e--. FONDE EN 1893 DANS L'INTERET DES ACADIENS DE L'ILE ST-JEAN HEBDOMADAIRE 8 | Le | ABONNEMENT : UNAN SL00 Li SIX MOIS 50€ \ F. 3, BUOTE, DIRECTEUR, TIGNISR Vol. 3. No 19. Tignish, Ile du Prince Edouard, Mardi le 30 Mars 1915. Q2ieme Annee. ER Organe, dans la langue francaise, du Parti Liberal des Provinces Maritimes. à FEUILLETONDE L'IMPARTIAL ÉPOODE DES GUERRE UX CoIN DE VRNDE"“ La carriole qui m'avait pris à l'arrivée du train quitta la petite gare, traversa la ville et ne tarda pas à rouler librement sur la route. Il faisait un temps ‘superbe. La journéz s'annonçait radieuse. Installé à côté de mon guide, un jeune gatçon d’allure décidée, de bonne humeur, je goûtais béate- ment le charme de ce voyage à tra- vers une campagne fertile, abondam ment pourvue de 'sites gracieux et variés, toute pleine ‘de chênes et de châtaigniers, de vignes, de champs et de prairies, Le soleil de mai dorait de ses tièdes rayons les collines arrondies, couvertes de landes et de forêts, qui bornaient l'horizon. De temps à autre, des groupes nous saluaient au passage.... Hommes vêtus d’habits très larges chargés de plis et de bou- tons, de longs gilets, d’amples cu- lottes tombant sur les guêtres, an chapeau à larges bords respectables abritant leur chef. Femmes por- tant un épais corset et un jupon court très plissé, une chemisette blnnche rattachée au cou, et sur les épaules quelque beau mouchoir de Cholet, négligemment noué. Et cela faisait plaisir à voir... J'étais en plein pays vendéen, au milieu de ces fiers et courageux pay sans qui, pendant la grande tour- mente révolutionnaire, abandonuè- rent la charrue, prirent un fusil, un morceau de pain, et s'empressèrent d'accourir au premier signal. La jument, stimulée par le fouet de son maître, trottait entre deux raugées d'ormeaux liserant la route * et Ja carriole, allègrement secouée, souleveit derrière nous Â’énormes nuages de poussière. Nous approchions du but. Dans quelques minutes, nous a!- lions faire notre entrée à Sauveter- re. Sauveterre ‘avait le priviiège de posséder l'homme le plus affable que je counusse, un vieil ami de ma famille, vivant là d’une petite pen- sion et de modestes revenus, dont il s‘accommodait avait une charmante philosophie. C'était lui que j'allais voir, heu- reux de partager sa solitude pen- dant deux ou trois jours. Ce fut lui que j’aperçus, dès que nous atteignimes les premières maisons du bourg. Bourg est excessif, car, en <om- me, Sauveterre n’est qu'un gros village ; mais combien attrayant ! Jean D:lorme m'étreignit aussi- tôt, m'embrassa avec effusion, et, après avoir congédié le voiturier, me conduisit à son jlogis, véritable bijou d'ordre et de propreté que je ve me lassais pas d'admirer. Nos deux couverts étaient dres- sés sur la table de la salle à manger. Excellent déjeuner, menu rédigé par le maître lui-même. Lorsque nous eûmes savouré le brûlant moka qu'une honnête do mestique venait de verser dans des tasses de Chine, Jean se leva, prit son chapeau et me tendit le mieu. _—Çà, demandat-il gaiement, n'es tu pas trop fatigué de ton vo- yage ? _— Du tout !....Le serais-je que! votre réception me donnerait de nouvelles forces ! —C'est au mieux, être impatient, j'imagine, de visiter car tu dois Sauveterre ! J'ouvris de grands yeux étonnés. — Visiter Sauveterre ? Je ne sup pose pas que votre village ait la pré tention de me révéler des merveil- les, $ | l’un d'eux se pencha vers son com- pagnOn.... —Sire Roland ne semble pas sa- tisfait outre mesure ! dit-il à voix S DE RELIGION PAR FRANCOIS BATTAHCHON — Des merveilles, non. Maisila son histoire, et non des moins inté- ressantes.... —Comment cela ? —Sortons ! fit-ilen élucidant ma question. Dans un instant, tu verras toi-même que mon village u’est pas aussi à dédaigner que tu sembles il croire !.... I] m'entraîna au