‘Su ACTA Chan 5 PE Hors as Reda LÉ: y Frnltatnun ee FA pot ea ET Yu LAURE ant PLAGE PR 2 Er Pal LS rte rs LEUR QUENTIN, LES Ædre M6 à des RES ARS ” ARE RE E EE ETS MR AS ARENA EU PDO St A EE LE SIG SE A NÉS A ET SSP EPS - L'IMPARTIAL mr nan -monmnmguens LE CLOCHER [vait toujours. On entendait le — \son gras des roues des canons l C'était à la En de décembre, | dans la boue. De rejoindre Je dit le père La Chouette ; seule- |capitaine, moi, il u’y avait pas ment, cette année-là, c'était 70, | la terrible année quand tout nous en voulait, le temps com- me les hommes. Il faisait si froid que tout j'air semblait pris, immobile et figé, et la neige couvrait Jes routes du bois, la neige qui rend tout un pays blanc et muet. Les Prussiens n'étaient pas encore venus à Saint-Martin, mais on les sentait s'avancer à travers la forêt : trois jours au- auparavant nous avions enten- du au loin, deux ceups sourds qui avaient roulé jusqu'à nous et nous avions compiis qu'on venait de faire sauter les ponts. Depuis, nous étions sans nou- velles ; les communications a- vec Evrreu étaient coupées ; c’é- tait terrible, ce silence qui à y penser ; quinze jours avant j2 m'étais foulé un pied en rentrant mon bois, et je n'étais 1éjà plus jeune dans ce temps” là. C’est tout au plus si je pou- vais me trainer un peu avec ma canne. Un gamin... Où en trouver ur à cette heure et dans ce moment ? Un homme 1] risquait de se faire fusil- ler s’il était pris. Alors je pensai à mon métier de sonneur et que ce n'était | pas pour rien que nous avions une belle cloche qui s'ente2- dait au moins à trois lieues à la ronde. Je mis ma easaque en peau de bique et je sortis. J'avais |mon idée. ! Dehors, la rue était pleine de troupes, de chevaux, de nous séparait du monde, qui|fourgons. 1ls n'avaient pas ai- murait le village comme dans!|lumé de feux et, à chaque bout dans un cachot. D'autant plus du village, il y avait des postes terrible qu'il y avait quelque ! qui empêchaient tout le mon- chose derrière lui. de de sortir, Evidémment, ils La compagnie du 202 qui é-!machinaient un mauvais coup tait en grand’garde chez nous et tout de suite j'eus la pensée n'avait plus d'ordres et je ca- que nous devions avoir un pitaine Bougeard nous dit en- fin, sur le coup de quatre heu- res, la nuit commençant tomber : —Je ne veux pas rester ici; je risque de me faire enlever corps de troupes pas loin et qu'ils voulaient tomber dessus à à la sournoise, comme c'était | : leur habitude. —Minute ! que je me dis! il ne faut pas la faire au père La avec mes hommes saus pou- voir même tirer un coup de! Chouetie, celle-là : Je m'en vais dans la rue fusil : le village ëst dans un sans avoir l'air de rire ; ils vo- trou ; impossible de je déten-| dre. Je vais aller m'établir sui Ja côté de Guirandières et. de là, je tâcherai de reprendre contact avec ma brigade. 11 me tira à part parce qu’- il me connaissait et qu'il sa- vait que j'était un vieux sol- dat. —1]ls ne sont pas fâchés de me voir partir, me soufla-t:il en montrant les notables qui ; yaient un vieux qui trainait la jambe, ils ne faisaient seule meni pas attention à moi. J’a- vais la clef de l’église; bon, j'y entre et je referme. Tout allait bien. La corde, descendant du hettroi, pendait toute raide, je n'avais qu’à tirer. Mais je fis une réflexion que, quand je me mettrais à sonner, ils enfonce- raient la porte et qu'ils pour- raient me faire taire avant que causaient en groupes, et, au les autres m’aient entendu. fond, ils ont uu peu raison. Tout ce qu'ils gagneraient à ce que je reste, c’est une contribu- tion pius forte et peut-être le feu à leurs baraques, mais vous, père La Chouette, vous allez me rendre un service : les Prussiens arrivent ici, trou- vez un moyen de me prévenir. Un gamin passe partout; un coup de fusil s'entend au loin, une cloche peut sonner par hasard ; j'aurai l’oreiile au guet et je saurai ce que ça veut di- re. Je lui promis ce qu'il voulut ct ils allongèrent le pas dans la rue du village, en retrait, sous la nuit blanchâtre. Quand |gue ; Donc je tournai le petit esca- lier et je me trouvai dans l’or- là encore, j'étais trep près. Ma foi, je me décidai à monter jusqu'enhaut, malgré ma jambe. Ce n’était pas facile, vu qu'après la galerie du jubé l'escalier cessait et qu’on était obligé de grimper d’échelle en échelle jusqu’à l’empoutrerie. Encore fallait-il connaître le clocher comme moi pour s’y hasarder, de nuit surtout, car, par endroits, il n’y avait que des crampons de fer ou des encoches taillées dans la char- pente pour poser les pieds. Hardi! Je me hisse piutôt avec