L'IMPARTIAL. — AXE pe et VE ce ROME RENE 4 LE CHASSEUR D'AIGLES. On m'avait signalé un nid d'aigles, dans l'antractuo:ité d'une roche taillée à pie, sur les flancs abrupts du Saint- :5rnard Je partis done un jour, d : grand iaatin, armé d'un long couteau de chasse, en compagnie de deux moniagnards vigoureux, cha - ges de cordes solid :s. Arrivé sur un petit piatean dominant ia roch.: que lon m'a vait indiquée, je fis attacher les cordes à un troue d'arbr: à demi brisé, qui se trouvait à | quelques pas de 4x: je passai mon bâton ferré dans un nœud coulant que je fis à l’exirémité de ja corde ; j'y ‘l:-posai mes jambes comme su: u: trapèze ; puis, mettant le pi sur le bord de la corniche, tan i:. que mes compagnons, de i u:: bras ro- buxies, retenaieént 4 “sde pour la dérouler peu « peu. je me lançai dans spa - J'avais au dessous d- inoi un ab.me de près de 53: pieds de profondeur, et je gi:ssais le long d'un rocher perpeudi-utaire sur lequels’appuyait pur itvrvalles le bout de mes pivds, tandis que mes doigts embrasse: | vorie | J'apercevais ça et i. queljues toutles d'herb, grele vi bruliée par Je soleil : pas ie avindre are buste ; quelques cr. vasses dans | le roc, et, au found, iles ro hes entassces péle-mvie wi: noyes | dans l'écume d'uu torrent que | j'entendais magir Tout à coup, uu: cri rauque et perçant retentit au-dessus de l'endroit ou je we trouvais, et je vis un aiglk qui s'élançait d'une espêce d'ex-avatlon, en face de laquelle j'arrivai bien- tot. C'était la mere, sans doute que le bruit de mes pi ds heur- tant le roc avait etfarouchée. Je | fis signe à mes houmes de rete- ! nir la corde, et j'aper us, blottis au fond d'une aire hcrissée de branches et de feuilles sèches, deux magnifiques aiglons qui se mirent aussitot à «’agiter et à pousser des cris de détresse. Je me hâtai de les saisir, et, les enfermant dans un fiiet que j'a. vais suspendu à ma celuture, je hélai mes compagnons, et leur criai. de force de ma voix, de me hisser sans retard, var j'avais , à à cramdre que la mère, à qui j'auriis à livrer un combat toujour< redoutable en pareilles vir onstances. Mes homm s Je me trouvais à 150 pieds en- virons du sommet de la roche, et je distinguais au-dessous de moi les flots éeumants, qui se brisaient avec franvas. Cepen- dant les aiglous redoublaient leurs cris. et je portails mes re: gards de tous les côtés, prêtant l'oreille, interrogeant avec anx- iété toutes les cimes environ- nautes : j'appréhendais à chaque ! instant de voir les aigles fondre sur mol. L'ascension s'opérait sans obstacle et sans interruption, mais trop lentement encore au gré de mes désirs : j'aurais vou- lu d’un bond franchir la dis- tance qui me séparait de la cor- niche, car je ne sais quel pres- sentiment m'avertissait du pé- ril où je me trouvais. j'entendis bientot de grands battements d’ailes avec des cris rauques et sinistres, et j'aperçus planant au dessus de ma tête, deux aigles énormes, qui ne tar- dérent pas à s’abattre sur moi, les veux sanglants et t.rribles je vlumage hérissé de fureur. Je poussai an grand ert, afin d'effrayer les aigles et d'-xciter en même temps me: hommes à se hâter. J'étais encore à 100 pi ds du sommet... Je sentis en ce moment de violeni< coups de be sur mon chapeau et sur mes “paules. 