ne PTE gg ronge +. “pr æ … slasss _p Pac Epun . 2 L'Aventurier Malgre Lui | (Suite de la 1re. page) Il alla et s’éloigna du groupe qui le contemplait. Peu à peu il s'étonna de n'avoir pas déjà fait la culbute, et appuya plus vigoureu- sement sur les pédales, raffermit ses bras, redressa la tête. ‘Je vous dis, fit la présidente, il était né pour ça.” On souriait toujours. Le cotps L'IMPARTIAL, JEUDI, LE 17 Pme pèdes que nous avons choisis, nous partirons vers deux heures et de. mie, —Pourqnoi si tôt ? demanda le planteur. —Parce qu’à cette heure-là, j'es- père que les deux-tiers des brutes qui comptent nous massacrer au- ront succombé au besoin de dormir un peu. —Ne vous y fiez pas. —Si, si, pour la plupart ils ont passé la nuit à se concerter. Tou- te la matinée ils on: dû s’agiter fer- de Claude restait contourné, On|me, comme des enfants qui s’érein- sentait l'effort qu'il faisait pour Se|tent avant de goûter au plaisir dé- défendre contre le danger de tom-}siré, et ils s’endormiront peut-être tre avec la conviction que nous reste- tier de Rooke-Hill et à attendre le moment d’agir.’? Jusqu'à deux heures et demie on parla de mille choses. Seul Mi- chon gardait un silence morne, La perspective de recommencer des pé- régrinations dangereuses daus un pays où l'on parlait de vous lyn- cher, comme de la pluie ou du beau temps, lui enlevait la plupart de ses facultés. “Voici l'instant, dit ah Claude, remontez votre ressort Il y a d’abord une manœuvre à exé- cuter pour laquelle votre sang-froid est nécessaire. Après, les choses iront sur des rouiettes... de véloci- pèdes, s’il plaît à Dieu.” “N'ayez donc pas peur ! lui cria l'oncle. C'est facile à conseiller, répli- qua Michon, qni commençait à rons chez vous une autre journée. | Tout lé monde descendit dans la —M. Martin, appuya la présiden- |Cour. La voiture de John Roberts te, raisonne très juste. était attelée derrière la porte par —Mais, objecta Claude,’ il suffit | laquelle elle devait s'engager dans suer, mais qui n’en continuait pas|de quatre ou cinq énergumènes qui|les champs. Le brave John, armé moins à marcher. —Poussez, poussez l’” lui disait sa tante. Résolu à obéir jusqu'à la mort, ildonna un élan nouveau à son tricycle et prit une allure assez vive. Puis, voyant qu'après tout, l'équilibre était assez facile à con- server, il fit un nouvel effort. Mais quand il voulut obliquer à droite, car il arrivait au bout de l'immense cour, il faillit être désarçonné. “__]lfaut pencher un peu le corps du côté où vous voulez tour- per, lui clama l'oncle Martin. Voilà ! parfait !”’ Et Michon allait, allait, faisant le tour de la vaste enceinte sans ac- croc, à une vitesse moyenne, à la vérité, mais avec une adresse rela- tive, qu’on n’aurait pas attendu de lui dix minutes auparavant. XV Tandis qu'on était en train d’ad- mirer Michon,—lequel, à part lui, se disait qu’un vélocidède pouvait, à la rigueur, servir de véhicule, — Lewis Ellis, l’aîné du planteur, pa- rat sur le perron. De l'œil, il chercha son père, puis se dirigea vers lui d’un pas rapide. “Ils cernent l'habitation,’ lui dit-il à voix basse. Personne n’entendit les paroles du jeune homme. “De tous les côtés ? demanda M. Ellis. —AÀ peu près. Sauf dans la di- rection de Rooke-Hill, ils sont par- tout cachés dans les buissons, apla- tis dans l'herbe. —Tu as vu ça de là-haut ? — Qui. —Bien ! je te remercie. dans le bois ? —Oh ! là, ils doivent être encore cent cinquante ; on les devine sur la lisière qui borde la route. —Ont-ils l'air de vouloir tenter un coup de vive force ? —Non. Je crois qu'iis atten- dent la nuit. —C'est parfait. Garde ça pour toi. Nous verrons après le lunch.’ Cette courte conversation n'avait pas détourné l’attention de Martin, pas plus que celle des autres per- sonnes. (Claude maintenant péda- lait avec un certain aplomb, s’essa- yant à rouler plus vite, Maiscette tentative fit ressortir son inexpé- rience, et l’oncle lui dit : ‘C'est fort bien, mon cher ami, vous voilà capable de couvrir de neuf à dix millesà l'heure, c’est suffisant. Vous pouvez descen- dre. Michon, assez fier de son succès, voulut faire encore deux ou trois fois le tour de la cour, après quoi il mit modestement pied à terre. Puis l’oncle à son tour, et son athlétique moitié, essayèrent les bicyclettes. Tous les deux étaient des maîtres en vélocipédie, sur- tout Annah Billenbrock, qu'on de- vinait capable de véritables tours de force. Boubou lui-même exé- cuta nn emballage, et l’on tomba d'accord qu'avec des machines pa- reilles on ferait le tour du monde sans fatigue. Vers onze heures, le lunch. Mme. Ellis fit les honneurs du re- pas avec une grâce parfaite, Il n’y avait sursa physionomie au- cune trace des anxiétés qui l’assié- geaient pourtant. Ce fut au café que l’oncle Mar tin prit la parole. ‘Puisque M. Ellis, dit-il, con- sent à nous céder les quatre véloçi-1 Et dans n'aient pas sommeil pour éveiller | d'un fouet neuf qu’on lui avait les autres. donné, se tenait sur son siège. — Aussi, dit l'oncle Martin, qui] ‘‘Voici, dit l’oncle Martin, l’or- avait prévu le cas, ne partirons-nous|dre de la marche : Nous allons pas les deux mains dans les poches, monter sur nos machines, ma sens avoir essayé de leur donner le|femme, mon neveu, moiet Boubou, change. et nous partirons à toute vitesse. —-Voyons ? grormela Claude, | Vous, Claude, tâchez de nous sui- en reprenant son air de victime dé-|vre, mais ne vous inquiétez pas si cidée au sacrifice. _— — vous perdez un peu de terraiu. Je —Le reste va dépendre de ce que | sais que, de ce côté, 1l n’y a pas de uons dira M. Ellis. Existe-t-il au- | nègres postés pour nous surpren- tour de votre habitation des che-|dre. mins autres que celui par lequel! ‘Mais on nous verra filer et alors nous sommes arrivés, demanda | toute la vermine cachée dans les l'oncle ? buissons, dans les herbes ou dans —QOuiet non. Dans tous les |la forêt s'élancera pour nous cou- sens nous avons des sentiers qui ra-|per le chemin. C’est entendu, yonnent autour de nous jusqu’à |n’est-ce pas ? une distance considérable. —Oui, mon oncle, dit Michon —En est-il un que pourrait pren- | d’une voix funèbre. dre avec sa voiture le cocher quil —Dès que tous, ou presque tous nous a portés ? ”” ces gailards-là courront à perdre Le planteur hésitait à répondre. | haleine dans l'espoir de nous échar- ‘“ A Ja rigueur, oui dit-il En per, nous virerons de bord preste- sortant par la porte qui ouvre sur | ment, et nous revi-ndron ici. la campagne, du côté opposé à la| ‘‘Quand on nous verra retour- forêt, on trouve une voie un peu;ner, of ouvrira la porte à Roberts, ondulée, à la vérité, mais assez lar- | qui lancera ses chevaux sur la voie ge et où pousse une herbe courte | qu'on lui a in<iquée et dont les nè- sur laquelle les pieds des chevaux | gres auront abandonné la surveil- auront prise. lance pour se lancer après nous. -Va-t-elle du côté de Saint-Louis? —Et il passera sûrement, dit M. —Oui, sans cependant se raccor- | Ellis. C’est très bien combiné. der au grand chemin. Elle inflé- | —D'autant mieux que, dans le chit au Sud et ne rejoint la ville landau aujourd’hui fermé de Ro- qu'après avoir côtoyé le Mississipi. berts, celui-ci a installé des manne- — Tant mieux. Croyez-vous que votre cocher la bande tout entière que nous som- voudra se risquer.. La route est mes dedans.” gardée, vous savez. Tout le monde écoutait avec la —Je m'en doute bien. Mainte- plus vive attention. nant, quel est le sentier qui serait! ‘‘Si je ne m'illusionne pas, reprit le plus indulgent aux pneumatiques le vieillard, les nègres seront fu- et aux ressorts de nos bicyclettes ? rieux de se voir joués. _—Heu ! fit M. Ellis, ceci est une! —Etils reviendront avec rage autre musique. Cependants j'en sur leurs pas pour donner la chasse vois un qui ferait peut-être l'affaire. | à la voiture, dit M. Ellis. Par malheur, en le prenant, vous | —J'espère même qu'ils se