| : } | s# Rs nn LAQUELLE ? NOUVELLE —Laquelle, décidément, la: quelie épouser ? se demandait le lieutenant Sarvais. Je les aime également toutes les deux. Madeleine et Suzanne ont ls même taille, le même regard, la même nuance de cheveux ; elles ont la même voix, les mêmes goûts, la même grâce. 11 m'est diflicile dans ces conditions de faire un choix, sans le regret- ter aussitôt. —Holà ! qui est-ce ? On grattait dicrètement à la porte. C’est moi mon lieutenant, dit un cavalier en petite tenue, qui entra portant le sabreet les bot- tes de l’ficier. — Fort bien. Quelle heure est. il, Jean ? —Il est cinq heures et dix minutes, répondit l'ordonnance. Mon lieutenant n'a que le temps de se iever s’il veut être prêt pour la manœuvre. Un quart d'heure plus tard, il sautait en selle et reJoignait | son escadron pour s’en aller à six lieues de là faire ies manœua vres du service en campagne Le soliel montrait un peu de son disque d'or aux confins de Ja plaine immense : la brise ma tinale apportait des senteurs douces de foin fraichement coupe et de fleurs sauvages naissant à l'ombre des buissons qui bordaient la route. Au pas de son cheval, le lientenant Servais allait sur le flanc de son peloton. Comme elle était loin sa pen- sée des infimes détails des ope- râtions qui fomaient le thème de la jonrnée! Soudain il se redressa, rafiermit son assiette et se tins correct et impeccable sur la selle anglaise de cuir très clair contrastant avec la robe d'ébène de sa monture. Le régiment défilait devant la demeure des demoiselles de Ronceray. C'était une demeure de bel- le apparanc, entourée d’un jar- din aux parterres entretenus avec un soin constant. Dans les corbelles savamment dessinées, les géraaiums jetaient leur note brutale sur la verdure timide des résédas ; une pièce d’eau coupée par un pont rus- tique miroitait aux rayons naïis- sants ; une volièrese devinait peuplée de faisans, de perdrix et de ramicrs sauvages. —Elles sout là, se dit le lieu- tepant dont le cœur battait à se! rompre. Es I É W De es Sn me tarte es AL LE run AU ol 7/1 Servais a peur qu'on iui tasse concurrence. Je n'ai point cetie crainte, répondit Servais. Admis depuis un mois à peine dans la fa- mille Servais, je vais épouser prochainement. — Laquelle ? demandèrent si- multanément le capitaine et le sous heutenant. —Ah ! voilà ! dit le pauvre amoureux ; c'est ce que j'ig- vore. Je les aime toutes les deux à Ja fois. —Matiu ! admira le capi- taine. — Vous allez bien dit le sous- lieutenant, d'un ton de bonho- "aie, si je puis vous être utile ex cette circonstance, ne me faites pas l’injure de vous pri- rer de mes services. —Mais j'y songe, intervint le capitaine, présentez-nous. Au premier cou» d'œil je vous direz quelle est celle que vous préférez ; J'ai un flair tout spé- cial pour les dévouements de ce genre. La famille ést hono- rable ? —Ah !mon capitaine ! les demoiselles Ronceray sont Îles filles d'un colonel tué aux co- lonies, leur fortane égale leur beauté. —Ce n'est pas peu dire ob- serva le lieutenant Dubrulle. —EÆEt quant à leur vertu. — Il suffit, interrompit le ca- pitaine Harmand, on ira. Je suis tout disposé à vous obli- œer. Mais voici le boute-selle qui sonne À cheval messieurs, nous recauserons de ceci au me &. … La masœuvre finie, les es- cadrons regagnèrent le quar- tier. Le lieutenant Servais don- ua ses ordres à Jean ; le capi- taine Harmand et le sous-lieu- tenant Dubrulle convinrent de se rendre avec leur ami dans ja famille Ronceray après le di- [ner. Mme Ronceray fit le meil- leur accueil aux officiers pré- sentés par le lieutenant. De ieurs mains délicates, plus blanches et plus fines que la porcelaine des tasses de Saxe, Madeleine et Suzanne offrirent ie thé. Une aimable causerie s’en- suivit, puis Madeleine se mit au piano, tandis que Suzanne | entreprenait avec le sous-lieute- nant Dubrulle, qui possédait une jolie voix de ténor, des du- os