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Les dé- 'tails de sa figure auraient pu faire | croire à une certaine effémination, |mais l'ensemble avait un réel ca- chet de force et de mâle courage ; let l'on sentait que, dans les mo- | ments graves, elle devait s'éclairer d’une lueur d'héroisme et de su- prême beauté. —En ce moment là, elle était empreinte surtout de mélancolie et de tristesse profonde. Au bout de quelques jours, com- me il est d'usage au régiment où une prompte familiarité s'éta- blit, Beaupré et moi nous nous tu- ltoyious, et il m'avait pris en si sin- cère amitié qu'en marche, à cha que étape, le long des routes pou- dreuses et blanches, il était pres- qu: toujours à côté de moi, tantôt souriant et expansif, le plus sou vent en proie à une accablante rê- verie dont rien ne pouvait le dis- traire. La seule chose qui, alors, | yât un peu, c'étaient ies paysages, avides, l'éga- jet ses yeux plongeaient, vers les lointains vaporeux et bleu- Âtres, comme sil avait aperçu, dans la lxmière adoucie des colii- nes et des bois, quelque image idé- ale qui l’enivrait. : —Je dois te sembler un camarade bien morose, me dit-il un jour à une ‘halte au dessus de Bourbonne-les- Bains. La faute n’en est pis à mon caractère. C'est un ennui momenta- né qui me donne cet air sombre au- |jourd’hui. Ma femme est dangereu- | sement malade, atteinte d'une mala- être pas à la santé. Un caractère si grand ! une âme si noble! Ah ! je sens‘que si je la perdaïis, j'en mour- rais sur le champ ! Sa voix s'éteiguit, coupée par un de sa mort. De l'instant où je la vis, |j2 l'aimai éperdûment. Jamais a mour ne fut plus prompt, ni pius fa- tal. Nous n'échangeâmes qu'un re- gard, et nous sentimes que nos cœurs étaient nés l'un pour l'autre. Il se tut per lu daus le délicieux sonveñir : mais, ! cucore, CORRE — I! est inutile ae te raconter ne- | ‘re idylle arnoureuse. Je croirais la! tenir rien qu'en l’effleurant. Ce que je puis te dire, c’est que| ma femme m'a trans'ormé, et que je suis de plus en plus sousle charme | de son amour et des hautes qualités | moral?s. Mais, quand je la quittai, il yahuit jours, j'avais la mort dans l'âme. Elle était assez faible pour m2 donner des craintes. Je la laissai à Ecuily, aux envoirns de Lyon, dans une petite propriété pleine de caline et d'ombre. J'espère que la campagne lui fera lu bien ; mais, malgré cela, je vois toujours ses beaux grands yeux tristes qui me disent adieu, et le souvenir de ce dernier regard m'abat, je ne sais pourquoi, jusqu'à l’anéantissement, l acheva que le clairon sonnait. Nous nous remiîmes en route, mar- chant sans plus rien dire, troublés par nos communes impressions, Au. tour de nous, toutes les conversa- tions s'étaient tues. On n’entendait plus que le cliquetis des fusils ct le bruit des bidons et des gamelles se- die le coeur,et ne reviendra peut-! s “ —Tu ne peux te figurer à quel! point, reprit-il, c'est une femme ac- | æ complie, et combien j'ai raison d'a- | ayant l’air d2: commenter la dépêche . . . # L | u'il J Î L ’ i voir une aussi terrible appréhension | 1" 11 se de Pre |. —Oui, c'est bien cela, dit il. Icompagnie reposait. fûmes séparés pour la journée et pour la nuit. Le lendemain, sur la route de Jussey, je le revis, l'air dégagé, le regard joyeux. é —J'ai reçu une lettre, me dit-il, Bonne nouvelle ! Du mieux, ct cer- tainement, de l'espoir ! A Arbecewy, nous commençâmes les monœuvres de brigade, et les jours suivants, nous