dehoïs et nous longeâmes la grande rue, non sans éveiller la curiosité des habitants, Un monsieur de Paris, [pour ces uaives natures, est toujours un grave événement. Il ne fallut pas cinq minutes pour que tout Sauveterre apprîit mon ar- rivée, pas un quart d'heure pour qu'ilconnût mon nom, ma profes- sion, le motif de ma visite. ... Et ce n'étaient que ; bonjours, coups de chapeau, sourires bien- veillants, dont Jean Delorme pou- vait, à juste titre, revendiquer la plus grande part. —Braves gens ! dit-il avec son, gai sourire. Je vis au milieu d’eux comme au sein d’une famille et ne regrette rien de ce que j'si tant ai- mé jadis. L'existence enfiévrée de la capitale n’est plus qu’un lointain souvenir, un rêve évanoui dans le passé. La réalité, la voici !.... — Vous êtes pleinement heureux, à ce que je vois ! —Tu l'as dit. Ce coin de cam- pague est suffisamment pittoresque pour satisfaire à mes goûts esthé- tiques. Accélérant le pas, Jean me fit sor tir de Sauveterre, du côté opposé à celui par lequel j'étais entré. Un chemin rocailleux serpentait entre des haies sauvages, d’où quel ques oiseaux effarouchés prenaient leur vol à notre approche, et fabou- tissait à une excavation creusée dans le rocher qui le murait comme une impasse. —Qu‘est-ce cela ? demandai-je. plissait d’une assistance nombreuse venue en toute hâte pour y écouter le prêche annoncé depuis plusieurs jours. Un ministre, étranger àfla ville e, désigué par le parti de la Réforme, devait prononcer, non des paroles de paix, mais un véritable réquisi toire contre les fidèles de l'Eglise romaine. A l'heure dite, les portes se fer mèrent, le silence s’étabiit, et le ministre monta en chaire. C'était un homme aux traits en: la voix forte, pleine d'éclats métal liques, exerçait une grande influen- ce sur son auditoire. Il promena un regard assuré sur toutes ces têtes attentives, esquissa uu sourire de triomphe, et comment ça son discours... — Frères, dit-il en terminant, vous venez de m'’entendre, vous m'avez Ecompris, et je lisen vos âmes les tumultueux sentiments qui les agitent. N'hésitez plus! As sez de faiblesse,‘ de lâcheté ! Reven diquez hautement la (liberté de conscience et le droit à la célébra tion du culte, que*d’infâmes oppres seurs veulent interdire ! Laissez là vos socs, vos outils, oubliez un ins tant le foyer domestique, et, saisis sant l’arme vengeresse d’une main ferme, brandissez la bannière qui doit flotter dans vos rangs, faites retentir la : trompette libératrice à travers les montagnes et la plaine ! Il ne faut pas que l’homme s'attar de aux semailles, car, s’ilne se dé fend, il ne pourra récolter. L'heure est venue de combattre, combattez ! Le ciel sera pour vous. Il a protégé Gédéon et son infati gable épée, il vous protégera de même. En avant ! Frappez les ca tholiques au coeur, sur les marches de leurs autels ! Ne craignez pas d’anéantir cette secte idolâtre, car —Cela ? répondit gravement mon ami. C’est le lieu choisi par ,la pe-/ tite reine de Sauveterre, à l’époque des luttes religieuses, pour y prier la grande Reine des cieux !.... seschefs rêvent la disparition du protestantisme, de cette religion fondée par Luther et Calvin, la seule raisonnable, la seule vraie, celle qui deit ouvrir les portes du D'un geste lent, il étendit le bras, |salut !....A l’oeuvre, mes ,frères ! —Regarde ! dit-il. Nous”ariivions devant la grotte. Une statue de bois, décolorée, fendillée en maiuts endroits mais encore revêtue de ses ors noircis par les siècles, reposait sur un socle de marbre enfermé dans une cage de verre. La flamme d’une lampe, indéfini ment entretenue, jetait de mysti- ques reflets !sur les parois de la grotte. Plusieurs bouquets fanés gisaient au pied de la statue. C'était tout, et c'était d'une ad- mirable simpiicité. Nons nous découvrimes, d'adresser