1e saisis aussit it mou coutelas, et, bais<ant la tête toute la . | les cris des | aiglons n’attirassent le père et rprirent la. corde, et je remontai lenteîent. En eftet afin de garantir mes yeux, je fis tournoyer mon arme au dessus de moi et autour de moi avec une espèce de vertige. Un frisson nerveux parcourut tout moi corps et la sueur inonda mon visage, Cependaut les aigles ne s'é- loignaient pas ; leurs eris aug- wmentaient même avec leur fu- reur, tandis que les aiglons, ex- cités encore par la présence" du leurs gémissements aigus. J'é- père et de la mère, r-doublaient tais ctourdi, harassé, hors de mot ; mais la peur et le senti- ment du danger mes forces. J'aurais voulu at- teindre un de mes terribles ad- | versaires ; je me disais que, si soutenaient | ML alors un effort désespéré, j'ap- puyai fortement sur ma mam gauche, qui serrait la corde; et, bondissant sur mon siège, au risque de tout briser, j'allongea le bras droit. entre mes doigts l'extrémité de la corde, que j'avais saisie au- Je sentis glisser . dessus de Ja coupure. di me smbia en ce momin que je tournoyais sur Mmot-même en tombant dans les profon- deurs. Je sentis que je dese n- dais, que j'approchais de plus en plus de lab me: j ent ndais les imugissements affreux du torrent. et ce bruit vague el _soure que produit sur le tympan l'un des deux venait à cher. . prise, l'autre ne tarderait pas à le suivre..Je ralentis donc, dans ee but, le mouvement de mon arme, puis, allongeant tout à coup le bras vers les aigles qui _s'étaicnt rapproches, je portai un coup rapide et vigoureux à li femelle, qui tournoya quel- ques instants au dessus de moi avec des cris affreux, et, battant | abimer dans les eaux du torrent Le père s'éloigna aussitôt et _eourut aflolé, vers son nid, puis | revint un moment vers moi, el, enfin, poussant de longs ywé- | missements plaintifs et lugu- | bres, il s'en alla planer au-des- sus du gouffre, à l'endroit où sa compagne avait disparu. | Je respirai enfin, et, pendant quelques instants, je me crus délivré, Je levai les yeux :il ne me restait plus qu’une tren- taine de pieds à parcourir. Je voussai un er de joie, Mais en même temps, à spectacle hor- rible ! je remarquai que la corde au-dessus de ma tête, était à moitié tranché e. Sans doute que dans les mouvements | que j'avais faits avec mon cou- | telas pour me défendre, je la- , vais atteinte. Je compris aussi- | tôt l'étendue et la gravité du danger nouveau que je courais | et l'horreur de ma situation me | glaça d’épouvante. Un tremble- ment convulsif s'empara de moi | je cachai ma tàte entre mes : deux mains, et j'attendis la mort | ……. Au-dessus de moi j'aperce- | vais l'effrayante profondeur de | l’abime prêt à in’engloutir, et je n'osais faire le moindre mou- vement, de peur de rompre la | partie de la corde qui me rete- nait encore J’essayai de pousser | un cri pour avertir mes com- où je me trouvais : ma voix @x- pira sur mes lèvres, J'étais suf- foqué, | Cependant je sentais | chaque secousse imprimée à la | | détachaient, et je me disais que d’un moment à l'autre j'allais d'un homme qui sa précipiie l'agitation des couches d'air qu'il traverse, Puis, tout à coup, j'é- prou vais UN: SECOUSSE Épouvan- table, un horrrible craquement J'ou vris les veux .…... Je me trou- vais sur le petit plaieanu du som met de la roche, au milieu de mes compagnons empressés à me donner leurs soins, Is me racontèrent alors que, dans tous mes membres, ‘au moment où ma main avait | de l'aile, alla se perdre et s'abi- saisi l'extrémité de la corde. épuissé sans doute par l'effort Î suprème que j'avais du faire, et aussi par la frayeur, je m'étais évanoui. Ma main paralyséé allait làcher prise, lorsqu'un de mes compagnons, penché sur le bord de la corniche, avait réussi à me saisir et à me re tirer, au risque d'être précipité avec moi dans les profondeurs de l’abime, en voulant me sau | | ver. Mes cheveux étaient deve nus blanes, LE MAL ET LE REMEDE Dans une étroite cellule aux murs épais, à la porte grillée, vraie