: : 5 $ « + ? van Anthony ou le crucilix d'argent Suite de la 1ère page est pâle et changé ! on dirait un spectre échappé du tombeau. —Sa prison était-elle autre chose qu’un sépulcre ? Ah ! le Seigneur se souviendra un jour du martyre qu'il y a souffert. —C'est le propre du malheur et de la solitude de graver sur les jeunes fronts cette empreinte de sublime tristesse. Toutefois il n’a point changé au fond ; il nous est rendu avec son angélique pureté et son aimable caractère. —Pauvre Anthony ! murmura la maîtresse de Green-Rood. —I1 me paie largement des soins que je lui ai donnés ; et je remercie chaque jour le Ciel de m'avoir confié cet enfant. —Veuillez l'appeler, monsieur Weelford ; je ne me lasse point de contempler ce visage céleste ; je me plais à entencire le son harmo- mieux de sa voix ; il me racontera les maux qu’il a endurés là-bas, car il ne m'a dit encore que peu de chose sur ce sujet. —Il ose à peine parler en votre présence, Milady ; je crains 9ien, si vous l’interrogez, que vous n’en tiriez guère que ce que vous savez déjà. —Connaissez-vous le motif de sa répugnance à retracer les misères de sa captivité ? — Parfaitement. —Quelle en est la cause. Ce qu’il a souffert pour Dieu, dit-il, est si peu de chose, qu'il se rendrait coupable s’il cherchait à obtenir pour cela l'admiration des hommes. Ilredoute qu’il ne se glisse dans ses paroles quelque sen- timent d'estime de lui-même ou de vaine complaisance. —C'est un saint. — Assurément. —S'est-il résigné du moins à vous instruire de tout ce qui lui est arrivé ? —J'ai réussi à lui arracher l’his- toire de sa prison ; je ne crois pas qu’il m’ait rien celé. —Puisqu’il en est aiusi, je ne vous laisserai point de repos que vous ne m’ayez mis au fait de tout. Je brûle d'apprendre les événements quiont marqué les trois années qu'ila passées dans les cachots. Je vous avouerai que durant ce peu de jours qu'il a passés avec nous, ç'a été ma grande préoccupation. —Vous serez satisfaite, madame la marquise. Aussi bien n’y a-t-il qu'à s'édifier dans ce que j'ai à vous rapporter.’ Et le vénérable prêtre, s'étant assuré qu’ Anthony ne se disposait pas à le rejoindre et qu’il ne pou- vait l'entendre, s'exprima en ces termes : ‘Vous savez déjà par lui, Mila- dy, comment il fut transféré de la prison de Dingwall à celle de Tain ; il vous a retracé son jugement en cette ville, puis son départ pour Dumbarton. Il arriva dans cette fcrteresse escorté de soldats armés et enchaîné comme un vil criminel. ‘Le gouverneur de la place l’at- tendait. Homme dur, cruel, im- pitoyable, preshytérien fanatique, ce chef accueillit avec des menaces le jeune catholique. ‘“L'ayant enfermé dans un étroit cachot souterrain, il lui donna un gardien, comme lui, farouche au cœur de bronze, dont le bonheur était de torturer par mille vexations les malheureux qu’on lui confait. ‘‘Pendant les trois ans qu’Antho- ny passa dans cette prison, il ne vit personne autre que le gouver- ueur et son geôlier. Un riyon de jour filtrait à peine dan- son ca- chot, à travers les barreaux d’une fenêtre étroite, à demi ma-juée par une muraille d'enceinte. Nulle consolation ne pouvait donc lui ve- nir du dehors. ‘‘Plusieurs fois il fut en proie à de graves maladies, qui faillirent terminer du mêrue coup sa captivi- téet sa triste existence ; mais la force de son tempérament le sauva, car on ne lui donnait aucun soin. ‘(Chaque semaine le geôlier Jui apportait un pain et une cruche d'eau, et l’abandonnait à lui-même. Pendant tout le temps qu’il fut at- teint de la fièvre, on ne changea L ‘IMPARTIAL, de se débarrasser de lui. leur d’être séparé de ses amis, eus- sent sans doute abattu Anthony s’il n’eût demandé à sa foi les con- solations et ‘es forces qu'ells ne re- fuse jamais à ceux qui souffrent. La prière le soulageait, rassérénait et rafraîchissait son âme. Il é- prouvait souvent une sainte joie à la pensée de ressembler à Jésus- Christ et de souffrir pour son nom. “Voilà, en abrégé, l’histoire de la captivité de cet ange qui, aux mains de ses ennemis, ne sut que se résigner, prier et pardonner.’ Lady Ashley avait écouté avec émotion ce court récit, qu’elle se promit de faire compléter plus tard par Anthony lui-mème. Il y avait quinze jours lève de M. Weelford était la prison de Dumbarton, et trois seulement qu’il était dé retour à Green-Rood. Il devait sa déli- vrance à lady Jane, qui, à force de démarches et de sollicitations, avait décidé lord Ashley, le conseiller de Charles II, à briser les fers du jeu- ne homme. Lord Drummore, le sheriff du comté, et d’autres presbytériens fanatiques s'étaient opposés de tout leur pouvoir à cette mesure. Vo- yant qu'ils élevaient obstacles sur obstacies, lady Ashley se rendit à Londres, où elle resta deux mois. Au moyen de son patent et de que l’é- sorti de .| quelques amis puissants de celui-ci, elle l’emporta sur les haines des sectaires, et Anthony fut rendu à la liberté. Au momxnt où M. Weelford a- chevait sa narration, Anthony quit- tait l’allée de peupliers et se diri- geait vers le pavillon. Il entra dans la chapelle, où il resta jusqu’à la nuit abîmé dans laïprière et la méditation. Quand il se leva pour sortir, il s'aperçut qu'il n'était pas seul: une femme priait, agenouillée, et la figure dans ses mains, au coin de l’autel. A cette vue, Anthony tressailit, et se retira pensif. Le lendemain matin, il revit la même femme à la sainte messe que célébrait M. Weelford. Comme il s’approchait des marches de l’autel pour recevoir la divine Eucharistie, cette dame s’avança en même temps que lady Ashley, et participa également aux augustes mystères. Absorbé par la grandeur de l’acte qu'il accomplissait, Anthony ne la remarqua pas. Après son action de grâces, en levant les yeux, il aperçut la com- pagne de la maîtresse de Green- Rood qui sortait de la chapelle, et il parut surprit. Dans ia journée, Anthony rejoi- guit M. Weelford dans le parc. J'ai, lui dit-il en souriant, une é- trange chose à vous confier. —Qu'est-ce donc ? —Ce matin j'ai eu une vision merveilleuse. — Vraiment ! Croiriez-vous, Monsieur, qu’il m'a semblé apercevoir dans la cha- pelle de Geen-Rood lady Mary Drummore ? — Votre vision m'était point un rêve de l'imagination, mais la réa- lité. — Je m'en doutait. —Je pensais que vous aviez déjà vu la noble jeune fille. —Je ne l’avais pas reconnue ; du moins, jusqn’'à ce matin, je n'étais pas sûr. —Je n’ai pas besoin de vous re- commander une parfaite discrétion. —Soyez tranquille sur ce point. Mais alors lady Mary est catho- lique ? — Dieu lui a fait cette faveur. —Seigneur, je vous remercie ! ses yeux pleins de larmes :voilà un de mes vœnx les plus ardents ex- auce. —Le Tout-Puissant vous a en- tendu. —Lady Mary vient-elle souvent ici ? — Toutes les fois qu’elle le peut. —Son père connaît-il ces visites ? —Non,'’ répliqua M. Weelford à voix basse. Et il entraîna Ax- thony à l'écart. ‘“‘Tady Mary a été bien malheu- reuse, reprit-il ; pendant que vous pas ce régime. Il semblait qu’on désirât sa mort, et qu'on eût hâte! étiez captif à Dumbarton, elle aussi ‘“L'ennui, la souffrance, la dou-! fit le jeune homme en levant au ciel | J'ai tant prié pour Mary ! souffrait pour la foi romaine. “Il y a trois ans que la fille de lord Drummore est catholique. Le jour où son père découvrit qu'elle avait renoncé aux erreurs du presbytérianisme, il entra dans une violente colère, pressa Mary de revenir au culte de sa famille, et lui fit d’effroyables menaces. L'a- yant trouvée inébranlahle, il l'en- voya à Edimbourg, sous la sur- veillance d'une gouvernante dé- vouée à l’hérésie, ponr y être en- fermée daus un établissement pres- bytérien. ‘‘Pendant trois ans, la foi de la nouvelle convertie fut livrée à tou- tes les obsessions, à tous les assauts imaginables, et la jeune fille souffrit cruellement. ‘‘Bien que privé: d’encourage- ments et de secours, Mary soutint ces épreuves sans faiblir. Mais la nature, daus la noble enfant, fut moins forte que l'âme ; Mary tomba gravement malade, et on désespéra quelque temps de sa vie. ‘Lord Drummore, effrayé, ac- courut à Edimbourg ; il comprit qu’il fallait mettre un terme à cette persécution barbare ; il n'attendit pas même qu'elle fût complétement rétablie pour tenir parole. ‘De retour au sein de sa famille, Mary guérit promptement. ‘Le comte aitribue le rétablisse- ment de sa fille à l'air natal, aux soins meilleurs, aux empressements dont elle aété l’objet. Mais je suis convaincu que les consolations de notre sainte religion, dont elle avait été privée si