e —‘Buello, viens, fidèle a Trop Tard ! L'IMPARTIAL, JEUDI LE 25 AOUT, 1898, F ta vaillante race, Aux lieux chers de mon cœur m'emporter, sans faiblir ; Le temps presse, hate-toi, fuis, dévore l’espace, Celle que j'aime va mourir. ‘De mon talon nerveux, si, maître inexorable, Sur tes flanes déchirés je frappe avec vigueur : Si pour toi vainement,—-plus cruel que coupable, — Ma pitié combat ma fureur, ‘“Pardonne a mon angoisse, à mon délire extrème, Aux transports excités par mon fiévreux désir, Et, Pégase nouveau, dans Vole, vole un effort suprême, : elle va mourir”. Le conrsier disparut sur la route poudreuse . Fu Et quand se tut l'écho de ses hennissements, On aperçut au loin sa erinière onduleuse Qui dans l'air flottait par moments. Son ombre a stimulé son ardeur furibonde. De vigueur avec elle, il lutte menaçant, Et broyant sous ces pas la terre, qu'il inonde De sueur, d'écume et de sang. De ia vallée au mont, du désert au bocage, Rien n’a pu résister a son élan fougueux ; Il s'avance, il bondit dans ces champs qu'il ravage, Comme un torrent impétueux. Mais, loin de recueilir le fruit d’un tel courage, Lorsque, crédule esprit que l'espoir abusait, Le cavalier touchait au seuil de ce village Ou sen amente agonisait, Soudain, près d'achever son œuvre surhu maine; L'intrépide animal de son corps mutilé, Alla joncher le sol, épuisé, hors d’haleine, — A son noble instinct immolé. Le maître infortuné roula dans la poussière. ... Quand il se releva, pale, brisé, mourant, Quand a ses yeux éteints reparut la lumière, Pour lui quel tableau déchirant ! Au son du glas funèbre, une foule attristée, Muette, a ses cotés défilait lentement, Suivant l’humble convoi d'une ame regrettée, Dans un pieux recueillement. Le pasteur murmurait des paroles sacrées, Et, sous un voile épais dissimulant leur deuil, D'innocentes enfants se pressaient éplorées, Autour d'un virginal cercueil. Lys flétri, blanche fleur dans son éclat ravie La chaste jeune fille, hélas ! n'existait plus, Et déja, près de Dieu, goutait dans l’autre vie. L'éternel repos des él us. J. GARDET. Pour Rire Deux gamins se rencontrent après une longue séparation. — Vous rappelez-vous, dit l’un Mile Baboulin, que nous ren- contrions souvent dans Île monde ? — Parfaitement. Esle était fan- tasque en diable, et souvent je me disais : celui qui l’épousera sera un rude imbécile. —Merci ! Elle est ma femme depuis deux ans ! —— Le jeune Loupiau finit de manger son dessert. Comme il l'a trouvé bon, il en redemande: — Donne moi zen un peu, dit-il à sa mère. —On ne dit pas donne moi-z- en un peu, rectifis celle-ci. —Oui c’est vrai, réplique l’en- fant ; on doit dire : donne-moi-z- en b:aucoup ! La preuve que le vin c’est l'homme. Quand le vin tourne fil aigrit. Quand l'homme tourne. est gris il Après les élections : Un ex-député non-réélu est en train d'administrer une verte semonce à son potache de fils. —Jl parait que tu ne fais au- cuu progrès dans ton lycée ? Le jenne garçon haussant les épaules : —Eh bin, et toi, papa...dans ton collège éleetoral ? a Tenez, Calino, vous ferez ré- parer le peigne, auquel 1 man- que deux dents. — Bien, Madame ! Et cet excellent Calino s’em- presse de porter le peigne. chez le dentiste. = — Balandard, à court d’expé. dients, se présente bravement dans un hôtel suisse comme ‘in- terprète”. Le lendemain arrive un An- glais. Balanchard, mis en sebce, balbutie. sa pré- —Àh ! ça, Jui dit le patron, vous l'aviez assuré que vous parliez six langnes. - C'est vrai, fait Balandard… Je br ë comprends pas. —Sur la rue Main : — N'est-ce pas ton médecin qui passe ? —OQui. riblement. 