CIE DE L'IMPARTIA a | Z, Proprietaire Fondé en 1893 par Gilbert Buote et son fils Francois Joseph D a ere ace gene PRES ar pr: } + pt … F. J. BUOTE, : ice ambigu some POSE; SERRES is D CUS Redacteur, Mme. F J. BUOTE mt ap C2 r Je) N Fr” À : \ — | < D € Assistante Vol. #4 No. 10 EXCEPTEZ UN Monsieur Shuorr ? Vous ne le connaissez päs.. ? Moi, je le conais bien ! Quand vous arrivez à la petite Le gare et que vous demandez à l'em- Ÿ ,P ÿé : É k —Connaissez- -vous ün M. Shnorr? Si on le connait !....Première à droite....nne grande grille des rosiers : ..deux chiens en re à la porte, Et,| dans le sourire enthousiaste de l'homme, vous pourrez deviner > tousles mots de recommandation, * tous les pourboires tous les bons pe- LE tits verres de vin quand on apporte un colis. Vous entendrez même presque la voix : ‘É —Marie !.... … { —Monsieur ?... N Ÿ —C'est le facteur de la gare... 5e Vite à la cave... —Voilà !.... Voilà !.... La * M. Schnorr ?.... Cinquante ans, doucement be: donnant, jolie fortune, voisin par- fait, mari aimable, défenseur cha- h leureux des idées moyennes....ne . it même plus à la guerre, parce ‘‘personne n'en veut.”” © Qéand il traverse le village, coup chapeau à jdroite....à gauche, - Schuorr s’intéresse à tout : -Quere belle pommes de terre ; avez là....la mère ! —Bédame....elles ne sont point jà si vilaines !....Mais vous avez 15, de rudement belles roses à re grille ?.. ÆEn voulez-vous une bouture ?.. Je n’aurais point osé !.. Allons....je ne suis pas si ter- ! "Et la ménagère, en rentrant le soir dit à son mari : —Tu sais....le beau Greamson rubis de M. Schnorr ? —Qui.... — Il nous en donne une bouture. —Ah ! ie benhomme ! “ sk Le bon bonhomme !...,C'est sa caractéristique. On ahurirait les gens si on dis- cutait, un seul instant, cet anxiome “savoir que M. Schnorr est le type “brave homme . ILest bon comme le bon pain. * Bon avec M. le curé, auquel il las” donne une belle offrande pour le cuite. Eou avec l’instituteur franc ma- çou, qui lui fait payer la moitié de sa distribution de prix. Bou avec le garde champêtre, Bou avec tnut le monde ! Il paye scrupuleusement ses im pôts, sa cotisation de pompier ho- - moraire, remplit tout ses devoirs.. tous... Attention !......tous.... FE excepté un ! Et ce ‘‘un’’ est entre lui et moi À comme une gêne. Personne n’en Le A” "rie, mais chacun y songe ; il fait Aatir jusqu’à nos poignées de ‘ins. / Vs P” Si j'osais, voilà ce que je lui di- gaiy à rm” +cellent M. Schuorr : ; Schnorr ......vous tterie est d'être si bon i êtes-vous si mauvais? d'ici faisaut un pas *,* + Moi ?. wuvais, vous ! très Nouvelle Serie TIGN mauvais ! Vous accumulez un mal énorme, attristant, silencieux. Vous navrez tous ceux qui vous ai- ment. —Et comment cela ? —Comment ?....pour une rai- son “très simple, très concrète : “Vous n'assistez jamais à la messe le dimanche !”’ A ces mots je vois également la figure de M. Schnorr prendre une expression digne, froissée : — Pardon, Monsieur l’abbé, vous êtes indiscret !....vous pénétrez dans un terrain réservé... —Nullement !....Le terrain est très public !...,Croyez vous que dans le pays on ne sait pas que vous vous dispensez de la messe ? —Eh bien ! oui, je m'en dispen- se ! Et puis après ? — Après ?..Mais c'est le scan- dale, et le plus terrible de tous ; ce- lui qui vient des très braves gens, et qui atteint les petits et les hum- bles. Que l’instituteur n’aille pas à la messe..., Hélas ! aujourd’hui, c’est le contraire qui £étonnerait... ISH, peuple’, je veux dire: ‘‘l’exem- ple’’, ‘‘l’acte public’, engage, qui classe....celui qui ré- clamera toujours une grande insti- tution comme l’Eglise....celui ju’a demandé le Maître: ‘‘Je rou- girai devant mon Père du disciple qui aura rougi de moi devant les hommes.’ Pardon de rompre le charme pauvre Monsieur Schnorr je vous fais de Ja peine 1 Mais, précisé- ment parce que je vous aime bien, | il est nécessaire de vous faire ré- fléchir un peu. * Voilà ce que jelni dirais à cet excellent M. Schnorr, car c’est malheureux de faire tant de mal quand ou est si bon ! Et je suis sûr que plus d’un, en lisant ces lignes dira: —Schnorr ! Parfaitement ! je convais ? il doit même yen avoir un daus beaucoup de villages de France. Voyons? L'article est Mais vous !..i'homme grave, respecté ! De quel poids pèse votre absten tion ! Vous ne sentez donc pas aue vous avez un rôle à jouer ? que vos trois enfants vous regardent ? Vous ne soupçounez donc pas que vous ruinez l'oeuvre patiente de telle épouse, et de telie mère ? qu'uu mari... qu'un grand fils, trouvent un prétexte facile en ci tant votre aom : ‘‘Après tort, M. Schnorr, l'excellent M. Schnorr... n'y va pas à la imesse !”” On vous appelle *‘brave homme’”, Réfléchissez tout seul, bien sincère- ment, devant vous mêmes..vous serez étonné des lâÂchetés secrètes dont vous êtes le souriant patron. + Fe M. Schnoarr lèvera alors les bras: eu l'air. | Manifestement, je Ini suis désa- gréable, Mais je continuerai; quand le vin est tiré, il faut le boire, — Buvez-le, Monsieur Schnorr, Savez vous pourquoi vous n'allez pas à la messe ? Je vais vous le dire, moi ! —Je n’ai pas le temps ! —Quelle plainterie ! — Plus la foi ! —C'est pour cela que vous vou- lez mourir avec les saerements. Non....vous n'y allez pas, tout simplement ‘‘parce que vous avez peur !”’ —Peur ? moi, ! s’écria M. Schnorr, touché au bulbe rachidien. — Oui, malgré vos grosses mous- taches et vos fortes rentes, vous a- vez peur ! une peur plus coupable que les autres peurs, car vous ne redoutez de perdre aucune place, et vous n’avez besoin de nersonne. Et alors, le dimanche matin, par petite vanité, pour paraître ‘‘affran- chi de préjugés'’ à des gens que vous n’estimez même pas, vous é- prouvez le besoin de faire l’homme libre, cet homme spécial, bienveil- lant pour tout, même pour la reli- gion, car il en font, et que cela fait bien quand on marie sa fille ou qu’on enterre sa mère | k% Conclusion : M. Schnorr, qui ne refuse jamais un service au moindre pauvre diabie, refuse, cinquante- deux fois par an à son cher villa- ge, ‘‘la chose la plus nécessaire au |alisait en sa personne. . bienveillant. Que si on lui servait, au mien, ce numéro de la ‘‘Croix’’ | pour une fois ? Pierre L'Ermite. ramener 70 Une bonne lecon B. est un chasseur -émérité, Il ue manque ‘jamais, chaqne saison, de faire une excursion dans les bel- les forêts qui bordent la frontière du Maine. Ilen revient avec des trophées qu'il montre à ses amis a- vec orgueil. C'est à la suite d’une de ces ex- cursions de chasse, que mon ami, B. est devenu abstinent. La chose vaut la peine. d’être contée. Un jour, daus un de ses voyages de chasse, B. tua un chevreuil de taille magnifique. La rivière était toute proche, B. traîna l'animal! | jusque là. Un vieux Micmäc était assis sur Ja grève, près d’un bon feu. B.} ‘le pria de le traverser avec son ca- not au côté opposé. Une fois le chevreuil déposé dans le canot, le chasseur tira une gour- de de sa gipécière. —Tiens dit-il au Micmac, prends un coup, tuseras plus fort pour mauier l’aviron. --Je ne bois pas d’eau-de-vie, ré- pondit le Micmac. i —Comment, tu ne bois pas d’eau- de vie ? Et moi qui croyais que les Micmacs l’aimaient beaucoup ? —Oui, oui, j'aime beaucoup l'eau-de vie, dit le vieillard. - Alors ponrquoi n’en bois tu pas—J'aimz l'eau-de-vie; si j’ac- cepte ta politesse, cette fois ci, tan- tôt tu m'en offriras encore De fois en fois, j'en prendrai davantage et je deviendrai ivrogne, C’est pour cela que je n'en prends pas, B. regarda l'enfant des bois avec étonnement. Iln’avait jamais en visagé la chose de cette façon. Lui; aussi avait commercé par prendre peu d’eau de-vie. Il en buvait beaucoup maintenan), Le raison- nement du pauvre Micmacs se ré Du buveur modéré ii était devenn un ivrogne. B. après quelques instants d’hé- sitations jeta sa gourde sur une pierre. Klle se brisa et le contenu se répandit sur le sol. Le Micmac prit ensuite l'aviron et poussa son canot vers l’autre ri- ve. Le passage se fit en silence. Cependant le chasseur se, sentait ému, énervé. ILE DU PRINCE EDOUAKXD, MARDI LE 10 OCTOBRE 1911 19 ANNEE Lorsqu'il aborda à 1 ’autre rive, celui qui|B. tendit la main au pauvre Mic- mac et Jui dit . —Je te remercie pour la leçon de tempérance que tu m'as donnée; à partir de ce jour, je te promets que je ne boirai plus d’eau-de vie, Et mon ami B. a tenu parole. Mgr P.