PAGE 20 a l i a M Stephen A. White Les nombreux déplacements de cette famille ont eu l’heureuse conséquence de permettre aux Longuépée d’échapper à la Déportation de 1755. l 3, Il Les Longuépée, une famille * * . rétablie en Acadie' Un Acadien de Framingham, Massachusetts, magna cum laude de l’Université de Harvard, M. Stephen White est généalogiste au Centre d’études acadiennes de l’Université de Moncton depuis 1975. Il est l’au- teur du Dictionnaire généalogique des familles acadiennes, 1'c partie, (1636-1714) et est en train de préparer la 2‘ partiej(1715—1780). Il y a des familles acadiennes de vieille souche, qui, pour diverses raisons, ne sont aujourd’hui que peu nombreuses. Parmi celles—ci, on re— trouve toujours présente en Acadie la famille des Longuépée. Vincent Longuépée était jeune ma- telot, âgé de 22 ans, lors du recense— ment de Grand—Pré en 1693. De ses origines, nous savons seulement qu’il était français. Nous ne pouvons que spéculer à savoir comment un jeune marin français est devenu habitant de la petite colonie agricole sur la baie Française (aujourd’hui la baie de Fundy) durant les années 1690. Quoi qu’il en soit, lors du recensement précité, Vincent était nouveau marié. Son épouse était Madeleine Rimbault, fille de René et d’Anne—Marie Rimbault. Aucun document ne mentionne le nom de famille de la belle—mère de Vincent Longuépée. Certains croient par conséquent que celle—ci était Amé— rindienne, mais nous n’avons pas les preuves de cela. Vincent Longuépée et Madeleine Rimbault ont eu six enfants, dont un seul fils, qu’ils ont baptisé Louis. Il y aurait peut-être eu d’autres petits Longuépée, mais le père est décédé prématurément, tout probablement peu après le recensement de 1707, lorsqu’il était encore dans la trentaine. Dès 1715, certains membres de cette famille se sont rendus à la nouvelle colonie française de l’île Royale. C’était donc à Port-Toulouse et à Louisbourg que les filles de Vincent Longuépée se sont trouvées des conjoints. Made- leine s’est mariée à Port-Toulouse, vers 1715, à Médéric Coëndo dit La Rose; Cécile a épousé Pierre Bénard au même endroit environ trois ans plus tard; Élisabeth a convolé l’année suivante avec Jean Papon dit Sans Regret; Marguerite a uni sa destinée avec celle de Louis Closquinet dit Des Moulins, à Louisbourg, le 5 octobre 1722 et enfin, Marie, vers 1723, avec René Lambert. Seul ce dernier semble avoir été d’origine acadienne;_ tous les autres étaient des Français et, à toute apparence, en jugeant par leurs surnoms, des soldats. Entre-temps, Madeleine Rimbault a fait de même en se remariant à Gabriel Biron dit La Gelée, lui aussi originaire de France. Louis Longuépée n’a pas fait com- me ses soeurs. Il a pris pour femme une Acadienne, Anne Brassaud, fille de Pierre Brassaud et de Gabrielle Forest. Louis etv sa jeune mariée ont fait baptiser l’aînée de leurs enfants, Marie, à Port-Toulouse vers 1722, mais ils n'ont pas demeuré longtemps à l’île Royale. L’errance semble avoir été leur lot dans la vie : Louis et Anne n'ont pas habité longtemps nulle part. Leur seconde fille, Anne-Iosèphe a vu le jour à Cobeguit en 1725 et la troi- sième, Marie-Rose, a été baptisée à Grand—Pré en 1731. Faute de docu- ments, nous ignorons les lieux de naissance de leurs cinq autres enfants. Les nombreux déplacements de cette famille ont eu l’heureuse conséquence de permettre aux Longuépée d’échap- 1. La rédaction z cet article a été publié dans Le [01mm], publié à Moncton, par les Éditions Beausoleil, NB Publisliing, la semaine du 27 septembre 1977. (Le [cumul a existé d’avril 1997 à février 1998.) <1.» «as,