ï î 4 È ever que Boubou de venir l'aider. ‘ rap ue ee ‘'IMPARTIAL, JEUDI. LE 29 OCT. 1903, à Ce .- l'Aventurier Malgre lui % (Suite de la 1er. page) _ pauvre Sophie ! comme elle serait contente si elle était encore de ce monde pour apprendre que je sui: né explorateur.’” Au nom de Sophie, ses yeux s'étaient remplis de larmes. Ii n'espérait guère plus. Mais il é- tait parfaitement décidé à la re-| chercher de nouveau avec fureur. “Sans le secours de mon oncle ; ajouta-t-il. Le pauvre homme n’est plus capable de supporter les fatigues et les dangers.”” Il ne disait que trop vrai. cinq heures, au moment où Charles, Noiret indiquait de la main le repli de ia montagne, dans lequel avait été bâtie Littie-Mount, le vieillard dit à sa femme : ‘“Ma chère Annah, je me sens trop faible pour continuer à vous suivre. —Oh ! Dear l'’ fitia jeune fem- me, émue. En même temps, elle urrêtait son cheval et priait Claude ainsi On enieva l'oncle et on cet endroit. ‘*I1 était temps, murmura le bon Arsène, j'allais tomber de cheval. —Mon oncle, mon oncle, s’écria Michon, effaré, nous allons faire une civière et nous vous porterons jusqu’à la ville. —Peut-être, dit Annah ; mais le plus pressé serait de lui faire pren- dre un cordial et une forte dose de quinine. —QOui, appupa Martin, j'ai pris une mauvaise fièvre en couchant par deux fois sur la terre nue. —Boubou, commanda Michon, remonte à cheval, pars pour Little- Mount au galop, tu y seras dans vingt-cinq minutes, à ce que dit M. Noiret. Entre chez un pharma- cien, achète de la quinine, tu te souvieudras. —{Qui, mister Michon... —Prends aussi un cordial puis- sant et reviens, toujours au galop, tu sauras nous retrouver. —$Si ie vaillant guerrier voulait l'accompagner, dit mistress Martin. répon- est l’esclave de ses —Le guerrier Cherekoë, dit ;’ Indien, amis.” —Et il partit à une allure endia- blée, malgré la souffrance que sa Bou- blessure lui faisait endurer. bou le suivait sans trop de peine. Annah et Elisabeth se placèrent aux côté du vieillard. ‘C'est une fièvre pernicieuse, di- sait à son fiancé consterné la jeune ler. __— at C'est à lui! avait cependant l'attitude particu- | Ils montèrent au troisième étage. fill: Quel malheur ! que je dois la vie, peut-être.’ On essaya de calmer le feu qui dévorait Martin en lui appliquant sur le front et sur les tempes des herbes fraîches qu’on hachaïit pré- | alablement. Mais il restait plongé dans une torpeur profonde. De temps à autre un gros soupir s’é- chappait de sa poitrine, et, bientôt, il ne fut plus permis d’en douter, le délire s'était emparé de son cer- veau. Une telle aggravation du mal fit perdre la tête à Michon et à ia pau- vre Annah. Ils s’attendaient si peu à cela. ‘‘Mademoiselle, s’écria Claude, en s'adressant à Elisabeth, vous qui vivez au milieu de ces solitudes, loin de tout secours immédiat, vous devez connaître quelque secret d’Indien ou de nègre pour couper | cette fièvre et sauver mon oncle ? —Oui, répondit miss Gartner, il y a bien une plante que les Peaux- Rouges prétendent infaillible pour cela. Il faudrait chercher. Venez, Charlie.’ Les deux fiancés se mirent à errer dans la prairie. Tandis qu'ils s’éloignaient, An- nah, écrasée par la stupeur, regar- dait, impuissante, ce beau vieillard, qui, poussé par un sentiment d’ad- miration quelque peu enfantin, l’é- rousait six ou sept jours aupara- vant, et s'était montré depuis si doux, si paternel et bon. Est-ce que ce singulier voyage de noces allait se terminer par un mal- heur irréparable. Charlie et Lisbeth revinrent. L'herbe dont la jeune fille avait parlé n'existait pas daus ces pa- Vers, l’assit dans l'herbe grasse qui croissait en Si son corps n’a pas été retrouvé, c'est que, probablement, il a été la proie des sautiens qui infestent cer- rages. ‘‘Heureusement, Boubou ne va