E | Es è: TS Î ; | D 3 état. NOUVELLE SERIE Drm pétrole borgegarserge rs Li RE sde L " Re Sr 7 » ; es app en gele ar rerenal Re té SRE PANNE Se Le BEM PES À L'IMPARTIAL, TIGNISH, I. P. K., MARDI 12 SEPTEMBRE 1911 LA FRANCE À LOURDES DE L'ACTION SOCIALE \ Vs I} y a quatre ans, sous l'inspira- journaliste impie de France provo- quait une consultation de médecins'cours de l'immense Sur ce qu’il appelait ‘‘la nécessité’’ de ferwer le sanctuaire de Lourdes. D'aprés cet énergumène, les pè- lerinage de Lourdes étaient un ‘‘a- vachronisme’’ dans ce siècle d’in- ventious et de progrès, et il ‘‘im- portait pour la santé publique’ qu'on interdit l'entrée de Lourdes aux malades. Près de trois mille médecins, chrétiens et incroyants, répondi rent à cette consultation, mais ‘‘ce fut pour réclamer, en une magnif- que protestation. au nom de la con- science libre, dit la Croix de Paris, le droit de ceux qui souffrent dans leur être moral ou physique, à al. le: chercher la guérison, la conso: lation, l'espérance ou la résignati- on là où il croient devoir la trou ver ” et la où ils la trouvent réelle ment. Et cette enquête maçonnique, provoquée dans le seul but de rui- ner le pèlerinage de Lourdes, tonr- va à la confusion de son inspirateur et à la glorification de Marie Im maculée. Cette année, le pèlerinage natio- nal de France, qui s’est trouvé à Lourdes du 18 au 24 août, a été plus grandiose que jamais. Vingt-huit trains ont transporté à Lourdes de tous les points de la | France, des milliers de pèlerins, dunt 1,010 Malades, Seul, Paris a! envoyé, cet été, au sanctuaire des Pyrénées 353 malades. Le départ du ‘‘train blarc’”, com ! me on appelle celui qui transporte les malades parisiens, a été extrê. mement émouvant. ‘L'on voit avec une profonde é- motion, raconte l'Univers, passer étendues des fillettes blanches com- me la cire, les mains jointes, des hommes qui ne tiennent plus à la vie que par la douleur ; d’autres! semblent déjà porter sur le visage! la masque de la mort. Cependant | dan: tous ces yeux pleins de souf-) frances, une suprême et ardente es | pérance en la Vierge Marie se fit encore. ‘‘Aveugles, boiteux, cancéreux, rachitiques, tout passe. Les méde- cins ont condamné les uns, déses- pérent des autres. Mais l'Eglise leur coud sur la poitrine une petite croix d'étoffe, les transporte vers une piscine, et les ramènera soula- gés, consolés ou guéris. ‘Peu à peu ils sont placés dans la longue suite des wagons, æis chacun sous l'invocation d’un Saint. Les petites Soeurs de l’As- somption s'installent auprès des malades, et chaque compartiment devient une sorte d'hôpital roulant. Et c'est accompagné du chant impressionnant de l’ Ave Maris Stel- la, que le ‘‘train blanc’ s’ébranle lentement, emportant dans ses flancs vers le sanctuaire miraculeux de la Consolatrice des affligés tout ce que la souffrance humaine comp | te de plus poignant et de plus | s2spéré. A l'arrivée des pèlerins, à Lourdes, c’est le spectacle sublime | de la charité de ces catholiques ad-; mirables qui se font brancardiers, par pur amour de Dieu et de la Mè.| re Immaculée. Ils s’en vont à tra- | vers les rues de la cité bénie, ces] courageux brancarbiers, ‘‘dans le | brouhaha des piétons qui débor- dent sur la chaussée et des véhicu- | les de toute sorte qui l’encombrent. | Iis s’en vort, scendant lenr pas qu’-| alourdit leur cher fardeau, par la récitation, à haute voix, du chape-| let à l’intention des pauvres mala-| teurs volontaires ; ils s'en vont, poussant ou traînant leur ‘clients couchés snr un grabat dans une] | voiturette, étendus sur une civière, oules portant simplement serrés dans leur bras, avec tonte la déli- catesse qu’y pourrait mettre le pè- r ,le frère ou le fils le plus respec- u:ux et le plus aimant.” La journée du dimanche est tou { ‘nes sont ,coutci de 10 à 15 centimètres. des, dont ils sont devenus les servi- | | ) »» | sur une longueur de 12 milles, fo- [jours la plus émouvante du