une prière àla madone, et, lorsque nous eûimes terminé : À l'oeuvre !....1, Kternei vous l'or donne et moi je vous bénis !.... Un long murmure ‘d'approbation accueillit ces derniers mots, et lors que le prédicant descendit de chaire il fut entouré par une foule com pacte qui cherchait à presser ses mains, à le féliciter, à lui äire sa joie et son dévouement, fière d'être considérée comme une force sur la | quelle la Réforme pouvait compter. Seul, parmi ses :coreligionuaires, un jeune homme ne prenait pas part à l'enthousiasme général. Placé au fond de la salie, il avait afin | scrupuleusement écouté le piêche, en avait saisi toute la portée et plu- sieurs fois s'était redressé, les —Qu’'était ce donc que la petite traits animés d’une colère mal con- reine de Sauveterre ? demandai je, tenue, comme s'il eût voulu arrêter —Ah ! ah ! fit mon ami avec une | le débordement de ce flot provoca- pointe d’orgueil. Cela t'intrigue ? | teur. .... La petite reine de Sauveterre, c’est l’histoire de la”grotte. Mais, pressentant sans doute que sa voix neserait pas entendue, il —Si vous vouliez être assez bon.. | profita du désordre régnant dans Pour te la raconter ? —Qui. sais bien que je n'ai rien à te refu ser. Assieds toi !.... roc. Alors. s'étant recueilli quelques! Ceux-ci avaient également assis- ar dessus tout, ses habitants /aux | gentilhomme, enfreindre ses ordres, minutes, Jean , Delorme commença | té au singulier sermon du ministre | oeurs hospitalières, d’énergique | car jamais son épée ne ;le seconde étranger, et n'étaient pas demeurés !{ fière droiture, vaillants cultiva | rait dans son oeuvre inhumaine, en ces termes. II LR PRECHE | | l'assistance pour quitter le temple | au plus vite. — Au fait, nous avons le temps. | Quelques instants après, il sortait | Loce. La journée nous appartient, et tu |de Bressuire, monté sur un fringant| : de leurs mâles physionomies. lindifférents à tl‘émotion du jeune | bonime. Ils brûlaient du désir d'échanger Un dimanche d'été de l’année | leurs impressions. 1562, la maisou servant de temple flammés, aux yeux brillants, dont | les excès. basse. —Je connais le fils de ‘notre maî- tre, Ludovic, iine partage pas les théories de son père, et ce qu'il vient d'entendre doit vivement i'af fecter. —À vrai dire, Jacques, rien : ne we répugne tant que l'injustice !.. —-Tu as raison. Pourquoi : s’at- taquer à des gens dont le seul tort est de pratiquer leur religion ? Les catholiques ne valent-ils pas: les pro testants, et ne sommes-nous }pas tous frères ?.. —Ce n’est pas ce qu’on nous dit. —On a grand tort, Ludovic, grand tort, car la haine conduit à la violence, et la ; violence engendre Or, en temps de guerre, j'admets le combat loyal, le combat pour une cause équitable, mais non le meurtre, l'assassinat, le crime, ainsi que tu voydras le dénommer ! —Crois-tu ddhc que nous en 50- yons là ? —N'as tu pasentendu ?... Avant peu, souviensitoi de mes paroles, le pays ne sera plus qu'un vaste champ de carnage.... f — Puisses tu te tromper, Jacques! Soldat je suis et j’=ntends ‘toujours l'être 1... Durant ce rapide entretien, les, assistants s'étaient dispersés dénis! Bressuire, empoïtant avec eux le] rêve sanglant des guerres civiles, la vision des au LÉgorgés, des an tels Aambuñt, du pillage etde la destruction, ! heures de vengeances assouvies, sans trêve ni pitié. Déjà, depuis la fin tragique d'Henri II, la lutte entre protes- tants et catheliques devenait’inévi- table, La ‘noblesse, mécontente de ce que l’exercice du culte calviniste ne fût que toléré et non déclaré libre; par le roi, perdit patience et poussa à une prise d’armes la bourgeoisie et la classe ouvrière. Un premier f'acte de représaiiles s'accomplit après l'exécution da conseiller Anne du Bourg, en place de Grève. Ce fut le signal de la grande guer re de