_ — LA CIE. DE PUB. DE L'IMPARTIAL, PROPRIETAIRE. | FC Fondé en 1893 par Gilbert Buote et son fils, 2. ANT + | D | : À J. BUOTE, KÉDACTEUR. Mme. F. J. BUOTE, Assistante. mn VOL. 5. NO. 43 “ TIGNISH, CRARHRRNRRDHDHRRHRHRHHHRS 2: LE FRERE ET LA SUEUR CHHHHHAUUHHN _— ” Par une belle soirée de mai, ume calèche aux panneaux armoriés traversait le village de Morlaus, à viugt lieues de Paris ; une jeune persomme accompagnée de sa fem- me de chambre était assise molle- ment daus le fond de la voiture. La voyageuse touraait ses regards Ça et là, sur les toits de chaume dont le piitoresque plaît aux aïtis- tes, et elle se fit arrêter en face d'une cabane démolie, éclairée tristement par les rayows du soleil qui commençait à quiiter l'horizon. Elle cousidéra d'abord cette ruine comme é.ude à placer sur son al- bum ; mais, eu réfléchissant, elle y trouva un mott de tristesse... Ce toit aba.tu, ces solives pourries, au travers desquelles la pluie s'était fait jour ; cette po:te basse déjetée et saas serrure, tout cela dénotait la pauvreté de cenx qui avaient ha- bité une pareille masure. Ce n'était pas le feu qui avait passé par là, c'était le malheur ; le malheur qui suit la mise-e... la misère ! cet horrible ; fléau de l'humanité, qui t'op souvent—et cela parce que l’homme mauque de religion,—ôie à la pensée sa ‘puis- sance, au co ps sa force, à l'âme sa couscience ;: y éteint tous les senti- meuts nobles, et n’y laisse ardentes que l'envie et la haine... la haine de ceux qui n'ont rien comire ceux aui possèdent. La jeune personne fit distraite de ces réflexions par sa femme de chambre qui lui fit ebserver qu'on n’arrive-ait au châeau de madame la marquise qu'à la nuit. ‘“En ef- fet, dit-elle, le cuâteau de ma iau- te est à trois lieues d’ici, partons.” Mais elle emporia le souvenir de la chaumière démelie. Mile Anne de Latour ainsi que son frèré, le comte Georges de La- tour, étaient restés tous deux maî- tres de leur fortune avaut leur 1ma- jorité. Leur père leur ava'tidouné une excellente éducation, et em mourant il les confiait à la sollici- tude de sa soeur, madame la mar- quise de Malval, et il voulut enco- re que sa fiile ajouiât à sou nom le titre de comtesse : armsi Mlle Anne, comiesse de Lateur, jouissait à dix- huit aus des privilèges d’une gran- de na'‘ssance et d’une brillante feï- tume, unies à la grâce d’uu esprit supérieur et d'une beauté femar- quable. Elle passait vrdiaaiement trois mois de l’anmée ciez Sa tante la marquise, trois NCIS € voyage lorsque ja marquise pouvait l'ac- compaguer, et Ssiz wois à Paris, dauus un charmant hoiel du fau- bourg Saint-Germa:n. Un peu pius tard. ] reparut daus le pauvre villige et devant la chaumiere 'uinée. Elle petite fille qui paraïs- velque chose au m1- a comcesse y aperçut une sit chrcher q lieu des éécombres. + ‘-Que faices-VOus là ? lui dit-elle, out en s'amusant à dessiner. _—Je ramasse un peu de fer pour Je veud e au maréchal, dit la pe.ite fille, et :appo:ter quelques sous à me pañvie Inère, gui esi au lt bien malade, et qui »’a à beoi:e que é ’ de l'eau fioide, car mous n aVORS « ; Lis Fe pes de feu, et [avec ces peiis MO csaux de bois je vais tâcher d'en faire uu peu ; le maire «1 & permis de chercher tout cela dans la dé- QHEH HRRHHHHHEHSE molition.’” Ainsi, pensa la jeune comtesse, c'est la pauvreté qui fait ici l’au- mône. “Votre mère est donc bien mala- de? demandai-elle à la pauvre villageoise. —Oh ! je le pense, madame, car elle ne dort plu. —Qui est-ce qui la soigne ? —Moi, dit la peti.e uaivement. —Vous ? mais il y a sans duute un médeciu qui vient la voir ?”’ La petite ne répovdit pas, éiou- née de cette question. ‘Mais alors, dit la cointesse, si vous u’avez pas de médeciu, il vau- drait mieux placer votre mère daus une maison de sanié,;un hôpital enfin. —Maiame, dit l'enfant, ici, quaud om est malage, il faut mou- rir, sile bon Dieu me vient pas à votre secours. — Mourir, dit la jeune ‘comtesse, mourir sans secours, où !c'est af- freux !... Tenez, mon enfant, dit- elle à la jeuue fille, em lui mettant us peu d'argent daus la main, te- uez, allez faire du feu à votre pau- vre mère, achetez-ini du sucre, fai- tes-lui du bouillon, Set nelui don- nez plus d’eau froide à beire ; allez vite, et dites-moi où reste le maire du village.”’ La petite lui mon::a la maison du maire et la quitia, en courant de toutes ses forces vers uue misérable masure, presque auxi délabrée que la chaumière qui était à terre. Mademoiselle de Laiouï: se ren- dit chez le maire, tres étonné de resevoir une aussi belle visite. “Monsieur, lui demnanda-t-eile, dès qu elie fat eut'ée, veu:llez re dire à qui appartient cette cabane | qui est là-bas sur .a colline. —Aux héritiers d’un mill:ou- naire, fit le maie et j'ai comtuis- sios de la vend:’e, maïs persoaue n’eu veut. —Eh bies, je viens vous l’ache- ter, monsieur, :épondit ia comtesse Avne. . —Vous, madame ?... —Oui, moi, est-ce bies cher ?”’ Le maire ouvrit le livre des lots qui restaient à vendre, provenant du domaine d'um parvenu, et de- manda cinq cinq cents francs de la terre, ‘‘car, ajouta t-il, la maison me veut rien. seciet. ILE du PRINCE EDOUARD, JEUDI | ‘Mon cher mousieur, jui dit la | | comtesse, j'ai fait une acquisition nouvelle. —Taut mieux ! dit l’architecte, est-ce à la ville ou à la campagne ? —À la campagne, à trois lieues du château de ma tante, Il ne s’agit pas d’une habitatien pour moi, mais seulement de trente pei- ches de terre et d’une cabame démo- lie.” L'architecte fit une lègère gri- mace, et d’um air moitié déduai- gmeux el moitié resp:ctueux, il se pe: mit de di:e que mademoiselle ne dépenseïait pas là ses reveuus. ‘Qui sait ? dit-elle, trente per chrs de terre peuvent essevelir beaucoup d’or... mais, soyez tran- quille, je ne vous demanderai mi un château, ni un palais ; et, de toutes mes p'opriétés, c’est celle qui me promet le p:us de jouissances. Sa- vez-vous ce que vous allez élever sur ces treute perches de terre, momsieur ? — Mais, dit l’architecte, un repos de chasse ? —Bah ! dit !a comtesse Anne, on ne chasse plus. —Uue maisounette élégante ? une chapelle gothique ?... — Vous n’y êies pas. — Uue salle de bains ? — Je n'ai vu qu’un pvits et je ne me baigne pas dans cetie eau-là. —Uue fai-anderie ? —Je déiesie les oiseaux murés. —Je ne puis deviner... —Eh bien, monsieur... mais il n’est pas temps de vous dire mon Demaiu, veaez me prendre à six heures du matin, nous mon- terons en voitnie, et avaut midi, nous ariveious au viilage où j'ai acquis ma mouvelle possession : em- portez C'ayous et pap'ers pour dres- ser un plau selon mes dési s ; je veux que tout soit fini prompie- meut : dousez des ordres pour que vos ouvriers redoublent d'activité et que l'on soit à l'oeuvre au plus vite. — Demain, dit l'architecte, je me reudrai aux ordres de mademoisel- le.”’ Le lendemain la jeune comtesse était prête à mont-rem voiture à six heures du matin; l'architecte arrivé, or partit. J! était onze heures lorsque la voiture entrait au village, c'était l'heure de la grand’ messe, Les cloches, sonuaient à coups redoublés, pour inviter les fidèles à la prière commune ; la comtesse Aune entra daus l’église, le prêtre bénissaii l'assemblée ; elle se mit à genoux el reçut la béné- diction ; heureuse de ceite circons- —J'accepte,’’ dit Anne, et pour cinq cents francs elle se trouva pro-} priétaire de trente perches de ter-: rain et de décombres. ‘“Bieutôt. dit-elle au maire, vous] entendrez parler de moi mousieur ; eu atteudant, veuillez faire soigner | cetce bonne femme qui demeure là- louis” je veux, comme propriétaire de votre commume, payer ma bien- Le maire remercia, lWais sans comprendre qu'une jeune femme élégante, et qui semblait riche, fit une acquisition dowt personue du pays n'avait veulu. Anme remouta em voiture, et les oas dans cette cahute. Voici cinq! venue” tance, elle assista à l'office, se reu- dit à l'offrande, et y déposa un sou- vezir de sa générosité. Elle allait se retirer, lo:squ’elle fut accostée par use jeune fille pro- premeut vêtue, doumaut le bras à une femme pâle et faible encore. L'enfautilui sourit timidement, tandis que la mère la regaicait avec des yeux mouillés de la mes ; la couitesse reconuut la pauv:e eu- faut qui, un mois auparavant, chercuait de vieux cious dans la démolition. Elle lui adressa uu bonjour qui fit disparaitre sa timi- dité. ‘C'est toi, ma petite, où est ta mère ? demauria-t-elle. chevaux l'emportèreut, heureuse de sa soirée. Elle se reudit à Pa- ris la semaine suivaute. Huit jours après sou arrivée, Anue était levée de bonxe heure ; sa femme de chambre avait ordie de faire entrer son architecte aès le matin, et bientôt il arriva, —La voici, madame, répomdit la jeuue lille, ex mont:aut la femme à qui elle donnait le bras. —Vous vous sentez donc mieux, ma boune ? dit la comtesse. —Oui, madame, répond la pau- vre convalescente, je vais mieux, (suite à la huitième pag=) LE 26 AVRIL 1906. 