'échelon en échelon, il eu est arrivé à ouvrir les poitières, à porter pour quelques sous des malles qui l’écrasent da leur poids et disloquent son corps décharné. 1l a une place en vue. On lui a promis de !’embaucher pour balayer la neige; mais la neige aussi semble le raller ; elle ne reste pas sur ! sol et giisse d'elle-même dans les égouts, sans souci des pau- vres diables qui attendent pour balayer sa blanche couche. Et il marche, le pauvre hère, regardant d’un œil hébété, fon- dre sa dernière espérance. Son estomac vide le tiraille et son corps osseux est sec.ué de fris- sons. 11 va...où voni les pauvres bougres, “à l'hôpital, à la Mor- gue...ou bien ailleurs Tout à coup, comme il passe devant la Banque de France, il aperçoit sur le sol un papier plié, tout maculé de boue. 11 se baisse, le ramasse et le déplie. Il n’en peut croire ses yeux : c'est un billet de cent francs qu'il a dans les mains ;#comme hulluciné, 1l le tourne entre ses doigts en contemplant les deux faces, et reste stupide, se deman:- dant ce qu'il va faire de sa trou- vaille. Cent francs ! c'est la fortune pour ce pauvre diable, c’est la nourriture et le gite assurés pour bien des jours. Mais cet argent n'est pas à lui, et, dans son honnêteté instinctive, il se sent comme géné davoir en sa possession cette somme qui ne lui appartient pas. Il va la remettre au conmis- saire du quartier et s'apprête à demarder sa demeure à un a: gent qui fait les cent pas sur le trottoir. —Que voulez-vous ? lui dit l'agent avec brutalité. Voilà un moment que je vous observe. 1l ne fait pas un temps à chercher des mégots ; vous allez me faire le plaisir de décamper plus vite que ça ! Allez, circulez ! Et le pauvre bougre, intimi- dé, confus, ne peut articuler une parole et s’eloigne le dos rond et le nez vers la terre. Poar sur, s'il porte ce billet au commissaire, on l’accusera de l'avoir volé On l’arrêtera peut-être ? La police est rude au pauvre monde, Tout en marchant, il passe de- TEN GREAT REFERENCE WORKS IN ONE MAMMOTH VOLUME. (Uebster’ $ Dictionary ® Chauncey À. Goodeich, Prose of Vale ; NEW AND MAGNIFICENTLY ILLUSTRATED EDITION .., This Dictionary Contains Every Word that Noah Webster j A Ÿ ever defined, ang 0,000 By the following list it will be seen that the publishers have covered much the same ground dSero. THE SUPPLEMENTARY MATTER + IRTHE BATEST #12.00 EDITION. a 7 ” Ne ! 1708 Pages. It Embraces 150 Iliustrations. — An Appendix of 10,006 Additional Words. .… IT ALSO CONTAINS Niñe' Special Diction- | A Dictionary of Noms aries,wprotected by Plume. ight, and not | À Dictionary of My. in. any other thology. à A Dictionary of Munsi- kr 4 A Di ary of Synon- aBLe : nary of Famit- Weight nearly z3 Ibs. 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D'ailleurs, en cherchant bien dans ses souvenirs, il se rappelle avoir vu marcher devant lui, un peu avant de faire sa trou- vaille, un gros monsieur chau- dement enveloppé d’un par-des- sus à col de fourrure. C'est lui qui a laissé choir ce billet, et cela ne l’'empêchera pas de di- ner. Comme il hésite encore, il voit veuir de son côté l'agent qui l’a si mal accueilli tout à l'heure. Pour se dérober à ses regards, et aussi sans s’en ren- dre compte, poussé par l’ins- tinct, il entre et va s'installer à une table. Le cabaret est vide. Au gar- çon qui se présente, il demande une maigre portion et une cho- pine de vin frelaté. I] mange boit avec avidité; puis, au moment de règler sa note, il hésite encore, n‘osant sortir de sa poche le billet de cent francs. Voyant son embarras, et crai- gnant sans doute d’avoir affaire à quelque “äineur à d'œil”, le patron l’interpelle : —Ebh, l‘âmi, vas-tu restèr là |la porte et reste interdit en vo- jusqu'au soir ? Es-tu tombé en |yant cet homme qui s’esquive léthargie ? Sans répondre, le malheureux se lève et déplie le