EEE SAR ‘aus per ét GE UE 225 i L v#+. 2 hd T2 < ; ' è à + ns. AU +3 Pas rss TRUST PE Ve? PPT Ve PT: DIOCRE à 4 ” VA série RER re DOI FE amer NN Pr nee en one pres 7 PT RE AE CORENINE SRE HISTOIRE —DE— JEAN DE CALAIS ———00000XXX00000— [suite] Alors la généreuse Constance, l'accompagunant jusqu’à son vaiseau : Voici le jour, lui dit-elle les yeux baignés de larmes, où tu dois accorder la dernière grâce que j'ai à te demander ; ainsi ne me refuse pas puisquo tu me l'as promis, Tourne la poupe de ton vaisseau du côté de Lisbonno, et ya mouiller le plus près que tu pourras du château de cette ville ; c'est là que tu verras à quel point je t'aime et quel sacrifice t'a fait moa amour. CHAPITRE VIII. JEAN DE CALAIS ARRIVE À LISBONNE Quoique Jean de Calais ne put comprendre le sens d’un pareil discours, il lui promit d'exécuter ce qu'elle souhaitait ; 1ls s’em- brassèrent et s'étant séparés avec peine, il fit mettre à la voile, et l'âme remplie d'espoir, d'ameur et de douleur, il tint parole à Constance. Sa navigation ayant été heureuse, il vint aborder di- rectement sous le château de Lisbonne. L'arrivée et la beauté de son vaisseau attirèrent presque toute la ville sur son bord. Le Roi de Portugal même sentit exciter sa curiosité par ce qu’en lui en dit, et voulut en juger par ses yeux. 11 descendit de son château, suivi d'une nombreuse cour. Jean de Calais le reçut avec les honneur dus à la Majesté Royale. Ce prince fut charmé de sa bonne mine, de son esprit et de l'air de grandeur au'il répandait dans ses moindres actions. 11 examina avec soin la construction de son vaisseau, mais lorsqu'il eut jeté les yeux sur le tableau qui ornait la poupe, il ne pat s'empêcher de marquer son étonnement par un cri qui attira les regards de toute sa cour sur les mêmes objets. Chacun parut être agité du même trouble que le Roi ; mais voyant qu'il gar- dait le silence, personne n'osa ie rompre, et renferma ses pensées dans le fond de son cœur. Jean de Dalais surpris des divers changements qu'il remarquait sur le visage du Roi, lui cn de1anda respectueusement la cause, et le supplia de lui dire s’il était assez malheureux pour qu'il eût trouvé dans son vaisseau quelque chose qui lui deplût.—Non, répondit le Roi, en faisant un effort pour se remettre, je suis charmé que vous soyez abordé en ces lieux ; je veux que vous y soyez reçu comme vous le méritez ; mais je vous déiends d'en sortir sans mon ordre. À ces mots il se retira, et sa cour le suivit sans avoir la har- disse d'ouvrir la bouche sur ce qu’elle venait de voir. Le Roi en tra dans son cabinet, l'âme agitée de différents mouvements, qu'il eut peine à démêler lui-même. 1! s'était bien aperçu que ceux qui étaient avec lui avaient eu la même idée, ce qui le détermina à s’instruire au plus tôt de la vérité, pour ne pas donner le temps à ses courtlsans de divulguer des choses que lui seul devait savoir. Cette réselution prise, il fit dire à Jean de Calais de venir le trouver. Ce jeune guerrier n’était pas plus tranquille que le Roi ; i! re pouvait comprendre ce qui avait causé son {rouble à la vue du portrait de Constance. Les dernières paroles de cette chère éponse lui revenaient dans sa mémoire, et les rassemblant avec les ac- tions du Roi, il cherchait à pénétrer le mystère qu'elles renfer- maient, lorsqu'il reçut l'ordre de ce Prince. CHAPITRE IX. JEAN DE CALAIS EST ADMIS CHEZ LE ROI. 11 y fut en remettant au ciel le soin de l’éelairer. Le Roi le fit entrer seul dans son cabinet, et lui montrant mn visage ouvert : Je suis persuadé, lui dit-il, que ce qui s'est passé tantôt vous a donné de l'inquiétude ; je ne puis caclter que j'en si une que vous pouvez dissiper ; j'ai pris pour vous une estime particulière et je n'épargnerai rien pour vous la