Grande commémoration à Tignish es dirigeants de l’Association du Complexe patrimonial de Prince—Ouest ont tenu le jeudi 30 octobre une grande cérémonie de commémoration de la Déportation de 1758. La cérémonie s’est déroulée en plu- sieurs volets et a pris fin par le devoi- lement d'une plaque commémorative Kathlyn apposée sur un rocher pesant 16 tonnes. Le rocher repose sur la terre ancestrale des Chiasson, le site où l’Association a l'intention de construire éventuellement son complexe patrimonial. Travis Gaudet et Kathlyn Richard, deux élèves a l’école Pierre-Chiasson, ont été choisis pour dévoiler la plaque, en raison de leur âge. A l3 ans, ils ont Richard et Travis Gaudet (à droite) conduisent l'un des huit canots qui ont abordé sur les rives de la rivière de Tignish, dans une ceremome symbolique visant à rappeler la Déportation de l'île Saint—Jean. Dans le canot du centre. on voit Sarah Arsenault et Alan Graham et dans celui de gauche, on reconnaît Jenna McRae et Dominic Harper, ces deux derniers de lecole M.E. Callaghan, et les quatre premiers de l’école Pierre—Chiasson. PAGE 24 LA PETITE SOUVENANCE tous deux l’âge qu’avait le jeune Pierre Chiasson lorsqu'avec sa famille, il a accosté sur les côtes de Tignish en 1799. C’est lui qui aurait abattu le pre— mier arbre devant servir à chauffer et à abriter les huit familles fondatrices qui faisaient partie du convoi ancestral. Et c’est en son honneur que l’école française à DeBlois a été nommée l’école Pierre-Chiasson. Durant toute la durée de la cérémo- nie, ces jeunes et tous les autres qui ont participé ont été mis à rude épreuve. Quelque 15 adolescents provenant de deux écoles, Pierre-Chiasson et M.E. Callaghan, ont goûté au froid et au vent de la saison lorsqu’en canots, ils ont dû pagayer contre le vent et le courant pour venir accoster le long de la rive. «C’était une bonne expérience, mais c'était difficile car on allait contre le courant», confirme Dominic Harper de l’école M.E. Callaghan. «On apprend un peu de l’histoire acadienne ‘a l’école et cela nous a donné une idée de com- ment les ancêtres sont arrivés ici», a dit le jeune homme. Comme les huit canots ayant pris part au cortège inaugural de la céré- monie, le canot de Dominic Harper por- tait symboliquement le nom de bateaux britanniques ayant transporté des Aca- diens lors de la Déportation de 1758, le Mary et le Violet. Ryan Gaudet de l'école Pierre-Chiasson était lui aussi dans un canot. «Il faisait très froid et il ventait. Et on a dû atten- dre deux canots qui se sont pris dans le sable.» Deux jours avant la cérémonie, les élèves choisis pour conduire des canots avaient effectue une répétition, afin de se familiariser avec ce mode de trans— port. Angela Williams, enseignante, les accompagnait. Pour elle, l'expérience a été très enrichissante. “J’ai réalisé que pour conduire des canots, il faut tra- vailler en équipe, sinon, le bateau n’avance pas. Peut-être qu’ils ne s’en sont pas rendu compte, mais mor le pense que c’est une leçon qu’ils vont conserver toute leur vie. Et je crors que j’aimerais éventuellement effectuer une sortie en canots avec tous mes élèves, pour qu’ils fassent l’expérience.» 2008