. D ju di A A A dm à 4 AA 4 AE UN A AE REY € Pr : # # , LL nd: etre GRR “Me: } TEEN CEE RSR OR d ame _ = 4 : ee ” Buy P - ” er s " LT PT ee MU Ye EM * et Fe ET NS Pre L'IMPARTIAL 5 me PAT ARR SLR Te sad a 5] — PE EEE ER : « | sodés PP Le MS TETE ee F d pa Por D #0 2 - SEC QUI PERD GAGNE RP Insolent ! Mélez-vous de vos affaires! La querelle s'env uima, dis- traction inespéré. pour les voy- ageurs de “l'imp rirle’ :il y eut même échange de vurtes. Alors seulement, Pierre Legoff, ayant pu s'occuper de la june fille qu’il venait de d‘livrer des ob- sessions d'un malotru, la vit pâle, défaite, sur le point de s'évanouir. Il s’offrit r. spectueusement pour l'accompagner jusqu'à son domicile ; elle accepta sans hé- sit ret prit son bras à la des- cente du tramway. Depuis près d'un mois déià, ils s'y retrouvaient, tous les ma- tins, sur ce tramway. Pur ha- sard des rencontres? Hum ! on n’en jurerait point, car Pierre Legoff avait concu un senti- ment très tendre pour sa jolie compagne de route, et rien ne prouvait qu'ell:-même regar- dât son voisin d’un œil indiffe- rent. Mais, eniin, soit excessive timidité chez le yarçon, soit ré- serve non moius grande du côté de la jeune fille, leurs sympa- thies étaient restées muettes jusqu’à ce jour et risquaient de se promener ainsi pas mal de temps encore le loug des rails du boulevard St-Michel. Legoff était ridu-teur dans un ministère. Jadis; sans doute au sortir du lycée Louis-le Grand, ïil avait rêvé autre chose. Seulement, il avait com- mis la sottise de se brouiller avec un viell oncle, entrepre- neur, retiré des affaires, céliba- taire fort riche et fort intéressé et alors, adieu le rêve! Legoff avait du encore s’estimer bien heureux de d crocher un mo- deste ‘‘rond-de-uir'. Du reste, un charmant sarçon, dont la fi- gure sympathiqu. ei ouvert va- lait à elle seule un brevet de loyauté. Quant à celle qu'il appelait sen inconnue, ving: ans environ, mine, frèlé, élésante dans ses vêtements de deuil, à la simpli- cité de sa mise, ‘omme aussi à l'expression à la fois fière et résignée de son beau visage, on devinait en ville la fille de fa mille réduite par des revers de fortuze à courir le cachet d’in- stitutrice. Tous les matins, à la même henre, elle arrivait, son cart- table sous le bras; sournoise- ment, Pierre la guettait à venir du boulevard de Port-Royal, puis se livrait à une série de manœuvres habiles, grace aux- quelles 1ls accomplissaient leur trajet quotidi-n cote à cote jus- qu’au Châtelet. Elle n’evait pas du être sans remarquer, à la lougue, ce manège, mais rien ‘dans sa manière d'etre ne dor- naït à supposer à son silencieux ado:ateur qu'elle fut ou flattée ou mévcontente de ses assiduités ni même qu'elle sen fut aper- çue. Il eu pn le suivre, apprendre de son concierge qui elle était ce qu'elle était, ce qu'elle fai- sait. I] ne s’en avisa même point. Ne valait-il pas mieux attendre du hasard une occasion de lui rendre un de ses services qui engagent invinciblement la ra- connaissance, d'obtenir à ce prix un peu de sa sympathie, d’en- trer dans sa vie en un moi! Enfia, cetteo ccasion s'était offerte, pas banale à coup sür, et Pierre, ravi de sentir trem- bler encore sur son bras la main exquise de l’aimée. relentissait le pas à dessein, autant pour retarder ;'instant de la sépa- ration que pour réunir tout son courage en vue d'une explics- tion désormais inévitable. Ils avaient causé des choses indiff rntes; ce fut la jeune fille -qui lui tenait la perche in- no:cmment. Ainsi, monsieur, vous battr. demain ? Sans doute, mademoiselle, SAS, tice ? Non, mademoiselle, vous allez! | voix jui tremblait un peu : t Pour.....pour une étrangère? Oh! vous n'êtes pas pour moi une étrangère! Et, moi- même, suis-je vraiment pour vous un étranger? N'auriez- vous pas daigné remarquer que nous faisons tous les matins le mème trajet ? Mais si; vous descendez, je crois. au Châtelet. Après un silence : C’est pour demain ? Demain matin : cela me vau- dra une journée de congé. Pouvez-vous parler avec cette légèreté d’une chose aussi sé- rieuse ! C’est mal. Vous ne pen- sez donc par