prouver, si vous ne me déguisez point la vérité. L'ambition d'acquérir quelque gleire, répondit Jean de Calais, en se baissant profondément, ne veut entrer, Seigneur, dans les âmes capables de mensonge ; l'honneur et la probité seront tou- jours les gaides de mes actions et de mes paroles. Je ne voudrais, an péril de ma vie, manquer à ce qu'ils exigent de moi, même a- vec mes plus grands ennemis ; jugez, Seigneur, si j'en suis Ca- pable avec un Prince dont la justice et les vertus font mon admi- ration Ainsi donc, lui dit le Roi, vous n’aurez pas de peine à m'avouer quelles sont les deux femmes 3t l'enfant peints sur la poupe de votre vaisseau. Non, Seigneur, lui répondit promptement Jean de Calais : l’une des deux est ma femme, l'enfant est son fils et le mien, et l'autre est une de ses amies que j'ai tirés avec. elle d'un funeste esclavage. Le Roi de Portugal soupira, et répandit quelques larmes qu'il ne put cacher. Et de laquelle, lui dit il, é- tes vous l'époux ? De la plus belle, répondit Tean de Calais. Et son nom contiuua le Prince ? Constance, et celui de sa com- pagne, isabelle. Ah ! s'écria le Roi, je n'en puis douter. Mais, re- prit-il, achevez d’être sincère en me contant en quel terms, et comment ces deux personnes sont parvenues entre vos mains ; et de queile façon vous vous êtes résolus, cette Constance et vous, à vous donner la foi. Alors sans hésiter Jean de Calais rapporta fidèlement au Roi de Portugal tout ce qui iui était arrivé depuis qu'il était parti pour la première fois du lieu de sa naissance ; et quoiqu'il affectât de parler de lui avec modestie, il en dit assez pour faire connaitre de quelle utilité sa valeur avait été à sa patrie ; il continua en- suite son nauffrage sur les côtes de l’Orimanie, son aventure tou- chant le cadavre : et enfin la manière dont il avait délivré Cons- tance et Isabelle. J'adorai Constance, continua-t-il, du premier montant que je la vis : en la connaissant, j'admirai sa vertu, son courage à suppor- ter les malheurs, et je ne crus point de plus grande félicité pour moi que d'é‘re uni à elle pour jamais. J'eus le bonheur de lui plaire, elle accepta ma foi, mais elle me cacha sa naissance ayec ux soin extrême. 1l est vrai que je ne l’ai jamais pressée là-dessus ; mon cœur content de sa veriu dédaignant de s’instruire de ce qui doit le moins attacher les âmes généreuses, la mienne préférant l’esclave qui mérite des coyronnes aux Reines dont les sentimeuts ne ré- pondent pas à la grandeur de leur rang. J'en ai un fils qui fait tout mon bonheur et celui de sa mère, et c'est pour obéir à cette chère épous? que j'ai tourné la proue de mon vaisseau du côté de ces lieux. J'ignore son dessein ; j'ignore aussi le vôtre, Seigneur, dans le récit que vous exigez de moi, mais je sais que, quelqu'i. puisse être, je serai toujours fidèle à Constance, et que je ne m'en séparerai jamais. Voilà, Seigneur, l'exacte vérité que vous m'a- vez demandée : heureux si elle peut exciter dans vetre âme les sentiments d'estime que je cherche à m’acquérir parmi les na- tions où mes desseins et le hazard me font aborder. CHAPITRE X LE ROI DE PORTUGAL ACCEPTE J EAN DE CALAIS POUR SON GENDRE Oui, lui dit le Roi en l'embrassant, ta vertu a trouvé le chemin de vous avoir conservé ce precieux trésor ; mais hé! abime de maux cette aventure va-t-elle me p'onger ? Non, non ; lui répondit le Roi, rassure tes esprits sur ce que tu, peux craindre ; je suis aussi généreux que toi. Sans connaitre ma, fille que pour ane esclave, tu n'as pas pas dédaigné de l’attacher à toi par des nœuds légitimes, tu n'a pas pas attaqué sa vertus par des feux criminels, tu l'as tirée d’an esclayage où cette vertu n'aurait peut-être pu triompher de la violence d'un amour odi- eux. Tu