| CIE DE L’'IMPARTIAL, Proprietaire | Fondé en 1893 par Gilbert Buote et son As Francois Joseph F. J. BUOTE, Redacteur, Mnre. F. J. BUOTE Assistant , Vol. 3 No. 36 SRE Serie TiIGNISH, ILE DU PRINCE EDOUARXD, MARDI LE 2I MARS, I9II 18 ANNEE DEPENDONS L'ECLKE POLITICIENS CATHOLIQUES OMMUX DANS LES | ds L'Eglise m'a douné la lumière et |Je plns cruel. Certes, je n'ai pasle) Un publiciste français demanda | SaCrifier le reste. la paix. Jelui dois ma raison et| malheur de haïr aucun homme. lun jour à Pie IX : ‘Très Saint-| Il fallu étudier son histoire, ses mon cœur ; c'est par elle que je|}4,i j'ouvre à laquelle beaucoup Père, quelle politique suivez-vous dogmes, sa morale, sa discipline, sais, que j'admire, que j'aime, que donc ?”’ son droit et ses droits, les principes L'ABREVAGE 2. L'abrevage présente de sérieux pioblèmes. Pratiqué en dehors de l’étable, où les vaches boivent et essaient de boire de l'eau à la gla- ce, ct où les plus fortes oppriment les faibles, il est simplement barba- re. Quel que soit le système inté rieur d’abreuvage adopté, il devrait être de telle sorte que les tiyaux ct les auges puissent être lavés et nettoyés. dire ea faveur du système qui per met aux vaches de s’abreuver dans des bassins séparés, mais construits de telle manière qu'il est impossi- ble de les nettoyer. Maigré ses imperfections, une auge longue, ouverte, facile à nettoyer est enco- re préférable à de tels abreuvoirs. 3. Tout le monde connaît la bienfaisante influence de la lumiè- re sur la vie animale, cependant, combien nombreux ceux qui seru- blent avoir pur d'ajouter quelques carreaux vitrés aux murs de leurs étables. Les affreux donjons dans jesquels sont, tenues certains trou peaux de bestiaux, semblent avoir été désignés à dessein pour abré- ger la courte existence de la vache. Comme question de fait, une étable bien éclairée est plutôt une excep- tior: que la règle. L'EXERCICEÉ EN PLEIN AIR 4. L'exercice en piein air pen- dant l'hiver, est une question qui [y a peu de choses à | qu’elle ne briserait aucun record ? CTABLES, ‘ennuie beaucoup le monde des lai- tiers. Cependant, l'air pur est un merveilleux tonique pour les pou- mons et un rempart contre les ma- ladies. I,'exercice en pleiu air ne signifie pas ; faire sortir les vaches de l’étable le matin et les laisser grelotter dans la cour jusqu’au soir. Daus un enclos bien abriter (contre les vents), les vaches peu- vent bénéficier d'une courtes sor- tie presque tous les jours, ne se- rait ce que quelques minutes, une heure ou deux, selon la températu-. re. Pendant ce temps là, l’étable pourra-être aérée. en retour, il donnera plus de vi- gueur aux animaux reproducteurs. 5. L'on a parlé si souvent de la ventilation que le sujet en est 1sé, mais tant ce que l'on a dit à ce propos, ne paraît pas avoir été effec- tif. Les laitiers semblent convain- |cus qu’une témpérature élevée est nécessaire dans les étables pour at iteindre les plus hauts records de |prouuction du lait. C'est peut-ê- tre payer trop cher une bonne cho- se. Est-il raisonnable d’empoison ner une bonne vache vour uu gain de quelques livres de lait, ou même de quelques centaines de livras ? Ne serait-il pas plus sage de pro- longer l’utilité d'une bonne vache quelques années de plus, lors même Ce régime peut homme qui tiendrait son pcêle her diminuer légèrement ja traite, mais | métiquement clos et chercherait à Personnellement, je ne pense pas qu’il y ait progt à ce procédé d'em- poisonnement, Je crois qu’une va- che donnera plus de bénéfices à la longue dans une étable bien venti- lée, quand bien même la tempéra- ture descendrait parfois au point de congélation, que dans une étable chaude, puante et empoisonnée. Pour être efficace, la ventilation doit être maintenue sans interrup tion, jour etEnuit. Il ne convient pas d'ouvrir et de fermer sans cesse les prises d'air et les cheminées d'appel. Qre penseriez-vous d'un activer le courant d’air de la chemi- née en augmentant le nombre des tuyaux ? C’est pourtant ce que cer- taius d’entre nous font daus le but d'obtenir de la ventilation. Mon expérience me fait préférer le système d’après lequel la chemi née d'évacuation part du plafond et va jusqu’au-dessus du toit. Les prises d'air sont à niveau ou