PR 7 D RE A RE RE, Op Le aan à fr the RER As 48 mot 2 anus she annee 2 etant de pe nn ent ategte one PPS * 4 . AL à ss L'IMPARTIAL Sn Re LE VAGABOND Au matin d'un dimanche d'été, vers onze heures, un é- plouissant soleil enveloppe de sa lumière ardente le petit ci- metière qui aligae derrière lu vieille église les monticules fleuris et les dalles grises d£ ses tombes serrées les unes contre les autres, entre des murs en ruines, dont la ver- dure des mousses voiie la vé- tusté. Sur l'herbe épaisse, montant autour des croix, flotte, saturée du parfum des buis et des la- vandes, une tiédeur pénétrante. Elle emplit l’étroit jardin où reposent les morts, les rues du village, solitaires en ce mo- ment, et se répand au loin, jus-| qu'à lisière des forêts dans, l'ombre desquelles elle va s’é- vanouir. De toute part règne le silen- ce, ce silence vibrant des soli-| tudes, où nul bruit ne peut tomber sans éveiller des échos. Parfois, un chant de coq, un bélement d'agneau le traver- sent, s'y mêlent aux sons d'un orgue fêlé qui. par les vitraux entr'ouverts, sortent de l'égli- se, accompagnant les chants sacrés. Et rien ne se peut de saisissant que ces accents de prière qui remplissent les sono- rités de l'air, en passant au: dessus des tombes, et se con- fondent avec les rumeurs con- fuses de l’espace. Noyé dans le gazon, parmi les pierres tumulaires, un hom- me est couché sur le dos, les mains croisées derrière la tète, le visage à peine abrité par les ailes de son chapeau, an feutre jadis gris, maintenant tout dé- formé, dont ies intempéries ont devoré la eouleur en y mettant de larges taches de poussière et de pluie. Les vêtement sont comme le chapeau. 1ls revèlent | tout un passé d’ulsance, mais le temps les a fripés, usés, souillés, ils ne sont plus que haillons- Dans 1es chaussures, éculées et poutdreuses, on aper- çoit les pieds nus. Sous ces loques, l’homme qui dort à cette place ne saurait dérober longtemps à la curiosi- té de quiconque l’apeicevrait sa véritable qualité. C’est un vagabond venu là, tombé plu- iot, pour s’y reposer, peut-être pour y mourir. Ce que les ailes rabatiues de son chapeau Jais- sent voir de ses traits permet d'affirmer que, en dépit de ses rides de ses cheveux griscn- nanis, ce n’est pas un vieillard. | Mais la soufirance, plus encore que l’âge, est pernicieuse au corps, et sans doute il a beau- coup souffert, car tout en lui, jusqu'à l'agitation de son som- meil, témoigne d’une socle te lassitude et d'un. violent combat avec la vie, d’où il est corti vaincu. Cependant, il dort ; il dort d'un sommeil fiévreux et lourd qui secoue son pauvre Corps] tout brisé, comme si les cruel-| bre du crèpe, son visage appa- raittrès pâle, avec sur les joues blèmies, des traces de larmes. Les yeux sont jeunes, le regard est pur, ui regard de vierge. Mais la douleur y est comme figée et en rend lex- pression saisissante. ) À pas lents, le corps penché, la nonvelle venue s’avance parmi les tombes. Ses pas la vortent à la place où est éten- du l'homme endormi. Jusqu'à ce moment, et durant le coutt trajet qu'elle vient de faire, elle ne l'avait pas vu. Elle ne l'aperçoit, tant sont hautes les herbes dans lesquelles 11 est couché, que lorsqu'elle est près de lui. Et d'abord, ce grand corps immobile couvert de vèê- tements dépenaiilés, avec des airs de cadavre, l’épouvante. Prise soudain d’eñroi, elle pousse un petit cri, recule en joignant Îles mains. Puis, elle se rassure, regarde mieux, mesure de l'œil le mal- heureux qui lui barre la route, comprend qu'il dort et le de- vine si faible, si épuisé, qu’elle cesse de le craindre. Elle se courbe et lui doucement l'épaule : — Monsieur : murmure-t-elie, Mais l'homme ne bouge pas. De nouveau, elle l'anpelle : — Monsieur | monsieur ! Sans remuer, il ouvre les veux, encore sonnolent et, d'ane- voix dolente, il rmurmu- re : touche —Que me voulez-vous ? —Ëloignez-vous, monsieur : allez plus loin. Je voudrais |m'agenouiller à l'endroit où vous êtes. —Pourquoi celui-ci plutôt qu'uu autre ? Etait-ce la peine de me réveiller ? —C'est que vous êtes cou ché sur la tombe de ma mère. | À ces mots, ii se soulève et embrasse du regard la place où reposait sa tête sur une touffe de lavandes qui grimpe le long d’une croix. Et sur cette er. ix.!