PER nn Los Er PRE: Mgr à * TC L'IMPARTIAL > LE. MARTYRE! TROIS1EME PARTIE (suite) ” 1 Le maître de la Liberté se montre älors, c'est Barnabé Hensér, l’heureux conjoint de Cotita, la maîtresse du lien. jo Au conp de feu, au cri del douleur, Barnabé Heuser sel présente. 1] prend le blessé ou le mort par latête. Carita lui tient les pieds, et le couple le porte dehors. Le lendemain, au Placer, à l'heure du lunch, les mineurs entre eux se bornent à dire que la partie de la veille aété très animée. On sait ce que l’on entend par ce vocable. Ce soir-là, quelques jours après les événements qui pré- cèdent, la partie n’était pas en- core organisée à la Liberté. bien qu'il fût tout près de neuf heures du soir, quelques jou: eurs attendaient, des petites --pontes, mais personne ne s’é- aitait encore présenté pour tenir.|. la banque. Ce retard dans l’organisa- tion de la partie ne semblait nullement faire l'affaire d’un . grand diable à face hirsute que _ nous avons entreyu dans ces derniers temps et qui n'était _autre que Valentin Courtade. À diverses reprises, il avait même manifesté à hau'e voix le dédain qu’il éprouvait pour une maison de jeu aussi mal tenue, et cela, en des termes peu convenables, car il avait répété plusieurs fois : jui est-ce qui me fichu une sale boîte comme cela! Barnaby Heuser l’entendit et s’approchant : —Si vous trouvez tant que cela que la Liberté est une sale boîte,— dit-il tout à coup à Valentin Courtade—vous êtes bien libre de ne pas y venir. —Oui,—répliqua Valentin, —oui, mais voilà, c’est que j'y suis, dans cette boite, il faut que j'y reste, puisqu'il n’y a pas un endroit propre à la Bienvenue. Bar Heuser était cramoisi; il devint violet. Eh bien— répliqua-t-il, s’il en est ainsi vous allez sortir css. Allons, filez. Valentin Courtade s'était lourdement assis et accompag- nant ses paroles d’un gros rica- nement : .…Filer!.........Je ne sais pas filer !.........£t je ne suis pas Curieux, mais je voudrais bien qu'on me fasse filer!!! Ca serait drôle ! Bar Heuser, par sa force et sa brutalité, était la terreur de la Liberté et même de la sta- tion. Jusqu’alors, ainsi qu’on le dit vulgairement, il n'avait pas trouvé à qui parler. —-Je vous ai dit de sortir — s'écria Bar Heuser. Et pour appuyer ses paroles, il eut le tort de mettre la main sur l'épaule de Courtade. Celui-ci redressa brusque- ment et à toute volée adminis- tra un maître soufflet à Bar Heuser. Alors le soufflet fut suivi d'une succession de coups de poigns, si durement appli- qués que, sans pouvoir ripos- ter, le maître et propriétaire de la Liberié mordit la poussière et demeura étendu par terre inanimé. Ajlors'{aussi on vit une chose étrange. Carita, muse sans doute en mouvement par la ferce de l’habitnde, s’a- vança et tandis que Courtade prenait la tête de Barnabé Heu- ser, elle s'empara des pieds, et tous deux le portèrent en plein air, hors de la salle de l’au- berge. Cela fait, Carita, revint trôner à son comptoir comme si rien d'extraordinaire ne s’é- tait passé. Cependant ies mineurs se précicitaient vers la salle de mn omrhapte as mu qm/P — £ jeu, sans plus s'occuper du maître de la Liberté qui con- tinuait à être étendu à la belle étoile; on annonçait qu'un banquier sérieux se préparait à tailler. Prospero, 1sidore et Valentin se disposaient à prendre ïeurs places, lorsque les yeux-du métis tombèrent sur le ban- quier sérieux, et il ne put re- tenir une exclamation de sur- prise. Vêtu du simple costume des mineurs, le revolver à la cein- ture, les pantalon dans les bot- tes, la tête couverte d'un cas- que de feutre c'était bien... non il ne se trompait pas. Aussi ne fut-il pas libre de son pre- mier mouvement. 1} s’avança vers le banquier, qui lui aussi se disposait à s'asseoir à Ja table de baccara, et la main tendue : —Mais je ne me trompe pas,—s’écria-t-il, c’est le vi- comte de Morency. Ce dernier tressaillit ner- veusement, mais se remit aus- sitôt. —Parfaitement.