Mme Bernard - Je n’oublierai pas l’ouragan Juan. J ‘ai peur du ent, puis dans cette grosse maison—là, ça craquait. Le soir j’ai it : « Moi, j’prends deux pilules avant de me coucher ». Quand e me suis réveillée au milieu de la nuit, Léonce était debout - et se promenait dans la maison. À ce moment—là, il ventait très ort et j’ai dit : « Ah moi. je me couche de nouveau ». Je me suis i couchée, j’ai couvert ma tête et puis je me suis rendormie. Et j’ai dormi jusqu’au matin. Je n’ai rien entendu après ça. . Léonce, lui, avait eu assez peur, je crois. En tout cas. c’était drôle parce que d‘habitude je n’aurais pas dormi. n ,W fi‘ fl' a 12. Quels genres de choses faisiez-vous pour faire passer votre temps libre? M. Bernard - L‘été, durant mon temps libre, je jouais au t ; golf. Il y avait beaucoup de fonctions qui avaient lieu le soir ou en après-midi. Ça me donnait donc le matin libre. Et durant l‘hiver, je lisais beaucoup. Je lisais beaucoup sur l’histoire "f des Acadiens. J’ai aussi lu plusieurs biographies. Je me suis enrichi d‘une bibliothèque que j'ai apportée de Charlottetown avec moi, une fois mon mandat terminé. Aussi, j’ai tenu un journal de toutes les fonctions auxquelles j‘ai assisté durant mon terme comme lieutenant-gouvemeur. ll n’y avait pas de fonctions tous les jours. Mais des fois. il y en avait 3 ou 4 la même journée alors qu‘autres fois, il n'y en avait pas du tout. En général, on avait environ 400 fonctions par année. Dans cinq ans, cela fait au—delà de 2 000. Mme Bernard - Je tricotais et je faisais des couvertures. Je lisais, je faisais des galettes blanches et des cornichons. J’allais marcher. Nous allions à la messe assez souvent, surtout durant le carême. Moi. je m‘en venais ici à Wellington, au moins une fois par semaine si possible sauf quand nous étions occupés avec des fonctions. Ça dépendait. 13. Mme Bernard, avez-vous pu cuisiner à votre aise à Fennlnabenin Mme Bernard - Comme j'ai déjà dit, je faisais les galettes Ï blanches pour les repas. Mais, à part de ça, si je voulais cuisiner Quelque chose, je le faisais en fin de semaine quand les em- ployés n‘étaient pas lti. Je sentais qu’ils auraient pu dire que je ne me liais pas à eux en le faisant moi-même. Mais j‘ai toujours t‘ait mes cornichons. mes « pickles ». Puis. le « jam », C'élait toujours moi qui faisais cela. ainsi que les betteraves en conserves. Puis. quand il y avait des banquets. on les servait. J‘en faisais toujours assez. ll y en avait en masse. Mais, pour le reste, j‘attendais les lius de semaine pour le l‘aire. Mais, c‘est comme je dis : ce n'est pus que je ne voulais pas que les cmployée le l'assaut, mais c’était que je suis habituée il le faire il ma propre façon. Je dois dire qu’on avait de très bons cuisiniers. Nos chel‘s étaient très bous. On avait un bon groupe d'employés, et ça marchait très bien. 3007 LA PETITE SOUVENANCE Quand on a déménagé à Fanningbank et qu’on a commencé à avoir des banquets, les chefs ont demandé si on voulait choisir la nourriture qu’ils devaient servir. J ’ai dit : « Écoutez, c‘est vous autres qui êtes les chefs. C’est à vous de décider, ou au moins de suggérer ». C’étaient des chefs de l’Institut culinaire qu’on avait. lls nous suggéraient deux ou trois entrées, deux ou trois plats principaux, etc., puis nous autres, on faisait le choix final. Des fois, on faisait quelques petites suggestions de mets. On n’a jamais eu de problèmes avec ça. M. Bernard - Mes prédécesseurs faisaient toujours deux activités par année par invitation. Ils faisaient le bal de Noël et le bal d’été. C’était habituellement toujours les mêmes personnes qui y assistaient. Nous, nous avons aboli cela. Nous avons décidé d’inviter à chaque mois un groupe qui faisait du bénévolat. Nous avons invité par exemple les présidents des caisses populaires, les présidents des pompiers à travers l’Île, l‘exécutif des clubs Lions, du club Rotary, de l’Institut national canadien pour les aveugles ainsi que les membres du conseil d’administration de l’Association du Musée acadien de l’Î.-P.-É. et du Bureau de direction de la Société Saint— Thomas-d‘Aquin. Alors, beaucoup plus de personnes ont bénéficié. Ce sont avec ces groupes-là que nous avons fait des banquets. C’était quelque chose de différent de ce qui avait été fait auparavant et c’est de là que les chefs préparaient leurs banquets. Mme Bernard - D’habitude, le seul repas que les chefs préparaient pour nous était le dîner. Pour le déjeuner, on mangeait des toasts. et moi, je préparais le souper. 14. Et puis, pour Canadien Living, Mme Bernard, comment vous êtes-vous sentie quand vous avez appris que cette revue voulait faire un article à votre sujet? Mme Bernard - Canadian Living. ça. ç‘a été toute une expérience! C ‘est une autre chose que je n‘oublierai pas. et en gros, ç’a très bien été. M. Bernard - Unc dame de C harlottctown avait été à Toronto pour faire du marketing et puis elle avait rencontré des gens de la revue (‘unudiun Living. Elle leur avait mentionné le fait que l‘année 2004 était le 400° anniversaire (le l‘Acadie. Elle leur avait aussi suggéré que ce serait peut- être bon pour eux de publier un article sur les Acadiens. Elle leur avait dit qu‘ils pourraient peut—être même avoir Florence pour les aider avec l‘article parce qu‘elle pouvait faire beaucoup de mets acadiens. De hl. elle nous a rencontrés, Florence et moi. pour nous demander si cela nous intéressait. On a accepté. en autant que ça ne soit pas trop compliqué. Mais c‘est Florence qui a eu la misère de travailler avec emt et préparer un repas de Noël. PAGE 27 .