pèlerie| LES IPÉES DE M. EMILE FAGUET nage national : elle est consacrée à la grande procession du Saint Sa- crement. Près de 30,c00 persou- là cette année’ massées sur l'esplanade ; 1100 malades sont ran- “Tion de la fianc- maçonnerie, un/|gés, qui dans leurs voiturettes‘ qui dans leurs brancards, sur le par. procession. Quarante médecins suivent le dais. Soudain, Mgr Dubois. ar- chevêque de Bourges, quitte le cor- tège et d'uve voix pénétrante, qui va 1emuer tous les coeurs, larce vers l’Ostensoir, porté par Mgr Guilibert, évê jue de Frégus, ces Supplications poignantes, inspirées de l'Evangile : ‘Jésus, Fils de David, ayez pitié de nous ! Seigneur, celni que vous aimez est malade ! Seigneur, nous croyons, mais augmentez no tre foi ! Seigneur, faites que je voie ! Seigneur, faites que je mar- che ? Hosanna au fils de David ! Seigneur, dises seulement une pa- role et je serai guéri ! Et ces supplications, admirables de foi et d'espérance, sont répé- |tées à l’infini par l’immense foule, et l’on a alors le spectacle de la France catholique tout entière cri- ant vers Dieu sa foi, qui ne meurt pas. La Sainte Vierge ne laisse jamais de si grandiose manifestations de foi sans récompense, et cet année encore, plusieurs miracles sont ve- nus illustrer la puissance de Marie et consoler les catholiques de Fran ce. Raymonde Buffnoir, âgée de 17 aus, pensionnaire à l'asile de Ville- piute, sauffrait des suites d'une pa. ralysie infantine, avec pied bot 1ac El- le marchait qu’à l’aide de béquilles depuis six mois, Aprés avoir res- senti comme une secousse, pendant qu'on la plongeait daus la piscine, elle est complètement guéri au pas- sage du Sairt Sacrement et se met à marcher. Mile Caroline-Marie Ravereau, 33 ans, employez des postes, pré- sentait, à son arrivée à Lourdes, trois catégories de symtômes : 1 luxation congénitale de la hanche droite ; 2° accidents névropathi- ques provoqnés par une décharge électrique ; 3° mal de Pott cervical. Plongée dans la piscine, elle en sort guérie, en s'écriant : ‘ Je me sens trés bien ; oh que je suis heu- reuse !’” Un médecin, présent, le Dr Sablé, ‘‘l'examine et déclare que les troubles fonctionnels ont complètement disparu’, et un mé- decin, le Dr Desplats, s'écrie : ‘‘C’- est un cas superbe et une belle gué- rison.”” Tels sont les deux plus remar- quables des dix miracles, qui se sont produits au pêlerinage natio- nal français de 1911. La patrie de nos ancêtres est donc encore la terre de Marie, et Lourdes, le paratonuerre de Ja France. GR LES FEUX DE FORETS Les feux de forêts continuent de faire rage dans Terreneuve. Les manufactures de pipe et de papier de Reid sont en danger imtminent d'être détruites par le feu. Les flammes. attisées par un fort vent de sud ouest, ravageait hier la rive sud de la rivière des Exploits à peu de distance des manufactures où voulaient déjà des étincelles. Des hommes font un travail im- mense, depuis dimanche surtout, pour combattre les progrès de l'in cendie. Proches de la rivière, com- me l’on est, l’eau ne manquera pas. D'autres hommes travaillent fer me, aussi, pour. empêcher le feu, qui entoure la ville, de pénétrer à l'intérieur. Depuis samedi le feua détruit, rêts, maisons, etc. Cet été la pluie est exceptionnel- |Jement rare, de sorte que les cours | d’eau sont pratiquement à sec. La | . + - . compagnie qui fournit l’électricité, ° | RE Le plus éclectique des nendém!efens parle du devoir de l'écrivain, du théâtre, des femmes, de l'aviation. M. Emile Faguet aime Je dis: —Maître, j'ai un questionnaire. —Lisez-le, répond-il. L'ordre dans les idées est une forte vertu. ; —Vers quel but doit tendre un écri- vain, quand il a parcouru la moitié de sa carrière, s’il veut rester en exemple parmi les hommes? — Réaliser dans son Âge mûr le rêve de sa jeunesse, répond mon hôte sans hésiter. A vingt ans on porte ses sujets en soi: philosophie, théâtre. poésie épique. Plus tard, le germe fleurit, porte fruit. Quand