8 SA RES EL NE EP A ë LE MARTYRE D'UNE MERE qe jones trouvait réelloment à lImpé- rial, Raoul fit passer le premier nom venu. On l'avait fait entrer dans TROISISME PARTIS une galle d'attente. Des mem- rs bres da cercle entraïieut et sor- (suite.) itaient. Le Docteur Dréan se V1 montra bientôt. Sur le seuil du sUGEMENT DE DIEU — Mais, vous voulez donc la tuer, s'écria-t-il.…...…. Pas d'é- motions !.….....Je vous en sup- plie, pas d'émotiona, la pauvre créature n’en a que trop subi. Et ce jour-là-même il se met- tait à l'œuvre, soumettait Ja malade au plus énergique des traitementsélectriques....… Cependant la nouvelle de l'enlèvement avait produit une véritable révolution à l'hô- tel de Sablonville. Le domesti- que était revenu avec la voi- ture vide. Le-misérable ne di- sait bien entendu qu'une pär- ie de la vérité. Il affirmait qu- il ne s'était écarté que quelques instants et qu’en revenant au- près de la petite voiture, 1l l’a- vait trouvée vide. le docteur Dréan, mandé en tonte hâte, accourait à l'hôtel. Dès les pre- miers mots, sa colère éclata le domestique le regardait eflaré, se demandant si le doc- teur n’allait réellement pas le tuer. À son avis, il fallait payer d’audace, prévemuir en premier lieu la police sous sa protection Ne fallait-il pas prendre les de- vants. Personne ne songerait jamais à accuser le docteur, pas plus que ses bons amis de l'avenue de Sablonville; de braves cœurs qui pendant tant d'années avaient pris à leur charge leur parente inflrine. Et c'est ce que fit sur l'heure Jules Dréan. 11 porta plainte. La Préfecture se mit en mou- vement. Dans les journaux, sous le titre : l'Affaire de l'A ve- nue de Sablonville, paraissait une nouvelle à sensation. On annonçait un enlèvement des plus mystérieux, attendu que la personne enlevée était une pauvre créature paralysée de- puis bien des années.........De tous côtés on se perdait en con- jectures. Le fait donnait lieu aux racontars. les glus fous, aux histoires les plus invrai- semblables. Une enquête était ouverte, malheureusement, jusqu'alors ainsi que la plupart des enqué- tes, elle n'avait donné aucun résultat. Toutes les recherches de la police demeuraient infractueu- ses. À quelques jours de cette scène pathétique, Philip Fair- bank, le marquis et Henry Sheldon étaient sur le point de rentrer après une promenade prolongée, où il avait été bean- | coup question du Dr Dréan. 11 y avait foule aux alenteurs de l'hôtel causée par un embarras de voitures, ce qui sépara nos awis pour un instant. —Tiens! demanda Bourcat au moment où le marquis le faisait entrer sous ia porte-co- chère, où est Raoul ?....… Vainement ils cherchèrent. Plus de Raoul. Le jeune hom- me, se faufilant à travers les rangs de Ja foule, avait dispa- ru. Où courait-il! Avenue des Champs Elysées chez le docteur Dréan C'était là le plus pressé. ]ine voulait ni de l’action de police, ni de celle de la jus- petit salon il s'arrêta. Il voulut reculer. Raoul ne lui en laissa pas le temps. De sa main gan- tée il le soufllta par deux fois en eriant d'une voix étonnan- te: —Je me nomme Raoul Mar- tray….…. Vous êtes un imisé- rable et un lâche’. .… Nous retrouvons notre héros le surlendemain matin, au bois de boulogne derrière les tribu- nes de Longchamps. 11 est rentré à l'hôtel de la- venue de Villiers pour préve- nir le marquis de ce qu'il vient de faire. Le sort en est jeté... Malgré toutes les protestations de Jean Bouscat, il est entendu que Raoul se battra. C'est M. de Monthéant, ct le vieux ma- telot qui seront ses témoins. ilaëété bien entendu que Milles Jane et Laura de Val- verde ignorant tout ce qui a trait à ce duel. Raoul, Jean Bouscat, M. de Mouthéant et le docteur Chau- freau, qui les accompagne, sont descendu du grand landeau du marquis. C’est dans cette même voiture, on s'en souvient, que s’est effectué l'enlèvement de la mère de Raou!. Quelques justants plus tard et un brougham arrive, le docteur Dréan et deux de ses amis en descendant. Juies Dréan est encore plus maigre, plus jaune que d'habitude, ses yeux sont encore plus enfoncés dans leur ce Les lèvres serrés, toute là face contractée, il est efflayant à voir ainsi. L’arme choisie est l'épée. Le docteur l'a demandée. 