sue PT. ESS" : + A Saga A one É me ie rene Sn RES mt SRE el L’IMPARTIAL,, JEUDI LE 1 J UIN, 1899. LE GRAND VAINCU | [Suite de le 1ère page | de lui jeter la boue du chemin en passant près de lui, comme il se serait élancé à la tête du cheval qui les emportait à tra- vers la lande déserte ! Jomme ii aurait placé entre eux el le but infâme qu'ils poursuivaient sa robuste poitrine d'honnète homme ! Mais la voiture filant au galep ne fat bientôt plus qu une tache que ls nuit effaça: David Kerulaz marchait vi- goureusement, sifilant mn air entre ses dents. 1l ne pensait qu'à Marthe, sa chère Marthe qu'il allait revoir. En Ini apportant sa grâce, quelques instants auparavant, Jean d'Arramonde lui avait dit que la courageuse Jeune fils avait pu arriver à temps au poste de l'anse du Fonion et pré. venir Gaston de Saint-Preux de l'attaque des Anglais. Mais il n'avait pas voulu gâter la joie du brave Chasseur de bisons en lai apprenant que la panvre Marthe avait ét blessée dans l'accomplissement de sa mis- sion. 11 était environ dix heures du soir lorsque David Kerulaz frappa, du bout de son bâton, 1: porte arrondie qui donnait acoès dans l’intérieur de la ferme. 1l remarqua avréc surprise qu'un mine filet de !amière passait entre les ais disjoints de cette porte ; cela l'étenna. Mar the et son père n'avaient pas l'habitude de veiller si tard. Mais sa surprise fut à son comble lorsque, la porte s'étant ouverte, il vit devant lui Ja hante stature, les traits graves et la grande barbe blanche du père André, le missionuaire. _-Vous ici, mon père !...com- mença t-il. —David !.....Ah!men cher enfant, entrez vite ! dit ie père André en s’effaçant pour le lais ser passer. Bénisoit Dieu qui vons a rendu la liberté !...… Oh ! comme votre pauvre Mar- the ra être heureuse ! —ÆElle repose, sans doute ? —Oui. Chut !.…..parlez bas Ah ! mon cher enfant, vous ne savez donc pas ? —Qu'est-il donc arrivé, père André ? Vous m'effrayez ! dit David. Un léger bruit qu'il entendit derrière lui le fit retourner. Une petite porte basse venait venait de s'ouvrir, et. sur le seuil de cette porte, Marthe ap- paraissait dans ses longs vête- ments blancs, mais si pâle, si chancelante. que David demeu- ra immobile, s: demandent, plein d'angoisse, si c'était bien la jeune fille onu son fantôme ice mélange sur le feu pétillant qui lui apparaissait ainsi. | —Marthe ! impradent: fant !s'écria le missionnaire en-|, 1ls’é à temps pour son bras robunsti La pauvre fille défaiilait. —Marthe ! Marthe ! lui est il done arrivé, s'éeria David en elle. —Ah ! mon David, fit la jeune fille pâle et en tendant la main à son fiancé, je lança vers elle et } ‘ Ja soutenir Mais que mon Dieu ! courant vers languissante, arriva! sur | fraincus, chassés d'ici, que M. de n'espérais plus vous revoir ! David la fit as près du fou, dans un grand fantenil de | chêne. Il jeta sur ses épaules! son épals manteau et l'y enve: lonpa avec des soins de mère.| Pais il vint s'asseoir près d'elle | sur un siège bas. I] prit ses! mains glacés et attacha un re-) gard anxieux sur ses traits pâ lis, sur ses beaux yeux bleus que le fièvre et la douleur avaient en- tourés d'un cercle de bistre. Pendant ce temps, André prenait un seoir le père vase plein é en | d'eau, y jetait vne poignée de simples et venait faire chauffer EE + D 'ÉCS ot UE RE % md agi dat 2 ie mine cependant je peut-être pas celui d’nn bon Canadien, d'uu honnête chas- de l’âtre. Je voas at entendu, David, je suis venue.....Oh! je sens que j: suis sauvée m inte:, nant! | Et en disant ces mo's la jeune | fille fixa sen regard profond sur le visage inquiet du chasseur. Tout en surveillant le bien- faisant cordial qu'il venait de préparer, le père André accrou- pi devant le feu, racontait en peu de mots à David Kerulaz comment la pauvre Marthe ayait été blessée d'une balle au cou en couraut vers le poste francais. — Rassurez voue, dit-il de sa voix grave et douce..