à vos parents. Je n'ai pas de famille; per- sonne ne s'intéresse à mol. Personne ? et si, par mal- heur, vous étiez blessé ? Il n’y aurait donc pas de jus- non, je ne serai pas blessé ! D'abord, parce que je tire très conven- ablement ; ensuite, parce nd... Comme il hésitait, elle de- manda : Parce que ? Eh bien! mais, parce que je suis notre champion en cette circonstance, et qu'il ferait beau voir don Lanche vainqueur du Cid! ajouta-t-il fièrement. Elle sourit. Je ne suis pas Chimène. Ni moi le Cid! soupira-t-il ; pourtont ah, pourtant 1... Il y avait tant de chose éle- quentes sous-entendues dans ce seul mot que la jeune fille rou- git sans répondre; toutefois, une imperceptiole pression de main sur le bras de son cheva- lier apprit à celui ci qu'on ne lui savait pas trop meuvais gré de sa sortie, Au moment où il se disposait à prendre congé, on l'invita à monter ; 1] y avait, là haut, une grand'mère qui serait bien heu- reuse d'exprimer sa recounais- sance au défenseur de sa petite fille. On imagine si la proposi- tion fur acceptée avec empres- sement. La pièce eù Legoff fut intro- duit, dans un appartement au cinquième étage, eut paru pau- yre sans la présence de quel- ques meubles de prix, épaves du passé ei de ces riens, menus ouvrages, chiffons, bibelois, au moyen desquels uue femme de gout sait crée autour d'’olie l'il- lasion d’un luxe relatif. Tous cela respirait la vie paisible et digne, trahissait avec le souve nir d’une grand situation per due, une misère décent», fière ment supporter. Cet intérieur était bien le cadre dans lequel Pierre s'était complu à placer son inconnue. Assise dans un fauteuil près de la fenètre, une vieille dame tricotait ; tout d’abord, elle n’a perçu que sa petite fille, C'est toi, Marcelle? A cette heure ! Te serait il arrivé un ac cident ? Non, grand'maman, du moins grâce à l'intervention de mon sieur... Et. présentaut sou défenseur Marcelle raconta la scène du tramway. Teut bouleversée, la grand’ mère vint au jeune homme, le remercla avec une effusion tou chante du service qu'il avait rendu à sa fille, mais le supplia de ne point exposer sa vie nour elle. Voyant ses instances inn iiles, elle exigea de Pierre, à tout le moins, la promesse qn'il viendrait la rassurer sar l'issue de l'affaire, dès le lendemain dans l'après midi. Pierre s’y en gager ; il dut même iaisser, à tout hasard son adresse, et alors seulement la grand'maman cou sentit à le laisser partir à lare cherche de ses témoins. Ce fut la jeune fille qui le re conduisit jusqu’au palier ; là, elle lui tendit la main, et, d’une Au revoir, monsieur. Î | | | il prit la petite main qui s'ou bliait dans la sienne, osa même la porter à ses lèvres sans que l’on songet à s’offenser de cette hardiesse, puis, les yeux dans les yeux de l’aimmée qui se troublerant un instant : Au revoir! murmurat il, oui au revoir !.......…. *L* 1ln'y a, décidement pas de justice en ce bas monde! Le lendemain, entre six et sept, à la deuxième reprise, Legoff rece vait un joli coup d'épée dans 1e flanc droit : et si, par grâce spe ciale, aucun organe essentiel n’a vait été atteint, notre héros n’en devait pas moins garder la cham bre pendant quinze jours. Quinze jours sans revoir Mar celle! cruelle perspective ! La nuit venu, ses amis partis et le concierge qui le soiguait re descendue à sa loge, il se livroit dans la solitude à d’amères ré fléxions, lorsque deux coups dis crets furent frappés à la porte de sa chambre ; il cria d'entrer, et crut rêver en voyant s'avancer vers son lit la grand'mère de Marcelle. Vous, madame ? balbutia-til vous ? Malheureux garçon! vous êtes blessé ! Pas grièvement, une simple égratignur:, madame. Rassurez vous. Mais vraiement, je suis confus. | Oh ! ces jeunes gens ! Vous voi là bien avan:é, maintenant !'Et qui s'occupé de vous. Ma concierge. Pauvre enfant ! Vous pouvez vous vanter de nous avoir plon gees dans l'inquiétude! Teut | l'après midi nous vous «vons at tendu ; ma filie n’était pas allée à ses lecons. Quand nous avons va que vous ne veniez pas, malgié votre promesse, nou. avous 2ppré- hendé un maiheure, et Ma:relle ne m'a pas donné de cesse que je ne me fusse décidée à passer prend:e de vos nouve les. blessure n'est pa: grave! voi.