| vd. « mari A me re mas name me re pa CZ D a Done. né screen sg " - gr rer ane mers ne usa PE Eau eee L'nrameiut UN BAISER AU VILLAGE Jacqueline était une jeune paysaune du pays blaisois, qui, avait eu seize an. aux der- nières pommes et qui, pour la candeur, était un v.ritable mo- dèle. Vous l’auriez certaine- maent aimée, si vous l'aviez con- nue. Elle était Blauche de peau comane la marguerite, haute en couleur cumme le coquelicot, uue veritable fleur des champs aqn'aucuue main hardie n'avait offensce dans sa :ibre floraison. Jjacqueiine moutait les jours” de marché sur son «ne et allait, vhargce de léguincs frais, ven- à Blois le produit appétis- sant du potager maternel. Quand elle appar:issait sur la place, c’est à qui lui ferait le meilleur accueli, tant ces yeux staient inneceuts et sa voix en- zageante. “es carottes semblaient plus ‘ouces que celles d- ses voisins : es pommes de terre n’avalent nais subi l'atteinte de la rnoindre maladie, et sa salade, uche comme eile, qu'elle fût u« pemm“e ou cresson des sources, s’enlevait sans qu'on la narchandât Je ne gois pas oublier de dire qu: Jacqueline, à vingi ans n'avait pas un galant. Elle faisait à la iéte du village lanser les vieux, parce qu'elle était bonne autaut que belle. Et, gardée par la purit: de son -sprit, elle tenait les garçons si bien à distance. , qu'aucun d'eux n'osait Jamais lui donner une ane tape ou lui piucer seule- ment le bout du doigt en signe d'amitié. Or, Jacqueline avait une amie à Blois qui d:vait se marier avec un garçon du village. Su- c'était son noin, avait deux ans de plus que la belle marchande de légumes. Elle tait jolie, mais .oquette ; s’édui- sante, mais vcapricieuse; elle pouvait rendre fier que la do- rinerait ; elle ne l’eut pas ren- du heureux, en raison de son humeur changeante et fantas- que. Un jour que Jacqueline allait partir pour la ville, Blaisot, l’a. moureux de Suzanne, s’appro- cha d'elle et lui dit : M'est avis, mamselle, que vous allez voir ma fiancée ? Dans une heure d'ici, répon- dit l’accorte fruitière Et vous lui parlerez ? Comme à veus-mème, Que vous êtes heureuse ! Qu'est ce qui vous empêche de l’aller voir ! Eile est gentille par moments et puis elle est méchante; ça n'aurait qu'a ne pas lui plaire ? Bah! compère Blaisot, dit Jacqueline vous êtes bien bon de trembler comme ça..…..Moi à votre place, je n'aurait pas peur, pas plus peur que du leup garou, dont on parle tou- jours et qu'on ne voit jamais. En ce cas, en attendant que ie me monte la tête pour m'’en- hardir, faites moi, wmam’selle Jacqueline, un tantinet de plai- sire. Quoi donc ? riposta la fillette. Chargez-vous d'une commis- sion pour Suzanne. Mais avec bonheur, monsieur Blaisot ; est-ce une chose à lui remettre ? Ma fine, oui, dit Blaisot en se frottant les mains pour se don- ner du courage. Et c’est y lourd à porter ? L':ger comme une plume. Alors, je m'en charge, dit l’impradente messagère. Prompt comme l'éclair, Blai- sot déposa sur le front mat et vous Zanne pur de Jacqueline...un gros baiser. Que faites-vous? s’écria la villageoise. Je vous donne ina commis: sion C'e baser ? C’est pour Suzanne. Je lui remettrez de ma part, Vous connaissez l'adresse ?.… Et il disparut dans le teur- nant de la charmille, riant de tout de tout cœur de la bonne farce qu'il venait de faire: 1l parait que le baiser de Blaiset était pius lourd qu'il ne l'avait dit, car Jacqueline resta pensive et sérieuse tout le long de la route, et son âne lui- même, comme les chevaux d'Hippolyte du grand Racine, semblait se conformer à sa triste | pensée, À son arrivée à Blois, elle n'eut garde de manquer à sa promesse ; elle courut au logis de Suzanne. Quoi donc ? Une commissien pour toi, Ah!un bonnet brodé, des noix fraiches, un médaillon?…. Nenni, approche done. Dame, ayant tout je veux sa- voir, dit Suzanne. C’est un baiser de ton pro- mis. D'abord, il n’est pas encore mon promis, fit Suzanne, Eh bien! pends le baiser tout de même, Ma foi, non! Comment, tu le refuses ? Absolument, Tu me le laisses sur les bras ? 