lance- tournerez le dos à Saint-Louis. ront avec d'autant plus C’ardeur —Qu'importe ! dit Annah Billen- qu'ils croiront le cocher hors d'état brock, pourvu que nous parvenions | d'aller bien loin sans 1omber dans à distancer ces gredins et à mettre quelque fossé. entre eux et nous un espace de —Iis le croiront, mais si Robert: quinze à dix-huit milles. Nous est habile et sait tenir ses bêtes en n’aurons plus, ensuite,qu’a nous o- | main, il arrivera sans encombre à rienter et à découvrir une gare. | Saint-Louis. —Mais prenez garde, vous allez | Eh bien ! reprit l'oncle Mar- piquer droit au Sud-Ouest, set les |tin, nous n'avons plus qu’à remer- grande; prairies, les déserts ne sont |cier notre hôte de son hospitalité, pas bi n loin de ce côté-lé. [à nous excuser surtout de lui avoir ‘causé des ennuis et la perte d’un temps qui est de l’argent, surtout en agricuiture...... —Mon père était chercheur d’or et un peu coureur des bois, dit la présidente; je me deébrouillerais sans boussole, même au milieu des —N: mous remerciez pas, ne Montagnes Rocheuses. [vous «excusez pas. c'est oi qui _Eh bien ! dit M. Ellis, c’est le|-ütis GC ne séparer de vous sentier de Rooke-Hill qui vous le |dauns de- circon-taices aussi mena- suivez sans bifurques, sur le bord A un milleet "15, \me Ellis reçut les sompliments ‘us, nai: je vous sais gré de vos d'une petite rivière: aro e3,7? demi, en amont, se trouve l’habita- | ton de M. Bernard Crokerock, |€t les 2dieux des voyageurs avec pour qui je vous donnerai un mot |‘à bonne grâce souriante, et l’on £e d'introduction et chez lequel, après | dirigea vers la porte où attendaient avoir passé la nuit, vous trouverez 11 s bicyclaites. tous les renseignements nécessaires, | ‘‘Qu'’est-ce que vous avez mis là- si vous voulez vous rendre à laldedans? demanda la présidente Nouvelle-Orléans par le chemin le en montrant de petits paquets soli- plus court. cement attachés à l’avant et à l’ar- _—Ce sera encore bien mieux que | rIÈTE de chaque machine. de passer par Saint-Louis,’ dit An- —Ce sont de menues provisions. nah. —Oh ! monsieur, queïle recon- L'oncle se leva. naissance ! n’était-ce pa; superflu ? ‘“Je vous demande la permission —On ne sait jamais. Vous ar- d'aller interviewer le cocher Ro-/riverez peut être tard chez Kro- berts kerock. —A votre aise.’ —Vous nous comblez, vrai- ment’? Au bout de vingt minutes, Mar- Pe : tin reparut et dit: se nn au LS ä Main “Tout va bien. Nous n'avons ‘1€ Gerniere LOI, acun se mit plus qu'à mettre nos bicyclettes à €n selle. Et comme Claude parais- a porte la plus rapprochée du sen- sait de plus en plus incapable " l 'quins, qui, de loin, feront croire à, SEPT. 19083. you will find them very interesting. 4ou to inspect our stock of Winter Dry Goods. ME SPECIAL .VALUES There is no argument half so convincing as the evidence of your own eyes. 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Les deux bat- tants tournèrent eusembie sur leurs gonds. “En avant !” clama l'énergi que Billenbrock, et les quatie vo yageurs, pédaiant avec vigueur s'élancèrent dans l'inconnu. Claude, déjà un peu excité, s: maintint presqu'à la hauteur de son oncle, quine voulait pas tro] le laisser en arrière. Boubou €: mistress Martin filaient devant. Ils firent ainsi trois ou quatre cents mètres sans que les nègres cachés sous bois ou dans les buis- sons donnassent signe de vie. L'oncle ne s'était pas trompé. | Un grand nombre d'entre c'1x fai- | saient la sieste. ‘‘Et s'ils ne s’apercevaient pas | de notre départ, mon oncle? de-| part, mon oncle? demanda Mi- chon. —Cela simplifierait joliment les choses, répondit le bonhomme. | Nous n’aurions qu'à gagner le | inquiéter | } ! ! | large sans lus nous d’eux.”” ( A Suivre} Abonnez-vous a L'IMPARTIAL | Every package is guaranteed. MacDonald’'s (Condition Powders. Ze Jx0———- 7 There is no better Blood Purifier or Nerve Tonic in the world. 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