Fa ae Let 9 A s—$ LE COIN DES ENFANTS LE CADEAU M. Rapel, vers sept heures, descen- dit du train a Asnières, comme d'habi- tude, et rapidement se dirigea vers sa maison, une modeste constructi bourgeoise qu'isolait un petit jm Mme Rapel en peignoir, traw dans l'allée. Elle vit que“ son rtait a la main deux petiis carti Île sourit et dit : 2 —Ah ! tu as pensé au cadeau? | —Oui, j'ai fini par trouver. Je @rdis que ça ira ! È at C'était le cadeau destifié aux cou- sins Minot pour leuñfête, le mari et la fête, le mari et}a femme portant le même nom..Les Minot. étaient aisés. Leur influence n'avait pas été êtran- 8ère a l'emploi que .tenait. M. Rape] ans nne administration de chemin de fer ; et Mme Rapel avait été d'avis qu'il fallait bien faire les choses. —Tiens, dit M. Rapel, dépliant un ppicr.chonrrant un écrin, voici pour ui : un étui a cigares. Mme Rapel flaira.le maxoquin. . IN sent trés bon ! dit-elle . —N'est-ce pas ? Etle grain de la u, quelle finesse ! Ouvre, tu verras l’intérieur.: : ., . ê —Et pour la cousine ? s’'informa Mme Rapel. | —Une sonnette de jardin. M. Rapel tira du sécond carton une sonnette de cristal a monture argen- tée, qui avait pour grelot une minus- cule-tête de mort..Mme Rapel s'écria : : #-Oh { ravissänt ! On disait un bi- belot de vitrine. M. Rapel sourit modestement, heu- reux, de: voir ses choix -approuvés.: Mme Rapel demanda, avec une petite appréhension : {Combien ? M. Rapel hocha la tête, puis lacha timidement : , —Près de quarante francs ! Le tout, bien entendu ! —Quarante francs ! C’est cher ! En- fin, nous leur avons tant d’obiiga- tions ! —Oui, il faut être juste ! Mme Rapel, cependant, suiyait une idée. Ils avaiént coutume, l'été, “de di- ner au jardin. La table déja était dres- sée. Elle proposa : —Si nous éssayions là sonnette ? —Oui, c’est une idée ! —N'est-ce pas ? nous pouvons bjen en profiter un peu ; ça ne l’usera pas ! —Oh ! pas du tout ! , 4 Posée sur la nappe, la sonnette pa- rut encore très jolie. Elle ayait une so- norité légère et délicate. Mme Rapel, douceinent d'abord, puis plus fort, ap- pelait la bonne a Chaque instant, pour un rien, même sans motif, unique- ment pour réjouir son oreille du’elair tintement de la sonnerie. Après dîner, M. Rapel ne put résis- ter au plaisir de revoir l’étui. Son ac- quisition le rendait fier. Il lui parut qu’il ne l'avait pas suffisamment ad- miré dans le magasin, et continuellement il lui découvrait des qualités nouvelles : —Non, tu sais, il est épatant ! I le respira, fit jouer le ressort, s’a- musa au geste de le sortir de sa poche, de l'ouvrir et d’en tirer un cigare. —Tout de même, soupira la femme, c’est heureux de recevoir des cadeaux comme ceux-la. _—Je te crois ! dit le mari. Et, cédant tout a coup a une envie qu’il contenait depuis un moment : —Si j'essayais l’étui ? Nous avons bien essayé la sonnette. —Oui, mais prend bien garde !.. —Sois tranquille ! Mme Rapel fit tinter la sonnette (quel joli son, décidément !) Et la bonne ayant porté des cigares, M. Ra- pel, avec dgs précautions infinies, en pe deux ou trois dans la pochette e l’étui. (Tu sais, elle est doublée en soie, et la peau est d’une douceur !) Il se carra dans son fauteuil de jar- din, avec des airs de nabab, mit l'étui dans sa poche, le retira, l’ouvrit, prit un cigare et l'alluma. Un moment, il le savourx avec une jouissance d'enfant qui goute en ca- chette a du fruit défendu. Puis; —C'est égal, dit-il, c’est pête, eette manie des cadeaux ! Vous donnez des choses qui vous seraient bien plus u- tiles a vous-mêmes qu'a ceux qui les reçoivent, et l’on vous remet en: é- change des objets dont vous n'avez que faire ! —Tu as bien raison, répondit Mme Rapel. Ainsi, cette sonnette. —Cet étui. Ils se turent, d’un silence brusque. Une mélancolie tombait avec le soir ; le cigare étoilait la pénombre, entre eux, d'un petit feu rouge. M. Rapel reprit : —Oui, c'est dommage, vraiment, d’être obligé de donner ça ! Minot ne s’en servira peut-être seulement pas. I! doit en avoir d’autres ! —Ils vont d’ailleurs, dit Mme Ra- pel, recevoir tant de cadeux *. Ils se regardèrent ; un petit rire trembla a Le lèvres sous la montée subite d’une tentation pareille, qu'ils n’osaient exprimer. Mme Rapel, la première, risqua : Oui, mais il nous faudrait alors leur acheter d’autres objets ! La dé- pense serait bien forte ! —Pourtant, dit le mari, en se con- tentant de quelque chose de modeste ! Is savent bien que nous ne sommes pas des Crésus ! Devant l'intensité de son désir. Mme Rapel eut un petit recul. Elle objecta : — Nous leur avons tant d'obliga- tions ! Et, a son tour, M. Rapel eut un mo- ment d’héroisme. —C'est juste ! déclara-t-il. Soyons raisonnables ! Ù Ils se replongèrent dans leurs pen- sées. Une odeur douce montait de l’é- tui qui gonflait la poche de M. Rapel. A chaque aspiration du cigare, le pe- tit feu rouge éclairait le cristal de la sonnette. La tentation grandissait, Jeur arrachait des soupirs. M. Rapel reprit : —Oui, soyons raisonnables ! Mais, presque aussitot, d’une voix { doniées et que j'aisserrées A" IMPARTIAL JEUDI, LE 29 SEPT, 15986. détachée, ilinsinua : —Autrement, bien leur offrir : | Ils se regardèrent, les yeux avisés dans la. pénombre sous la tension croissante de leur désir : —Ecoute ! proposa Mme Rape deux corbeilles a fleurs'qui ni Hs, ment: I sufirait de rafraîchir 1 bai pin 8 ourrions mettre ques us phiites du jardins ME Rapeléclata dé rire, d'un ri ui Hesravissement de l'idée. , SefBant des lèvres, riait lement des yeux, avec un conten- Elle appuya : —D'ailleurs, ce sera mieux ainsi les cadeaux utiles, c’est bien familier, Et puis, pourquoi ont-ils tous deux le même nom? On.ne peut pourtant pas se ruiner ? -—Eh ! ma foi, oui ! dit enfin M. Ra- pel, dans un ,emportement de belle humeur. Nous sérions bien bêtes ! —Et puis, tu sais, dit Mme Rapel, FS"ils né Sont pas contents 1." | —Et moi donc ! se Ils restèrent un moment sans par- ler,, avec des rires gamins, dans la stupeur radieuse de ce dénouement. Puis M. Rapel prit l'étni, en tira un second eigare. Alors, le : replongeant dans sa poche, d’un geste. de , proprié-, taire : : —Parbleu ! dit-il, nous: avons bien gagné un verre de bière ! Et Mme Rapel, pour appeler la bon- ne, jèta la main sur la ‘sonnette, dont le son_cristallin vibra, tinta, papillon- na, joyeux, gai, fou, par tout le jar- din comme un éclat de rire intaris- sable. Jean Reïbrach. MIRACLE DE SAINT JANVIER À NAPLES La Semaine Religieuse d’Autun donne un fort intéressant récit du mi- racle de St. Janvier. Nous en extra- yons le passage suivant : ‘La procession arrive, Il est près de sept heures. En tête de la proces- sion, marchent a la suite les unes des | autres, et portées chacune par douze hommes habillés dé rouge, les qua- rante-huit statues d'argent massif et dé grandeur naturelle, représentant les saints patrons de la ville de Na- ples. Le spectacle en est fort impo- sant. Elles viennent toutes saluer saint Janvier êt recevoir trois coups d'encensoir du prélat qui préside la cérémonie.-Après elles, vient le sang de saint Janvier, porté sous un dais par lé doyen du chapitre de la cathé- drale, en l’absence du cardinal Prises, nommé archevêque de Naples, mais non encore sacré. Il le fut peu de jours après des mains de Léon XIII lui-même. “Le vénérable doyen s’avance: por- tant précieusement la sainte relique. Il la place sur l’autel et se repose un instant. A ce moment le prêtre qui l’assistait me fit monter les dégrés de l’autel et me plaça a la gauche du do- yen. "Alors, celui-ci, prenanc le reli- quaire d'argent aux deux extrémités, le renversa plusieurs fois sous’ mes yeux en disant : E duro : ‘il est sec.” 11 fit la même chose sous Îles regards des autres assistants qui l’entou- raient, éleva la relique au-dessns des têtes pour la montrer a la foule, : dont les prières retentissaient a un diapa- son de plus en plus élevé, et la repla- ça sur l'autel. : ««Ce fut alors que commencèrent les prières des prêtres. Les seules formu- les récitées furent le Pater, le Credo et le Gloria Patri. La relique reposait sur l’autel, sans que personne ne la touchat. Nous prions depuis vingt- cinq minutes. quand a coup le sang contenu dans la grande