° dont l'ombre éiroite vientd’a, briter un moment son som- meil, il lit : “Ici repose Madeleine Les- cot.” D'ua bond, ilest debout. — Vous êtes ia fille de Made- leine Lescot, celle qu'on ap- pelait autrefois la petite Jean- ne ? À ces accents interrogateurs qui pénétrent son âme, celle tressaille. — Vous avez connu ma mère? demande-t-elle éperdue. Plus calme, il répond : —1l y a longtemps, bien longtemps ; vous étiez une en- fant, moi j'étais soidat, Un bi- let de logement m'a conduit chez vos parents. Je n’ai fait qu’- y passer. Pour eux, j'étais et suis resté un inconnn, celui qu'on ne reverra pas. Mais j'ai gardé | bon souvenir de Jeur accueil, Let le nom écrit sur cette croix | l'a ravivé, ce souvenir, celui les jours heureux et regrettés...…… | Priez ma petite, et pardonnez- les privations qu'il endure de- | moi si j'ai occupé un moment puis longtemps même au repos ?éparateur qu’- | il est venu chercher eñ cet en-| droit. Sa poitiine soulevé siflle, et, comme sous l’obession d'un rêve douloureux, ses ments. Mais nul ne les entend. La voix du prètre l'intérieur de l’église, psalmo- die l'Evangile, les domine et les empêche de franchir les murs du petit cimetière, ou ils meurent élouflés. LE À ce moment, l'enclos des morts, se dresse une mince silhouette de femme, paysanne parie costnme, dis- tinguée de démarche et d'’al- jure, Elle est vêtne de noir, et. le voile des orphelines, brit le bonnet en dentelles sans rubans ni fleurs, posé sur ses bruns cheveux. Sous lèvres laissent échapper des gémisse- | qui, dans | £ au seuil de! assSOM- | l’'om- | survivaient | une place qui n'appartient qu’à | vous. Et il alla s'asseoir plus loin |sur nne pierre blanche, où il reste les coudes sur le genoux, le front dans les mains. Jeanne s’est agenouillée pour prier. Mais le voisinage du va- gabond, la voix qui résonne en- |core à son oreille, le regard par lequelle elle se sent pour: suivie, ont troublé son recueil- lement, Elle écoute sa prière, et bien. tot, se relève pour partir. Soadain, d’une question, | l'homme l’arrête : — Mademoiselle, dit-il, vou- lez-vous me permettre de vous suivre chez vous et me donner à manger ? Ve pts - faim. —Àh ! venez ! venez! s’écrie ,| Jeanne. Maintenant, dans l'une des {maisons du village, TRE PUBLIC RECOGMZE est attablé. Un morceau de lard, du fromage. du pain, du cidre, composent son repas. Mo- ) (ES deste est le munu. Fe 5 Mais, pour un misérable, dés- | — habitué de manger à sa faim et de boire à sa soif, est celui d'un roi. Le vagabond (late in ne mauge pas, il dévore. Jean- À = me that R. T. Holman‘s stock of all kinds of goods is up to ne, silencieuse, est debo.t de QU ANT iTY, QU A LITY, V ARIETY vant lui. Tout à l'heure elle a eu peur. Maintenant, elle ne ie redoute pas car, dans les re- gards qu’à la dérobée il jette de sur elle, elle a surpris l’expres- : ss d'un affection intérêt, J ust Received quelque chose comme une ca-| resse respectueuse et dissimu- lée, et si pure, si chaste, qu’elle. gar, 50 Bags Crystai Sugar. n'en est ni troublée ni alar-|° mée. Mais voici que, lorsqu'il a | rassasié sa faim, de nouveau il interroge : —Y at-il longtemps que vo- tre mère est morte? —Trois ans —Quelle était sa maladie ? 100 Half-barrels Fat Herrin ! | and in Low Prices. otherwise his trade would not in- g, 500 barrels Flour, 100 Barrels Cornmeal. 3 Tons Binder Es) Twine, 1 Ton Paris Green, 50 Bags Bright West India Sugar, 50 Barrels Granulated Su- Price as low as Es Te Ce APS EDS / Re = Produce will be bought as it sl United dés _-La douleur d’avoir pe Bank Notes thanktully received at their face value. son mari — Mort, lui aussi ? — Non, mais oublieux de ses, devoirs. Un jour, il est parti pour suivre une femme, aban-| donnant la sienne et, avec elle, | son enfant. | —La défunte lui a-til par-. donné ? —Avant de mourir, elle l’a maudit. 7 —Et vous. avez-vous fait comme elle? Est-il maudit! pour vous aussi. —Ma mère m'a fait jurer de ne pardonner jamais. D'ail-| leurs, pourquoi pardonnerais | je ? Je ne l'ai pas connu, cel malheureux. 