……elle est hors de danger maintenant. Dans quelques jours, lorsque notre cher pays sera sauvé com- me elie, pour pourrez rappeler à M. de Montcalm sa promesse, et la conduire à l’antel où j'im- plorerai pour vous les plus abendantes bénédictions de Dieu. Marthe ! ma pauvre Marthe, rous étiez hlessée, la fièvre, la douleur vous dévoraient, et je n'étais pas près de vous !..Ah ! ce Varin, ce misérahle......je ne le tiendrai Jonc jamais au bout, de ma carabine ! —Mon cher enfant, pouvez: vous bien songer à vous venger en un pareil moment? dit le père André. Ce ne sent pas des paroles de colère, mais des pa- roles de reconnaissance envers Divu, qui devraient sortir de vos lèvres. — Vous avez raison, mon père, dit David avec un soupir. Mais que voulez-vous ? j'ai souvent, dans ma vie de chasseur, tué des animaux moins nuisibles que ce vieux coquin chamarré d'or volé ! Tant que Variu n'au- ra pas été puni comme il le mé- rite, il me semble qu'il me sera impossible de tirer un léopard on une panthère sans avoir en- rie de leur adresser des ex-; cuses. Le père André sourit. Il se pencha vers le feu, y prit la po- tion brülante et Ja tendit à Marthe qui la but lentement, saus quitter des yeux son fiancé assis à ses pieds. Oh ! conme ïls étaient élo- quents, ces regards, et comme ils disaient bien ce que Ja fai- blesse de la pauvre enfant l’em- pêchait d'exprimer ! Le père André, un peu à l’é. eart, baissait sa tête vénérabie et semblait suivre avee une at- teat on toute particulière les gros grains du chapelet qui se déroulait sous ses deigts. Enfin David se leva. Marthe, dit-il, vous êtes en- core bien faible, bien souffrante Los il faut aller vous reposer. La jeune file obéit doux sourire. j avec un kile s’envelonpa plus étroite-| ment dans ie manteau de David qu'eile vouint garder, par un caprice de malad+, disant qu’- ile y dorinirait wiux. Appu- yée sur le bras robuste de son fiancé, elle reprit ie chemin de sa chambre. Le père André jui envoya sa bénédiction, la porte se reierma et la bianche appari-| tien disparut. —AÀ: ! que les Anglais soient Montcalm soit maréchal de France, que Varin soit pendu. et je serai le plus heureux des hommes !! ! s’écria David Keru- [az qui vint add auprès du | père André, en gardant tou- jours son regard fixé sur la pe- tite perte au seu:i de laquelle il laçait vu disparaître Marthe. — Mon brave enfant, réplique | le père Audré, puisse Dieu en- tendre vos souhaits......quoique dernier ne soit seur qui a toujours en horreur des reptiles et autres hêtes im- |mondes !.......….. J’aime le PIN ROUGE du SUD du DR HARVEY Il m'a sauvé la vie. 25c. LA BOUTEILLE, Cre DE MEDECINE HARVEY, Mfrs, Montréal. Les deux hommes veillèrent toute la nuit. David faisait part au vieux missionnaire de ses projets. Le père Dervieux était âgé, il né- gligeait un peu sa ferme. De son côté, il ne seraït pas faché luimême de renoncer aux grandes courses dans les prai ries,aux nuits passées à l'affût des bisons ou sur les bords glacés des lacs habités par les castors. La terre du Canada était fertile et bénie de Dieu. Que man- quait il pour lai faire rendre des tré-ors ? Des bras capables de la travailler. Eh bien ! dès que la gaerre sereit terminée,—et cela ne pou- vait être leng, car les Angiais allaient être bientôt pris et per- dus dans les glaces, donc, dès que la guerre serait finie, il se :marierait et s’établirait à la ferme de Sillery.1l s'était en tondu aveo une vingtaine us ses compagnons de chasse qui, comme ini, étaient fatisués de la vie aventureuse et solitaire des trappeurs. [l était convenu qu'ils vendraient leurs trappes, leurs tusils, et qu'aveo le pio- duit de cette ventset le fruit de :eurs économies ils achète- raient autour de Sillery quel- ques arpents de terre. Ainsi s'élèverait peu à peu une coionie dont David serait le chef ; cette co'onie grandirait, deviendrait un grand village. Fécondées par le travail, ces terres généreuses et presque vierges encore produiraient de riches moissons. Tout le monde, au Cauada, voudrait les imiter. On défricherait les p'airies im- mens?’s arrosées par le Saint- Laurent : on percerait des routes dans les grands beis +0- litaires. Des chantiers de cons- truction s'elèveraient de tous côtés pour tirer parti des riches. ses incalculables contenus dans ces vieilles forêts. Grâce aux bien‘aits d’une longue paix, la Nouvelle-France dviendrait une terre promise, car tout y poussait dru et serré comme dans le paradis terres- tre. Et tandis que David Loin la tête inclinée sur sa robuste main, le regard perdu parmi les braises mourantes du foyer, pre- nait le vieux missionvaire pour voufident de ses grands pro jets, de ses eapoirs des rêves d'avenir gen r'ux. | ù À | ch:r pays, à quelques centaine: de pas de ;a ferne, milieu des grandes landes désertes, se dressait une sombre ct apparition... au (à continuer) MRS. GEO. SMALL, MT, FOREST, ONT. Considers Laxa-Liver Pills the bcst remedy for Biliousness. 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