billet. —Oh !oh!t'as donc fait un héritage ? —C'est de l’argent qu'on me devait, dit-il en balbutiant. — À près tout, ca ne me regar:! : 1 \ | 62 00 a $1.85 or Even Free! de pas: je ne suis pas chargé de faire la police. . | Puis, ayani regardé le billet avec soin. le mastroquet rend la! monnaie. —Nous disons dix francs. —Dix francs ? — Parfaitement ; t'as été servi comme un prince, D'ailleurs, si tu veux réclamer, .va chercher un agent. Mais, entre nous, je ne te le conseille pas. Et le mastroquet ligne sur le comptoir des pièces d’or et vre bougre, râtissant le zinc a- vec sa main droise, les fait tom- ber dans sa main gauche et, mettant le tout dans sa poche, [poignée de pièces et les compte. se passe en ni, et l'appeler vo- leur. Voleur ? Oui, c‘est biex un vol qu'il a commis en gardent cet argent qui n’est pas sien. ll presse le pas, serent les pièces dans sa main pour les empêcher de tinter. 1l marche comme un fou, et cette impréca- tion revient sans cesse à ses o- reilles : Voleur ! voleur ! Non, il ne sera pas voleur ; il faut restitner cet argent qui l'in- quiète. S’arrêtant sous une por- te cochère, il tire de sa polhe la Il ne trouve plus que dquatre- vingt-cinq francs. Le mastroquet lui a pris quinze francs pour un repas de quinze sous ! Comwment rendre cette somme incomplète ? Il faudrait avouer c> qu'il a fait du reste, et c’est la prison qui se dresse devant lui. Compléter la somme, il n'y fallait pas songer; où trouverait- il de quoi la parfaire ? Comme ïil reste à méditer, une porte s'ouvre derrière ivi. D'un geste nerveux, 1l retire sa main et remet les piètes dans sa poche, Mais un louis a glissé de ses doigts et roule à terre. 11 n'ose se baisser et s'enfuit pres- tement, sans même se retourner vers le bambin qui avait ouvert | devant-lui. | Un moment, il eut l'idée de tout jeter à la rue, de ne rien | garder de cet a'gent maudit. de J'inscriptio-, une mince ou L’IMPARTIAT, JEUDI LE 14 OCTOBRE, 1897. d'anagent qui dure en, QIadiators of the Prize Ring sa trace. 11 passe devant une églis*, et, machinalement, en fran-hit' le porche. | Dans la pénombre, héhété,! te. ant toujours en sa main les pièces qu'il comprime nerveu- sement, il reste immobile, ne distinguant rien dons la dem- obscurité. Peu à peu les objets Jui appa- raissent, et il voit devant lui une pancarte portant ces mets : “Pour les pauvres.” Au-dessous \ verture se détache en nr aux flancs du trons. S'étaut aproch*, une à une il y passe les pièces, et, satisfait de cette quasi-restitution, reprend sa route par les ruës. | Son esprit est tranquille. Cet! a gent m'udit, purifié par la charité, ira ver d'autres mal-| heureux, soulagera des misères, et lui, pauvre comme avant coutinuera sa vie de chaque jours, attendant l’evénement heureux, qui n'arrive jamaus ! La foule l’obsède. Sa réhabili- tation à ses yeux est trop ré- cente, et il lui semble que quel- que chose lui reste encore du voleur qu'il fut. Il marche, ix- souciant &e la pluie qni l'inon- de et de la boue du chemin ; il va, pendant de longues heu- res, dans les quartiers perdus- où versonue ne l’observe. Puis, longeant les berges, au soleilcoushant, il revient vers la ville. Le ciei est d'un rouge d’incen lie, avec de gran- des trainées de nuages noirs ra- yant l'horizon. Tout à “oup, près de larive du fleuve il aperçoit uu attroupe- ment. 1l s'approche. C'est le corps d'un gamin de seize ans qu'on vient de sortir de l’eau. Les recherches ont été longues, et les sauveteurs n'ont ramené qu'un cadavre. Dans la foule, ceux qui ont vu la scène donnent des explica. tions. Un enfant découvre sur la berge un papier plié en quatre, placé sous pierre. Comme la nuit est tombée, on allume des allumettes pour lire le mystérieux écrit Le pauvre bougre, toujours le dos arrondi et les mains dans les poche, tend le cou et écoute la lecture : “Je demande