1l ne n’ai jamais | embrassée, et je n'ai entendu prononcer son nom qu'à travers KEEP Sept 10th 1896. YOUR 00000X00000 ROBT. T. HOLMAN. COURAGE 1 am still alive though badly scorched I have temporarily installed my Groccries, Bouts & Shoes etc., àt Hubert Gaudets’. My counter and show roome are small, but I hope to have larger quarters in a few |wecks. In the meantime do not forget that | sell as cheap as ever. J. ALBERT BRENNAN les larmes et le désespoir de mère. 11 n’y a dans mon cœur aucun souvenir qui le défende. LE MAGASIN Je ne lui dois que douleur, DU PEUPLE qu'infortune. Si j'ai grandi dans | la tristesse et le deuil, c'est grâce à lui, grâce à lui que je | suis seule au monde...On ne où le public trouve tout ce m'a appris qu'à le hair. dont on # besoin. | Tandis que la jeune fille, Nons avons toujours en mains parle ainsi, avec vél émence, un | l’assortiment le pius complet: — implacable ressentiment dans Farine, Thé, Tabac, Melasse, e regard, l'homme a courbe la! Sucre. Bottes et Souliers, s, Clous, Poeles, Huiles. | la bouche comme s'il voulait! Marchandises Sèches de tou-| pailer. Mais les mots expirent | tes espèces et de la meilleure sur ses lèvres, et il se tait. Une | qualité. prière mélée d'angoisses passe! Venez nous voir. Nous ven-| dans ses yeux et y meurt sans | dons a prix très réduits. être formulée. : Nous payons toujours le plus —Voulez-vous. maintenant haut prix pour le produit et| dormir dans la grange ? lui dit |tout autre article qui peut être Jeanne. 11 y a de la paille frai-| placé sur le marché. che. | GILBERT DESROCHES —Non merci, répond-il en se | MISCOUCHE, 1. P.E levant d'un eflort. | 9 Jan "96. —Vous voulez partir sans] être reposé ? —Je suis attendu à la ville. PENDLETON'S Jeanne n'insiste pas. Alors iise dérige d’un pas PANAGER Internally for lourd vers la porte. Mais avant de la franchir il s’arréte et,, Cramps, Païns. Colic. Coughs, très humble : Colds Chills, Night Sweats. Pal: — Voulez-vous me faire l'au- pitation cf the Heart. mône l'un baiser, petite ? sup- Sure eure for pliet-il. (SUMMER COMFLAINT, CHOLERA. Rien dans cette question DYSENTERY., n’est pour troubler Jeanne. tant en est paternel l'accent, Outs, Burns, Lame back or tant il exprime de reconnais- Side. Rhumatism, Neuralgia. sance et de respect. Eile s’a- Sprains, Headache. Tootache vance, présente son front aux Best Family Medecine on earth lèvres tremblantes qui l’ef- Price 25 Cents fleureut, comme gi elles se po- ne + mean de tions 0 (inf Pendletons’. Take no joignent alors en un gueste dé-! _. sespèré que Jeanne ne com-! prend pas. Elle ne voit qu'une chose, c’est qu’il pleure. Pour lui, presque honteux de ses larmes et comme pour les ex- pliquer, il murmure: —Jadis, j'ai perdu une fille Le magasin par excellence | — Externally for Ripans Tabules cure liver troubles. Ripaus Tabules cure torpid liver. Ripans Tabules: one gives relief. Ripans Tabules cure biliousness. Ripans Tabules. Ripans Tabules cure dyspepsla. Ripans Tabules cure nausea. Ripans Tabules: for sour stomacL. Ripans Tabules assist digestion. Kipans Tubules relieve nausea, | Ripans Tabules: gentle cathartie. qui rous ressemblait. | Ripans Tabules cure indigestion. Et ii sort. | Ripans Tabaies eure liAmess. Æades cure henache. Jean ne le suit jusque sur le. seuil, et demeure tout attendrie | détour du chemin, il disparait. en le v oyant se retourner à di- | —Pauvre homme ! soupir:et- verses reprises pour lui dire! lelle, en rentrant. adieu. jusqu'au moment où, au ERNEST DAUDET. | | | | | | FE er ee | rit Re Là, DR ET LIBRAIRIE FRANCAISE DU COMTE DE PRINCE. a SUMMERSIDE I. P. E. ee — À la Librairie Française, on trouve ioujours un assortiment Géo | | eomplet de Livres d’Ecole Pros | | |çaise, Bibles Françaises, Testa- | of Fall goods now arriving is ments, Livres de Prières, ets. La Série de Montpetit tou- jours en mains. Toutes sortes d’Articles re- quis dans les écoles, objects de Fantaisie, Porte monnaies, Jou- jous, etc, etc. Venez ou envoyez var la malle pour nos prix. 19. HE: CURRIE. 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