-E. Roy. LA DEPRESSION FINANCIERE EN EUROPE Une dépêche de Berlin nous an- nonce que la dépression financière continue, et les valeurs sont à la dé bandade à la Bourse. Des ordres de vendre à tout prix reçus de Ber- liu où l’on avait appris que les né- gociations franco allemandes avaient été rompues, n’ont pas peu contri- bué à accélérer la baisse, La Deutschebank a surtout dé- cliné et les emprunts de l'empire à trois pour cent sont tombés, à o,37. Les journaux disent que cette dépression est l'oeuvre des machi- nations techniques des baisiers et continuent à se montrer pessimistes, tout en avouant que le règlement de la question marocaine pourrait encore se faire attendre longtemps. Lonûres., 15—On rapporte de Plymouth et fdes autres contrées militaires que le War Office a sup- primé tous les congés dans l'armée ou les limites à trois jours. Ce sont en vue de l’état troublé de la situa- tion internationale. On est très pessimiste dans tous les quartiers au sujet de la question marocaine. Les liquidations sur Bruxelles et Berlin se sont accen- tuées hier. s TERRIBLE ACCIDENT DE CHEMIN DE FER Syracuse, N. V.,17.—A la fin des courses d'automobiles, sur le terrain de l'exposition, un accident s’est produit et a causé la mort de neuf personnes et des blessures à 14 autres. L'une des autos, conduite par Leo Oldfield, laissa la voie, passa au travers des clôtures et plongea dans la foule. Plusieurs des blessés sont en grand danger de mourir. La course était de 50 milles. L'accident est arrivé pendant le 45e mille. En moyenne les autos al- laient à une vitesse de 75 milles à l'heure. LA RECOLTE TEDUMIEL Il existe au sud de la Californie, dans læ vallée de l’Arrayo Calde, une véritable mine de miel. C’est un rocher granitique, tont fissuré de crévasses profondes dans les- quelles d'innombrables essaims d'a- beilles ont établi depuis des siècles leurs colonies laborieuses. Quel- ques hardis chasseurs de miel se hasardent, detemps à autre, et après s'être hermétiquement calfeu- trés de cuir épais, à faire un razzia de miel à l’orifice des crevasses du roc, et leur récolte est tovjours a- bondante. Mais personne encore n’a exploré la mine de miel dans sés profondeurs. PEAUX. D'ELEPHANTS phants constitue nne industrie ab- solument spécial. Le ral, mais au lieu d’écorces de chêne de tonnin quelconque, qu'on fait a- gir pendant six mois. Quand la peaux du géant est tirée de la fosse elle a près de 2 pouces d'épaisseur. Le cuir de l’éléphant comme celui du crocodile aux Etats-Unis, com me celui des grands ophidiens de l’Amérique da Sud, sert à la fabri- cation d’objets de luxe. Ilse vend très cher. LE COURAGE Courage est un dérivé de coeur ; tout acte courageux se rattache donc au coevr. Le zèle, la bonne volonté, l’ar- deur, la fermeté dans le péril, la souffrance et les revers—tout cela est le courage. Un homme est courageux qui n’a pas peur du danger. Ua soldat sur le champ de batail- le, le sauveteur au bord de l'eau, le pompier dans l'incendie, le mé. decin parmi les contagions, le prêtre partout, ceux-là qui bravent la mort à tout instant, sont courageux, Mais, il est d'autres sortes de courage, plus modeste et non moir:s méritoire. Il faut du courage pour accomplir sa tâche de chaque jour, malgré les ennuis dont la vie est se mée, pour reprendre son travail à des mesures de précautions prises, la mêine heure en dépit du dégoût, | de la paresse mauvaise conseillère moulue, on se sert d'un fort extrait | morale. Le plus noble et le plus puissant sentiment qui puisse animer le coeur humain, après l'amour de Dieu, c'est l'amour de sa mère. Que de dangers évités que de fai- blesses réparées souvent par ce très beau sentiment qu'est l’amour filial. On peut croire qu’un bon fils ne peut pas être ou du moins ne peut pas être longtemps ua mauvais chrétien. Et comment un bon fils peut-il mieux téwuwigner son attachement à sa mère qu'en imitant tous les bons exemples qu'elle lui a donnés en gardant son coeur comme un trésor tout ce qui est tombé de ses lèvres et en répétant avec respect et amour daus sa langue et de la manière dont elle les disait ell:-mê- me les paroles bénies qui forment