13 ANNEE. ES En: j (y 2 A sd f F, elle je suis THE OGILVIE FLOUR MILLS COMPANY; LIMITED{ MONTREAL. Tr chemin de fer, préfé e crois que si je ne pou VOIGI, ENTRE DES MILUEBS, UN TEMOIGHARE QUE NOUS AVONS BRON. Savowas, Tueee Mie Cueex, C.A., 2% Novembre 1904. Je me suis servi de votre farine exclusivement depuis que je suis au Cana J'ai essayé la farine “Royal Heusehoïd' aussitôt u'eile a été dm sur le eue montrer combien je la prélère aux autres, je vous dirai, qu'il ya quelque temps, men en manqua et que j'eu envayni chercher à KamloBps, à 25 milles d'ici, d'où je dus la rte PP t payer le trausport que de me servir de farine de qualité inférietre, l'avoir autrement, je me le ferais expédier des m avoir de bou pain et rien u’apporte mieux l'accord dant certain de tou$o: [Signée] For Practical Painting RAMSAV’S PAINTS are the best— made by practical men backed by 64 years experience to with-stand the summer’s heat and winter’s cold —one gallon is guaranteed to cover 360 sq. ft. on wood in fair condition with two coats of paint that won’t fade—crack or peel. RAMSAV'S are the paints you want at the price you want. Ask your dealer in your town. 5-4-06 A. RAMSAY & SON COMPANY, MONTREAL. 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MONTREAL. ——————— McKianon’s «cé impossible de fabriquer un plus pur ou plus BABY'S OWN SO4P Ÿ Savon idéal pour la toilette, ue les mots oap sur l’en- veloppe et la boite ne sont CURES € Fr, é Pimples, Sore Eyes, LEE Blood Poison, Burns, Sprains, Corns, Cuts, { ifae Backs ELEC 1 | Horses. © English Ointment Fever Sor:s:, Salt Rheum, Scalt Heads, Itchivg or Bleeding Piles, Ringworm, Blotches, Erysipelas, Inflammaticr, Chapped Hands and all Eruptions of the Shin from any cause whatever. lalso cures scratches, and woumds aud Shouldei:on cf Demardez oue de primes. Hosanna ! C'est le iit'e d'un cantique de Pâque. à quatre voix d'hommes que publie le Passe Temps de cetie sewa:ue. cesux pour chaut, piano et mande- live ou vielor, dans méro. in m2rchands €e journaux, 5 cenis Abonnement, $i.:0 par au. Adres- Montréal. po.re nouveau catalo- Aussi plusieu:s chez veuie Le Passe-Temps, le même nu- tous les | faire Ja collection. Buote, bureau de L'IMPARTIAL É Nous avons nesoiru de trois de abonnements S'adresser a F J| , : LS é r;lane- purposes eud find it far supe- jfor tonsaviy e on the market. soliciter PRICE, 25 AND 35 CENTS For Sale by all Drugzgists and Country Merchants NEIL McKINNON, Proprietct Summerside, Prince Edward Island JAMES THOMAS, Summerside, SAYS : ‘“[ desire o bear testimony to the great heal:ug powers of Mc: Kinvou's Eszish Orniment. Avec ménage. Th Delineator for May \ The May Délineator, with a com- plete display, pictorial and éescrir- tive, of the latest Spring fashions, contains a wealth of suggestion f«r tanose who wish to be smartly gowned, and many other features ofinterest to women. Hon. Jus- tice David J. Brewer contributes an article on ‘Woman in the P:o- fessious’” in which he comments om the significauce of the fact that the status of woruen has changed in the | last half century. Miss W,nslow's club stery, ‘‘The President of Quex,’”’ drawiag near its end, dee- pens in interest, and the author supplements the installment with a chapter on ‘‘Culb Women and the Child Laber Question.” In ‘‘Fa- mous American Songs,’ Gustav Kobbé gives thestory of the origin of the popular air, ‘‘Ben Bolt, '’ and in an interesting historica! sketch of Annapolis, Hester D. Richardson vividly pictures the ro- mantic interest atta:hed to the spot where the body of John ,Paul Jones is to rest. Florence Rockwell writes her experiences in playing Shaksperian rôles and speaks of the need of a national theatre. A- very Abbott and Juliette B. G. Towue contribute short stories fcr older folks, and Alice Brewn a fai- ry tale for the little enes. The e are other features to delight young folks, including a chapter iu the serial, ‘‘Suvlight aud Shadow’ and ” past-times by Lina Beard.. 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