1l est l’offensé et garde le choix des armes. Au moment où les äeux adversai- res mettent habit bas, ie doc- teur Chaufreau s'approche de Raoul ét Iüi adresse quelques mots à l'oreille. Le front du | jeune homme s’est éclairei, une lueur de joie inteuse a brillé dans ses yeux. Le docteur Chaufreau lui a dit : —Vous devez sortir victo- rieax de la lutte, Raoul, car un bonheur n'arrive jamais seul. Votre chère mère va mieux !.…. C’est le marquis de Monthé- ant qui croise les épées et pro nonce le sacramentel “allez, | messieurs”, Raoul et Jules Dre- an ont rompu pour revenir aus- sitôt dans la ligne des armes. | L'œil de Jules Dréan est deve- nu plus noir encore, un rictus de tigre coupe ses lévres.....…. Si Raoul est fort à l'escrime. le docteur tire admirablement. Mais, involontaire ses yeux se sont écartés de ceux de son ad- versaire. 1la reçu en pleine face le regard de Jean Buous- cat. Le vieux matelot est là, les bras ersisés sur la poitrine, son cœur se brise en songeat que l'assassin qu'il a devant lui, va peut-être tuer dans un instant son enfant bien-aimé. Et alors il a regardé l'assassin et sous le poids de ce rayon dont il ne peut soutenir l'intensité, Jules : Dréan sent son assurance Et sa force l’abandonner. Son Jeu de- | vient moins serré, ses parades sont hésitantes Raoul le presse l'attaque, le fait TOMPTE se | Et sur un coupé dégagé lancé | | 2 ] en - L'IMPARTIAL | DORE MCTRRRNERCEN à côté de lui, déchirait la .che- mise du blessé, et se préparait à débrider la plaie... Il ne put retenir un cri de surprise et re- cula épouvante.……La poitrine, le côté du docteur Dréan étaient dévorés par le plus horrible des ulcères. —Mais!..murmura M. Chaufreau, je ne me trompe pas, c’est la lèpre de l'Améri que du Sud, cette maladie é- pouvantable que l'on nomme: le Pian. Jules Dréan revenait à lui à cet instant. Un sourire infern:] crispa ses lèvres. — Vous ne vous trompez nul- lement, mon cher confrère... Diagnostic excellent......C'est bien le pain, eflectivement...……. On n’a pas oublié qu’au mo- ment où le docteur et Prospero faisaient passa Laura de La- verde par-dessus le mur du lazaret de San-Lorenzo, Jules Dréan, chancelant sur la crête du mur, avait fini par tomber dans l’intérieur du parc. Pros- pero lui avait indiqué une brêé- che à quelque distance. 11 s’e- tait mis à courir, n'avait point trouvé la brèche, était revenu sur ses pas ; bref il finissait par la découvrir et se préparait à se hisser en s'accrohant à des lianes pour la franchir, lorsqu’- il avait poussé un cri de ter- reur. Deux mains, deux cram- pons le serraient par le cou à l'étouffer. C'était un iépreux qui venait de l’apercevoir et qui, tapi à la hauteur de Ja brèche derrière le trou d’un bananier, avait sauté sur lui. Le docteur Dréan, au prix d’un effort surhumain, s'était arra- ché de l’étreinte, envoyant rou- ler le lépreux à dix pas d’un formidable coup de pied dans je ventre. Puis il avait franchi la bréche, tremblant de frayeur, trempé d’une sueur d'angoise 11 n'avait plus attaché d’impor- tance à l'aventure, lorsqu'un matin, en s’éveillant, il fut tout en proie à une effroyable ter- reur. SUT sa Pollirue, au-dessus du sein droit il venait d’aper- cevoir une grande marque yio- lacée.…..tout à l’entour la peau se soulevait par écailles. C’é- tait une plaie qui allait se for- mer là, une plaie recouverte déjà de squasmes repoussants Plus de doute, le iépreux, en lui passant es mains autour du cou, lui avait communiqué son épouvantable maladie. 