— répondit-il parfaitement ; enchanté de la rencontre... très heureux dom Prospero Guarda —Et quelle bonne fortune vous amène dans ces pa- TAZES ?ossocee Le vicomte de Morency eut sur les lèvres un fin sourire. —Mais, ne vous seuvenez- vous pas, dom Prospero, que vous nous aviez invités. sir Edward Pagett et moi, à chas- ser dans vos immenses pro- priétés des bords de l'Oya- pock..……. Je n’ai pas oublié vo- tre aimable invitation. Je suis venu, me permettant d'amener avec moi un autre ami, car le baronnet n’est pas libre, il chasse à cette heure le tigre dans l’inde. L'autre ami, le lecteur l’a immédiatement deviné, n'était autre que le professeur Cour- niol dit Mi-Mile. Courniol a- vait planté là Virginie et son immeuble, et avait suivi Jules Dréan en Amérique. Il l'aurait suivi au bout du monde, le docteur ne tenait-il pas la clé de la caisse, n’avait-il pas four- ni un certain nombre de milie au prefesseur ; ne devait-il pas lui en faire gagner beaucoup d’autres ? Du moins il le lui avait promis. Que venait faire Jules Dréan en Amérique ? On l'a deviné, faire disparaitre Henry Shel- don et avec lui toutes les preu” ves Ce ses crimes. Une fois Henry Sheldon ou mieux Raoul Martray mort, on aurait aisement raison de Jean Bous cat, füt-il plus Philip Fairbank que jamais. Son stratagème ayant réussi, il était parti à la suite d’Henry, annonçant son départ pour l'Amérique. Motif ostensible, des recherches scientifiques. Dans le monde où évoluait le docteur Dréan on avait beaucoup parlé de cette expédition. On donnait à entendre qu’il était très possi- ble que le gouvernement jui eut denné une mission de con- fiance. Plusieurs journaux bien intentionnés avaient même glorifié l'énergie et le courage du céièbre praticien. En com- pagunie de Mi-Mile, il était ren- du à Paramaribo, dans la Gu- yane hellandaise; de ]là; un petit caboteur l'avait trans- porté jusqu'à la station de Bienvenu. C'était là qu'il éta- blissait le centre de ces opé- rations. 1l était à quelques lieues des Pamplemousses, où se trouvait Heury, assez éloi- gné de lui et du comte de Val- verde pour que l’on ne püût ja- mais soupçonner sa présence. En arrivant à la station, il s’é- tait donné comme ingénieur chargé ‘par ure compagnie de faire des recherches daus des terrains miniers, ce qui expliquait ses allées et ses venues à travers le pays, en compagnie de Cournio]. 11 y a- vait loué une case à Bienvenue et prenait ses repas à la Liber- té. C'était bien l2 diable si parmi tout ce monde d'’aven- turiers, gens de sac et de corde, il ne tronverait pas tont| ce qui lui faudrait pour accom- pair son crime, attirer Henry Sheldon dans une embüehe et en finir une bonne fois avec lui. Or, le lendemain de son ar- rivée, le nom de Prospero Guarda avait frappé son oreille. Deux mineurs se racontaient la scène des Pamplemousses, où Dom Guarda avait été $«i bien châtié, et j'idée qu’on a- vait qu'il cherchait à se ven- ger. Le docteur avait dressé l’o- reille. ‘Prospero Guarda tra- vaillant pour son propre com- pte ne pouvait-il pas être uti- lisé par lui ? Le soir même, lorsqu'il avait vu que Valentin et Isidore eé- taient sOus le patronage du mé- tir, il s'était dit qu'il n'avait pas besoin de chercher plus loin et qu’il avait sous ia main tout ce qui lui fallait de ban- dits pour perpérer n'importe quelle infâme besogne, Prospe- ro avait opéré un mouvement de recui. Se voir reconnue pauvre, mi- sérable, trainant l'aventure, a- lors qu’il s'était donné pour un grand seigneur, tout son or- guell de métis en seignait cru- ellement. Mais Jules Dréan é- tait l’homme des solutions prompes ; il coupa court à l'embarras et à la confusion de Prospero. 11 s’approcha de son oreille et lui dit à voix basse : —Je connais votre histoire, je connais vos malheurs... Vous étiez l’associé du comte de Valverde, et il vous a indi- gnement traité... Moi, je viens ici en ami. Je suis heureux de vous avoir trouvé et je veux m'associer à votre vengeance. Le mot associé tomba comme un baume sur le cœur ulcère du métis. 