d’opérette. —Ravissant, admirabie, con- piments le capitaine, enthou- siasmé. Voilà une soirée que je n'oublierai de ma vie. Rapides les heures passèrent Eu eflet, Madeleine et Luzau- | Il était tard ‘ersque les officiers ne épialent derrière sienpes closes le passage des les per- envers à prendre congé. | La nuit était sereine, clé. hussards. Mais quand Servaie |monte aux promenades comme apparut, la plus jeune repoussa | le sont les nuits d'été. Sur la le volet ; ce fut pour Mar routs touts blanche de lune, | ax éb'ouissement. Tout les re | |ies trois amis se prirent à cau- gards se tournérent vers la fe-|ser. nêtre où s’encadrait l'admirable | vision. | Pareilles en beauté, en grâce, ainsi que l'avait dit le leutenant, les jeuncs filles sourialent dans la paix du ma- tin. Elles se ressemblaient au point qu’on les eût facilement coufondues. Leurs cheveux étaient noirs comme la nuit et leurs yeux bleus comme le myo- sotis des fontaines. D'un geste discret et affable, elle souhaitèrent le bonjour au lieutenant quis’inclina dans un salut perceptible à peine ; mais les Jeunes filles en compri- rent la muette éloquence. | —Laquelle ? Laqueile ? ne! cessait de se demander le mal-| heureux Servais. | A Ja halte, il fut très entour-| ré parses camarades. | —Veinard' lui dit ie capi- taine Harmard. Comment vous. coun aisi-z ces deux perles ex- quises et vous ne nous en avez. jamais parlé ? | —Eh bien ! mon capitaine, | demanda Servais, savez-vous égales laquelle me convient le mieux ? —Peuh ! peuh ! Mon cher, je comprends parfaitement votre perplexité. Elles sont si bhelles et si semblables toutes les deux. Madeleine, il est vrai, est une pianiste hors ligne, mais Sa- zanne chante à ravir. —0Oh ! oui, approuva le sous- heuteuavt. —Et tenez, monsieur Ser- vais, jen suis réduit à conve- nir que mon flair n’est pas in- faillible ; vous n'avez qu'un seul moyen, à mon humble a- vis, de connaitre Votre préfé- rence définitive. -Lonnez-le vite mon capi- | taine. Ecoutez.Je vais vous dire ce que je fuiais, moi si jétais à votre place. Je d:manderais une bonne petite permission de huit jours pendant laquelle je voyagerais loin, très loin. A distance on ne se rend mieux —Ceia se conçoit, railla le compte des sentiments réelle- sous lieutenant Dubrulle. M. ment épruvés. Parcourez du mme UNE CES ER er ar D gp mn : L'IMPARTIAL ‘pays ; allez dans le Midi, sur la côte d'azur. Et là, au bord de la mer, recuieillez-vous, fermez les yeux, évoquez l'image de Madeleine et de Suzanne, réflé chissez, comparez en toute tranquillité d'äme. Je vous jure que vous ne serez plus embarrassé au retour. —Vous avez raison, répondit le lieutenant ; mais comment obtenir ce congé ? —Ne suis je pas la, moi, vo- tre capitaine, pour me porter garant de la solidité du pré. texte ? Soyez tranquilie, je me charge de tout. —Ah ! merci, mon capitaine, s'écria le licutenant avec effu- sion ; je vous assure... C'est bon, c'est bon, mon ami. Ne doit-on pas s’entr'aider mutuellement dans la vie ? Le surlendemain, Servis bou- clait sa valise et s’en allait ar- racher à la Méditerranée le se- cret de son amour hésitant. Or, pendant qu'il errait de Toulon à Nice, le capitaine Har mand et le sous liecatenant Du- brulle reveuaient assidüment chez Mme de Ronceray. Le ca- pitaine faisait sa cour à Made- leine et le sous lieutenant ser- rait de près Suzanne. Ce jeu finit par une demande en ma- riage que tous se tenaient ca- chée et qui aboutit pleinement. —Je suis en règle avec ma cons cience, se disait le capitaine. Quand le lieutenant reviendra, je le persuaderai aisément que c'est Suzanne qu'il aime. —Je n'ai rien à me repro- cher, pensait le sous-lieutenant. Lorsque M. Servais sera de re- tovr, je le convaincri sans ef- forts qu'il lui faut épouser Ma-| deleine. Sa permission expirée, le lientenant Servais retrouva ses camarades. Chose étrange, ils avaient {ous trois l'air embar- rassé ; ils s’abordèrent avec une gène évidente. Le capitaine Harmand prit le premier la Daroie. Ca, dit-il, c’est bien convenu, vous épousez Suzanne. — Non, non, c’est Madeleine, rectifia vivement ie sous-lieu- tenant Dubrulle. — C'est Suzanne. —C'est Madeleine. —Mais sacrebleu ! tonna le capitaine J'ai demandé la maiu de Mile Madeleine et je suis a- grée. —Moi, j'ai demandé Ja main de Mile Suzanne et je l'ai obte- nue, répliqua le sous-lieute- nant. —AÀh ! mes amis, dit Servais, dont le visage s'éclaira tout à coup, jen suis bien heureux, car j'al trouvé à Cannes une jeune fille que j'adore et que J'épouse dans un mois. —Allons, concint ie capi- taine, tout est pour le mieux et nous n'avons plus besoin de chercher maintenant : Laquelle ? H. Darsay. Un pâtissier regarde son ap- prenti garnir les “éclairs.” Le gamin bourre de crème les gâteaux entr'ouverts, les re- ferme et, finalement, les lêche délicatement afin d'enlever le surplus. —Ah ça ! Jui dit son patron, est-ce que tu crois que c'est propre, ce que tu fais là ? -—Mais... m'sieu.. répond le moutard interdit, ma langue n'est pas sale ! Les enfants fin-de-siècle ! —-Mon papa est plus riche que ton papa !.… —Mon papa a trois mai. sons …. le tien n’en a pas... |et très bien tourné, mails qui'Nouvelle-Galles du Sud pour- patauge en dehors de la ques-};, heut.être obtenir la même Non !...… mais il a des hypothèques sur les maisons de tion. toa père |... ah ! En ménage : re ! THE SLAUGHTER SALES an, Re Ms Frs TT RT au FE E have been waiting for developmerts for the true inwardness of these sale. In many cases the prices are increased 30 per cent. AND THEN REDUCED, bring- ing: them back to par. Customers WHO KNOW THE VALUE of Goods will Find my prices as low as any in the market and the largest Stock in the County to select from. My constantly increased sales is the best evidence that I AM I. IT, and cannot be WELL CROWDED OUT. BARGAUNN rien co . 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Il a cependant rent ensuite la parole à tour de! jolie comme un cœur avec cette trouré ie moyen de contredire jrôie et dirent combien la poli- nouvelle robe, mais frauche- | M. Paterson suc un point qui a tique du gouvernement était | ment je la trouve un peu chè-|son 1aportunce. ve 5 D Jamais à l'argent ! — UN DISCOURS VIDE D'’AR-: hier sur la clause pseudo pré-| férentielle, ont enfin décidé les libéraux à sortir de leur mu | tisme systématique et M. Lau- |; de bénéficier.de la clause, | rier a daigne faire un petit dis-| at ce pays, c'est l'Angleterre :| cours irès-chie, très élégant, ;j| ajoute cependant que la | Madaine —Veux tu te taire !|pied du mur par M. Foster, le, mêmes ne soat pas capabl:s de u sais bien que, quand il s'a- | contrôleur des douanes a dit s'entendre et se coutie lisen: it de te plaire, je ne regarde ee si plus FENTE deman- entre eux. De plus, le gourver- dent à bénéficier du tarif pré | nemeut demande au parlement |férentiel, leur demande sera | un pouvoir très étendu et rien soumise à l'examen du gouver- | ne prouve qu'après avoir par neur en conseil. Aujourd'hui, favorisé :' Angleterre. iln: dé- ce n'est pias ça. M. Laurier, truira, un ordre eu conseil, le “après avoir contemplé l'uni- premier règlement poar donner vers entier,” comme Alexandre, tons Ls avantages possible# ‘auquel on le compare, dit qu'il! aux Etats-Unis. GUMENTS Ottawa, 29—Les débats d'- |a trovvé qu'un seul pays me 5 | } 1 | | 1 | Ripans Tabules: for sour stomack. Ee : Hipans Tabules: pleasant laxative, | IAVEUT. | Ripans Tabules cure dyspepsia. 7 laurier n'aime pas à] IN. Cla ennett, et Ripans Tabules cure nausea. M. Laurier P | MM. CI ait, À et DBeun | Ripans Tabules cure bad breath. Kivans ‘l'abules cnre ianndire Ripans Tabules rure dizziaess. 1 Ripans Tabules: at druggists. ; Ripans Tabules assist digestion. fivans Tabules relièere nausas. 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