il y a une brusque déviaiion dans l’oeuv:. homme qui vieillit, c’est que ses rêves de jeunesse étaient creux. L'idéal, c'est de suivre la ligne continue que Ja méthode. J caractère grave au Portugal. Goethe appelait “le style de la vie”. —Que sera l'Académie dans cent ans? Que deviendra-t-elle si l’on ent juge par les apparences de moder- | nisme auxquel elle fait, semble-t-il, meilleur accueil? —L'Académie? Elle n’existera plus. La démocratie ne supportera plus longtemps une élite Intellectuelle. Votre question tombe. Nous avons tous cette idée que nous sommes les derniers académiciens: nous sommes antipathiques au temps présent. Nous disparaîftrons comme disparut le Concours général des collèges et 1ly- cées de Paris, parce qu'il était offen- sant pour la médiocri:5. Quant dictionnaire, en est-i: tant besoin? Une convention veut que la décision académique fixe le français. Mais la langue se régit toute seule. En Alle- magne, point d'académie. Les puristes s’en tiennent aux tournures goethien- nes: les autres innovent. Le maître fit un geste indulgent. —Voulez-vous me dire si les voies où évolue notre théâtre contemporain sont à votre gré, et, sinon, la direc- tion que vous lui souhaiteriez? —Excellent, notre théâtre, quant aux talents et aux tendances réalistes que je’stime. Mais réalisme restreint et exclusif que je condamne. On n'aime à peindre que les mauvaise: moeurs. On néglige les bonnes. Le public n’en veut pas. Le -omantisme la fantaisie la sottise sentimentale tout ce qui s’invente, enfin, est mort: J'en suis ravi, Mais je m'attriste d'un réalisme trop spécial qui met en scène seulement lea plus mauvais aspect de notre société. —Maître, parlons des femmes. Que pensez-vous du nombre toujours crois- sant des lettrées? Leurs oeuvres compteront-elles dans la production actuelle, après cinquante ans de re- eul? —J'ai prédit, il y a dix ans, le mou- vement littéraire féminin, et qu’un jour les femmes seraient seules à faire du roman et de Ia poésie. Aux hommes, resteront la littérature scien- tifique, historique et le romanesque d'observation très patiente. Les fem- mes n’ont pas le don du théâtre. Cela exige une contension d'efforts et un esprit de mécauisme qui ne leur va pas. ©! y a là du ‘“fabicateur d’en- gin”: elles y échouent. Qurtre f m- mes écrivains de 1911 seront connues de la postérité Moi, je les connais av déjà. Elles ont un talent, sinon supé- rieur, au moins très distingué, ce ta- lent qui oblige l'historien littéraire à inscrire le nom, avec quelques ci- tations. Je vois, d’autre part, une douzaine d'hommes de ce commence- ment de siècle que le même historien retiendra. Belle proportion pour la femme. Sa prétendue infériorité n’ex- {ste pas. On me disait ce matin: “Ce “n’est point dans un pays où est n&æ “Jeanne d'Arc qu'il peut être question “d’infriofté du sexe féminin.” Des Grecs jusqu’à nous, les femmes ont été nos égales intellectuelles toutes les fois quelles n'ont pas été com- primées. —Y a-t-il eu dans les lettres fran- caises, y existe-t-il encore, un mau- vais penchant, un courant pernicieux tel que vous vous en soyiez sérieu.e- ment alarmé, que vous y ayiez vu un danger grave? —Oui, c'est le goût du vice au théâtre, un goût qui n'existait pas chez nos grands-pères. Ce’st très im- portant: cela dénote une absence de pudeur. Le roman se lit solitaire- ment, dans la "ambre. Le théâtre, il y a encore vingt ans, tenait compte de la décence publique. Ce sentiment a disparu. Le public au théâtre ad- met et désire le vice. Ce n’est pas terrible encore: cette clientèle restant restreinte relativement à la popula- tion totale. Mais il y a pourtant l'eu de s'inquiéter; le flot monte... —Par contre, maître, dites-moi ce qui voux a été du plus haut réconfort en notre temps. —L'aviation! L’aviation! M. Faguet a répété ce mot dans un enthousiasme soudain. —{('est la marque renaissante de notre vieille énergie française. J'ai passé l’année dernière à peu