11 y a si longtemps que je n'ai éte.malade. La seule sapériorité de l’hom- me sur lie chien, c’est que le chien mange de la pâtée, tandis que {’homme mange du pâté. Les femmes sont semblables au chats—elles sont gracieuses, domestiques et elles peuvent 6- gratigner. a — Un mendiant s'adressant à un passant : | 1, , . —Ayez pitié d'un pauvre homme qui a perdu un bras. Le passant [pressé] —Désolé mais je ne l’ai pas trouvé. Fete Nationale a Rogersvilie N. B. Î |. Un grand pique-nique commencé le le 14 se termina le 15 au soir. Des pa- villons flottaient partout. L'église était pavoisée de fleurs et de drapeaux. Une : messe solennelle fut chantée le matin | par le Révd. Père Chaisson, ancien curé de cette paroisse. Le sermon de | circonstance à été prononcé par le |Révd. Père Bonaventure, Rédempto- riste de la mission de Restigouche. | L'orateur charma l'assemblée des fi- dèles et fit perler plus d’une larme sur les joues des acadiens en renouvelant \les tristes souvenirs attachés a l'his- toire acadienne. Après la messe les (tables de rafrafchissements, de bazar Let les jeux fur2nt envahies par la foule. De magnifiques tables étaient : dressées dans le haut de l’école. ! Le soir a 7 heures eut lieu une soi- rée dramatique dans une magnifique | grande salle située au dessus de la } beurrerie. Il y avait au moins 400 per- | sonnes. Les sièges d'honneur étaient | occupés par l'hon. M, Chs. LaBillois, M. P. P., ministre de l'agriculture, Urbain Johnson, M. P. P. pour Kent- John O'Brien, M. P. P. pour North, nmberland, Dr. W. Grignon, confé- rencier agricole, Révd. M. Dickson, curé de Neweastle, Révd. Père Bona- |venture; Révd. M. Chiasson de la Nou- velle-Ecosse, le Révd. M. F. Richard, curé de Rogersville, et M. En ©. Daigle, surintendant de l'Industrie Laitière. Des pièces comiques furent exécu- tées avec perfection et amusèrent fort les auditeurs. Les discours furent pro- noncés comme entr'actes. Le premier orateur fut l'hon. M. LaBillois. M. P., ministre de lagriculture, qui tint l’auditore s us le charme de sa pa- role durant près d'une heure. Il parla longuement des actes héroïques de nos ancétres, puis en homme pratique il finit son discours en rappelant aux A- part: bi: ER mais }: ue Îles : cadiens qu'on he pouvait songer à en | — Il ne t'a pas salné. | —C'est qu'il m'en veut ter. S | Len année, de Jour en jour. M. Urbain vivre que de souveni:s, mais qu'il fal- lait songer a l'avenir et travailler « faire cet avenir aussi brillant que pos- sible ; qu'il ne fallait pas avoir honte de parler la langue de nos ancêtres, qu’ii fallait conserver cette belle lan- gue, mais qu'il était utile aussi de sa-, ) voir parler la langue anglaise vu we relations avec les anglo-saxons. M. le ministre n’entrevoit pour les Acadiens | un avenir brillant que si lon imite | les provinces de Québec et d’'Ontario, | que si l'on remplace l’industrie du bois et du poisson par l’industrie lai- tière, attendu que le bois et le poisson sont a la veille de nous faire défaut. L'hon. M. LaBillois annonce aussi a- vec plaisir que le programme de l'ex- position provinciale qui sera tenue a St. Jean, a subi des modifications, 1. le gouvernement a décidé a sa dernière session d'accorder des prix par comté afin d'engager les cultiva- teurs de chaque comté de prendre part a cette exposition, attendu que les comtés ne sont pas également avancés en agriculture et ne jouissent pas tout-a-fait du même climat. M. le mi- nistre termine