1] ne fallait past’en charger. Maie je ne veux pourtant pas s’écria Jaequeline désolée, gar- der un baiser qui ne m'ap- partient pas, Pour ça répondit Suzanne, c'est ton affaire pereonnelie ; on ne se charge pas d’une marchan- dise semblable, surtout pour l'exportation. Tu vas que ça va te rester pour compte, Jacqueline retourna au vil- lage dans nne mélancolie noire. ïi lui semblait que le baiser était visible sur son front d'ange comme la marque de pénitence du mercredi des Cendes : elle trayersa le hameau au grand trot, rentra penande et fit appe- ler Blaisot, auquel elle conta sa mésaventure. C’est égal, je suis riche, je ne suis pas mal tourné, à ce qu'on dit.…si je trouve jamais un brin de fille qui me plaise, je lâche la Suzanne comme un sac trop lourd. Mais votre baiser, dit Jacque- line, qu’en ferai-je ? Ce qne vous voudrez. Ah ! bien, si j'avais su ! S'il vous plait de me le ren- . dit le malin villageois, La blondinette avança, puis recula aussi tôt. Le remède était pire que le mal, la restitu- tion plus scabreuse que l’accep- tion dn dépôt. Ca ne se peut! dit-elle, on n’embrasse que son mari. Eh ! mais, se dit Blaisot en l'examinant, il y a des cornettes qui ne couvrent pas d'aussi pi- quantes figures. Je n’ai jamais yu d'aussi petits pieds dans des sabots et puis nne taille et des yeux à faire danser des mois- sonneurs Ja journée finie, Et il fut à son tour tout pensif. Durant ce temps, la belle avait réfléch], 11 faliait éviter les caquets fort communs, quoi qu'on pense, au village ; elle courut chez le bon curé pour lui demander son avis. Il n'était pas au presbytère; ce fut dame Berthe, la gouvor- nante, qui la reçut, 1 N'est-ce que celà ? dit-elle, C’est déjà trop. Consolez-vous.…., Il y a près d'ici un dépôt de baisers... et il y a place pour tont le monde. Il s’en est mis là, depuis que je | suis chez M. le curé, plus de cent mille, En vérité, fit Jacqueline éba- hie, : Où ! il y a encore moyen d'y déposer le vôtre. Et elle conduisit la charmante enfant dans l'église communale, à l'ante] de la Vierge. Là, J acqueline se débarrassa | plus légère de cent livres. SR CEE Elle avait déposé son baiser sur la pierre froide de l'autel. Deux jours après, elle ren-. contra au marché la Suzanne attifée, Dis donc, petite, lui dit la vaniteuse, j'ai réfléchi. Blaisot a six mille écus de terre et un moulin de bon rapport. Donne- moi donc son baiser. Ma fine! repliqua Jacqueline je ne peux pas me promener comme ça de par le monde avec le bien d'autrui comme une re- céleuse ! Je ne l’ai plus. Ou donc qu'il est ? Sur la première marche de l'autel de ia Vierge. O'’est bon! fit Suzanne, tout n’est pas perdu. Je vais l'y | prendre... à mon premier voy- age au hameau. Mais ce fut Suzanne la préci- euse qui fut attrap:e Imaginez-vous que le soir même Blaisot était venu chez la mère de Jacqueline en cos- tume de dimanches, le faux-col tendu jusqu'aux oreilles, le gi- let aux fleure rouges serré aux hanches, le fin habit à boutons Mademoiselle, il me faut mon baiser ! Il est à l’église, allez dy cher- cher, Ca ne me regarde pas. Je vous a] donué une chose à por: ter, il fallait faire votre commis- dit-il, de toute justice, j'en prends votre mère à témoin. Comment se tirer de la? dit la mère: Jacqueliue ne peut embasser que son mari, et elle est encore pauvre pour en trou- ver un. Je lui donne tout ce que j'ai. dit Blaisot.….. Vous! exclamèrent les deux femmes étonnées. Sans doute, Je ne suis pas un Ccancre... et quand je fais faire des commissious, je les paye. J'ajoute à cela ma main, belle messagère. Voulez-vous être ma femme. On m'a dit que Jacqueline faillit tomber de bonheur éva- nouje dans son panier à salade. Tout ce que je sais, c’est que lorsque, plusieurs jours après, Suzanne alla chercher le baiser, le curé, mis au courant de l’af- faire, secoua sa tôte blanche en souriant ; Vous ne le retrouverez plus ! dit-il. On l'a repris ? fit la coquette Non, mais Blaisot et Jacque- line sont mariés depuis ce ma- tin ; ils ont embrassé ensemble la pierre sainte. Les trois bai- sers sont confondus dans un amour pieux et chaste, Vous ne pourriez même Jamais re- connaitre maintenant, ma mie, celui qui vour était destiné. SAGE CONDUITE D'UN PRINCE ENVERS SES COURTISANS Constance Ch'ore, princ: sage et