a, 1...- -1. 2004 importante ferme située dans le haut de la rivière Dauphin, aujourd'hui la rivière Annapolis. Selon le recense- ment de 1671, Jean Gaudet, alors âgé de 96 ans, était le plus ancien rési- dant de la colonie. Alors, de tous ceux qui sont venus de la France pour s’établir en ce lieu, Jean Gaudet est le plus ancien. Cinq de mes huit familles ancestrales se sont établies d’abord à Port-Royal. Bien que Thomas Cormier et Antoine Bourg ont débarqué ailleurs en Acadie, ils se sont vite installés à Port-Royal, se joignant à Pierre Arsenault, Jean Pitre et Jean Gaudet. Mes trois autres ancêtres, Michel Hache dit Gallant, François Blanchard dit Gentilhomme et Pierre LeClerc gagnerent l’Acadie plus tard et s’établirent ailleurs. Puisque les terres se faisaient de plus en plus rares à Port-Royal, la colonie commença à s’étendre, d’abord à Beaubassin en 1672, à Grand-Pré en 1680, et peu de temps après à Pisiguit (Windsor). En 1689, la seigneurie de Cobeguit (Truro) a été accordée à Mathieu Martin. En 1698, Chipoudie et Petitcodiac ont été établis, suivis de Memramcook et, en dernier, d’Ékoupag (Meductic) et Sainte-Anne- des—Pays—Bas (Nashwaak) sur la rivière Saint—Jean.3 Un marchand prospère de Port— Royal, Jacques Bourgeois, était pro— priétaire d’une flotte de vaisseaux qui faisaient le cabotage le long des ports de la baie Française (Baie de Fundy). ll s'est empressé de recruter des jeunes de Port-Royal afin de lui aider a établir une nouvelle colonie à Chignectou dans le fond de la baie. Tandis que les terres agricoles étaient rares à l‘ort— Royal et que les colons se sentaient menacés par les Anglais de Boston, ce n’était pas le cas à l’établissement de Bourgeois. A côte, Michel LeNeui de la Valliere venait d’établir un cour merce de traite de fourrures qu'il ap- pela Beaubassin et, éventuellement, les deux établissements se sont joints ensemble. Le nouveau village est alors devenu le carrefour entre 1e Québec et l’Acadie.4 Plusieurs de mes ancêtres ont été attirés par cet établissement prospère et nouveau : vers 1672, Pierre Arse- nault et Thomas Cormier; entre 1676 et 1678, Michel Haché dit Gallant; et, entre 1686 et 1714, Augustin Gaudet, père de Joseph «Chaculot» Gaudet, et Michel Bourg (Bourque), père de la future épouse de Joseph, Marie- Blanche. Pendant une période de paix et de prospérité, vers 1740, Joseph dit Chaculot, une vieille expression qui veut dire «le plus jeune», est venu au monde à Beaubassin, le fils d’Augustin Gaudet et d’Agnès Chiasson.5 Les misères se répètent Les Acadiens s’étaient habitués à la guerre entre la France et l'Angleterre. Depuis la première colonie à Port- Royal jusqu’à la deuxième et der— nière capitulation de la forteresse de Louisbourg en 1758, l’Acadie ou des parties de son territoire ont été échangéets) à neuf reprises entre les deux grandes puissances. Pendant cette période, les Acadiens ont réussi à échapper au service militaire en refusant de porter des armes contre les Anglais et contre les Français. Ils ont établi des alliances stratégiques avec les Mi’kmaq et ont progressé sur le plan économique, se servant de leur technologie agricole de digues et d'aboiteam ainsi qu’un réseau solide. d’échanges commer— ciaux afin de se créer une colonie agricole supérieure et une structure sociale très avancée. Les Anglais bassin comme territoire et ils ‘Consideraient Beau— une partie de leur se sont empresses a faire connaître aux Acadiens qu'ils n'étaient pas les bienvenus a cet endroit. À l'automne l75tl, des soldats 3 Bona Arsenault, t'lislnm' et ‘çi‘m‘ulo‘çiu Inc, Ottawa, Ontario, 1‘178, ppñlto", 4 Buna Arsenault, pp. 7l-7ti, idem. 5 Stephen White, op. cit, pp. 68-1 brio. ,1: " 6% î‘ (ft'S .‘li‘iulit‘ntl, vol. l, Éditions l..t‘l“l"dt‘ ...Les Acadiens ont réussi à échapper au service militaire en refusant de porter des armes contre les Anglais et contre les Français. Ils ont établi des alliances stratégiques avec les l"li'lcmaq et ont progressé sur I le plan économique, se servant de leur technologie agricole de dignes x. et (l'alwoiteaux... k. PAGE 27 .lln