11 le saisit au vol et comprit qu’en fait de vengean- ce le vicomte et lui s’associ- aient. Tous deux s’attablèrent dans un coin de Ja salle de la Liberté, et là, tête contre tête, il signèrent moralement un pacte. Le docteur Dréan aide- ralt Prospero à venir à bout des maîtres des Pamplemous- ses, par contre le fiancé de Mlle de Valverde était condamné. Entre temps, le professeur, le tafia aidant, fratenisait avec 1sidere Farjot et Valentin Conr tade. Les coquins, à quelques classe de la société qu'ils ap- partient, sont unis par une sor- te de franc-maçonnerie : il leur suffit de quelques mots pour se reconnaitre. Ce n’était pas que Mi-Mile fût un être foncièae- ment méchant; mais dans les mains de Jules Dréan quel hom me n’eût pas été un instrument du mal! Tout concourait pour assurer le succès à cette réunion de gredins 1l étaient à la Liberté tout comme chez eux De plus, avec une bonne barque, la sta- tion étant située tout à côté de l'embouchure de j'affluent de l'Oyapock, en utilisant tour à tour le jusant et le courant de la rivière on pouvait se rendre en deux heures anx Pample- mousses. Que manquerait-il dé- sormais à Jules Dréan et à Prospero! Iis avaient des hom- mes, de l'argent, car le docteur avait emporté avec lui une for- te somme... Ils étaient résolus à tout, rien ne pouvait les arré- ter, ils devaient donc réussir. Dès le lendemain ils se talent donc à l’œuvre. Nous laisserons pour un ins- tant la Liberté et son personnel pour retrourner aux Pample- mousses. Henry Sheldon, n’eût été le léger remords que lui causait met- no CAN | velle, Comme ils retonrnaient de temps à autre l'abandon de Phillip Fairbank, menait, il faut bien le dire, la plus heu- reuse des existences. M. de Val] verde était grand chasseur, tous les jours c'était une partie nou- d'une de ces parties il se trou- vérent nez à nez avec deux it- dividus à face patibulaire. aux vêtements en loques, sauf des bottes toutes neuves qui con- | reste de leur accoutremeut dé-| guenillé. L'un des deux était un colosse à face de gorille, ! l'autre un être chétif à museau de fouine. —Monsicur le comte, fit ce dernier d’une voix mielleuse, deux pauvres vayageurs......……. qué nous sommes, et qui fai- sons appel à votre bon cœur... et ils continuèrent surce ton pendant quelques instants. M. de Valverde n’écoutait point tout ce parlage qui l’aga- çait la mine des deux hommes ne lui inspirait aucune confi- ance. 1ls avaient l'air de deux bandits. Cependant à l’étranger, l'hospitalité se pratique sur la plus large échelles, elle ne sau- rait se refuser. La prière de Laura formulée au récit des souffrances des deux pauvres voyageurs était donc inutile. — Oh ! père, avait dit la jeune fille, gardez ces deux pauvres gens pendant quelques jours. Laissez-les reposer ensuite vous leur donnerez à travailler de façon à ce qu'ils n’arrivent pas sans ressources à la station de Bienvenue. M. de Valverde se serait re- proché de laisser deux malheu- reux sans ressources errer à l’a- venture. M. de Valverde était certain d’avoir affaires à deux mauvais drôles, deux mauvais sujets... Mais ces méchants gars aflirmaient qu'ils étaient brisés, qu'ils avaient faim et soif, dès lors, ils devenaient deux êtres sacrés et l’on se trouvait dans l'obligation de pourvoir à leur besoins. — Prends soin de ces deux hommes, dit-il à Zine, qu'ils ne manquent de rien. 11 ajouta tout bas : —Surveille les... ils mar- quent joliment mal. La négresse répondit par un clignement d'yeux expressif qui voulait dire “Compris” Et Zine conduisit Louis Du- mont et Ernest Lampin dans une case inoccupé. La négresse leur fit servir du pain, de la vi- ande, du vin : elle s’assura qu'’- ils pouvaient faire du feu pour se protéger contre les mousti- ques, et les quitta pour retour- ner vaquer à ses nombreuses occupations de femme de char- ge. M. de Valverde et Henry se disposaient à changer de cos- tume et à prendre une douche, lorsque Laura arrêta son père qui se dirigeait ver son appar- tement. —Le courier de France est arrivé, dit-elle, il y a une foule de lettres de Paris, de Cayenne, que sais-je ?...... M. de Valverde était dans le hall. Sur un plateau avaient €- té déposés les jonrnaux de les lettres. Henry, instinctivement, l'a- vait suivi. Le jeune homme eut une hésitétion et demanda à Laura : —Et pour moi, il n’ess pas venu de lettre de