humain, estimait et protégeait li. christianisme 1l usa cependant quel: que temps de dissimu atjon, :t or- donna que tous les chrétiens de son palais offrissent des sacrifice à Ju- \iter et aux autres divinités du pa ganisme, s'ils vou'aient conserver leur charge. et ses bonnes grac s: Il s’en trouva qui, préférant ler for- tune à leur iutérêt ét rnel, s’empres sérent d’obêir à ct ordre, qui n avait étédonné que pour les éprouver ; | mais, pour le prix de leur obéissance, | ils m'obtinrent que le mépris du | prince, qui, tré: indigné de leur | Jacheté, les é'oigna pour teujonrs de | sa personns. Un Ge ses confidents lui | ayant dema:dé la raison de cette con- duite, dort il était étonné, Con | stance lui fit cette sag- réponse : | "Les hommes qui sacrifient leur reli gien à leur intérêt sont capables de Y | manquer à tous les devoirs : et je ne | pouvais espérer que ceux dont a dis- | grace vous a surpris me fussent plu: | fidèles qu ils ne l'ont été à leur Di u‘* Peu content d'avoir puni 2t humi:ié les apostats, le prince crut devor ré | compenser avee éclat les chrèti ns V ous | de son fardean ; elle se sentit | | qui, s'élevant au-dces us Ces vues tem | pere les, avaisnt persévéré dans la d’or endossé dans sa nouveauté, sion ou me la rendre... Cela est profession ouverte du chiisianisme ; et, pour bien convaincre ses courti sars qu'il ne comptait que sur la fidélité de ceux qui étaient fidèles à la religion, il confia à ces chréti-ns généreux et incorruptibles la garde de sa p. rsonne. LE SIGNE DE LA CROIX Il avait une fois, dan- une coutrée des vieux ,ays, un brave paysan qui était veuf et n'avait qu'on fils, L'enfant n'était pa bête A l'école, il apprit vite «t bien tout ce que le maître lui enseignait. Un jour le jeune homme dit au père : ‘Père, envoyez moi donc au col- liège Je veux étudier et devenir méde in Muu ami, fais à ta volonté Le garçon partit jour le co:lége puis pour | université. A vingtesix ans ils savait tout ce qu'il faut -avoir pour guérir .… ou tuer les ma ades, et il reçut ses di- p'ômes. _ Mais le jeune médecin était de venu gloriéux commo un paon Il avait honte dêtre e fils dun mo- deste ‘habitant’ et de ioger dan une maisoneïte basse et sans étage. Aussitôt qu’il eut amassé un jeu d'argent il dema daÿ des maçons pour batir ce qui manquait ; si bien que trois moi< plus tard, 1! logeait en haut, dans une bel e chambre, à côté de laquele il y n avait une autre pour Les gens riches et haut placés qui venaie t lui rendre visite. Comme autrefois, le ,pére cou- chait en bas, dans un coin de la cuisine Certes, le pauvre honme était bien un peu triste de voir son fils si glorieux ; mais il 1e se p'aig- nait point. il faut dire qu’à cette époque Na- peléon, /e grand guerrier, était mai- tre du pays et qu'il ne riait que tout juste lorsqu'on lui déplai ait Un jour il visita a contrée, s’attarda dans les champs et demanda ’hos pita ité au médecin. Celui ci, na'urel ewent lui offrit ia bella chambre, à | étage, en laissant toujours son vie.:x père dans son coin, en bas. Un eoup d'œil avait suffi à l'em- pereur »our e r:ndre compte de la gituation et il résolyt de faire la le l'orgueii eux Seulement. r mit Ja gon à comme il était fatigact 1: chose au lendemain. Après avoir mangé, au déjeuner, de bonnes tartines de p in de mêteil. a ec quelqnes fines tranche; de jam bon, e fout arrosé de thé —fa.te de café, à cause du bloeus continental projeté, —Napoléon dit au jeu e homme : _—Vous avez prié avant de man- ger, c'est très-bon ; maix faites donc encore le signe de la Creix. Surpris mais sans hésités, le doc- teur s’exécuta de bonne grace. __Veuillez recommenc:r, dit l'em- pereur, et prononcer les paroles à haute voix Le savant du villag: porta sa main dyoite à son front et dit : —Au nom du Pére.. Puis, descendant ia main jusqu’à sa poitrine il continua ; — Et du fils. — Halte ! commanda Je conqué rant.. La main au front ...tuut en hant, pour le père, n’est ce pas ? _—Oui, sirs _Eteu bas, pour le fils, pas vrai ?... Dans votre maison, il n’en est pas ainsi, cependant … Le fis est en haut et le père en bas Il faut que cela change à partir de ce jo r, siuon il vous ea