près du plancher et son convena- blement protégées, à l’intérieur, comme à l'extérieur, afin de préve- nir l’action des courants d’air. Ce système [est simple, jeu dispen- dieux... et ii fait plaisir de voir se développer les animaux de tout âge, dans l'air frais et sec d’une é table ainsi ventilée. Le Journal d'Agriculture. L'UNLITE DU CHAPELET. Pendant ie siège de Paris les Pe tites Soeurs des pauvres avaient eu | bieu des vitres brisées par le bom- bardement. On appela un vitrier, et tandis qu’il posait ses carreaux, TX une boune Petite Soeur essaya d'é-| vaugéliiser l'ouvrier ; hélas ! le dia- | mant prenait mieux sur le verre]! que les pieuses exhortationus s'r le | arrêié et mis en prison. Au bout de quelques heures, le malheureux, débarrassé des fumées de l'ivresse, mesura les périls de la situation. Qu avait-il dit ? Comment serait- il jugé ? Fusiilé ? Emporté au fond de l'Allemagne ? Loin de sa femme et de ses enfants, sans ressources et coeur du brave homme. Il écou- sans secours ? Puis il n'avait fien tait par pure politesse, mais la jeu- | mangé, la faim reprenait ses droits ne religieuse voyant ses efforts in- | menaçants ; sentant queïque chose fructueux, lui offrit un chapelet ne | Gans sa poche, il se fouilla vive- indiquant doucement la manière de | ment espérant rencontrer un croû- l'utiliser. ton de pain oublié, mais, hélas il Et comme l'ouvrier ne semblait guère désireux d'en apprendre le! maniement : —Acceptez le du moins, je vous | lui dit-elle ; gar- eu prie, mon ami, :£ dez-le dans votre poche, portera bonheur, et si jamais vous il vous! vous trouvez en peine, récitez le et vous verrez que la Sainte Vierge | vous assistera. Par simple convenance, le vitrier glissa le chapelet dans sa poche, où il devait s’user par le frottement de la doublure du vêtement bien plus, hélas ! que par le contact des doigts égrenant ses humbles perles. Enfin l'armistice fut signée, et quelques uns purent, comme notre | ouvrier, obtenir un laisser-passer pour tâcher de procurer à leurs ta- | milles, affamées par les privations, | quelques modestes vivres plus Lt nécessaires. Les environs avaient été rapide-| ment dégarnis de notre homme poussa jusqu'à Vil'e- neuve Saint-Georges, et là, ravi, é merveillé, il commença par se ‘‘ra- fraîchir'” !... et but même jusqu'à s'enivrer légèrement, grisé d'avau- Ii mit alors Prus- siens, investivant Napoléon, Guil- laum:. Bismar:ck, tous les oppres- seurs qu'il voudrait accrocher à la l.... Les ennemis, ce par la liberté reconvrée. se à s'adresser aux même potence d'abord assez pacibques, se lassè- ent bieutôt ; le beau parleur fut | Pauvres, si parfaitement délaissé !, |sermons : | draps ! Tiens ! elle m'a dit de le ré- | sur la paille, le chapelet toute denrée ; | ne ramena dans ses mains que le chapelet de la Petite Soeur des . Il s'assit sur la paille froide en |murmurant : Pauvre chère femme ! elle a mien perdu son temps et ses me voilà dans de beaux citer quand je serais dans l'embar- ras, mais comment s'y prenlen pour le dire, je ne l'ai pas écoutée ou je ne m'en souviens plus ! Et le prisonnier se mit à réciter le pre- mier ‘‘Ave Maria’’ sorti de ses lè- vres depuis de longues années ; tout à coup la clef grince dans la un officier bavaroiïis entre l'ouvtrier assis entre ses serrure, et regarde, étonné, drigts. —Vous n'êtes donc pas commu: nard ? lui dit il. | —Non, Monsieur ! | —Vous êtes donc catholique ? —Kt oui ! puisque vous voyez que je dis mon chapelet ! LS | __Hn ce cas, sortez ! et tâchez LES FETES DU COURONNEMENT. LE PROGRAMME. Du commencement de mai à la fin de juillet, Londres sera le théâ- tre de fêtes insurpassables en splen- deurs à l’occasion du couronnement. Le programme suivant a été ar- rêté : Au commencement de mai. —Ou- débordementcs d’en haut. | uns contre les autres, je vis. Lorsqu'on.l’attaque, j’ailes mouvements d'un fils qui voit frap- per sa mère. J'essaye d'arrêter la maiu parricide, j'essaye de la meur- trir, je conserve de son crime un sentiment profond. C'est le plus insensé des crimes, le plus ingrat, d'hommes se condamnent et dont je vois tous les jours des effets irré- parabies, je la hais: Je la hais Fan façon que rien n’endort, qui, malgré moi, quoi que je fasse, é- tube en âpres