près dans mon lit, Dornic est venu me de- mander un article sur les ridicules de l’année: “Oui, ai-je répondu, mais “je dirai que c’est celle qui m'a le “plus réconforié depuis 1879, * rause “des oiseaux humains.” Le courage de ces braves garcons, qui ont pres- que toutes les chances de tomber et qui s'élèvent encore et toujours, c'est, mon ami, la plus belle certitude que nous ayions de n'être pas aussi bas qu’on l’assure. \ L'origine d’un mot. On parle beaucoup d'Agadir, ce pe- tit port marocain devant lequel la “Panther” allemande a causé tant d'é- moi. Les philologues et étymolo- gistes profitent de l'incident pour ex- ercer leur sagacité. ls viennent de découvrir que Cadix et Agadir ont les mêmes racines. Les Grecs disaient Gadeira, les Latins Gadès, les Arabes Gadiss, les Espagnols prononcent Ca- diz et les Français Cadix. Les Ma- rocains ont ajouté un A et appelé Agadir le Cadix de chez eux. Au reste, le Cadix d’Espagne s’appelait { si la pression vient à lui mauquer, | : 54 | va cesser de fournir la lumière 6 De Gadir voulait dire: cioture. Si la question d'Agadir pouvait clore l'affaire du Maroc... . LES REPUBLICAINS PORTUGAIS La situation politique prend un Voi- là ie parti républicain entièrement divisé. Il y a le parti républicain proprement dit et le parti conser- vation. Le premier est est sous la conduite de l’honu. Ministre de la Justice, Alphonse Costa; le second est dirigé par l’hon. Antonio Al- meida, Ministre de l’Intériéur. Le Président de la nouvelle république, consacre toute son énergie à faire entrer les deux partis dans une mê- me communauté de sentiments, mais il y a peu à espérer qu'il ré- ussisse, Après la formation d’un nouveau ministère ‘il y aura ajournement du Parlement; mais à la réouverture il pourrait y avoir de chaudes discus- sions parmi les députés. Un des premiers actes du nou-) veau ministère sera le remaniement, de la loi de Séparation. Les grèves qui viennent de com- mencer et qui se développent déjà avec rapidité, produisent un malai- se général dans le pays. On s’est permis des actes de violence. Les militaires gardent les bu- chants nuisibles à la suciété ou at- teients de la manie du vagabonda- ge, et en général pour les malades de l’esprit qu'on doit aujourd'hui enfermeé pour des raisons de sécu- rité publiqueet qui éevraient en réalité bénéficier d’une grande li- berté de mouvement. Dans l’île de Livoe, les malades jouiront d’une existence plus libre et plus naturelle, et ceux atteints de la manie du >agabondage pour- ront s’y adonner plus librement, car ils disposeront des trois cent cinquante hectares de superficie de | l'île et ils ne pourront pas en sor-: tir. Bien entendu on fournira aux internes l’occasion de travailler et ils pourront se livrer à des occupa- tions aux champs et dans ]a forêt, dans une tuillerie ou une tourbière. On attend d'’heureux résultats de cette curieuse expérience. L'AGRICULTURE AU JAPON Le bureau agricole du départe- ment de l’agriculture fet du com- merce de Tokio vient de publier un volume de 132 pages intit ulé : ‘‘A- perçu de l’agriculture au Japon.’ Il en ressort que, sur une popüla- tion totale de 51 millions, soit 60 pour cent, sont occupés aux tra- reaux publics et font la patrouille dans les rues. La Réciprocité donne une chance rempli le sac du manufacturier, maintenant la Réciprocité remplira le sac du cultivateur—vive la réciprocité. vaux agricoles, ou tirent de l’agri- culture tous leurs moyens de sub- aux cultivateurs. La protection a LA COLOMBE DU PAPE La maladie du Pape Pie X a rap- pelé une anecdote touchante qui circulait à Rome lors de la maladie de son prédécesseur, Léon XIII. On sait que le vieux Pontife, semblable aux saints qui vivaient au désert, aimait et nourrisait un peuple familier de biches et de co lombes. Tous les jours, à la même heu- re, une colombe venait comme jadis vers l’arche é’alliance, vers la fenêtre ouverte de la chambre pontificale, et Léon XII, suspen- dant, un