son discours au milieu des applaudissements. Le deuxième orateur fut le Dr Grig- non, qui félicita les cultivateurs de Rogersville sur leur esprit d’entre- prise. En songeant, dit le docteur, qu'anx lieu'et place d’une forêt quasi impénétrable que lon remarquait ici il ya 25ans, on y voit uue jolie, même très jolie église, une belle rési- dence curiale, 6 ou 7 magasins, 3 grands hotels, une gare, une magni- tique école, une très grande beurrer'e | arec une salle dramatique spacieuse, environ 400 familles de cultivateurs acadiens parlant très bien les deux langues, on songeant à tout cela, dis- je, je me surprends a regretter de ne pas voir iei tous les détracteurs de la race française, qui nous traite de race inférieure seulement pour avoir! le plaisir de nous insulter. Il nous | reste encore beaucoup a faire et a ap- prendre, mais l’empressement avec le- | quel les Acadiens se rendent en foule aux conférences agricoles, le respec- tueux silence avec lequel on écoute les conférenciers, et les nombreuses ques- tions posées a ces derniers, voila ce qui prouve que le peuple acadien est désireux d'entrer dans la voie du pro- grès agricole, M. le docteur Grignon donna quelques conseils sur l'indus- trie laitière, la sélection des vaches laitière, l'alimentation du bétail du- rant l'hiver et l'été, etc. M. L. C. Daigle, surintendant de l'industrie laitièie, donne quelques re- marques bien appropriées sur l'ur- wence pour les Acadiens de se livrer a la fabrication du fromage et du beurre. M. Daigle, qui n’en est qu'a) ses débuts, deviendra avant longtemps | un très bon conférencier, pratique et habile. M. John O’Brien, M. P. P., dit qu'il était heureux d'assister a la fête des acadiens, et de voir une paroisse aus- si prospère, et qu'il espérast de voir cette belle paroisse prospérer d'année ÿ | | Johnson, M. P. P., fut appelé par la | foule. Quoiqu'il soit l'un des fonda- [teurs de cette paroisse ce vénérable | vieillard avait préféré se tenir en ar- rière de la salle pour tenir compagnie a un M. Lavoie et a un autre acadien, les deux premiers acadiens que M. ! Johnson amena ici en 1873. Ce vieux et noble scruteur du comté | de Kent, qui a vu disparaître de ce | monde 54 députés provinciaux et que! 74 années d'existence animée n'ont pas encore pu faire courber est encore tout frais, plein de feu et de patriot- isme. Quelle vigueur et quel patriot- isme chez cet homme ! L’émotion le dominait, aussi ne put-il faire un long discours. Mais quelle chaleur, quel a- mour de la patrie acadienne, ont per- cé dans les quelques paroles qu'il vou- lut bien adresser a l’auditoire anxieux de l'entendre. Cet homme laissera un beau nom 14 l'histoire acadienne et se- ra toujours un bel exemple de patriot- isme. M. le curé Richard mit fin au con- cert, au bazar et a la fête nationale en remerciant tout le monde, M. le mi- nistre d'agriculture, les députés, les conférenciers et les cultivateurs de l’encouragement donné a ce bazar et venir rehaussé par leur présence l’é- clat de cette belle fête nationale. Tout le monde se laissa au chant de God Save the Queen. A KIDNEY BLOCKADE Is a serious thing for the whole bo- dy and ealls for speedy relief. Doan’s Kidney Pills break up any kidney blockade and eure Backache, Dropsy, Diabetes, Bright’s Disease, Urinary troubles and Bladder weakuess. Quickest and Surest CÜRE —FOR-— Cramps and all kinds of pain —AND— Summer Complaint —AND— isecure one for fall {speak highly of Mr. TarBush J. H. Myrick & Co. 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