l’aimes, tu lui es cher, ie secret qu'elie t'a fait de sa nais- sance me le prouve, puisque sans doute, elle craignait, en la dé- clarant, que je n'empéehasse un hyme que j'aurais pu trouver 1- LINMPARTI I JEUDI LE 280 JANVIER, 1898, pagne Isabelle est celle du Duc de Cascaes. | Oh Ciel ! s’écria Jean de Calais, qu'il m'est glorieux, Seigneur, négal, ne te connaissant pas. Elle a conjurée d'aborder en ces lieux avec son portrait, sûre que je le reconnaitrais, et que ton mérite toucherait mon âme comme il a touché la sienne ; de plus elle t'a donné un fils, et sn gloire aujourd'hui demande autant que tu sois son époux qu'il lui eût été défendu autrefois de faire une sembiable alliance. Je t'accepte donc pour gendre, coniinua ce grand Prince, et je reconnais ton fils pour le mien. Jeau de Calais ne put s'empêcher de l'interrompre ; il se jeta à ses piods ; les termes les plus touchantes prouvèrent la recon- naissance pour ses bontés, et son amour pour la Princesse. Le roi le releva avec tendresse. C'e n’est pas assez, Continua ce Prince, mon cher Jean de Calais, de mon censentement, il faut que mon conseil l'approuve : mais je parlerai de façon à jui faire cennaitre que c'est ma volonté, et la Joie que mon peuple aura de voir sa Princesse lui fera tout accorder. Alors ce Monarqne lui conta qu'environ au temps qu'il avait marqué dans son récit, Constance et isabelle furent enlevées par des corsaires qui les trouvèrent se promenant au bord de la mer où leur jeunes imprudente les avait avait fait venir sans gardes et sans secours ; qu'il n'avait rien négligé depuis cinq ans pour savoir ce qu'elles étaient devenues : mais que toutes les recher- ches ayant été inutiles, il avait langui jusqu’à ce jour dans une morpe tristesse ; qu’il avait fallu l’éclat de son arrivée pour exci ter sa curiosité : Je rends grâces au Ciel, continua-t-il, de l'avoir Dr puisqu'elle m'a rendu par tes mains ce que j'ai de plus cher. CHAPITRE XI. LE ROI FAIT ASSEMBLER LES PRINCIPAUX Après cela, ce Prince fit appeler les principaux de sa Cour qui l'avaient accompagné dans le vaisseau de Jean de Calais, et leur ayant permis de dire ve qu'ils pensaient des personnes qui étaient peinies, ils s’écrièrent tous que c'était 1a Prineesse et la fille du Marquis de Cascaes. Le roi leur avoua la vérité, et comme Jean de Calais avait reçu cette cour sur son bord avec une muunificence extrême, il m'y e» eût pas un qui ne le trouvât digne de posséder uu bien qu'il s'était acquis en le leur conservant. Le Roi fit assembler le conseil, et proposa la chese en Prince qui souhaitait que l’on fût de son avis. Personne n'en eut un con- traire : le seul Don Juan, premier Prince du sang, s'opposa forte- ment au bonheur de Jean de Calais ; mais quoique son éloquence fût animée par des raisons secrètes, et qui lui étaient sensibles, il fallat qu'il cédât au nombre. Le Rei qui croyait que l'intérêt et la gloire de l’état l'avaient fait parler, ne lui en you.ut point de mal : et comme on résolut qu’on équiperait une escadre pour al- ler chercher la Princesse, il lui en donna le commandement, et ordonna que Jean de Calais l’accompagnerait. Cet honneur ne le consola point de ja perte qu'il faisait. Ce Prince aimait depuis longtemps la Princesse de Portugal. IL était neveu du Roi et par conséquent héritier de l'Empire, s1 Consiance venait à manquer : mais on amour ayant mis des bornes à son ambition, ii s'était flatté qu’un heureux hymen pourrait un jour satisfaire l’un et l’autre. La perte de la princesse avait ralenii sa passion et réveillé ses préten:ions an trône ; et lorsqu'il apprit qu'elle éiait vivante, mais daus les bras d'un autre qui Jui ravi- sait à la fois sa maîtresse et l'Empire, l'amour et l'ambition rep::- rent ioute leur