—nzn:: 5— rnU mn<CnIOr1 UU>IOI>FŒ marais g; dm ’rn—<' > Ce sont les grands-parents paternels. Sylvestre et Virginie (Doucet) Blanchard. qui se sont alors inscrits dans les registres de la paroisse comme parrain et marraine du nouveau-né. Le père de l’enfant. Jérémie. était enfant mâle unique. ll avait épousé Domitilde Gallant le lcr juin I880 et le jeune couple avait établi demeure chez Sylvestre. On peut bien croire que cette naissance d’un premier petit— fils apportait une joie immense au cœur du grand-père Sylvestre et de sa femme qui voyaient ainsi apparaître une nouvelle génération de la progéniture Blanchard. Au sein de cette famille heureuse. Joseph Henri a bientôt subi l’influence de ses grands-parents autant et peut-être davantage que celle de lérémie et de Domitilde. Sylvestre était charpentier de métier et. paraît-il. un artisan de talent. Pour lui. ce qui comptait était de toujours faire un travail de qualité; donc, à se faire plaisir à lui—même autant qu’a son client. ll prétendait que s’il valait la peine de faire un travail quelconque. il fallait le faire aussi bien qu’on le pouvait. Jérémie sera lui aussi charpentier. fabriquant à son tour des meubles de choix selon les bons conseils offerts par Sylvestre. Église Saint—Augustin, du Rustico historique, construite en 1838, la plus vieille église catholique et acadienne existante à l'lle Si l‘enfant Henri se sentait impressionné par la présence de ces deux hommes de la famille. il était encore plus marqué par celle de sa grand—mère. Virginie. Cette femme maladive n’avait profité sans aucun doute que de peu d’instruction femelle. mais elle savait au moins lire. Et surtout. elle savait conter à son petit-fils des histoires merveilleuses de tous les genres. Avec le passage des années. elle en ferait autant pour les autres enfants de Jérémie. car Domitilde verrait naître dix autres enfants après Henri. La culture personnelle que possédait cette dame. ce bagage d‘histoires et de contes qu’elle avait ramassé au fil des années. a servi à piquer la curiosité du jeune garçon. Au moyen de ses récits captivants. Virginie se permettait de lui parler et de lui faire connaître les grands personnages de la Bible et ceux de l’histoire du monde. C’est bien évident que ce fut là que Henri a commencé à développer ce goût exceptionnel pour la recherche qu’il a poursuivie tout au long de sa vie et LA PETITE SOUVENANCE” " 2006 cette nécessité et ce besoin qu’il ressentait à lire constam- ment, a approfondir et à en savoir plus long sur tout et à propos de tout. De sa mère Domitilde. nous savons peu de choses. Fille d’lgnace Gallant et de Domitilde Buote de Rustico. elle est née dans une famille de treize enfants qui ont tous atteint un âge fort respectable sauf Domitilde elle-même. morte . à 62 ans en 1918. épuisée ' par la maladie et par les besognes de la vie difl‘icile en cette période. ll faut bien , croire qu’elle fut une bonne 1 mère comme la plupart des mères acadiennes de l’épo- que. capable en tout. géné- , reuse en sa personne. travail- j lant de longues heures chaque jour pour le bonheur des siens. Mentionnons aussi qu’un de ses frères. lsidore. est devenu le premier médecin acadien de l’lle-du-Prince- Edouard. Domitilde Gallant, mère de J. Henri Blanchard Malgré les fruits du travail fort satisfaisant à la charpenterie qu’accomplissaient Sylvestre et Jérémie. la famille Blanchard. tout comme bien d’autres familles acadiennes de la région de Rustico. avait beaucoup de difficulté à vivre confortablement. C’est pour cette raison qu’au mois de mai l882. alors que Henri n’avait que onze mois. son grand-père réussit à se procurer cent acres de terre d’un propriétaire anglais. Martin Lynch. sur le chemin de Duvar dans la partie ouest de l’lle et que la famille au complet quitte alors Rustico pour se rendre dans la paroisse Saint—Antoine—de-Padoue de Bloomfield. Nous constatons d’ailleurs que la famille Blanchard n’était pas la seule à trouver la vie agricole difficile et insatisfaisante sur les petites terres que les Acadiens travaillaient à la sueur de leur front. De plus. assez souvent les terres ne leur appartenaient même pas. En effet. une soixantaine de familles acadiennes sont parties de Rustico en même temps que celle des Blanchard pour s’établir dans la région de Bloomfield. Soulignons ici que ce fameux problème de la pénurie de terres chez les Acadiens de l’lle existait depuis le temps de la conquête par les Anglais au siècle précédent. C’est certain que Sylvestre avait connu le bien populaire curé de Rustico. l‘abbé Georges-Antoine Belcourt. qui y est arrivé en I859. et qu’il avait subi son influence comme tous les Acadiens de la région de Rustico. Cet homme fort exceptionnel. car l‘influence de l’abbé Belcourt s'est fait sentir dans les affaires quotidiennes de ses paroissiens tout autant que dans leur vie spirituelle. avait vite fait de constater la situation précaire et quasi impossible existant chez les siens. situation causée surtout par le manque de terres fertiles. ll reconnaissait plus que quiconque l’inca- pacité du père de famille acadien de faire vivre de son travail sa famille parfois très nombreuse. Ainsi l’abbé l