les bras, les cuisses, les je vis disparaitre le dernier pantalon rouge, il me sembla que nous n'étions plus en France. J'étais rentré chez moi et je genoux,—mon diable de talon me faisait encore mai,—j'arrive |en haut, tont en haut, je tâte ma cloche, ma grosse bonne | cloche qui semblait frémir dé- venais de décrocher ia marmi-|jà sous ma main Sans m'arré- te pour tremper ma soupe ;|ter pour soufller. je tire le bat- tout d'un coup j'entends de- tant d’un bon coup, et voilà de hors une course, un galop, ra-| gros bouilons d'ondes de bron- pide, des sabets de chevaux ze qui remplissent la cage, frappant dans la neige. Je me fuient par les rayères, nagent baisse pour regarder sous mon dans l’air ; un autre coup, puis volet et je vois quatre grands après, sans cesser, ie tintement diables de uhlans arrêtes ; la haletant du toscin: Ting, ting, blancheur du sel éclairait la ting!emplissant mes oreilles et nuit, d'en dessous, de façon qu’-'ma tête de bonrdonnements on devinait seulement, au- fous, frappant au loin le $silen- dessus des chevaux maigres ce, éveillant le sommeil de qui tendaient le ccu, des torses toute la forêt. dressés, et, derrière eux, des! On se réveilait aussi dans le traits fins et noirs ; les lances de | village ; malgré ma cloche, ces gueux. jentendais courir, puis on co- Soudain ils détalèrent, retra- | gna à la porte de l'église, un versant ventre à terre le villa- |coup de soulier ferré qui reten- ge,et une demi-heure après tit. Et une voix, d'en bas cria: nous étions envahis silencieu-! Voulez-vous bien finir ! En sement, sans un cri, Sans un voilà des manières de sonner commandement un peu haut, comme ça ! comme par des régiments | Ting, Ting, Ting, Ting !...… d'ombres. |: Alors, j'entends un frrit qui Je me dis aussitôt que si le passe dans l'air, un sifflement capitaine Bougeard n'était pas | vif, puis des détonations sè-. prévenu il allait rappliquer ches. On tire sur moi. dans ie village le lendemain, Ting, Ting, Tng! matin et se faire massacrer a-| Un fracas de bois qu'on dé- {dalles ; le portail est à bas, des pas sonnent dans la nef, dans l'escalier du jubé, des voix montent dans le clocher. —Veux-tu descendre tout de suite ; “schweinpelz”!—At- tends un peu ! ils grimpent ! D'un mouve- ment de fièvre, je tire le bat- tant qui toujours refournit au vent des vibrations neuves: je les sens qui s'envolent pardes- sus les arbre, prennent le che- min des nuages : elles se po- sent sur d’autres clochers. car voilà que du côté de Saint-Leu, le bronze sonne, du côté de Morgny aussi. Au loin, la peti- te cloche d'Azay Le toscin se propage comme uue fiamme d'incendie : Tiug, ting, ting, Les-voilà dans la travé … Sous les voûtes de l’eglise, les explosions des fusils sont terribles, retentissent avec un bruit de tonnerre; maintenant les balles sous mes pieds s'en- forçent dans les madriers mas- sifs, on dirait des clous qu'on entasse à coups de marteau; d’autres carambolent dans l'en- chevêtrement des chevrons; une frappe ma cloche, l’entame la fait tinter d’une clameur la- mentable, blessée. Mais une voix impérieuse s'élève: —Genugh! Genugh: Je comprends que ça veut dire assez, car le feu cesse ct la voix hrève donne en allemand un ordre. Je vois un des soldats qui pose son fusil, regarde en l'air, comme pour mesurer la hauteur, empoigne les échelons et lentement, sürement se hisse. À ce moment, la neige tom- bait en masses molles, en touffe lentes, régulières, d’an mouve- ment qui semblait éternel. Elle s'entassait sur les poutres de pe- luche’glaciale, faisait des grands arbalétriers du faitage des mats de cocagne savonneux et glis- sants, et je compris soudain que c'était d'elle, la bonne neige, que me viendrait le salut, car je sentais déjà les mains de l’Al- lemand sur mes épaules. 11 montait prudemment pee samment, tâtant chaque éche- lon: de temps en temps il ren- versait la tête pour me voir et je distinguais sa figure, une face douce et réfléchie de grand blond, avec de gros yeux clairs; le visage d’un homme au fond Mais cowme je le haïssais à ce moment-là! car je comprenais bien que malgré tout il m'at- teindrait à la fin. Quand :il fut aux crampons, ii hésita, le fer glacé devait brüler ses pau- mes nues: la tête devait luitour ner de ne voir que dade noir sous du noir ses pieds et au-dessus de lui, flocons en raies blanches tom- bant pressés et silencieux. Tout d’un coup les clous de ses sou- liere grincèrent et il lächa les deux mains.