religion qui allait bouleverser le sol gaulois. La reine mère, Catherine de Mé- dicis, avait la surintendance du 10 paume, tandis que le duc de Guise et le cardinal de Lorraine se parta- {geaient le pouvoir effectif. | Mais, maîtresse d'elle même, —le roi François II, qui succédait à sou père, étant un enfant de quinze ans faible de corps et d'intelligence, qui . B. LEPAGE Suit l’exernple de kien des femmes, elle prend les PILULES ROUGES et se guérit consplètement. CE SONT LES PILULES ROUGES QUI GUÉRISSENT LES FEMMES SUR LE RETOUR DE L’AGE, DIT-ELLE. Ce qu’ont faït les PILULES ROUGES pour Mme Lepage, elles le feront pour vous, femmes qui souffrez depuis cinq, dix ou Les accidents qui marquent ordinairement l’épo- que du retour de l’âge varient suivant les personnes et les constitutions. Les malaises les plus fréquents sont des bouffées de chaleur, des maux de tête, des vertiges, de la con- gestion, des vapeurs, des bourdonnements d’oreilles, etc. Parfois, il se produit des hémorragies, des pal- pitations, des fluxions, de l’acné ; il arrive aussi souvent qu’on constate à cette période une augmen- tation sensible de l’embonpoint. A cette époque, l’organisme doit être aidé sous peine de voir surgir les complications les plus graves et les plus dangereuses. L'exemple étant le moyen le plus sûr d’entraîner la conviction, nous citons aujourd’hui, pour appuyer notre thèse, celui que nous offre Mme J. B. Lepage. Voici ce qu’elle dit : “Tavais du l tit, je devins faible, pâle et m * on pos ser souvent de fortes palpi- tations et j'endurais beaucoup de douleurs dans le dos et les côtés. Je fus plusieurs mois cet état et je CRE = . 2 ne me négliger, vu l’ u. eme, 5É vouius d’abord faire usage des Pilules Rouges, confiante que ce qu'elles avaient déjà fait pour tant de um. es le feraient aussi pour moi et ce fut bien lä ce qui m'assura des forces et la santé dont je jouis aujourd’hui. Dix boîtes de ces bonnes pilules eurent raison de mon mal et me ramenèrent. Malgré tout ce que j'ai obtenu de bien, je n’ai pas abandonné compiè- tement les Pilules PR : Jen prends encore de temps en temps et, jele vois bien, elles me servent de bien des indispositions auxque sont sujettes les femmesde monâge. ‘Mme J.B. Lepage, 240 Flint, Fall River, Mass. CONSULTATIONS GRATUITES. — Le Dr E. Simard, qui a passé près de trois années en Europe, à étudier ies maladies des femmes, sous la direction des célèbres docteurs spécialistes Capelle et DeVos, est maintenant de retour et continuera de donner quinze ans. par le passé, ces consultations se donneront jours, dimanche excepté, de 9 heures du heures du soir, et seront absolument gratuites, L'expérience acquise par le Dr Simard, durant son séjour en Europe, est une sérieuse & guccès ; nous espérons donc : toutes les femmes qui souffrent sauront profiter des avantages que nous mettons à leur disposition, en venant le consulter ; celles qui en seraient empêchées peuvent lui éerixe, en Jui donnant une description complète de leur ma- ladie et elles recevront des conseïls qui leur seront de la plus grande utilité. 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Adressez toute correspondance : COMPA: CHIMIQUE FRANCO-AM ÉRIC LE LIMITÉE, des consultations au No 274 rue Saint-Denis. Comme 274 rue Saint-Denis, Montréal. se laissait aisément gouverner, —elle dirigea à son gré la volonté de ces deux princes, et opposa les forces catholiques du pays aux bandes hé- |rétiques ‘commandées par Bourbon et Condé. La lutte se déclarait maintenant ‘en province, et, du Nord au Midi, {de l’Est à l'Ouest, chaque cité y prenait uue part active, mettant à feu et à saug la compagne tout en. tière. C'est ainsi que les protestants de Bressuire venaient de se réveiller sous la véhémente parole de l’agres SIROP / telles que: Coliques, Rhume, Etc. Dr. J. B. BIBAUD, Tous