négociants. Il s’installe d’abord à Pawtucket puis à Providence. La guerre de l’Indépendance américaine déclarée le 18 avril 1775, Douville ne tarde pas à s’enrôler dans la marine américaine et mène une carrière militaire navale pendant huit ans et sept mois. Il est d’abord nommé second lieutenant. Ses connaissances approfondies de la navigation le long des côtes de l’Atlantique font de lui un guide précieux pour les opérations militaires. Il joue notamment un rôle important comme pilote pour la flotte française, commandée par le comte d’Estaing, venue prêter main—forte aux Américains contre les Britanniques. Sa performance est récompensée par une promotion au rang de lieutenant de marine. Entre 1780 et 1782, on le trouve au service de l’escadre du comte de Barras, lieutenant général des armées navales françaises, à bord du Duc de Bourgogne. La lettre d’apprécia- tion écrite par Monsieur de Barras témoigne de la qualité de ses services : Nous Lieutenant général des Armées navales, Commandant de l’Ordre royal et militaire de Saint-Louis, certifions que M. Douville, lieutenant dans la Marine des États-Unis de l'Amérique, a servi pendant près de deux ans en qualité de Lieutenant de Vaisseau et de pratique des côtes de la Nouvelle Angleterre, à bord du vaisseau du Roi le Duc de Bourgogne, sous nos ordres immédiats, et sous ceux des Généraux qui nous ont précédé dans le commandement de l’escadre stationnée sur les côtes de l’Amérique septentrionale, et nous déclarons avoir toujours été parfaitement satisfait de ses services, comme officier de mer, comme homme de guerre, et comme pratique des côtes du nord de l'Amérique. w A bord du Duc de Bourgogne, dans In Bai/c du fort Roi/al de la Martiniquc, Ic’ 24 mars 1782. Signé : Barras 7 Les excellents services rendus aux fondateurs de la nation américaine par ce natif de l’île Saintn Jean ne sont pas oubliés. Le 5 octobre 1784, Pierre Douville est nommé membre fondateur de la Socier of Hw Cinrimmti, ordr-x destiné à récompenser ceux qui s’étaient illustrés au cours de la guerre de l’lndépendance. Le présidenb fondateur de cette société était nul autre que 1e général George Washington, premier président des États—Unis d’Amérique. Pendant la guerre, Pierre Douville se marie à Providence, le 26 juillet 1778, avec Cynthia Aborn, fille du colonel Samuel Aborn de Warwick, Rhode Island. Ce dernier avait été député de l’Assemblée générale provinciale en mai 1772 et avait commandé un régiment de milice à Pawtucket en 1776-1777. Le couple Douville a eu cinq enfants. Revenu à la vie civile à la fin décembre 1784, Pierre Douville reprend son commerce maritime. Il se construit une corvette et fait plusieurs voyages aux Antilles, région avec laquelle s’intensifiait le commerce de la jeune nation américaine. En 1787, il amène sa famille à Saint-Pierre et Miquelon où elle demeure jusqu’en 1789. Pierre Douville se rend en France au mois de décembre 1792 et s’enrôle dans la marine de la République française en janvier 1793, voulant « se rendre utile à sa patrie » dans ces années turbu— lentes de la Révolution française. Il est d’abord affecté en tant que lieutenant de vaisseau sur L’Achille à surveiller les côtes de la Loire Inférieure et du Morbihan. Le 25 février 1794, Douville reçoit le comman- dement de L’Impe’tueux, bâtiment de 74 canons. Ce navire fait partie d’une escadre de 26 bâtiments qui a pour mission de protéger le convoi de blé des États—Unis à destination de Brest qui devait servir à apaiser un peu la famine qui sévissait à la fois dans les villes et les campagnes de France. Il participe à la bataille navale de Prairial de l’an lI (28 mai—1er juin 1794) qui se déroule à 400 milles de Brest contre l’escadre de l’amiral anglais Howe. Dès le début de l’affrontement, Pierre Douville est atteint de 18 projectiles de mitraille. ll est fait prisonnier et retenu prisonnier en Angleterre où il meurt le l7 juin 1794 à la prison de Forton, à (Josport, près de Portsmouth. ll y a confusion sur le lieu où se trouve aujour— d’hui la sépulture de Pierra Douville. Raymond Douville (qui n’a aucun lien de parenté avec lui), dans son article intitulé « L’Odyssée d’un Acadien dans les marines américaine et française », LA PETITE SOUVENANGE 7. Cité dans Scrwcnucc. u l’item: Douville '. un Acndicn tt In recherche de son identité u. toc. cit. p. 4. PAGE 19»