ne püimes qu'e- changer une poignée de main, ma- tin et soir. Ce ne fut qu'engagés complètement au milieu des plaines et des collines ‘de la Haute-Saône, que nous retiouvâmes côte à côte, Tout de suite, il me donna des nouvelles, excellentes encore, et, l'esprit plus libre, il me parla de ses souvenirs de soldat pendant l'année terrible. —J'était daus ces parages à la fin, me dit-ilet j‘avais cru à la vic- toire. À Villersexel, je crus réelle- ment que nous étions les maitres, et que l’armée de Bourbaki sauve- rait la France. Je ne pensais guère à la misère, à la débâcle, à l’effon- de cette armée à travers les neiges des Alpes ! Mais, nous aurons notre revanche un jour. Faisons des &. mulacres de combat, comme si c'é- opérant ainsi que nous nous releve- rons et que notre drapeau fletri re- paraîtra glorieux dans le monde ! Ce jour-là, manoeuvra jusqu’à deux heures de l’après midi. Il fai- sait une chaleur accablante. Tout le mouie était harassé. Notre bataillon descen 1it au fond d’un étruit vallan pittoresque, vers un hameau désigné sous le nom tchsrmant dela Maison du Vaux, jendroit délicieux et plein de frat- |Cheur, où nous fîmes halte. Je repo- sais avec Beaupré, quand soudain, on apporta une dépèche nom, Je frémis en la lui voyant ouvrir’ Mon Dieu ! si c'était !...Et ce n'é- tait que trop vrai, hélas !. Elle re contenait que ces mots : en son — Anna décédée, ce matin, quag tre heures. O cruauté du destin ! Le pauvre | Beaupré, à cette lecture si brutale, | tomba raide à la porte d'une chau- tmière. On s’empressa de lui donser | des soins, et il revint bientôt à lui, mais l’air égaié, l'œil fixe... Il était fou. | | À | Et, chose étrange, en son cerveau nuageux maintenant, l'image, quoi que imprécise, de notre conversai |ton du matin sur le combat de Vil- |ler sexel, lui revint à la mémoire : lil se croyait eu 1871, et, comme ? Z . énéral é sanglot. 8 , Voulait nous conduire au feu. I! réfléchit quelques instants, en ..... | Bourbaki l'annonce ,, Le comba- et pour quarire heures .. demains matin !... . . ” . , Puis, il s'élauça au pied d’un ,Marronnier, où une partie de notre Des soldats étaient couchés à l'ombre, quelques da |œ : PA mes yeux semblant l'interroger, a-|8'OUPES Conversaient, vec plus de tristesse, il continua : | Et, avant qu'on l'en eñt empêché, il tira son sabre du fourreau : puis l'agitant avec frénésie, il s’écria : — À moi, mes amis ! du’courage! Nous nous battrons demain, au le- vert du jour !... Et nous serens vie- torieux !. Oui, victorieux sur toute la ligne ! ., Howurrah !. Les Prussiens-sont repoussés par Bouibaki, et l’armée des Vosges s'élance à leur pou:suite !... C’est le wioment d'agir héroïqgnement !.. SusS aux ennemis ! Montrons que nous sommes dignes de la France, préparons nous à la ven- ger !... À demain ! mes enfants | à demain !. .. ... Il ajouta encore quelques phrases véhémentes et enthousiastes, et c'é- tait plus crusl, je vous assure, de ie voir ainsi, dans sa folie. mer une dépêche de décès bulletin de victoire. transfor-, en un » À, 4 LA DES? « Tablettes pour la Toux NVE= z & Préparées d'après ure ancienn® , nr € formule qui a gueri les rhumes eti y, & , toux pendant deux générations, Les # Cocteurs les reconnaisse:t comme étant coués par la marche, l - é efficaces ponr toutes les irritations de 1& Sorge. Agréables au palais, aussi, Des mendez RE à trois coins ans la boîte We) Maux, ELLES GUEMIRONT. &. n. taient des combats réels, C’est eñ #