* + # PES ONE JE SPORE AR PP ARS ie à Abus f £ LETTRE DE ROME Rome, 29 Janvier, 1899 À M. l'Editeur de l'IMPARTIAL Cher Monsieur, Quand pour la ‘première fois j'eus le p'aisir de vous rencontrer et de vous connaître comme rédäctenr et propriétaire de votre Journal, vous exprimiez le désir que Je vous fisss part d2 quelques unes des impressions qui remplissent l'âme du petit français, qui a le bonheur de mettre le pied dans la ville des papes. Louable dé- sir, peut-être, M. l'Editeur, mais sachez tout de suite, que ces impressions diverses se sentent mieux qu'elles s'écivent, sar- tout quand elies ont à passer par la plame du touriste, qui n'eserait pas même se croire no- vice dans l’art de bien dire. Toutefois peut-être seriez venue queique interessé, si nous Cau- sous ensemble d'un pélérinage que j'ai eu le piaisir de faire la semaine deruière, à Ste Agnè: Hors les murs. C'était le 21 jan vier. jour d'une fête bien chère —au coenr des romains st qu'- ils célèbrent chaque année avec solennité en l'honneur d’une jeune Sainte très populaire, Sainte Agnès, martyrisée à l'âge qe near gg à ns fiice de la meste, après quoi, il dit : ‘Le pauvre vieux pape ne compte plus sur personne ici bas, mais l'Eglise, l'église de Dieu est immortelle.” Cepen- dant les braves zouaves Pontifi- caux défendaient vaillamment la Porta Pia ; mais le St Pape ne voulait pas laisser verser i- autilement ie sang de ses en: tants. Il ordenna des pourpar- lers pour la reddition de la ville. Le drapeau blanc fut ar- boré, la fusillade cessa : l'enne mi entra par cette porte au fronton grec déssiné par Mi- chei Ange, où tout catholique lit ce mot écrit en lettres de sang “sacrilège.” Hâtons—nons sommes main- tenant sur la voie Nomentoue. Sa campagne romaine offre de ce côté de belles échappées de vue, de superbes villes. En vingt- cinq minutes, nous arrivons à la basilique de notre sainte. 1] faut descendre qusrante-cinq marches de marbre blanc pour arriver à l'entrée de l’église qui semble sortir de terre. Des deux côtés de ce large escalier des inscriptions enlevées à la Cata- combe voisine, sont inscrustées dans la muraille et chantent un hymne de louang:s en l’hon- neur des martyrs. Quand on est sous Je portique intérieur, l’édi fice apparait dans toute sa de treize ans. Le bréviaire ro- main nous dit, “qu'elle n'était splendétr. ii est à trois nef; sé- parées par seize colonnes auti- qu’une enfant, si nous comptons|ques, d'ordre corinthien. 1l à ses années, mais déjà son esprit Conservé sa forme primitive et avait acquis une grande matu-|ncus donne un idée exacte des rité. “Infantia quidem computa-| Eglises chrétiennes du 1V siè- batur in annis, sed erat senec-| cle. Sa restauration ent iieu tus mentis immensa.”' Un jour sous le pontificat de Symman- que la jeune vierge revenait des que, au V1 siècle. 11 fut réédifé écoles, le fils du proconsui la'et orné par le pape Honorius 1 vit et l'aima. Jl lui promit des au ViIls. La mosaique de l'ab. diamants et des perles en abon- side nous rap;eiie cs faits. On dance, sielle cons-ntait à l'y voit Agnès vêtue d'un riche pouser. Mais Aguès dans la cau |cestume grec, debout, la tête deur de son iunocente lui ré- Couronuée, d'émeraudes, Sym- pondit ‘un autre .mant t'a pré- :mauque et Honorius se tiennent venu auprès de moi et c'est lni à ses côtés. que j'aime.” Oui, jaime disait | La foule 8e presse dans Je elle cela dont la noblesse sur |tenple, nous sommes pourtant passe celle des rois et des té |assez fortunés pour pénétrer trârques ; celui dont la mère est près de l’aatel, où reposent les vierge ; celui que serrent les restes vénérés de Ste Aguès: hiérarchies des anges. ei dont le Nous prions cette sainte de pro:- soleil et la lune contemplent la téger la jeunesse chrétienne, et beauté ; celui au souffle duquel 4e ]ni donner‘ la force d'imiter e # 4 4 + À > 1 4 * Jés morts ressuscitent, dont