instant, les destinées chré. tiennes, de cette main qui bénit et qui tient lesclefs, émiettait un peu de pain. Le premier jour de la maladie, la colombe, à l'heure accoutumée, trouva la fenêtre fermée. Elle battit de l'aile et gratta du bec, jusqu'à ce que le Pape l’aperçut. Ilordonna alors à Pio Centra qui se trouvait à ses côtés, d'ouvrir la croisée et de quérir un peu de pain. Mais en vain la main du camérier tendit-elle cé émoniense à l'oiseau le repas quotidien, la colombe vola d’untrait vers le lit du Saint-Père. Le vieillard allongea la main et longtemps, le regard perdu dans les perspectives où tout paraît à son prix, il cessera le bestiole fidèle. CURIEUSE EXPERIENCE AU DANEMARK A Copenhague, la Société de l’as- sistance aux imbéciles pathologi- ques va procéder à une curieuse primitivement Agadir. Pline l'Ancien \ en fait foi, en même temps qu'il | donne la signification du mot en lonaena narthawinniga expériences. Elle a acheté l’île de Livoe, si- tuée daus le fjord de Lim, et va y sistance. Les propriétés sont généralement petites. Le propriétaire de 30 ar- pents de sol est regardé comme un gros propriétaire, fla moyenne des propriétés ne dépassant pas 10 ar- pents. Les fermes ont une superficie de 1 À 2 arpents, et cela doit suffire souvent pour l'entretien de toute une famille composée de six mem- bres. Le riz est naturellement le produit principal ; les autres vien- nent, d’après leur importance, dans l'ordre suivant : orge et froment, soie brute, légumes et fruits, fèves, pommes de terre et produits ani- manx. Un chapitre intéresant sur l’ad- ministration de l’agriculture mon tre que le gouvernement japonais est plein de zêle lorsqu'il s’agit d'instruire et d'assister les fermiers, Il facilite, au moyen de subven- tions, les travaux agricoles et la vente des produits. Des mesures radicales sont prises en vue defprévenir les maladies des animaux et de détruire les fléaux des cultures, toutes une armée d'inspecteurs étant chargée de veil kr à ce que les mesures législatives soient observées. L'agriculture au Japon est en développement continuel, Li LATIN ET LEs LTUDES Voici comment M. Marcel Prévost, ‘17 membre de l'Académie Française, “xplique la défaite du latin dans le Programme des études en France, œt "rophét!se 342 prochaine restaura- ‘on: 1 y eut, je crois bien, deux causes principales À la défaite des lattmisants. La première fut l'influence de ls culture allemande. (On commence À s'en affranchir, non seulement en France, mais en Europe: le nombre des étudiants étrangers déeroît À l'Université de eBrlin, tandis qu'il ne | cesse de croître À l'Universit de Paris. Ê— la culture allemande fut un oreilles des “écolles réelles” d' Rhin, et des merveilleux ments qui s'y dispensaient. Po tr im ter nos voisins, le latin était x obstacle; on bouscuia le latin et mit, en sa place, de la science et langues vivantes. Peut-être le latin eût-il mieux sisté, et se f0ût-1! gardé un refuge, côté des études nouvelles, sil n été à ce point encombrant; mais venons — et ce fut la deuxième de sa défaite — qu'il l'était extrêmeh ment. On sevait la sensation de faire, en classe, quo du latin, huit et dix-huit ans Fâcheux ex qui tiva la réaction. Est-ce qu’il fMllait tant de temps pour l'en= seigner? Non pas. C’est seuleme qu'il était mal enseigné. L'élève di teligence moyenne peut parfaitemen apprendre le latin en trois ou qua ans: car il n'est pas de langue q ne s’apprenne en trois ou quatre ans vocabulaire et syntaxe. L'ererur étal d'enseigner le latin autrement q n'importe quelle langue, sous p texte que le latin est une } morte. Or, elle n'était morte parce qu'on l'avait tuée. Dans l’ense gnement du seizième et du dix-se tième siècles, elle n'étatt pas Elle vivait À l'école, qui constituai ainsi, par le monde, une colonie p père et une magnifique survivance d monde romain, On parlait latin l'école, dès les premières heures dé l'enseignement: l'élève l'apprenai