les années d'or de cette chaine qui nous rattache au passé et que nous appelons la tradition familiale ? Depuis cent cinquante ans que nous sommes séparés de la vieille France chrétienne sur les genoux de laquelle nous avons appris à bal- butier le Notre Père, et Je vous sa- lue Marie nos lévres n’ont cessé de murmurer ces immortelles prières dans la langue de ces courageuses femmes qui les apprirent à nos pères il y a quelque deux cent cinquante ans. Kt les sentiments de foi qu'- expriment ces mots sont devenus comme iuséparables des paroles françaises qui les sèment dans nos de l’intempérie des saisons et des rebellions de la chair. Il faut du courage pour suppor- ter les maux, les maladies qui nous arrivent et envisager la tombe, peut-être à la fleur de l'âge, sans récrimiuer et d'esprit serein. Il faut du courage pour faire le bien, sans s'inquiéter de ce que dira la foule ; pour faire le bien, ad- vienne que pourra, sans souci des médisances et des calomnies. Il faut du courage pour mainte- nir devant tous une opinion que l’on a et que l’on croit juste et bonne, malgré qu’on nous interprète mé- chamment et nous noircisse par de viles insinuations. Il faut du courage pour garder le secret professionnel, alors que d’un mot vous fermeriez la bouche au traître, vengeriez l'honneur d’un ami ou serviriez la cause de la vé rité. Il faut du courage pour procla- mer la vérité en face des passions déchaînées tendre la main au faible sans défenseur, à la victime silenci- euse. Il faut du courage pour recou- naître et avouer sa taute. Il faut du courage pour confesser sa religion de paroles et d'action, si on la discute devant nous, même saus l’attaquer, et, bien plus en- core, s’il y a lieu de la défendre. Il faut du courage, enfin, pour parier sa langue et affirmer sa race, chaque foi que l’occasion s’en pré- sente, parmi des étrangers, entre nous et dans les assemblées publi- ques. Soyons gens de courage. Le courage est la vertu des héros, des saints, heu L'AUTRE FORCE Après la foi catholique la plus Le tannage des peaux d'’élé-| procédé | qu'on emploie est le procédé géné- | grande f« rce morale du peu,le cana- dien-français c’est sa langue nati- ounale. Et qu’on veuille bien ne pas s’é- tonner de nous entendre appeler no tre langue maternelle ; une force Âmes depuis si longtemps. Cela est tellement vrai qui an té- moigne de tous les prêtres canadien français, qui ont vécu dans l'Ést'ou dans l'Ouest des Etats-Unis, la pre- mière question que pose au confes- sionual, même le Canadien-français u’ont jamais voulu réciter le Notre Père en anglais ? Et loin de leur en faire un rapro- ches les Canadien Français du XXe siècle sont prêts à les en remercier à genoux. Par leur inviolable attachement à la langue français, nos mères ont épargné à notre race l’un des pires fiéaux qui puisse affliger une société catholique, le mariage mixte. Ah ! sil’on pouvait un jour écri- re l'histoire exacte des naufrages sans nombre qui ont améné la rui- ne de la foi dans certaines âmes ir- lando-americains quelle leçon à la fois triste et salutaire se dégagerait pour nous de ces sombres pages. Il n'y a pas plus de deux ans nous avions | occasinn de lire une lettre pastorale d'un évêque des E- tats-Unis, ou ce bon pasteur déplo- rait amèrement le nombre considé- rable de ce qu'il appelait des épa- ves catholiques provenant de nau- frages causés dans son diocèses par les mariages mixtes. LA SOIF D’après une chronique chinoise, la soie fut découverte par une im- pératrice, environ 2,000 avant notre ère, et depuis lors, un terrain fut destiné à la culture du mâûrier, dans l'intérieur même du païais. L'Im- pératrice se rendait de temps en temps, en grande cérémonie, dans l’enclos réservé. On abaissait de- vant elle les branches de quel- ques arbres, dont elle cueillait les feuilles, pour les distribuer en- suite elle même aux vers à soie. Cette mesure fut si efficace pour encosrager la sériculture, que bien: tôt la nation chinoise entière é- changea ses habits de peau coutre des vêtements de soie. VAE CRE CRE Be - °c... ê&= | À _…. : + | à | : e. n à : ! : ! | : ! : LS " # Le ct + . : LS 4 j 1 î | | à : É È È Ë # | à | =.