gémisssements. | Louis Veuillot. ORGANISATION Le matérialisme nous envahit de toutes parts, et dans une multitude de nos contemporains déséquilibres par le philosophisme, les dieux im- purs de l'antiquité retrouvent de fervents adorateurs. La folie du luxeet des plaisirs même et surtout grossiers, possède notre époque. C'est ainsi que les théâtres, surtout ceux où l’en joue des pièces risquées, regorgent de monde. Pareillement des salles de ‘‘yues animées./’ C’est ainsi encore que la presse jaune, les revues et les livres malpropres trouvent tant d'acheteurs avides !.... On a Ja frénésie de la jouissance et on ne se montre pas'difficile sur la qualité de son plaisir s’amuser n'’inporte comment et à n'importe, quel prix, voi:à l'essentiel. Le mal a envahi toutes les classes de la société. Les convoitises d’en bas, irritées de n'être jamais satis- faites, menacent, troublent peut- être sans cependant pouvoir les ar- rêter ou seulerent les modérer, les La lutte féroce non pas tant pour la vie aue pour le plaisir, arme les hommes les et malheur aux faibles ! Aussi croyons-nous pouvoir dire, sans nous exposer à être taxé d’e- xagération, que jamais, à aucune autre époque de l'histoire {de l’hu- manité depuis Jésus-Christ, fil n’y eut autant de misérables que de nos jours. À des millions d'individus pei- nant allègrement, parce qu’ils cro- yaieut en Dieu et espéraient une récompense éternelle, on est venu dire que leur espérance était une verture officielle, par le roi, des fê- chimère ; que la vie de l'homme fi- tes de l'Empire au Palais de Cris- | nit au tombeau et qu'il Sfaut pren- taf dre son ciel sur la terre sous peine 16 mai.—-Découvrement par le|de n’y gouter jamais. Maintenant roi de la statue de la reine Victoria, en présence de l’empereur et de leur sort, que parfois l’égoisme des ces malheureux se revoltent contre CATHOLIQUE. riches rend vraiment trop lourd ; ils réclament avec colère leur part du seul paradis qu’on leur a appris désirer, et ne pouvant l'obtenir, ils souffrent atrocement. Ils souffrent dans leur corps qui ploie sous un travail souvent trop pénible et mal rétribué ; ils souffrent dans leur coeur où fermentent l’envie et la haine ; ils souffrent surtout dans leur âme que l’on a vidée d’infini. A notre civilisation qui agonise das l’égoisme ct la bestalité il fant parce que seul principe de pureté, d'amour et de dévoueruent, l’hom- mage de notre soumission. Et qu’on ne vienne pas prétendre encore que ce tableau, peut-être as- sez fidèle quant à ce qui concerne les vieilles uatious d'Europe, ne rappelle en rien l’état ‘religieux et social des Canadiens-français, qu'ils habitent le Canada ou la grande république américaine : à trop du: rer, l'illusion deviendrait dange- reuse. Sans doute le mal n’est pas aussi profond, ni surtout aussi général ici qu'ailleurs, mais il existe et il grandit. La Franc maçonnerie s'est installée au coeur même de notre peuple, et y poursuit depuis plusieurs années, avec un succès lent peut-être, mais incontestable, son dégoûtant travail de décompo- sition. Ses agents sont en train de tuer la foi chez des milliers de nos ouvriers que le socialisme guette comme une proie. Knfin les idées protestantes et l'erreur libérale sa- turée, ont énervé le catholicisme d'un trop grand nombre des nôties. Voilà ce que rend nécessaire Ja fondation de Ligues du Sacré-Coeur dans le but de favoriser l'Union des forces catholiques, de progager et de maintenir l'esprit chrétien dans | la famille et la paroisse et de prépa- ter ainsi des cadres à une action so- ciale catholique. Arthur Saint-Pierre, l'impératrice d’Aliemagne. 22 mai.—Ouvertvure de la Confé- rence impériale. 20 juin.—Banquet aux repré- sentants étrangers, dans le palais de Buckingham. 21 juiu.—Réception des premiers ministres coloniaux par le roi. 25 juin.—-Jour du Couronnement. 23 juin.—Procession à travers la partie sud de Londres. 24 juin.—Le roi fait une revue navale à Spithead. 26 juin.— Représentation de gala au théâtre. 29 juin.—Service spécial à l’é- glise St Paul et goûter au Guid- hall.—Troisième procession royale à travers les rues de Londres.