cuira. ” ui, s'apyrochant du vieiliard q :i, le mains jointes, se di-posait à in tervenir pour excu er son fis. Na;o léon dit d’un tan sévère, _Mah ur aux familles où ne règne pas l'amour filial, malheur aux enf nts qi n'aiment et n'aono- rent Las .eurs ; arents ! Tout en pariant, il tendit au brave homme une be:le tabatière d'or, le pria de la conserver 6n souvenir d: lui et rejoignit son e:cort: qui, le cherchant de:uis 14 veile, v.nait justement de s'arrêter devant a porte du docteur, A partir de ce jo:r, le pé o eut sa chambre à l'étage :t le affaires du fil. n'al èrent a: plus mai, au con- traire | Abonnez-vous L: 1 mprimene L'IMPARTIAL, L’'IMPARTIAL est le seul journal français dans l‘ite du Piin:e Edouard Ayant trois bonne: Presses à notre disposition, nous s mmes en mesure d,exécuter, en français et en anglais, dans les derniers gonts, et à des prix | modérés, toutes suites d'ouvrages tel, que Tete de Comptes, Tejde Lettres, : Affiches. Brochures, Curtes d'Affaires, F Cartes de Visites, Envelopes, Blancs ponr Magistrats, Blancs pour Avocats, Circulaires, Placards, Billets. Memerandums Envoyez nous vos nous garantissons satisfaction. F. J. Buorr, Editeur-Proprietaire. Tignish, Bloc Cha sson I. P. E. 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Il loua de nouveau ses bon- nes intentions, en Ini représentant que son village étint considérab e, ii y fallait batir un: église aussi grande quo celle qui était dans la ville voisine ; que dans la suite il pourrrit y contribuer selgn ses for- ces, mais que seui il ne pouvait suf- fire à de si grand frais. ”Excusez- moi, r prit le paysan, je me crois en état de faire ce que je propose.— Mais savez vous, répliqua e père, que pour une parêille entreprise il faut au moins deux mille écus ? Je les ai tont prêts répondit le vieii- lard ; :t si jè ne les avais pas, je n'aurais garde de vous importuner par une semblabl d mande‘ Le père fut charmé d'apprendre que ce bon- homme, qu'il avait cru fort pauvre, se tro vat néanmoins avoir tant d’ar- gent comptant, et qu'il voulut lem- ployer si utilement ; mais il fut bien -urpris lorsqu , ayant eu la curiosité de demander à ce villagegis com- ment il avait pu se procurer cett: somme il répondit ingénument Jus depuis quarante ans qu’il avait cou- çu ce de d ssejn, 1l retranchait «t< sa nourriture et de son vêtem nt tout ce q i n’était pas absg ument n-ces- saire, afin d’avoir la cousyiatiqu, a vant de mourir, de lai ser dan son vil lage une ég ise êlevée à l'honneur dn vrai ne CONSTANTE HERO- IQUE DE QUELQ :E PRETRES (DEPORTES. Lorsque, pour ebéir au dé cret de dépor tation, M Pin- cret, curé de Chalange, dio- cèmes de Séez, son neveti, vi= caire dans le même diocèse, M. Loiseau, vicaire de Saint Paterne, diocèse du Man-. et M. Levièvre, prêtre de Saint Pierre de Moui fort d'Alençon se rendirent tranquillement au Havre, la sintinelle les ar- reta et leur demanda fleurs passe puuts. On y lut qu'ils étaient prètres ; en leur pre- posa le ecrment et des bené= fices. Ils répondire nt : “C'est pour avoir refusé de faire C6 serment qne nous obéissons à la loi de la dépertation.,, La populace, abusée, cria ; “Ce sont des prètres réfrctoires, ,, ei commEnGAa par assommes les deux premiers. M. Lei. seau et M. Lefièvre sont traînés sur 1efbord de Ia Ril- le. Là on les somme encore de prètes le serment ; ila centinuent à rependre : #No- tre Conscience nous le dé- fend.,, On les jette dans la rivière ; ils reviennent sur l’eau. On leur crie: ’Jurez donc, malheureux. on va vous retirer. ‘“ Au milieu des flots et à demi noyés :’”’ Non, disent- ils, nous ne le pouvons pas ; nous ne jurerons pas. “ On les replonge, on les retire ‘encore, on les presse de jurer. Nous ne jurerons pas, ‘‘ dirent-ils à leurs bourreaux. À la vue de cette censtance invincible, un dépit furieux s'empare du cœur des assassins : ils s’arment de four: dhes, les appliquent sur le cou des confesseurs, les replougent et les retiennent dans l’eau jusqu’à ce qu’ils expirent. Je ne sais si dans l’histoire des mar: tyrs on troverait un exemple eu il y eut autant de rage du côté des bourreaux, et plus de constance dn côté des confes- seurs. F1 7 V