pas tarder à revenir,” dit Claude, qui frémissait d’impatience. Il n’osa pas ajouter ; “Pourvu qu'il arrive à temps.” Mais voilà que, brusquement, Martin cessa de divaguer. Ses veux s'ouvrirent. Il sourit à sa femme et lui tendit une main, tan- dis que l’autre cherchait celle de Claude : (‘Mes enfants, leur dit-il avec une étonnante sérénité, je suis un homme fini. —Laissez donc ! s’écria sa fem- me, vous nous dites ça juste au moment où vous retrouvez toutes vos forces. —C'est la dernière lueur de la lampe, ma bien chère Annah. Je ne me plains pas. J'ai vécu mon compte et la Providence a été pour moi plus qu’indulgente. Néan- moins, j'emporte deux regrets ce- lui de vous quitter...ma bien-aimée femme, car vous êtes meilleure en- core que je ne l’esperais, et ce- lui..”” Ici sa voix s’altéra sensiblement. ‘,..Et celui de n’avoir pas re- trouvé ma petite Sophie. Claude, aimez votre tante, c’est un cœur d’or. Annah, vous pourrez de- mander au besoin protection à SiPic.oe Claude laissa tomber le journal et fondit en larmes. Sa Sophie ! une pareille mort ! La douleur qui s’empara de lui faisait mal. An- vaillent la peine d’être dites dans ces tragiques circonstances. ‘Ma tante, dit le pauvre veuf, je partirai demain. Il m'est im- possible de rester un jour de plus dans ce pays. —Vous retournez à Paris ? —QOui. —Que vais-je devenir ? —Vous ! mais vous allez vivre en paix avec la fortune de mon on- cle, qui vous appartient. —Pas du tout. Il y a un testa- ment, je le sais, qui institue votre femme légataire universelle. —Mais ma Sophie est morte la première, ma tante. Du reste, j'ai compris le dernier regard de ce pauvre homme, il disait clairement: Ma fortune est tout entière à ma femme. Et puis, moi, je n’ai plus besoin d’être riche. — Ecoutez, laissons l'affaire entre les mains d’un sollicitor, et quittons Claude. Ilest vaillant sans le sa- |tous les deux cette maison, puis- voir, et c'est la meilleure manière [qu’elle n’appartieut ni à l’un ni à de l’être.”” Ces derniers mots, les assistants les entendirent à peine. Très é- puisé, le vieillard fut secoué par un étrange frisson et eut une syncope très courte. Elisabeth lui prit la tête et la lui mit surses genoux. Il revint à lui une minute : ‘Adieu, dit-il, miss Gartner, so- yez heureuse avec Charlie, c’est le dernier vœu d’un mourant.’ le boy, qui, cette fois, n’était pas Sa parole devenait inintelligible. | du tout affligé de revenir en Fran- ‘Quant à ma fortune....’’ re- | ce, tant il s'était attaché à son maî- prit-il, mais il ne put achever. Ses|tre. En passant à la Nouvelle- yeux se portèrent expressifs sur | Orléans, ils eurent la joie d’apprer- Michon, et ensuite sur Annah, puis | dre que Jupiter et Thucydide a- sa tête pesa lourdement sur les ge-|vaient été pendus dans le Kansas, noux de miss Gartner. Il était | d’une façon très expéditive, après mort. s'être laissé prendre en flagrant Juste à ce moment arrivaient à | délit d’incendie. | toute bride l’'Indien et le boy.| ‘‘Voilà quiest bon !”’ dit Bou- Trop tard. Eux aussi furent saisis|bou. d'une profonde douleur en appre-| Hélégas s'était cassé les reins nant la fatale nouvelle. Boubou, | dans sa chute. silencieux, laissait couler de grosses| ‘‘Voilà qui est mieux,”’ larmes. L'Aigle respectait trop les | mura Claude. traditions de sa race pour pleurer,| Douze jours s'étaient à peine mais on le sentait plein de pitié. écoulés qu’un fiacre déposait au La douleur la plus bruyante fut numéro 71 dela rue de Château- celle de Michon. Il ne savait tien pn à Paris, un jeune homme et ressentir, niune souffrance, ni, à | une jeune femme en grand deuil. la vérité, une joie, sans les exha- | C’étaient la veuve d’Arsène Mar- Annah, profondément navrée, |tin, et le veuf de Sophie Bancelin. l’autre. Est-ce que cela vous gê- nerait que j: parte avec vous pour la France ? —Me gêner ! vous ne le pensez pas. (Cesera, au contraire, une grande joie pour moi dans mon malhet:r. Nous parlerons de lui et d'elle. —Nous emmènerons Boubou. —S'il veut venir,’ dit Claude. Le lendemain, ils partaient avec mur- |lière à la race anglo-saxonne, qui | Midi sonnait quand Claude, ayant voit dans la mort des bien-aimés [retrouvé ses clefs daus sa poche, un événement fatal contre lequel il | ouvrit la porte de son appartement, n'ya rien à faire, ni rien à dire. |pria Annah Billenbrock d’y péné- Elle était désespérée, mais elle sut trer et l’invita à le suivre dar: la ne montrer aucun signe extérieur | Salle à manger. Le pauvre garçon de désespoir. Décret de Dieu, pen- | avait les yeux inondés en retrou- sait-elle. Tous se levèrent autour | vant les lieux où il avait été si heu- du cadavre et adressèrent une | reux avec sa Sophie. muette prière au Créateur, même | Il ouvrit la porte, recula de deux l’Indien, qui la fit à sa façon, mais pas et poussa uu cri strident. An- noble et sincère. Le soir même, | nah fut obligée de le soutenir, mais un funèbre cortège entrait à Little- | il retrouva vite ses esprits. Mount. Et le lendemain, Arsène | Et, se précipitant comme un ali- Martin allait reposer pour toujours | né, il courut vers Sophie, laquelle, dans le cimetière de la petite ville, en grand deuil aussi, déjeunait fort tranquillement. XXIV | Mais celle-ci, devenant très pâle, se leva comme en une détente, et, | jetant un regard égaré sur Annah Billenbrock, lança cette question à son mari : ‘D'où venezEvous ?’ Et elle tendait la main pour mo- dérer l'élan de Claude. ‘““D'où je viens ? répondit-il. Ah ! maïs, c'est vrai, elle ne sait pas. Je suis un imbécile. Tu à- vais donc reçu ma dépêche au Hà1- vre ? — Assurément. Et tu es revenue à Paris pendant Huit jours plus tard, Annah Bil- lenbrock et Claude Michon arri- vaient à Hills Point. Dans un des journaux accumulés sur la table du salon, ils trouvèrent un article où | l'on révélait au public que les six nègres qui, avait-on prétendu, ré- clamaient cinquante mille francs pour rendre Sophie, étaient retrou- vés. La femme qu'ils sauvaient naguère s'appelait mistress Monta- gueet avait été transportée chez | elle aussitôt après son sauvetage. | L'annonce insérée dans le ‘’New-; Orleans Times’’ avait pour auteur Jupiter et sa bande. (C'était en- core Jupiter qui avait fait écrire à Fe + : Martin pour lui donner le conseil RE RONS HTORRN E moignage de notre tante, que voici, | de s'adresser à des malfaiteurs ca- il d £ | . | et ai i honneur de te sen- | pables de démasquer les autres. FT Las __ L'article en question se terminait et ainsi : —Notre tante ! quelle tante ?. Est-ce que vous vous moquez de) moi ? —Madame Annah Billenbrock, veuve de M. Arsène martiu, notre rive d’ Amérique. — Vous ? “Il n'y a plus de doute aujour- d'hui sur le sort de Mme Sophie: Michon. La pauv-e femme a péri aus la catastrophe du ‘‘Jackson’”. : no NE < ET AT 2 Gé LT taines parties du cours du Missis-: vah n'essaya pas de le consoler. Quelles paroles peut-on trouver qui | que moi...Ma pauvre Soyhie, j’ar- blonde, petite, | Elle n’est pas morte ! There is no argument half so co you to inspect our stock of Winter you will find them very interesting. _—— SOME SPECIAL .VALUES nvinciug as the evidence of your own eyes. For that reason we waat Dry Goods. We will be most pleased to exhibit our stock and value Freizes, Piain and Striped Zibiiines, per yd and not an off shade in the LUS «i net. colors, good values at 15c now for. DRESS GOODS A All the newest Blacks and Colors, Rough Tweeds, Etc., also a snap in 50 inch suitings, good value at 50 WRAPPERETTES Besides the usual range of English and American patterns we have a line of Canadian. 