l'at- touchement guérit les malades; celui dont l'amour est pur et l’u- nion la virginité même.” Pour démeurer fidèle à ce premier é- poux on la vit accepter en é- change du brillant avenir qui Ini était offert, les outrages, les tortnres la mort. Intrépide en face du bourreau qui tremble et qui pâlit, elie l'encourage à remplir son ministère. Le coup fatal est porté; l'ange est au Jiel. Mais sa dépouille mortelle est dans l'église sainte Agnès Hors-les-murs où je me dirige aujoird'hui pour honorer et prier Agnès, dont le nom vole! de bouche en bouche. Suivez- moi ; si vous le vouiez bien. Nous voila dans la rue du “Vingt Septembre” qui aboutit à la Porta Pia. Un écrivain a dit : une grande expiation, {la faite de Nérou] a fait la célébri- té de la Porte Nomentoue, un grand crime, celle de la Port- Pia. Les Piémontais sont entrés | par là. Oui ’envahisseur, le 20 septembre 1870, dat: néfaste dans les a inales de l'histoire, à livre bataille à cet endroit aux troupes poutifivales vingt fois intérieures au nombre. On au- rait pu croire à ue vouvel:e invasion des barbares. Pis 1X s'en alla prier dans la chap2lle de ]a ‘““Svala Sancta” et voulu, mal- gré son âge, gravir à genoux les marches consacrées par le divin Patient. Jésus l’avait mon té et descendu quatre fois au palais de Pilate, dans ia matinée de sa passion. Le disciple ne de- vait pas être plus grand que le maître, et il se préparait par le prière aux souffrances qui jat- tenduieut. Tan lis que ic canon les beaux exemples de vertus qu'elle a pratiqués. La messe commence, Chantée en musique, comme il arr.ve toujours sux jours de grandes fêtes. Qu'il fait bon d'entendre ces chants qui élèvent l'âme sur les ailes de la prière. Soudain un frémissement par- court l’asse.ablée des fidèles. Que va:t il se passer ? La messe vient du se terminer. Tous les regards convergent vers la porte de la sacristie. Je ma trouvais tout près, et je vis fort bien deux gentils agneaux plus blancs que la neige, portés sur des cowssins de damnas rouge. Leur tête est couronnée de roses et tout leur corps est parselaé de rosettes en ruban rouge, on les dépose sur l'autel, l’un du côté de l’évangile et l’autre du côté de l’épitre. Bientôt le célé- brant prononça une prière toute remplie de poésie. Elle se trouve, dans le Pontifical ro- main, trop peu connu dans le monde qui goûterait mieux nes connaissait le sens mystique. Elle conmence par une hymne en l’houn+ur de Ste Agnès, mo- dèle de pureté et d’innocence, de force et de douceur. Puïs elle rappelle l'usage de douner des ornemeuts particuliers aux miuistres sacrés. C’est que ces agneaux qui seront ensuite as- pergés d’eau bénite seront por- tés au souverain Pontife. Le St. Père les bénira à son tour, pus les confiera à des religieuses qui les élèveront avec une sorte de tendre respect. Leur toison ser- vira à la confection des Pal- liam. ces insignes sacrés avant grondait, il ofirait L: St. Tee sont conservés sur Je [tom eau des sts. apôtres. Km- baumés es vertus d'une vicrge, imprégnés de forte près des restes du premier pape, ils com- mupniqueront aux patriarches, aux métropolitains, anx arche- vêques qui les revêtiront l'éner- gie iuébranlable de Pierre et la douceur virginale d'Agnès, suc- ceeseurs de l'Agneau de Dieu, ces dignitaires de l'Eglise doi- vent perpétner sa mission et sa douceur ; voilà pourquoi l’insi- gne de leur haute dignité est fait avec la laine des agneaux bénits. C'est par la force et J’a- mour du Dieu crucifié qu'ils ac compliront leur terrible mis- sion ; voilà pourquoi le ‘Pal- lium’ est orné de sa croix; et comme leur puissance vient de ‘des legs. Pierre, pu les fait reposer sur son tombeau la veille: de sa fête, d'où, on les retire le lendemain avec un grand respect pour les! distribuer dans l'Eglise. Comme tout est grand dans nos tradi- tions religieuses. L'Abbé Pe. renne n’a-t-il pas raison de