11 était perdu !....…. 1] le sa- vait !......Mais avant de mou- rir il voulait se venger et rem- porter une dernière victoiie..….… | —Eh bien! docteur! deman- da-t-il à M. Chaufreau, mon heure est elle venue ! J'ai per- pu la partie... je dois payer si Je préfère d'ailleurs mou- rir d’un coup d'épée que dé-! voré vivant par cette lèpre... Le docteur Chaufreau avait débridé la plaie, le sang cou- lait librement et le blessé pou- zait respirer plus à l’aise , ... M. Chafreau fit connaître son; avis. La biessure était grave, sans doute, mais M. Drèan serait sur pled avant peu de temps .... — Je serai donc obligé de me tuer, — ditilentre ses dents, —car au train dont cela mar- che, j'en aurai au moins pour six à huit mois, peut-être un an .... Un an du supplice que j'endure!...Jamais de la vie! Raoul s'était revêtu.........1l avait vu la poitrine de Jules Dréan, l'aspect de cette lèpre cc) mis C’est dans la petit salon où nous avons vu Henriette de Pancourt s'entretenir avec le docteur Dréan qne celui-ci vou- la être déposé.....1l s'est fait dresser un lit dans cette pièce. Depuis que ie sang a coulé, que le docteur Chaufreau. qui ja suivi Jules Dréan à l'hôtel de Sablonville, a posé un appareil sur la blessure, le blessé est calme et respire librement, ses jours, répétons-le, ne sent pas immédiatement en danger. 1l porte la mort en lui, mais c’est de Ja lèpre qu’il doit mourir. Auprès du lit de Jules Dréan, se trouve Félix. 11 est pâle, les yeux hagards, son vi- sage décomposé et sans cesse et raillé par des contractions nerveuses. Henriette est assise de l’autre côté du lit, les sour- cils enfoncés, l'œil fixe... elle est en proie à une angoisse atroce. Seule, au milien de ces êtres souillés de crimes, Blance est calme, fraiche, dans tout l'é- panouissement de sa jeunesse et de sa grâce. Commet ce lys a a-til pu pousser sur ce fumier ? La porte s’est brusquement ou- verte, et à la fois un cri de ter- reur s'est échappé des lèvres de Félix, d'Henriette et de cel- les de Jules Dréan. Seule, Blanche a dit sur le ton de la plus vive surprise ; —Madame Martray !....… C'est bien elle! C'est bien la paralysée..….....Dans la petite voiture, elle s’avance poussée par Jean Bouscat. Raoul est à côté d'elle... Le marquis de Monthéant les ac- compagne. —On nous attend, a dit Jean Bouscat au valet de chambre! en lui glissant un double louis daus la main, et celui-ci a ou- vert la porte qu'on lui désig- nait. Blanche, en reccnnaissant sou sauveur, est devenue tour a tour plus blanche qu'une cire, plus rouge qu’une pivoine Hélas! la malheureuse enfant ne se doute pas qu’elle touche à l’heure la plus cruelle de sa vie. Pour elle, à cet instant en- tre tons, va commencer une existance de malheur. Le petite voiture s’est arré- tée à trois pas du lit du blessé. Félix a joint les mains... —Grâce! Grâce... répè- té t-il d'une voix inconsciente Alors on voit les paupières de la pauvre paralysée s’agiter à plusieurs reprises, les lèvres s'entr'ovvent et c’est distinc- tement qu’elle prononce par deux fois : — Assassins !............ Assas- sins |... Un cria répondu... Félix Martray vient d’être subite- ment pris d’une attaque d’épi- lewsie. Il se tord, l’écume à la bouche en poussant des cris douloureux. Et c’est Jean Bouscat qui élève la voix et qui, en quel- ques mots, devant la malheu- reuse Blanche, explique à vel- le-:i les crimes dont ils se sont rendus coupables... La pauvre enfant est tombé a geneux! Elle est condamnée pour les fautes qu’elle n’a pas commises. —Pardon! …...pardon ! —murmura-t-elle, tandis que des sanglets l’étouffent. Et elle baigne de ses larmes | les mains de Mme Martray...