pardon à ma mère de la peine que je lui canse. Mais je n’ai pu vivre après le malheur qui m'est arrivé. Mon patron a cru que je lui avais voié un billet de cent francs! que j'ai perdu ce matin dans les | environs de la Banque, et qu'il! | Trempé, grelottant, sous la | jette au visage, il marche devant lui, incozscient, retourne la tête | m'a été impossibie de retrouver, neige fondue que le vent lui! malgré tontes mes recherches. ‘Adieu et pardon !? EMILE DESHAYT. fortunate indeed | ls | Ty . — F } mp es g ” LP) ge ne // ASTOUNDING BUT TRUE! ngraved on Steel after the Famous Paintisg Niagara Falls a There are only a few copies of this magniicent art work left and yon will na _ you sécüre one. A MAGNIFICENT WORK e FOR SPORTSMEÏ « 96 Large Half-Tone Portraits of All NOTED PUGILISTS From Hyer to Corbett Together with their Records in Battle and the Histories of their Lives, .. BY. BILLY EDWARDS The Famous Ex-Champion Light-Welght Pagil!st. THE ONLY WORK OF THE KIND ON THE MARKET. The its are produced from lates, a pd of this size would ER $r.so apicce, making a collectiou of photes worth $159.00, to say nothing of the inv:l- uable work of reference accompanying same. .. Size 4x 113%. Noveity cloth bindicg. . . Aluminum and gold title stamp. 200 pages. O' recent years the interest taken in the noble art of sel{-defense has been almost universal. 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This is the first time such results have been obtained, and the two men represented are the most scientific in their profession. 6. Three years’ time has been consumed and $25,000 have been expended in collecting, com- pleting and reproducing the portraits for this work. . 6: All “tough”’ phraseol is nothing to offend the most refined. has been carefully avoided in the editing of the work so that there Send Postal Card for full particulars. LE CRIME DE L'AIEUL Nous venons de recevoir :n exemplaire du numéro 44 de la Bonne Littérature Française. Tous les amateurs de bonne lec- ture peuvent se préparer à ap- drécier uu récit hors de l’ordi- uaire. Roger Dombre, l’auteur du “Crime de l'aieul” a dépeint d'une main de maitre le sombre désespoir d'un vieillard en vo- yant son fils dépérir et mourir sous ses yeux parce que la fem- me qu'il aimait lui a brisé le cœur. Côte à côte avec ce déses- poir, on voit l'amour naissant du fils de la victime poar la file de ceile qui l'a trahie. Un amour puissant, impétueux, qui plus tard donne suite à des ac-| tions de grand héroisme. Su- perbe récit qui doit plaire à tous. Ce beau numéro sera envoyé à toute adresse sur réception de 10e en argent on 11cts en tim | bres poste. Leprohon et Lepro ho», 1629 rue Notre Dame Mont- réal Can. Your Stomiach Distresses You aftereatirg a hearty meal, and the result is a chronic case of Indiges- tion, Sour Stomach, Heartburn, Dyspepsia, or a bilious attack. 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Résistons sans crainte à l'opi- nion du monde, pourvu toute- fois que notre respect pour nous- même croisse eu proportion de notre indifférence pour elle. Les conseils agréables sont ra- 'rement des conseiis utiles. Celui qui répond avant d’avoir écouté, ;rouve qu'il manque de from & disordered condition of the Liver and Siomuch. They act gentiy yet promptiy,and rfect digestion follows their use. PEipa ns T'abules take the place of an Eatire ET Mrdicine Chest, an AM, should be kept for use in Ep = very family. SE Frice, 50 Cents a box. At e Druggists, or by matl, Ÿ' RIPANS CHEMICAL CO 7 14 Sexucr 8r., New Yon. | ER, musee : pan Te ‘HREE GREAT STATESMEN Opinions oi Hon. Sir Oliver | Mowat, Hoa. Sir L H Davies & Il: n. A. G. Jon s | Parliament Building, | Attorney Generals Office, To- |roB 0: Wim. MeCube F. :. À, Managing Director, North A- merivan Life Assurance Co. To-| D ar S:r ; | iIthauks for your (Company's value Cheque for th+ cash | bon sens et s'expose à être hu- | milié. Il n'y a pas de gens plus vides que ceux qui sont pleins d’eux- | mêmes. 