® Vous pra manquez de rien ? Nou? Alors, je me sauve } À demain ! Eile parcit laissant Legoff rassé née, bénissant l'égra iznure qui lui val:is de l’adorée une si éri deute marque d'intérêt ; il passa uue excellev.e nuit Heureusement, ra vi, La grand'maman, qui, entre temps s'était discrètement ren- seignée au près de la cou’ierge sur ses habitudes et ces fré- quentations, revint le lende- main, et le surlendemain, et tous les jours, s’attardant cha- que fois lui apportaut quelque friandise dans son sac à ou- vrage ; promptemeni, une & ande intimité s'é-ait établie en:.e eux. et avant la fin de la semaine ils en étaient eux cou- fideu es. Pierre sut ainsi par sa gx de- malade que M, de Chaigne- brun, son fils, le père de M:r- celle, avait été uiné dans des spéculations sur, des terrains par les manœuvres déloyaies d'un entrepreneur contre le- quel, à sa mort, il laisait un gros procès engagé. Sur le gain de ce procès reposait le su- prème espoir des deux femmes; mais, faute d'argent, elles avaient dû suspendre l’instan”e. Mar'elle, la brave petite, s'é- tali même vue forcée de don- ner des leçons, d’ailleurs peu rétribuée, pour combler l’insuf- fisance de leur resseurces. Ce procès, on le comprend, était devenu la constance pré- ocupation de la vieille dame aussi, apprenant que Pierre avait commencé ses études de droit avant de se brouiller avec son oncle, ne se fit-elle pas prier pour lui apporter tous ses | papiers. Quelle ne fut pas la stupeur, l'indignation, le chagrin du pauvre garçon, en découvrant au premier coup d'œil jeté sur | les dossiers, que le spoliateur de ses amies n’était autre que son oncle ! Lorsque, le lendemain, Mme. de Chaignebrun, revint à l'heure anxieuse, elle l’interrrgea sur le résultat de son examen, il ne se séntit pas le courage de lui révéler l’atroce vérité ; il lapria simplement de bien vouloir at- tendre qu’il fût rétabli: pour s'occuper de cette affaire. —Votre adversaire est un vo- / leur, ajouta-t-il avec énergie, mais pour Jui faire rendre gorge, vous pouvez vous repo- ser sur mon dévouement ! Qu’espérait-il obtenir de son oucle? par quelles supplications comptaii-il le fléchir. ou par quels arguments se flattait-il d’eveiller des remords dans cette conscience endurcie? {l ne le savait trop lui-même. Muis il arrive qu: le sort arran- ge bien les chose : une bonne attaque d’apoplexie envoya l’encie rendre ses comptes dans un monde meilleur Se croyant éternel, sans doute, le peu digne homme ne lassait point de dispositions tes- tameutaires, et Pierrese trouva de par la loi, investide lasu cec- si0:1. Muis, alors, ie pauvre gaçon tomba duns de nouvelles &t graves perpiexités ; accepie- rait-il avec la totalité de cet hé- rituye, la complicité d'an vol abominable ? Jamais de la ve! D'autre part, restituer tout von- nemeut le montant de ce vol aux dames de Chigneu:an, ea supposant meme que leur dél:- vaiesse se pretât à ce compro- mis, u’était-ce pas leur appreu- dre que l’on appartenait à une fumille d’escrocs, encourir leur mépris, renoncer à de chers projets encore inavoué: ? Une fois rétabli, Pierre garda donc le silene sur son change- ment de situation, continua de se rendre à son ministe comme par le passé, et de vova- ser ious les matins avec Mar- celle sur l’impériale du i:m- Way. Maintenant, la gla'e éta'i roempue ; on causait amicale- meut, comme de vieilles cou- naissances et méme on se vo- yait assez souvent le soir, dans le petit appartement du boule- vard de Port-Royal ; toutefos, Pier:e n'avait pas enco:e trou- vé la solution de son problème et, le:saue le procès revenait sur le tapis, on luiavait laissé le dossier entre les mains, lors- que Marcelle l'inte:ruseaitarec iuterèt sur le résultat de ses démarches fictives, il sentait &u conscience bourrelée de remords et se jugeuit un affreux suéle- lai. Evo, un soir, femmes le virent arriver la fi- gure rayonnante, le geste exu- bérant, comme un homme qui se sac porteur: d’une grande vouavelle : en entrant, il era; 11 y a du nouveau ! Ah! firent-elles, tou.es p:- les. Oui, mort. Mais, nous allons attaquer Ju succession, et des renseigne- ments que j'ai pris, je puis ré- pondre absolument, dès 2a- jourd'hui, du gain de votre cause ! Maintenant, continua-t- ilavec une vive anxiété, voa- lez-vous me laisser la conduite de cette affaire? Il y au:a des Votre adversaire est démarches et des formules longues et pénibles que je se- reis heu:eux de vous éparzner; il vous suffirait pour cela de me donner une procuretion et quelques s znatures au fur et à wmesu 'e des besoins. Mais vos occupations? Je m'arrangerai avec mon sou3 chef. Et de Pargeni. C’est le cadet de me soucis, car je possède un oncle qui me prétera des verges pour corri- ger votre voleur ! Et il se mit à rire à l’idée accoutumée, lorsque, - La voi à, v les deux d’un bon tour posthume qu'il se proposait-de jouer au dé- funt, -- La grand'mère sdbdbts. Aus- sitôt, Pierre ouvrit une ser- viette bondée dé papiers, ** Veuillez signer tout ce gri- moire. Et vous aussi, made moiselle. Tenez rous à en p'en - dre connaissance? Oh ! mon ! je signe les yeux fermés ! je m'en rapporte aveu glèment a vous, Mais comment | nous acquitter jamais? —Bah! bah!/larrêt rendu, nous parlerons des honorai res. Ce soir là, Marcelle s’atterda vu peu plus de coutume sur le palier, en accompagnant Pierre Legotf ; comme la veille du duel, elle se contena de le 7e mercier d’un moi, mois lorsqu’ il lui demanda doucement. Vous êtes heureuse? Oh! oui, murmura t'elle, les larmes aux yeux, bien seu reuse! : * x * Les f:meux 1 apiers présentés aux derx femmes comme des pièces de procédure n'étai nt que des papiers de haute fantaisie, et i/ fallait visi- “ui ht leur profonde ignorance en matière jurdique pour que Lego eut pusse flatter de mener à bonne fin son plan audacieux de resitutin détournée. Il n'en pr:nait pas moins son rôle de conseiller tout à fait au sérieux, et le procès était pour lui le meil- eur des prétextes pour passer ses soirées entières auprès de son amie. À cha une de ses visstes il appor- ait d s nouvelles excellentes. Ca marche ! répétait-il en se frot xnt les mains, ça marche à pas de géant ! No r: avoué est une perle. a gaillard ! il nvuus en- lé 8 cette aïaire à la baïonnetx !..… fin, uu dimancne matin, j' se p-ésenie, grave come un'homn e de loi, nanti d’un portefeuille éno:xe d'où :l tira des liasses de bileis de b.uque ; 11 déposa sur la table 1: wontant du litize, avec les inté:e.s +ec.unulés depais l’iniroduction de l'iusiance, deux cents suixaute-tres mile quatre cent cinquante hu'u ruille franes, bien comptés, et des ceauimes ; puis, présentant aux dev * femmes uue feu lie de papier timbré. il es pra de si; 1er, s son nom, üte decha’ge de ceuts so me L'opération terminée, il se dispo- sai, à prendre congé. La graud’mére l'arrèta. Pardon, mousisur, ditele t'es émue, c'est à vous, et à vous seu), que nous sommes redevables du gaia de notre cause: L'arrêt est rendu. 11 serait tem s, j imagine, de parler des honoraires. Madame. Le mot vous effarouch mais n’y au rait-il jas un moyen de concilier votre délicatesse at notre reconu:1 sance À Elie contempla un instant les deux jeunes gens, et avec un bon sour:e tiendri : Vou s aimez Marcelle, n'est.ce pas? reprit-elle, et, parce que vous é.es pauvre, vous n'osez lui avouer votre secret ? Mais on l'a deviné. Elle aus- si vous aime, la chère petite ! je puis bien vous le dire, inaintenant que nous voilà riches grace à votre dé- vouement. Vous avez été à ‘a peine ; il n’est que juste que vous soyez à l'honneur. Et la bonne viéille dame mit la main de sa petite fille dans la main de Pierre ; puis, montrant l'or et les billets de banque épars sur le tapis de la table : Voici sa dot, dit-elle, en gagnant son procès, c'est le vôtre en même temps que vous avez gagné. Pierre sourit. Qui perd gagna ! pensat il en ef- fleurent le front de sa jolie fiancée. Z. OLVeuree OR, eset L Re DA an, te deerre a SCO. vwno Ba ve bad — ; er mecbhane L'Imprimerre _—DE— L' IMPARTiAL. 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