… éronts Patempeniaagtesenes canine riens de couvré complètement ses forces, mais elle parle, elle cause elle entend, elle voit. Elie peut méme faire quelques pas, s'appuyant sur une canne, et sur les bras toujours solides de Jean Bouscat. rs Le docteur Jules Dréan a voulu se tuer, après avoir promptement guéri du coup d'épée que lui avait administré Raoul. 11 a voulu se faire sau- ter la cervelle..…......il s'est manqué.....ll s'est seulément défiguré...…...1l a été jusqu'à son dernier jour.....ïl y a quel- ques mois à peine, un objet d'horreur pour tons ceux qui l'on approché... Melix Mar- tray est aux Incurables, fou, épileptique, ave: des instants lucides, plus douloureux encore que les crises les plus cruelles. Toute la fortune de Mme Martray lui est revenu ainsi qu’à son fils... Celle qui a été la belle Hen- riette est morte misérable- ment. Raeul et Laura se sont ma- riés. Raoul a eu pour témoins le marquis de Monthéant et Jean Bouscat.……. | | En ajoutant “Raoul et Laura sont heureux,” n'est-ce pas. la conclusions la meilleur de tou- tes les histoires d'amour. FIN UNE MON- TRE EN OR 87.50 MASSIF DOUBLE POUR 87.50. Voulez-vous un marché? Voulez- vous la meilleur montre qui ai jamais été eflerte - pour le prix? N’a yez pas peur de dire oui! Envoy- ez nous cette cou- pure avec votre nom tt adresse, spéciflant si vous désirez UNE MONTRE D'HOMME OU DE DAME. A BOITE FER- MEE OÙ OÙ VERTE Et nous vous enverrons, la meilleure montre qui ait jamais été offerte à ce bas prix. La montre est en OR DOUBLE DE 14 KARATS et referme un- MAGNI FIQUE MOUVEMENT AMERICAIN EN NICKEL: elle est garantie peur 20 ane, La montre est parfaite et bien règlée. Elle a l’apparance d'une mentre de $50. Examinez à au bureau d'ex- presse, et si elle est telle que nous Ja représentons, et si vous croyez que C'est un marché. payez à l agent d'expresse Re Æ#Niprix de gros) et les frais D7.90% transport. i Sielle ne vous plait pas, ne la prenez pas Nous croyens aux vente rapides et considérables à peu de profit. 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Le Au suissé du cercle, après Le s'être assuré que Je docteur se docteur Chaufreau, agenouillé GRQEE ÉRPRLEN ES MTS DS l'avait épouvanté. Alors qu'il|de toute son cœur... voulait se venger, se rendre! Quelques instants pius tard, justice lui-même, la Providence Mme Martray, sous la garde de écrasait l’infâme sous le plus Jean Bouscat, quitta l’hôtel de horrible des châtiments. l'avenue de Sablonville où, On portait le blessé dans | pendant des années, elie avait sa voiture, été martyrisée. Son filset M. —Avenue de Sablonviile— Monthéant la suivaient. Le soir dit-il à ses témoins,—et il ajou- même Blanche lc quittait égale- ta à mi-voix: c’est bien le! ment pour toujours. La jeune moins que mes chers amis jouis- fille réfugiait aux Carmelites sent désormais de ma présence de la rue de Sèvres. et se chargent de me soigner. Mme Mautray n'a jamais re- sol RS in : CR LE 5 ER M te PNR en, FT ee RP SR Sn He GORE Dee us Sucre, Bottes et Souliers, Gro- ceries, Clous, Poeles, Huiles. | Marchandises Sèches de Jou- ites espèces et de la meilleure qualité. Venez nous vuir. Nous ven- dons à prix très rédnits. Nous payons toujours le plus haut prix pour le produit et tout autre article qui peut être placé sur le marché. GILBERT DESROCHES MISCOUCHE, I. P, E. 9 Jan 96 mine, PROFIT goods than we want, and con- sequently less money than we would like to have. . , WE HAVE THE and to do 80 arc determined to reduce our stock to the lowest OPPORTUNITY | the watchword of this great Cash Reduction -Sale—Dress Goods, Flannels, Tweeds, Over- coats, Suits, Blankete, Sleigh' Robes, Gloves,-Mitts, Hosiery, Furnitnre, Stoves, in facts everything in seasonable goods will share in the general Re- ductiôn. Remnants at away prices. 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