1l ne depend pas de nous de n'être pas pauvres ; mais il dé- pend de nous de faire respecter notre pauvreté. | L'ami que nous avons retrou- | vé dans les jours de l'abandon, est le meilleur des bieafaiteurs. | L'argent est comme ie temps: n’en gaspillez pas et vous en au- Y Z assez. | | | le reprendre. Piease accept my | 1] ne suffit pas d'avoir que'- ques accès de bonté ; ii faut a- voir l'âme vraiment bonne. 11 n'appartient pas à celui qui est moins parfait qu'un autre de vant un mastroquet. Du sous- FRE de patir. | sol du cabaret monte une bonne! —KEh,dis done, lui crie le pa- | odeur de cuisine. Il s'arrête, | tron, si t’rs été content, tu m'en- | fla rant l'air et troissait de sa|verras du monde ! | main crispée le billet qu'il tient | Sans écouter la suite, ii ses- dens la poche de son veston. quive, rasanf les murs, sentant ! Il hésite à entrer. La faim,| déjà sur son épaule le poigne ro- FE | , | mauvaise conseillère, le torture | buste d'un agent. | et le pousse vers les tables qu'il) Cetorle brûle, il l'entend aperçoit à travers les vitres. | sonner dans la poche de ME : | à ; | Mais ii u’ose faire un pas. Cet veston. et il lui semble que les | argent n’est pas à Jui,1l doit le rendre. Le renire...à qui ? Ce- | lui qui l’a perdu en a sans doute | vont lire sur son visage de qui son | passants, surpris par ces brui:s, This cut illustrates but very faintly the magnificence of the original. The above reproduction is less than one-fiftieth the actual size, the engraved surface being 40x16% inches, printed on heavy plate paper for framing. Actual size of picture 46% x 27 inches. The publisher’s price is $25.00, unframed, and that is what a copy would cost you in the artstores. It is a work that would grace the walls ofthe most palatial mansion in the land. ‘ The subject is treated in a masterly manner, the grand curve of the Horseshoe in the foreground leading the eye up to the tumbling, raging rapids above, and the broad expanse of river beyond, with the islands in the middie distance and the face of the farther curve of the Horseshoe, as well as the t white wall of the American Fall. partially obscured by the cloud of rising spray which is handled lightly with fine effect. In the great amphitheatre below the falls are seen the boiling waters, strongly and effectively depicted, and the two staunch little steamers that make their tours under the constant showers of spray. Never before has this subject been handled by any artist with equal force and impressive dignity. combined with deep, thorough feeling and delicacy oftouch.”—7he Raï/way Age. We will send a copy postpaid on receipt of $1.8s, or if you will do a little pleasant work and secure a few subscribers for Sent Absolnt ely” Free, us as follows—The Famous Picture will be Send Postal Card for full particulers. Dans la jeunesse, 01 ercit s’en ‘richir de toute illusion nouvelle; dans l’âge mûr de toutes celles qu'on perd. [$3455,41) of Semi-tontin: In- vestment Policy, held by me as a collateral security, which mas- tured to day. This cash value, l'aime le-sclence, l'atne lle nothwithstandinz the factors: telligence. j'aime ylus encore which have tended for the Jast)]a foi, la foi simple ; j'aime |few years to the reduction of| mieux l'ombre du vô‘é de Dieu | profit results on a!l policies, 1|que la lumière du côté des hom- lat pleased to find from partizu- | M£8- Jars 10 bofor: me of a semilar| Avoir beaucoup souffert c'est | Holicy compares favorably with | comme ceux qui savent beau- | 3 - ., ,|coup de langues, avoir appris a [that of all of the largest United |},,4 comprendre et à se faire iStates Companies, 1 note that! compreudre de tous. « ds : | | SAP 20 08