M. Fairbank. —1l ne vous adresse rien, fit M. de Valuerde, ce que je com- prends, Car il n’a pas lieu d’être satisfait de vous, il m'écrit à moi. Et le comte lui à haute voix: “Monsieur le comte, “Ne m'en veuiliez pas, si je me rends auprés de vous pour retrouver se méchant Henry dont le départ précipité m'a causé tant de peine... C'est de Cayenne que je vous écris si j'ai cru que de cette en- A CT ER droit je pourrais facilement me rendre à l'Oyapock, et j'ai éprouvé une forte déconvenue. Tout ce que j'ai pu faire pour me rappro- cher de vous. c'est de m'em- barquer à bord d'une canon- mére de l'Etat, le commandant conséntant à me descendre au trastaient étrangement avec le‘vos conseils, pour me faciliter) Il a été impossible aux Turcs 4 . . . de s'emparer de la ville jus- qu’à présent. l'embouchure ce poste de l’Apronague, lieu de sa destination, Il me déposera là, et j'attendrai vos ordres ou l'accès des Pamplemousses. Si toutefois vous voulez bien être assez bon pour m'y offrir l’hos- pitalité. “Votre dévoué serviteur. “Prizip FAIRBANK” —Mais, reprit M. de Val- verde, après avoir remis la lettre dans son enveloppe et l'avoir déposée sur le plateau mais il n'y a qu’un moyen, c’est de l'envoyer quérir. En post scriptum, M. Fairbank dit qu'il sera certainement rendu au poste de l’Aprouague en même temps que parviendra sa lettre.......Je ne vais certaine- ment pas le laisser dans cet endroit où ‘il s'ennuiera à périr. 11 est encore bien solide votre parrain... il.ne doit pas re- culer devant une course à che- Vie Henry remercia chaleureuse- ment M. de Valverde, le départ fut fixé pour le lendemain, les deux hommes, accompagnés, devaient partir sans Laura qui restait aux Pamplemousses. [a continuer] Berlin, 21—On mande de Coustantinople que la Porte vient de donner l'ordre à Mustayha Pemzi Pasha d’at- taquer avec 10,000 saldats et deux batteries la ville de Zeïiteum, de la bombarder et de la détruire, et d'y massa- crer les 12,000 Arméniens qui s‘y trouvent Philadelphie, 21— Une collision s'est produite, ce matin, à sept heures, entre deux trains de passagers. On dit que huit persennes ont été tuées ct plusieurs blessées. New-york, 21—La grève des poseurs d’appareils de chauffage, qui durait depuis un mois, a été réglée à la sa- tisfaction général, par arbi- trage. Philadelphie, 21—-La cem- pagnie destramways a con- senti de soumettre à l’arbi- trage le règlement des diffé- rends avec ses empleyés ct en conséquence la grève a été déclarée terminée. Londres, 21—-Une dépêche de Constantinople dit que sir À. S. Canen, universellement connu aux Etats-Unis, par- mi les fidèles de l'église bap- tiste, a été a:sassiné avec sa femme à Arabari, et sen é- glise a été pillée et incendiée. Mousah Bey, le. “brigand kurke. de Bitlis, a été fait prisonnier à Bagdad. Minneapolis, Minn., 20.— Avant le monter à l‘écha- faud, Harry Hayward a fait une cenfessien qu'il a dictée à un sténographe dans laquelle il eonfesse avoir commis trois autres meutres, Ii a tué un Chinois, qui l'avait triché au jeu, il a ensuite tué une jeune file qui axait $505 sur elle. Son troisième crime a êté l'assassinat d‘un homme dont il fréquentait la soeur. Enfin, le meurtre de Mlle Ging, qui lui a couté la vie Londres, 24 Une dépêche de Vienne annonce que les Turcs ont bonbardé Zeïtoun, capturée il y a quelque teraps par les Arméniens et ravagée par ces derniers, La résistan- ce des maîtres de Ja ville est grande ct ils se défencent avec fureur. Des deux côtés lcS pertes sont considérables. MAGASIN POPULAIRE —X : L'endroit le plus populaie et où vous trouverez le plus de satisfaction est à notre magasin. Nous tenons toujours en mainsl Farine, Melasse, Sucre, Thé, qualité extra, Huile la mei-r leure, Marchandises Sêches Bottes et Souliers, Groceries, Clous, Poeles, Habille- merts. etc. le tout vendus à bas prix pour payment comptant. Nous avons aussi Coton, 1n- diennes, Casques de pelleterie, Drap, etc. Le plus haut prix payé pour les moduits. Nons prenons du bois de corde en échange ;,our nos mar- chandises. J. B. 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