à la fois. Je le vis couler, disparaitre dans le trou de nuit sous moi; j'entendis le choc mat et plaintif de son corps contre les charpentes; il dut rebondir sur la balustrade du jubé, tomber dans la nef où cela fit comme l'écrasement d’un sac mouillé sur ies dalles. Toutes les cloches au loin tintaient les coups réguliers et fiévreux du tocsin. Et ce bruit, qui toujours semble grandir fi- uissait par emplir l’etendue, de venir unique, immense, épou- vantable. À la longue, il se fit une dé- chirure grisâtre dans le ciel, puis, tout doucement, nn peu de clarté cendrense se disper- sait, ave toutes les têtes levées en l'air, pendant qu'un peloton entassait de la paille et des büù- ches sous le porche pour m'en- fumer comme un renard. Tout d'un coup, au bout e- de la grand’rue, une fusilade pétilla et j'entendis les gais et chers clairons français: les Alle- mands Couraiert aux armes; vec sa compagnie. 1ls étaient chire, d’ais enfoncés, de plan- | surpris, en désordr… bien une division etilen arri-!ches ferrées tombant sur des | 1l a fallu me descendre à l'aide d‘une poulie, après up) travail du diable et jamais je n’ai pu comprendre par quelle, CHEAPEST De à AND extraordinaire puissance J'avais pu grimper jusque là-haut BEST cette nnit-là. , A I $ AU BAL. CHAIRS ES —IN— t (DIALOGUE ENTRE DEUX MESSIEURS) : P. E. I. Premier monsieur (depuis dix minutes ilse tient dans 7 l'embrasure d’une porte et es saie de se donner une conte- choir dans l'ouverture de son nance. Il caresse ses gants ; re- lève sa monstache, cela son mou gilet, contemple le bout ile ses escarpins, et finalement adresse la parole à un monsieur qu'il ne connait pas et qui à l’air de s’ennuyer)—1l fait bien chaud ce Soir, monsieur. Second monsieur—Oui, en vérité, il fait chaud. Premier monsieur.—Forcé d’être ici également ? Vous n'a- vez pas pu refuser. Second monsieur.—-Naturel- lement, je dois assister au bal. Premier monsieur. — Moi, c'est la première. fois que je viens ici. Pas gaies, hein, ces “achinettes-là ? Second monsieur.— Vous ‘avez bien raison. Premier monsieur.—Cc bal est aussiennuyeux que les au- tres. Toujours la même chose, voyez vous. On étouffe dans ce salon : ça sent la poudre de riz, la patchouli, le musc. Vous êtes obligé de faire valser des jeunes filles qui baissent les yeux et ne Cisent rien, ou des On vous marche sur les pieds, vous mouillez votre chemise, et si vous vouiez vous récon- forter. et bien, entre nous, je vous conseille de ne pas aller au buffet. les sandwichs da- tent de l'antiquité, les glaces sont chaudes, le champagne est de marque äouteuse, et puis, impossible de se faire ser- vir. On a du faire le mot aux domestiques. Secoud monsieur.— Vous croyez ? Premier mousieur— J'en suis certain. Voyez donc ce vieux monsieur chauve qui fait le beau. 11 a le crâne com-! plètement nu, c'est indécent. 1] devrait se payer une réchauf: fante. Second monsieur.—Comment une réchauffante ? Premier monsieur.— Oui, une perruque, si vous aimez mieux. Tenez, regardez donc cette petite femme brune beau- coup trop décolletée, qui cause avec tous les messieurs: c'est la plains; se donner tant de vais résultats; car il n’y a pas la morgue. Cependant, elle a l’eir de s’amuser: elle rit tout le temps et ouvre la bouche afin de bien montrer ses dents. Sont-elles bien toutes à elle ? Second mounsieur.—J'’en ré- | ponds. Premier monsieur.—Vous la connaissez donc bien intime- ment ? Second monsieur.— Mais c'est ma femme, mousieur. K1Icx. DU SOIN DES PIQUETS DE CLOTURE On doit carbouiser ou badi- geonner de goudron [coal tar] la partie de la pointe des pi- quets de clôture qui doit se trouver dans la terre. Cela les empêche de pourrir. COMMENT LABOURER AU PRINTEMPS Pour la culture des racines, le labour du printemps doit 6- tre en travers du labour d'au- tomme. C'est une bonne pra- tique recommandée par un bon cultivateur, dames mûres qui causent trop. elle qui donne la soirée ; c'est. la maîtresse de la maison, Je peine pour arriver à de si mau-| à dire, sinistre, on se croirait à Make— them ourse'ves —X— WRITE For Curs AND PRICES. SCHOOL FURNITURE Go0D, STRONG & CHEAP MARK WRIGHT & CO. Charlottetown. RE Wrire For PRicss. Jan. 16° 96 SE VOUS VOUS PROPOSEZ O00X0X009 —— Le matin d’aller en ville pour y acheter des marchandises, il est assez probable que vous rassemblerez ia famille la veille, et que vous passerez en revue les différents magasins et leurs prix, tout en prenant compte des marchand'ses que vous pre- .tendez acheter. MONTRE AU | PUBLIC _ NOUS AVONS que nous vendons à meilleur marché que qui que ce soit, vu que nous veudons aux prix coatants afin de nous retirer du commerce en Détails. 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