force et furent bientôt accompagnés de ce que Ja De et la jalousie peuvent inspirer de plus terrible conre un rival. Jean de calais, dont la vertu, l'esnoir, la joie fe:msient le coeur à des soupçons qu'il eut même rejeiés, s’il eût éié en élat ou capa- ble de les concevoir. On fit pe lir une corve.'e, pour donner avis à constance de tont ce qui s'était passé à Lisbo:ne, et pour la prépare: à son dépa't. CHAPITRE XII. DE LA MANIERE QUE CONSTANCE A VECU EN L'ABSENCE DE SON EPOUX. cette belle Princesse avait vécu dans une grande retraite de- puis qu'elle était séparée de son époux ; son fils et Isabeile étaient sa seule compagnie. Elle s’entretenait souvent avec elle de l'éton- nement qu'elle s'imiginait bien que le Roi son père aurait eu. 1- sabelle qui n'avait su son dessin qu'après le départ de Jean de calais, tremblait dans son âme que le Roi ne lui fit un mauvais traitement ; elle en marqua quelque fois sa crainie à Constance, mais en cherchant des détou:s, Dour ne la pas alarmer mai à pro- pos. La Princesse qui pémétrait tout ce qu'elle n'ôsait lui dire, la rassurait. Le Roi, mon père, lui disait-elle, a de la tendresse pour moi ; il sera charmé de me revoir ; la vertu de Jean de calais le touchera; enfin je suis persuadé que mon bonheur sera parfait.—Mais, Ma- damo, lui répondit isabelle, puisque vous aviez cetie pensée, pourquoi l'avoir exécute si tard ? Qui peut vous avoir empêché d'instruire le Roi de votre aventure ?— C'est un effet de mon 2- mour, lui disait la Princesse. Je voulais attendre que le Ciel rem- plit mes désirs en me rendant mère, afin que le Roi mon père rouvât ma gleire intéressée à cimenter les nœuds que j'ai for- més: et si mon époux ne fût point parti, je l'y aurais engagé moi- même, pour effectuer ce que j'avais projeté. cependant, Madame, ajouta 1sabeile, si ls Roi désapprouve vos feux, s’il ne veut pas reconnaître Jean de Calais pour votre é- poux ?—J'aurai, disait la Princesse, la satisfaction d'avoir prouvé mon amour à ce que j'aime, en lui sacrifiant le Trône où j'écais pée ; J'aurai le plaisir de faire voir à son père, que celle qu'ii re- garde comme une vile esclave, aurait eté Reine si elle eût moins estimé son fils. C'était avec de tels discours qu’elles coulèrent le temps de l’absence. CHAPITRE XIII. DON JUAN FAIT DILIGENCE ET ARRIVE AUSSITOT QUE LA CORVETTE Cependant Don Juan fit tant de diiligence, et le vent fat si fa- orable, que l'escadre arriva presque aussitôt que la corvette. Aux nouvelles que celle-ci apporta, toute la ville fut en mouve- ment, chacun s'empressa à rendre ses respects à la Princesse, de qui Ja joie put s'exprimer en voyant réussir son projet si glori- eusement pour elle et pour son cher époux. Le père de Jean de Calais se repentant du mépris qu'is lui a- vait marqué, fut le premier à engager toute la ville à lui faire les honneurs qu’exizeaient sa naissance et son Tang ; il lui de- manda pardon en présence de tuus, de son manque de respect, et son zèle éciata si sincèrement que la Priucesse lui dit en l'em- brassant et l’appellant son pè e, qu'e‘lene 5 mais de ce qui s'était passé, ei qu'elle l'ombliait sans petne en fa- veur d'en époux qui lui était mille fois plus cher que sa vie. de mon cœur ; et pour reconnaitre ta sincerité par une paréille franchise, apprends que cette épeuse qui t'est si P:incesse ma fille, unique héritière de cet Empire, et que sa cam- chère, est ja | [à continuer] las ! dans mÉ Ce fut avec ces senlimenis que Don Juan sembarqua avec|Y se souviendrait ja- HAPPINESS + + + TD ALL + + : 4 FÜR # 1898 We thank all our eustomers for prosperous year. We think of our cus- tomers when marking our prices-tags and. have made prices as low as pos sible. 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