ces médecins ont certifié que :e Sirop du Dr. CODERRE pour les enfants est préparé avec les médicaments propresau traitement des maladies des enfants DU Dr CODERRE OUR LES ENFANTS. Est offert aux mères de famille, tel que préparé par le Dr. J. Fmery Coderre, et itivement le seul recommandé par tous les médecins de “l’Université et du Col ège Victoria”. Voici les noms : Dr. A. P. BEAUBIEN, Dr. P. Munro, ? Dr. O. RAYMOND, Dr. L. B. DUROCHPFR, Dr. A. P. DELVECCHIO, © Dr, D. W. ARCHAMBAULT, Dr. HECTORPELTIER, Dr. Ths. E. D'Onxr D'ORSONNENS, Dr. A. B. CRAIG, Dr. A. T. BROSSKAU, Dr. G. O. BEAUDRY, Dr. Alex. GERMAIN, Dr. ELZEAR PAQUIN, Dr. J. A. Roy, Dr. E. H. TRUDYL, Diarrhée, Dysenterie, Dentition douloureuse, Toux, Insistez auprès de votre marchand pour qu'il vous donne le 81 du CODERRE et n’en acceptez jamais ne PRE Vendu par tous les marchands âe remèdes, à 25c l:\ bouteille, Evitez les imitations. sif pasteur, et n’allaient pas tarder à agir.... ....Le jeune Roland chevau- chait en avant de ses deux compa-| gnons, triste et pensif, la tête incli- née, le front zébré d'une ride pré- Il songeait à cette terre du Poitou | | . + cheval, et suivi de deux autres ca- conquise par Duguesclin, si belle, du massacre. Et il redoutait, mal | valiers, soldats plus que valets, à |j séduisante sous ses forêts sécu gré le courage dont le ciel l'avait Je pris place sur 1n quartier de en juger par les ,lignes accentuées juires ses étangs bordés d'ajoncs, heureusement doué, le moment où son Bocage, ses landes fleuries, et teurset parfaits patriotes. Il se disait que cette douce qe” tude allait bientôt disparaître, pour | + faire place aux haïiues religieuses, us près d’émeraude, sous l’azur Lorsqu'ils furent sur la route, à | our se précipiter dans l'ouragan |ensoleillé, près des abrupis rochers aux lèvres, uouissaitéà l'évocation des scènes Et sa sensibilité naturelle s’éva barbares auxquelles il assisterait. Huguenot lui même, 1l différait étrangement de son père, l’homme qui, là bas, dans le château estom pé à l'horizon, attendait le signal il lui faudrait résister au farouche Habitué à l'indépendance, il s’é tait bien vite pénétré de la vie au grand air, rarmi les champs d’or et des bois silencieux dont chaque ar bre lui était couuu. Ses journées se passsaient à errer au hasard dans la campagne, ivre de solitude, tout à fses pensées, et quand venait le soir, il rentrait au château, harassé mais heureux, insouciant du bruit des armes, éloi gné de la soldatesque brutale qui remplissait les sombres murailles de ses rires et de ses chants. L'âme de Roland se confondait, pour ainsi dire, avec la wature qui l’entourait, s’identifiait À elle, et, dans son coeur, germait insensible ment une sagesse ne demandant — Peut on travestir de la serte les préceptes chrétiens ? se demandait il. Les hommes ne doivent ils pas s'aimer et s'entr'aider ? Que fera le peuple si on le dirige dans la voie funeste qui conduit à la ruine ? Guerre civile, combat meurtrier, horrible impiété dont saigne la na tion, monstruosité sans ‘pareille, que ne puis je arrêter ton flot enva hisseur ou t'arracher tes innom brables victimes ?... Il eut un geste impuissant et, re levant la tête, promena ses regards sur la contrée, Au loin s'étendait la masse som qu à mûrir. Voilà pourquoi le cri de guerre jeté par le ministre protestant aux prêche de Bressuire, le plongeait aux protestants de Bressuire s’em quelque distance de la petite ville, destructeur, le bras levé, l'injure qu'il gravissait _d'uu pied feume, | dans dedouloureuses réflexions, Lee » Béane een 2 En ter s À bre et touffue de la forêc avoisinant le château paternel. Çi et là se dressaient d'humbles églises autour desquelles étaient | Suiteà ie sème page à : : : : L \ Ÿ : : : L sm mue 5 Dors mg ee P ve Dm < CR ANT er