38 sa pruâence accoutumêe pour faire "grimper" sur une charge de foin un bambin de cinq ans, le premier de Ses descendants américains? Le bonheur qu'il avait de faire faire un voyage inimaginable â cet enfant de la viîle! Pour nous, c'eût été différent; et au nombre que nous étions, c'eût êtê un éternel recommencement. Le àour baisse Depuis l'hiver 1960, les forces dêclinentes avertissent Papa que la vieillesse approcher.. avec son cortège d'entraves‘ De plus en plus modéré dans ses activités, mon père profitait de ses temps libres pour prier, réfléchir et converser avec son cousin, ami âe {aujours, Charles. Il lisait encore son journal, écoutait volontiers la radio ou la T.V., fumait sa pipe... Il s'êtudieit surtout à ne pas alerter son entourage au sujet de sa santé; peucwêtre même essayaitwîi de se convaincre lui—même que tout elîait bien? Au printemps, il avait, ä force d’instances, obtenu qu'on lui oidät ä monter sur le râteau pour faire les foins: "Quand je serai essig, je serai capabîeî" Maigre ses efforts, ses forces le trehissaient: des chutes, sans conséquences graves, avaient déjà alerté l'entourage. Mais mon père continuait &e dire: "Je ne suis pas malade". Cet homme robuste devenait peu à peu dépendant et doux, objet "d'attentions". Jubilé Parmi lee derniers beaux jours qu'il passa sur la terre, il nous est permis de croire que la fête improvisée du quarante-Cinquième anniversaire de mariage fut l'un dee pîus marquants, en août 1960. Pour cette dernière réunion familiale, la bonne Providence avait pris l‘initiative de rassem— bler le plus granâ nombre possibîe des membres de sa famille. Le défilé des visiteurs de l'été apoortait toujours joie et bonheur au foyer de M. Arsenault. Mais cette fois, la joie est au comble! Pour la première fois, depuis vingt ans, dix de ses enfants, une quarantaine de petiïswenfente, un vieux frère octogénaire et une soeur cadette se voient réunis sous son toit. Quelle chaude atmosphère pour fêter la fin d'un beau jour! ' ' Je ne veux pas m'attarder à rappeler le souvenir de ces agapes fami— liales qui est resté très vivace dans toutes les mémoirae sauf celle des plus jeunes. Ceux—ci pourroet se dédommeger en regardant 1e film de l‘oncle âtthur. Je veux'souligner ce qui, ä mon sens, fut le plus sensible au coeur de mon père, et'ce oui, pour noue, fut son testament. A î'issue du banqoet familial préparé avec grand soin malgré "la cachette", s’avança en rangs irréguliers, la foule des petits—enfants,