fiole se mit a bouillonner et a se liquéfier. Le miracle venait de sé faire sous mes yeux. Le sang de ce martyr, recueilli il y a plus de quinze cents ans, était deve- nu liquide, eomme quand il sortit des veines du grand évêque, au moment ou sa tête tomba sous le glaive du bourreau. Une piense émotion m’en- vahit ! ‘Le prélat prit de nouveau le reli- quaire, le renversa plusieurs fois pour bien montrer aux assistants que le sang était enlJiquéfaction. Les, cris re- doublèrent dans la foule, la musique fit entendre ses accents Joyeux, les prêtres récitèrent le JE DEUM en Con- templant, la relique. Toute l'assistance était dans «a joie. L’ofliciant fit baïser le reliquaire aux prêtres les plus woi- sins de sa personne, et alla ensuite le faire vénérer aux religieuses de Sainte Claire, dont lé couvent est attenant a l'église.” UNE HORLOGE MONSTRE MM. Stockall, de Clerkenwell (An- wleterre), électriciens fort connus, viennent d'installer a la gare de Li- verpool street, le terminus, a Londres, du Great Eastern Railway, une hor- loge de dimensions colossales munie d'un appareil de controle tout a fait nouveau. Toutes les autres horloges des six cent vingt-quatre gares du réseau sont reliées électriquement a l'horloge dont. nous-parlons, et, faisant partie du mê- me circuit, recevant leur mouvement du même appareil, le synchronisme ainsi obtenu est absolument parfait. De plus, une sorte de tableau indica- teur disposé dans la gare de Liverpool street enregistre les moindres pertur- | bations et les plus petits écarts—)j jus- | qu'a une fraction de seconde—qui point du réseau. La précision de l'horloge est telle que depuis le 15 juin qu'elle à été ins- tallée, la variation n’a même pas en- core atteint un cinq centième de se- conde. Son cadran mesure 6 mètres 59 de haut, les minutes sont marquées par des traits larwes comme la main et la petite aiguille seule pèse soixanti-dix kilos. S ù ent intense” dans Ja -conscience | d'avoir trouvéçune énôrmité géniale. “à 70 ans; peuvent se produire 4 n'importe ‘quel | € 1 #2 Apres des annees de souffrances est completement guerie par les Pilules Rouges du Dr. Coderre, Les plus glorieux succes et ies guerisonsles pius surprenantes sont Le pp obtenues par les Pilules Rouges du Dr. Coderre. De toutes les parties du Canada et des Etats-Unis, les guérisons obtenues par les Pilules Rouges du Dr. Coderre, augmentent. Nous avons des milliers de certi- ficats qui nous sont envoyés par des femmes guéries, ce qui prou- ve que les Pilules Rouges du Dr. Coderre guérissent, Nous avons des certificats de jeunes filles, qui a peine entrées dans la vie se voyaient dépérir, et qui ont pris les Pilules Rouges du Dr. Coderre et qui, se sont guéries. Nous avons des certificats de jeunes épouses, qui pendant des années, ont souffert du beau mal et des maladies particulières aux femmes après que les médecins n'ont pu les guérir, elles ont pris des Pilu- les Rouges du Dr. Coderre, et sont. aujourd’hui, heureuses, fortes et bien. Nous avons Ges certificats de femmes âgées de 60 ces femmes étaient faibles, nerveuses, ne pouvaient dormir, souffrant des maladies, suites ou reliquats du changement d'âge, ces femmes ont aussi pris les Pilules Rouges du Dr.Coderre et se sont senties devenir fortes et bien, comme autre- fois. : Nous publions aujourd’hui le témoignage et l'adresse de Mde. Samuel Dubois, qui dit :— ‘ J'étais bien faible “ et souffrante lorsque j’ai commencé à prendre les Pilu- “ les Rouges du Dr. Coderre. : Pendant huitans j'ai “# souffert du beau mal, leucorrhée, douleurs dans le dos, “ et dans les côtés, douleurs dans le bas-ventre ; ÿ'étais “ toujours constipée, je souffrais toujours du mal de € tête, j'avais de fréqueuts étourdissements, j'étais très- “€ nérveuse, palpitations de cœur, toujours les mains ct “es pieds froids. Il y a un an j'ai eu les fièvres tynho- & ides et la diphthérie; je me fis soigner par les deux “ meilleurs médecins d'Ottawa, 1lsne semblaient pas “ comprendre ma maladie, car ils ne me firent aucua >: Î & bien. Une amie me conseilla de faire usage des «. LU “les Rouges du Dr.