cage d'animal féroce, un jeune homme, je pourrais dire un enfant, at- tend sa dernière heure, C'est | Passassin du président Car- not, c'est le mitron Caserio. On lui a mis des entraves aux bras et aux Jambes pour Pempêcher de hater far- rivée de la funèbre moisson- neuse; avant de le conduire à la guiilotine, on veut qu'il souffre, jusqu'à Ha dernière minute, les angoisses de cette veillée de la mort hantée par les plus terribles visions Pour lui et pour ceux qui : s'apprêtent à suivre son ex- emple, les lois répressives ont été modifiées. Plus de pagnons et leur signaler le péril | publicité, plus de piédestal, plus d’apothéose. Le temps n’est plus on uz journal pa- risien décuplait sou tirage en être précipité. Je regardais l’a- ! bime: il était effrayant! Alors une sueur froide inonda tout mon corps. Tout à coup, j'en- | tendis un craquement au-des- | sus de ma tête ; mes cheveux | se dressèrent, un nuage passa sur mes yeux parmi les étincel- les : je sentis que j'étais perdu. Je levai la tête. Hélas! les deux tiers de la corde avaient cédé ; je ne tenais plus que par quel- ques fils. |, Je compris alors qu'avant quelques secondes tout serait fini. J'étais à peine à tro's mè- très de la corniche, et j'allais périr en arrivant au terme... Je résolus en ce moment de tenter l'impossible. J'allongeai le bras pour mé cramponner à le corde, au-dessus de la coupure ; mais je ne ne réussis pas à l'attendre- Je ne pouvais pas non plus me soulever sur mon siège, et d’ail- leurs j'avais à craindre que le moindre mouvement n’achevat de briser les quelques fils qui me tenaient suspendu. dant il n'y avait pas de temps à perdre, et mon salut dépendait diqué’ “Vive | dernier qu'à | publiant les détails Îles | intimes de la vie du condam- | Le "à corde quelques nouveaux fils se | plus mort roppmann l'assassin de la famille Kincq de Roubaix. Le misérable ne buvait pas un verre d'eau, ne jouait pas avec ses gardiens une partie de cartes ou debou chon, ne prononcait pas une parole, sans voir ses faites et gestes, commentés par les feuilles publiques, porter P&é- motion dans tons les foyers européens. Et, plus récemment, les Ravachol, les Vaiilant, les Henry eurent, comme Îles grands conquérants, leurs historiens et leurs poètes. Le surtont, renversant | les rôles, s'avisant de faire leurs Cepen- | leur procès au gouverne- ment et à la législature, pro- nonÇa un réquisitoire formi- dable qui fut imprimé inté- gralement dans les colonnes des journaux de toutés nu- ances. Le testament de cet anarchiste, rendu plublic par les amis de l’ordre, prépara d'autres attentats, Puis les condamnés agis- saient teus dans la même fa- çon, [l y avait une formule consacrée pour chacune de déclarations. Jusque sous le couteau de la guillo- tine le cri de rigueur était in- l'anarchie ! ° peut-être d'un instant Faisant} On lançait ce défi d’une voix vibrante, quand on en avait la force; on le. , ralait, quand l1 suprême angoisse rendait la gorge sèche. Ues pauvres malheureux jouaient la comé- die jusqu'au bouts ils par- aient et agissaient pour la galerie, La populace avide voulait des suppliciés “dig- nes,” récitant bien leur leçon, sans omettre le moindre pas- sage. On murmurait quand le compte n'y était pas. Plus rien de cela aujourd'- hui, La Cour d'assises prend les allures d’un conseil de guerre. C'est Pétar de siège, le tribunal presque secret pour juger des bandits qui opérent dans l'ombre, C'est un progrès, mais je n'y vois pas un seul pas du côté du résultat final, On évi- tera sans donte quelque scè- pes scandaleuses, es mal- faiteurs, dépouillés de l'au- réole du martyre. trouveront peut être moins