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Au reste, déjeuner. la tante Houorine ? la semaine passée. —Bon !l’’ fit naivement Claude, qui engagea mistre:ss Martin à s’as- seoir et à prendre une côtelette ; après quoi il commença le récit de | ses aventures. | Sophi:, egayée dès le début, se tordit quand Michon iui détailla la catastrophe du ‘‘Jackson.’”’ Non: pas qu’elle ne plaiznit point les vic- times, mais l’idée de penser que. tournoye: dans l'espace, et plou-| ger dans le Mississipi, tandis qu’'-| côté du lit d' Honorine, lui procu- Le mariage de son oncle ne con- tribua guère à éteindre sa bonne la première fois, elle tendit la main à la bonne Annah, sans arrière- pensée. Quand Claude eut raconté la mort d’Arsène et la fin de ses aven- tures, il ajouta : ‘Maintenant, embrasse le Guer- rier Maigre. —Eh bien ! et Boubou ? vous ne l’avez pas ramené ? demanda So- phie. —Boubou doit être arrivé de la gareoù ila attendu nos valises.” On sonna. Justement, la femme de chambre de Sophie était à se dis-: puter avec le boy, qui voulait en- trer, et auquel la pauvre fille, ahu- rie, refusait d'ouvrir la porte. On appela le petit nègre, qui conduit} tout de suite Mme Michon, surrout quand, s'étant écrié . ‘‘ Alors, dame: boulotte, un signe entre les deux yeux, c’est madame. p» il se mit à £ danser follement...... Le lendemain seulement fut agi- tée la question d'intérêts. Sophie était légataire universelle. Mais elle déclara qu’Annah Billenbrock ne devait pas être dépossédée, et, | = après une lutte de générosité, on tomba d'accord. La euve d’Ar- sène et les époux Michou décidè rent de pariager. Ily eu avait | D. | santerie va continuer ? Mon oncle | ne fais pas la sévère, invite-nous à | Es Tu vas tout savoir. Et} —Æ£lle est morte dans mes bras) son fidèle époux croyait la voir rait des accès d’'hilarité sans fin. ! humeur, et ce fut alors que, pour | }mencement de l’odyssée de son mari et de son oncle. De L’Atlantque au Pacifique. Great West Lie Assurance Co. Agent General, Ch’Town. Davis Inglis, | | Æ “Let the GOLD DUST twins do your work.” elle était tout bonnement assise à Ra Don't plod along like your grandmother did before you, scouring and scrubbing; bending and rubbing, GOLD DUST makes housework easy. It cleans everything and injures nothing. More economical than soap. Made only by THE N, K. FAIRBANK COMPANY, New York, Boston St Louis Montreal. assez pour trois, au reste. MACKINNON’'S ENGLISH Si Sophie eût encore douté de la OINTME NT véracité de Claude, les journaux | 000000 du soir l'en auraient convaincue. DIPLOMA AT THE PARIS Exip1- Ils contenaient les détails de la ca-} TION 1902 tastrophe du ‘Jackson’’, et le com- | ESTABLISHED OVER A QUARTER OF A CENTURY Has now headquarters in Eu- rope at 62 Farringdon St. London. Mackinnon’s English Ointment is one of the best ointment ever ‘Fort bien, dit Sophie ; maïs, en attendant, c’est moi qui ai joué le! rôle du Cloporte dans tont ça. | Pour me dédommager, j'irai réali- ‘ser la fortune de mon oncle. placed on the market. It has made cures where other remedies —Et je t’accompagnerai, dit failed. Claude. Ma tante, nous pousse-| CAPT. DANIEL FRASER, Alber- rons, cette fois. une pointe dans ton, writes : ‘‘This is to certity l'extrême Far-West. ithat after being almost entirely _Comment donc, mon cher | bald a new crop of vigorous, heal- Claude, et uous reviendrons par le | thy hair has grown on my head Japon et les Indes, si vous voulez. through the use of McKinnon's . —C'est dit, c'est juré, n'est-ce English Ointment. I can conf- : pas, Sophie ? dently recommend this Ointment to Mme Michon ne répondit : ue !all similarly affliéted, and belieae par ces mots : that it will do everything that is “Oui, Guerrier-Maigre,” FER for it. I tried many hair ie |vigors and other preparations but + } none did any good.”’