#Coderre : j'ai écrit au médecin “ spécialiste, lui demandant des conseils, il m'en donna “ un grand nombre que j'ai suivis à la lettre, en prenant & Jes Pilufes Rouges du Dr. CoGerre ; aujourd'hui je “ suis grasse et parfaitement bien. Ce témoignage est ‘“ donæé en toute vérité, car c'est bien vral œue ce sont “les Pilules Rouges du Dr. Coderre, seules, qui ont “ guéri toutes mes maladies. Je vous permets volontier, “ de publier mon témoignage et je vous envoie mon “ portrait. Mde Samuer. Dupois, Spanish River, Ont.” Le certificat de Mde. Dubois doit être suffisant pour bien faire comprendre à toutes les femmes qui souffrent qu’elles peuvent aussi se guérir, si elies sont aussi sages que Mde. Dubois, qui a fait usage des Pilules Rouges du Dr. Coderre et qui a consulté notre médecin et qui a suivi ses avis et qui s’est parfaitement guérie de toutes ses maladies. ; Nous ne publions jamais le portrait et le témoignage d’une femme, sans son consentement, Le portrait ct l'adresse, sont toujours ceux qui nous sont donnés en même temps que son témoignage. S'il arrivait que pour cause de déménagement, vous ne receviez pas de ré- ponse en écrivant à ces femmes, écrivez-nou; MADAME SAMUEL DUBOIS. Let ls et nous ferons tout notre possible, pour vous mettre en communica- tion avec elles, Les Pilules Rouges du Dr. Coderre sont une spécialité pour les maladies de femmes, seule- ment ; c’est pourquoi elles guéris- sent le beau mal, la leucorrhée, douleurs mensuelles, tiraillements dans les hanches, douleurs dans le bas ventre, constipation, mal dans Je côté, mal de reins, mal entre les épaules, palpitations de cœur suivies d’affaiblissements, brûlements d’estomac, mauvaise digestion, étourdissements, nervo- sité et toutes les maladies du changement d’âge,bouillonnement du sang, froideur des pieds et des mains, enflements des jointures. les Pilules Rouges du Dr. Coderre aident beaucoup à la formation des jeunes filles, Les Pilules Rouges sont prises ; avec grard succès avant et après la naissance d’un bébé ; elles font toujcurs disparaitre cette couleur livide, cercles noirs autour des yeux ; elles font du sang rouge, riche et pur, rendant les joues pâ'es, roses. Si vous souffrez depuis longtemps, nous vous encou- rageons à consulter netre médecin spécialiste, vous pouvez le consulter absolument pour rien, par lettre ; écrivez-lui une descripuon complète de votre maladie, ne lui cachez rien. Aussitôt votre lettre reçue notre médecin spécialiste examirera votre maladie, vous donnera u : grand nombre d: conseils, qui, si vous les suivez bien, aideront beaucou a votre guérison. Notre médecin connait très-bien les m ladies particulières aux femmes, ils ne traite que ces maladies, par conséquent Le tout le temps pour bien étudier toutes ces maladies -cnnaitre. C'est une chance unique que nous vous Trons de consulter notre médecin spécialiste, ahs0o- Fr i } Di jument pOur riele Aûressez vos lettres : Penartement Medical, Boite 2306, Mont- real. Defiez-vous des pilules rouges que l'on vous ffre à ja douzaine, au cent, ou à 2sc. la boite, ces pilules rouges sont des imitations des l'ilules Rouges du Dr. Coderre. Ces imitations sont }1 plus grande fraude du jour. Ilest arrivé un grand nombre d'accidents par l'usage de ces imitations que l’on vous vend à bon mar- ché ; ces imitations faites à bon marché contiennent des drogues impures, bien souvent elles contiennent de l'arsénic aiasi que de ia morphine. Défiez-vous si votre marchand n'a pas les véritables l’ilules Rouges du Dr. Coderre, envoyez-nous 50€, en estampillcs canadiensou américains, pour une boite, ou $2.50. par lettre enrégis- trée ou mandat-poste, pour six boites ; nous vous les en- verrons le jour même, pir la malle, Nous les envoyons partout au Canada et aux Etats-Unis ; pas de douane à payer. Faites enregistrer vos lettres contenant de l'ar- gent. Donnez votre adresse complète, afin d'éviter tout retard, Adressez : (3. Climque Franca-Amsricaine, Boit 2305 Kontreal. “| Madame Samuel Dubois Spectacles Spectacles Chas. 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