d'imitateurs, mais le mal reste le même. Cen'es pas Casvrio qui est dangereux, c'est la Soci- été sans foi. En guillotinant cet égaré —qui a bien mérité cette supréme distinét'on— où aura fait tomber une gout- te d’eau ou de sang sur un urand incendie, ‘élémm destructeur. un moment ra- lenti, rocominencera ses ra- vages. En mettant üune em- platre sur une plaie causée par la corruption du sang, on ne sauve pas le malade. Tout au plus lui procure-t-o1 un soulagement passager. Ce Qu'il Lui faut, c'est un traite- ment complet, c'est un médi- camentation intel figente qui, attaquant le mal à sa racine, purifie Le sang et rétablit le fonctionnement normal des organes, Les lanceurs de bombes et Les chevaliers du poignard sont les plaies de La sociéte malade. Ou ne guérira pas celle-ci en supprimant ceux- Lt. La plaie, viofemment fermée, sera suivie d'une au- tre plaie plus étendue et plus profonde. IL faut re- faire l'organisme, Toutes les lois, tous les mesures de rigueur serout sans efeacité, si les législa- teurs ne co nptent que sur des moyens purement hu- mains. En guérissant un in- firme, 1e Sauveur Jui dit: “Allez etne pêchez plus. Tout est 14. Qu'on cesse de faire Ta guerre à l‘église et à ses ministres, qu'on ferme les écoles sans Dieu, qu'on enseigne le catéchisme et le décalogue, qu'on apprenne aux déshérités de la fortune à espérer ou à craindre autre chose que le néant eu-delà de la tombe, et la plus grande par- tie des misères qui afHigent l'humanité disparaitront comme les brouillards se dissipent sous l'influence bienfaisante des chauds rayons du soleil. L'encyclique de Léon X11] sur la Question Ouvrier, ce monument imprissabie de phi- lophie et de charité chrétienne, indique Ja marche à suivre aux peuple et aux rois. Elle prêche la vraie fraternité, l'amour du prochain découlant naturelle- ment de l’amour de Dieu. JEAN DES ERABLES, De 1a Croix RESTONS AUX CHAMPS On va donner la prix pour les éco- les, et comdien y aura:-il de prix d'agriculture. N'est-il pas curieux que l’enseigne- ment de l'Etat. enseignement obliga- toire, laïque, et qui coute fort cher aux contribuables ait un tel dédain pour les deux seules sciences qui font l’homme fort et le rendent capable d'envisager sans crainte ;’avenir et l'éternité : la science et la religion et celle de l'agriculture ! Dans l'Ouest, nous l'avons dit, sur l'initiative de la Société departemen- ale d'agriculture et d'industrie d’Ilie- t-Valaine et de son ancien président sn M. de Lorgeril, les ecoles libres sont entrées hardiment dans ia voie du progrès : grace aux Ônergiques efforts de Fr. Abel, elles ont organisée par- tout l’onseignement agricole. La So- ciété des Agriculteurs de France a créé un brever et un diplôme pour ré- compenser les plus mêéritants. Cette année, un concours à réuni plus de 3000 concurrents, appartenant à 125 écoles des départements de le Breta- gne, Voilà déjà de beaux résultats. Un inspecteur primaire a demandé au Fr. Abel de vouloir bien lui faire connaître cette organisation. On s'est empressé d: mettre tous les do- cumeuts à sa disposition : et l'inspec- teur a reconnu qu'il n'existait rien de pareil dans l'Université ! La voie est tracée : le mouvement lancé ; qu’il se généralise. De grace, faites-nous de bons la- boureurs et de bonnes ménagères ! Il y a bien longtemps que nous pro- testons contre la manie de donner aux enfants une instruction et une éducation qui en feront des déclassés et des malheureux. Aujourh’hui, tous les organes de la pubiicité nous font écho. Notre Sup- plément d’hier montrait, chiffres en mains, toutes les carrière dites libéra- les, archicombles : les administrations