longtemps, ont plus fait que tout le reste. —Vous avez réussi à la voir au château de son père? demanda Anthony, que le récit intéressait au delà de toute expression. -—Grâce à la complicité d’une femme secrètement catholique, je me suis introduit plusieurs fois chez lord Drummore; j'ai porté à la jeune malade l'aliment divin dont elle était affamée. L'apaisement de l'âme a contribué puissamment à fortifier le corps et à vaincre le mal. Cependant elle n’a pas recou- vré ses premières forces, elle est bien languissante encore. Son père, qui tient avant tout à la con- servation de cette enfant chérie, lui laisse assez de liberté. Illui per- met même de sortir, pourvu qu’elle soit accompagnée de l’une de ses femtnes, car il ne se doute pas que celle que Mary préfère est catholi- que. Mais de grandes précautions sont nécessaires pour ne point ré- veiller ia colère de lord Drummore. —De quel moyen, de quel ins- trument Dieu s'est-il servit pour toucher le cœur de lady Mary ? s’enquit Anthony. —C'est un mystère qui doit en- LE 4 FEV. 1904. les catholiques. qu’elle croyait leur religion la meilleure, et qu’elle dé- sirait ardemment s’instruire de leurs doctrines. Lady Ashley, | trausportée de joie d’une telle con-; fidence, embrassa la jeune fille, et ! lui proposa de l'initier à la foi ro-. maine, ce qui fut accepté. Hile. lui découvrit ensuite qu'une de ses | femmes était catholique, circons- tance heureuse qui permettait à : Mary de ce rendre à Green-Rood. En effet, à partir de ce jour, la fille de lord Drumuiore vint toutes les semaines visiter lady Ashley, et je l’admis secrètement dans le sein de la véritable Eglise. —Lady Mary ne venait-elle pas le soir ? —Précisément. —Lady Ashley ne la recondui- sait-elle point quelquefois ? — Effectivement. Vous me donnez en ce 1n0- ment le mot d’une énigme jusqu’- ici insoluble pour moi,’ dit An- thony. Et il raconta à M. Weelford l’a- ventnre qui lui était arrivée, sous les murs de Drummore, près de la petite porte, le soir où il s'était at- tardé chez Joyce Harrison. ‘Je comprends parfaitement maintenant, ajouta-t-il, pourquoi j'ai rencontré lady Mary à pareille heure ; elle sortait de Green-Rood, et lady Ashley venait sans doute de la quitter.”’ Ces détails donnés par le vénéra- ble chapelain, et les souvenirs qu’il évoquait lui-même, causèrent à Anthony unc impression profonde, qu’il ne réussissait pas à dissimuler, et que M. Weelford remarqua. Mais le vieillard n'eut pas le temps d'interroger là-dessus son élève, car celui ci s'éloigna presque aus- sitôt, le visage troublé, l'air agité. Le jeune honime rentra dans sa chambre. Quand il fut seul, s’a- bandonnant au cours de ses pen- sées, il murmura à deimi-voix, comme il le rapporta plus tard au saint prêtre : ‘Si je n'ai pas centribué à la conversion de lady Mary, du moins je puis me féliciter d'avoir souftert à cause d’eile, et pour la tranquillité de lady Ashley, la prison et trois ans de tortures..." Après une pause, il ajouta : ‘Jamais elles ne sauront que j'ai enduré tout cela pour elles. À Dieu ne nilaise que j'aie la vanité de le leur révéler !”? Il se mit ensuite en prière. L'élève de M. Weelford ne sortit qu'à la tombée de la nuit. Comme il suivait l’allée conduisant au châ- teau, il rencontra lady Ashiey se promenaut avec Marv. Il salua en baissant les yeux. Mais les deux femmes l'arrêtèrent. La dame de core rester caché, répondit M. Weelford ; car, s’il était divulgué, la fureur du comte éclaterait, et peut-être qu’une noble tête serait compromise. —Je serai discret. —Je le sais ; aussi n’ai-je pas l’in- teution de vous taire l’autéur de la conversion de Mary. —-Quel est-il ? —Vou: ne devinez pas ? — Vous, peut-être ? — Non, ce n’est pas moi. —Qui, alors ? —La maîtresse de Green-Rood. —Lady Ashle y? —Eile-même. —Lady Ashley ! répéta encore le ieune homme avec une émotion qu’il avait peine à contenir. —Cela vous étonne ? —Loin de là ; lady Ashley est la plus noble, la plus vertueuse des femme ; elle était digne de faire à Dieu cette belle conquête, déclara Green-Rood, sachant déjà que le chapelain avait appris à Anthony tout ce qui concernait la fille de lord Drummore, le présenta à Mary. Le jeune homme coup. ‘‘Anthony, dit la d’Ashley, comme il n'est pas impos- sible que