ainsi, comme un petit Messin appren aujourd’hui, l'allemand. Racine, douse ans, sait le latin. Beauco d'autres le surent au même Age, q n'écrivirent point “Phèdre” par suite... Même au temps où je faisai mes classes secondaire, chez les J suites de Bordeaux, le latin demeux« rait, encore qu'A un moindre de la langue scolaire. Les bulletins récompense et vingt autres docu d'organisation intérieure étaient digés en latin; on parlait latin dans certains cours. Et, sans doute, le pro< fesseur qui oriait du haut de chaire: “Tenenatis vos bene!”, ne fal< saît point concurrence à Cicéron; mais il continuait &A habituer x oreilles aux sonorités et aux îÎn< flexions grammaticales de la langud latine. | Aujourd’hui, on commence À s'acd corder sur la nécessité de restaurer les études classiques: beaucoup y tra- vaillent; et l’on peut prédre aux pro- grammes de 1902 qu'ils n'ont plus longtemps à vivre. Toutefois, il serait puéril d'imaginer qu'on pourra tout simplement remplacer ce qu'on fait depuis neuf ans par ce que l'on faisait jadis, et revenir aux programmes du grand@siècle. Si le latin, dans les classes de 1911, réclame autant d'heures qu'on lui en accordait deux cents ou cent ans plus tôt, sa 1éfaite sera certaine: l’histoire, la géogra- phie, les sciences et les angues vi- vantes se coaliseront pour empêcher de revenir un compagnon si incom- mode. Le latin ne rentrera dans les études secondaires courantes qu'à la condition d'être enseigné par Ces mé- thodes modernes, c'est-à-dire par la conversation et la lecture immédiates, comme une langue vivante. Ceux des professeurs qui protestent là-contre condamnent d'avance à l'échec tout espoir de culture latine renouvelée. Au bout d'un an ou deux de ce ré- gime, l'anfant serait en état d'aborder les auteurs difficiles et de s'exercer aux subtilités de la syntaxe. Après avoir parlé et lu le latin, 1] l'écrirait. Et, certes, ayant ainsi travaillé trois ou quatre années, il ne serait pas un latiniste émérite, capable de faire sur un texte donné un commentaire phi- lologique: ce qui est superflu. Mais il saurait le latin, dans le sens ab< strait du mot Il serait incorporé à la Patrie latine. Ainsi se reformerait cette belle co< hésion de la culture française impru- demment détruite par un étrange souci d'imiter les Allemands. Notons que, cette fois, on les imita fort mal, et à contre-sens. On imita les appa- rences de leur enseignement, au ed d'en appliquer l'esprit. Car, s'il e un enseignement à prétentions histoh riques, c'est, entre tous, celui de n voisins de l'Est... Supposez que, sous le langue allemande et pour ainsi di À fleur de ses mots et de ses tour« nures, se reconnût la langme d'u peuple antique qui fût, jusqu'à p sent, le plus grand de tous les peupl avec une histoire éclatante et magnifique littérature: croyez-vo que cette langue ne fournirait pas base de toute la culture germanique Ab! comme on imagine aisément 1 discours du kaiser en préconisan l'étude essentielle, aveo des idées har« dies, des prosopopées, des hommages fastoeux aux glorieux ancôtres!.. Eh bien! cette langue vénérable cd relie la nôtre et nous relie À tout ce qui fut civilisé dans le passé, — cette langue véritablement maternelle, n l'avons, elle nous appartient, et nous la rejetons, comme un inutile ou dan« gereux héritagel... Quelle aberra- tion! Quelles perte imbécile d’une force! IN faut que le latin reprenne sa place dans la culture cralnaire des Français. 11 la reprendra si l’on ose en réformer l'enseignement. Le latin est une lengue comme les autres; c'est la facon de l'enseigner qui mé- rita d'être appelée: morte. Ce qui est immortel doit être enseigné comme ce qui vit. À la campagne: Tiens, chère madame, vous n'avez Gonc plus votre sonnerie d'alarme contre les cambrioleurs? Mais non, cher ami, Imaginez vous qu'on nous l'a volée la nuit der« afère! J. À. JOHNSTON, M. D., C. M. Médecin—Chirugien TIGNISH, ILE DU P een Abonnez: vous a l’Impartial rat