regorgent ; l'Université s'étrangle, les médecins, les avocais s‘étouffent ; das les écoles militaires et autres, on crie: Assez ! assez! passez à cûié, Après 15 ans d'études ; après des efforts désespérés pour emporter d'as- sant les abruptes retranchemente ou se casematent MM, les examinateurs, le malheureux candidat, épuisé de sang et de cerveau, en est réduit à ogérer chez le bookmaker eu à mourir de faim ; le sort le moins triste qui puisse l‘atteindre, est celui de “pro- pre-à rien‘ Un journal Illstré publiait naguëèr ‘une spiriruelle caricature: sous l'arche d'‘un pont un ramissis de dépenaillés attendaient le jeur, et, au-dessous, la légende : Les chevaliers du brevet et du baccalauréat. se Restons aux champs. —Mais le blé, le vin ne se vendent pas, —Mangez votre blé, buvez votre v'n; faites comme vous voudrez, mais restez aux champs. On y travaille beaucoup, on y prie teaucoup, on y souffre : c'est vrai : mais moins que sur le pavé des villes et même que dans les anticeambres des ministères. UN PETIT LABOUREUR. UN LIBRE-PENSEUR. Un libre-penseur causait un jour af- faires chez un fervent: catholique, quand se présenta le petit Frère qué- teur des Capucins. Le maître de la maison fut généroux, selon sa coutume L’'imdie, souèiant d'un air moqueur : “Combien vous coute, chaque année, l'entretien de ces moines, des bonnes soeurs, de vos curés, de vos sacristains de vos confrériesb —Près de cinq fr. par jour. --Et il y a longtemps que vous faites ce mêtier-là ? — Qua- raute ans passés. —— Eh ! bien, si vous l'aviez placé à intérêt vous pourriez aujourd'hui rouler carrosse.-— Suppo- :é que je ne l’eusse point jeté aux Juifs du Panama, qui en font certes moins bon usage que nos religieux et nos re- ligieuses ; mais vous reprit l'inrorlocu- teur, ne donnez-vous jamais rien pour es bonnes oeuvres ? Moi, jamais. — Parfait, alors, allons faire un tour dans le carrosse que vous avez du acheter avec vos économier, ” Le libre-penseur ne sut que répon- dre. Il ne lui restait même pas de quoi se faire enterrer, L'argent qu'il ne donnait ni aux pauvres ni aux oeuvres so fondait ailleurs. L’aumône n’appauvrit jamais, dit le proverbe. Et l'Evangile nous apprend que prodigne dans la débauche se ruine toujours. LE SOIN DU A LIAME Un missionnaire, voyant un domes- tique qui pansait un cheval avec beau coup de soin, lui fit cette question: “Mon ami, combien mettez veus de emps chaque fois, pour tenir votre ch2:val en si bon état? Te mets plus ce deux heures par jour, lui dit-il. J'ai maintenant une autre question à vous faire: permatez moi de vous, l'adressez simplement :. Combien de”, temps, donnez vous chaque jour au soin de votre ame, pour obeir à Dieu, votre maître et faire votre salut P Le domestique, qui était franc, ré- pondit naïvement : “Tous les matins, je fais le signe de la croix etje dis un Pater : j'y ajoute quelquefois un Ave, Le dimanche, je ne manque guère la messe; mais j'aime autant les messes qui sont courtes: voilà tout.” Le missionnaire lui répondit alors : Mon ami, puisque vous avez si peu de soin de votre ame, et si grand soin de votre cheval. ‘‘si je vous ap- partenais, j'aimerais mieux être voire cheval que votre ame,” J. H. Myrick & Co. Importers and Dealers in DRY GOODS. HARDWARE, BOOTS & SHOES, FINE GROCERIES And Fishine Supplies, at TIGNISH and ALBERTON. Their empty shelves of April last are ail replenished with new inportations of very latest styles and patterns {rom rasgow, London, United States and home ima- nufacture. They feel confident thatthey are effering excel lent values in their several lines. 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