lord Prummore recom- rougit beau- marquise mence ses persécutions contre sa fille, j'ai proposé à Mary de se ré- fugier dans ma maison, mais elle refuse. Joignez-vous donc à moi pour vaincre ses résistances. —Je vous fais juge, Monsieur, déclara Mary eu souriant Conu- vient-il que le pilote abandonne le navire en perdition tant qu’il existe quelque espoir de salut ? —Assurément non, répondit An- thony. — Ehbien, je puis, sans trop de | présomption, me cousidérer comme | pilote au milieu des Anthony d’un air animé. — Vous avez raison, Ô mon fils. | Je ne connais pas d’âme plus zélée | que l’illustre dame de ce manoir. Vous n2 savez pas combien de proies elle a arrachées à l’erreur. conversion de lady Mary ? — Peu de jours après notre arri- vée à Green-Rood. la fille aînée de! lord Drummore, traversant Ela- | : : | uue pauvre chaumière et soignant | un malade de ses propres mains. contré lady Jane un peu plus tard, | et se trouvant seule avec elle, aussi- | NS ET miens. La! maison de mon père est un vais- | seau en danger de naufrag> éter- | nel. Mon devoir r'’est-il pas de | rester à bord à tout prix ? | —T'el est mon avis. | ler sincèrement, Milady, à votre! —Comment s’est accomplie la|place j'agirais comme vous- Ah !| Published monthly at Halifax.! ajouta-t-il avec enthousiasme, Dieu | sait que je donnerais avec joie ma! vie pour le salut du comte de! Drummore et de ses enfants. Mais! uelly, aperçut lady Ashley dans |qu’est-ce que ce sacrifice pour que for acquiring kuowiedge which is} le Seigneur daigne l’agréer ? Î — J'espère que le Tout-Puissant these days, when catholic doctrines Mary fut si touchée, qu'ayant ren- |exaucera vos vœux, généreux Au- | are so much misunderstood. Besi- | : des it will keep the catholic to! Homeor Winter Resort. | speak strongly and tell people what : 5 7. |they are and what are the doctrines York. Write to Board of Trace of tôt elle lui avoua qu'elle adwirait: La conversation en resta 1àÀ : et la lof the church. i thony, répliqua Mary, sans accep- ter l'offre que vous lui faites. ”’ À vous par- À. be” » mn. 100 BARRELS CHOISE NINTER HEEPING APPLES FOR SALE PRICES LOW LEONARD MORRIN SUMMERSIDE Ÿ Great Cash Sale at À ALBERTON. During the next thirty days, we will give the people of West Prince an opportunity to buy goods cheaper than they ever had. Our entire stocks except Groceries at the following diSCOuUts : Dress goods, flannelettes, ginghams, shirting, men and boys ready made suits, ulsters, reefers and overcoats, ladies cloth coats and capes, men’s hats and caps, Boots an £hoes, carpets, oil cloths and matting now selling at Seventy cents on the dollar Men's raglan, duck and waterproof coats, men’s and boys under cloths, in fleece and rib, also all Xmas and fancy goods at Seventy five cents on the dollar All our stock of cloths one third off All partie sindebted to us will please call and make prompt settlement All kinds of farm produce and dressed poul try taken in trade Dyer Woodmans & Hunter FISH, SALT, TEA and OIL 100 Bbls well cured Island Herring , Goo Sacks salt lo Chest Best Tea lo Casks American Kerosene oil otof Laths, Lumber and Pailings, Mat-_ ched Boards and Hardwood Pianks, Boots and Shoes. Paint and oits, Nails, etc. 200 Bbls Flour now on hand. AI cheap for cash or produce. CASH PAID FOR OATS À. f L'arkin, Frog Pond. fille de lord Drummore ne ps DRE FRD-SEVERAE PERSONS OF QÉ : ® r and go0d reputation in each pas à s'éloigner de Green Rood. |statet ne = pre » County required) tore g presen. and adveitise old esteblished (Asuivre) wealthy business house of sclid finan- cial standing. Salary 821 00 Weekly with expenses additional. all payable in cash each Wednesday direct from head. offices. Ilorse and Ccarrisge furnisheu - Every Catholic should resû The Cross when necessary Keferences. En-lose self-addressed envelope Colonial Co, re: 433 Uenrborn +. Chicago. : pie so cents per year. | M 18 16 Ws& | Iso baädly needed by catholics in! MoorE Co., N, C. + l = —— The most delightful climate for a Oniy sixteen hours from New sf | Southern Pines for booklet. OR RME e ee ee SR 0 ven ve ot re e sidi nn a ee me sq Gagne verser op En he qunee “oriente Pr té A Suis apr À een St à amour os borne rie A =. ram ET RE se. rt Vs 2e Fe de Lani