ter- miner ainsi le récit de la béné- diction des agneaux ? ‘Ah ! n'est- il pas vrai que le plus beau vêtement de l'Eglise est celui que lui tissent ls cœurs purs ; celui que lui douue l'innocence de ses vierges et la chasteté de ses prêtres” ? Aimons donc l'E- glise notre mère dont les cérémo- nies sont le symbele de si grandes choses; aimons ses pontifes qui recoivent de l’a- gueau sans tache les vertus né- cessaires pour nous Con‘luire dans le sentier des vertus chré- tiennes. Après la messe, nous nous a- genouiilons de uouveau, près du corps de Ste Agnès. Avec elle repose Ste. Emérentienne, sa sœur de lait, qui fut lapidée, pendant qu'elle priaïit sur la tombe de sa dévouée compagne, | mofte elle aassi au champs de, l'honneur. Ah ! c’est ici ; c'est à | Rome qu'on sent sa foi se rani- | mer vn Sobgeant surtout à la! parole ds Paseal : “Oaïi, je crois | rolontiers, des témoins qui se, font éxorger.” Dans l'après-midi nous som- mes allés à la place Nérone, où notre héroine fat martyrisée. Le Proconsul voulant fléchir sa vo lonté d'adhérer au (Christ son époux lui avait dit : “On sacri- fie, sur le champ de Vesta avec nos vierges, ou je te ferai jeter au Lupanar” Agnès répondit: “Je ne sacrifierai point, et le lu- panar me rendra vierge, comme il m'aura reçue, car l'ange de mon époux fait la garde autour de mon corps, pour qu'il reste immaculé.”,Elle prophétisa vrai et l'émotion dans l'âme, nous avons pu descendre dans la crypte, où la vierge de treize aus a remporté son glerieux tri- omphe. Oui, ici, cette voûte sounbre et ce payé de jnosaique ont été témoins dix-spt fois se- culaires de la victoire gagnée par la faiblesse sur la force ; par cérémonies religieuses s'il en d'être distribués aux prélats de la victime sur le bourreau. Ici, Agvès a triomphé ; on voulut la brûler comme sorcière, les flam- mes la respectèrent. Le bourreau (lui enfonça le glaive dans la gorge ; et elle s’unit à son € poux dans les noces sanglantes du martyre. | Après avoir prié avec ferveur dans ces lieux pour le triomphe de l'Eglise qui continue à tra: rieuse, nous nous sommes sou yens italiens. vers les siècles sa marche glo-| L’IMPARTIAI, JEUDI LE 2 MARS, 1899. et le Pape La loi des sat Les tribunaux italiens vien- nent de rendre une sentence qui montre l'hypocrisie d: la loi dite des garanties, qui, au: fond. ne garantit an Souverain Pontife que sa prison et sa pau- vreté. : Le tribunal de Rome recon- üaît bien au Souverain Pontife le droit de pasrsonne morale et, à ce titre, de pouvoir accepter Mais tonte personre moraie ue pouvant accepter un legs que sieile y est autorisée par un décret du roi d'Italie, cet article du co le italien est apali. cable au Souverain Pontife, que la loi des garanties n'a point exonéré des formalités avx- quelles sont astreints jies cito- La conclusion est suffisam- ment claire. Le Pape ne deman- dera jamais au gouvernement italien la prrmission d'hériter ; par conséquent, il est interdit réellement à tout lialhen de faire nn leg: au Souverain Pon- life, et un fidèle appartenant à la péninsule ne peut pas prâti- quement choisir pour héitier le chef suprême de l'Egliee. Et on dira que je Pape est libre ! De Ja Vérité. EMULSION CONSOMPTION et kg RS RL QUE ° RSR Data RS -d’AP- PETIT, DÉBI- LITÉ dans tous ces ge Tbe D. APR prodiut re . äves l'aide 6 e D. & L. Emulsion. j’ai réusasi À me dé’aire d’une toux persistante dont j'étais afligé depuis un an, et j ai gagné beau- poids avec cela. : +. T. H. WINGHAM, I. C., Montréil. 80 ors ur 81 LA Bourne DAVIS & LAWRENCE CO. Lid., Mowrrzaz BERNARD BROS| ATTENTION Somethine: ot inte- rest to the Farmers We buy all kinds of Grains Backwheat, Barley, Oats, Wheat, etc. _ We buy o!d Rope, Bones, old Rabbers, Sheep Pelts, Hides etc. We take everything that far mers have to sell. Our motto 1s Lire and jet live. 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