—Si le temps le permet, le roi assistera aussi à uue revue tuilitaire à Al- dershot et à une représentation de gala à l'Opéra. Le roi Georges lui-même prend une part très active aux prépara- tifs, et étant relativement un jeune homme, doué d’une excellente san- \ | une autre fois d'être plus poli pour | de s catholiques, récitant, comme | vous, ce ‘‘chapelet”” | Le pauvre homme ne se fit pas | répéter l'invitation ; mais le lende- main il courut remercier la bonne | Soeur, lui promettant de le garder |toute sa vie, et d'inzoquer désor- | mais pieuse: nent à son aide Celle |qui, par le simple aspect du chape- let, avait daigué le seçourir, té et plein de vigueur, il n’y a au- |cuu doute que Sa Majesté pourra facilement supporter ies fatigues des difiérentes cérémonies. L'itinéraire des deux processions du couronnement a été annoncé, Ces processions seront le dernier cri de la ‘‘pageantrie’’ moderne, mais la troisième procession qui au- leurs Majestés, la Cour et les es- cortes des souveraius. L’itinéraire de cette dernière procession n’a pas été définitivement arrêté, mais c'est l'intention du comité, "de choisir des rues qui n’auront pas encore été visitées parles processions pré- cédentes. L'héritier du “trône d’Autriche, l’archiduc Francis Ferdinand, ac- compagné par une escorte d'aristo- crates autrichiens et hongrois re- présentera l'Empereur d'Autriche compose de Lord Grey, Lord Cur- zon, Lord Ceo. Hamilton, Sir Geo. Reid et Sir Geo. Warrender. UN APOSTOLAT. Un apostolst....très original ! Oui, très origina!, mais c’est un a- postolat. Il va, au nom de Dieu, arracher les âmes .aux griffes du respect humain. Il va mettre un peu d’énergie dsns ces âmes lâches, aux fêtes du Couronnement. poitronnes, énervées qu’on voit âi L'idée d'un cadeau à la reine 'nO0mbreuses se traîner à la remor- par {que de la peur. Qu’importe aïo:s l'étrangeté de ja forme ? Le démon sait bien, dans ses re- plis sineux de s:rpent, prendre tou- tes les attitudes et se glisser par tout ; est-ce que les anges auraient moius d’à-propcs et moins d'esprit ? Marie, lors du couronnement, toutes les femmes de l'Empire por- tant le nom de Marie, a été ap- prouvée avec tant d'enthousisme, qu’on a lancé la même idée pour le roi Georges. Par conséquent tous les Georges de l’Empire seront appelés à souscrire volontairement k leur quotepart. ee En plein buffet, à la gare de Marseille ertre deux trains, un vendredi. Autour de la table d'hôte co- quettement parée et étalant un |appétissant déjeuner gras, se pres Isent une trentaine de personnes affamées. La liste des noms de tous les do: nateurs, moins le chiffre des mon- tants souscrits, sera présentée au roi. De plus amples informations se- ront données avec plaisir par le comte de Stradbroke, } Hall, Wangford, Suffolk. tin à des Moon di cd Le comité exécutif chargé de |tain Âge, un petit ruban rouge à la Henham ra lieu le 29 juin, est réservée à | mener cette idée à bouge fiu se jhoutounière, des dames des jeunes — ‘Ecoutez, reprit Pie IX, je vaisvous le dire”. Puis éten- dant les bras et levant les yeux vers le ciel, il récite avec une simplicité toute solennelle : ‘Notre Père qui êtes aux cieux, que votre nom soit sanc{ifié, que votre règne arrive, que votre volonté soit faite sur la ]terre «comme au ciel.’ Voilà ma po- litique, ajoute le Pape, je n’en ai point d’autre.’’ Pie X ferait sans doute à la même question, la même sublime réponse, lui qui ne vise d’autre fin que de ‘‘tout restaurer dans le Christ. ”’ Faut-il penser que cet idéal poli- tique soit exclusivement réservé aux Papes ? Il s’est heureusement trouvé des politiciens catholiques, et il doit s'en trouver encore, pour faire du même idéal le but principal de leurs efforts et de leurs travaux, pour faire du règne de Dieu, de l’accomplissement de sa volonté, l’objet premier de toutes les préoc- cupations de leur vie politique, au- tant que de leur vie privée. Lorsque la dure persécution du chancelier de fer eut fait compren- dre à ceux des catholiques alle- mands qui voulaient garder et dé- fendre la liberté de leurs âmes, la nécessité d'une résistance dont le règne de Dieu et de l'Eglise était l'enjeu, ils formèrent sous l’inspi- ration d’une sagesse vraiment di- vine, le bataillon Sacré, qui fut plus tard appelé le Centre. Pour le discioliner et le conduire à la victoire, ils mirent à la tête de ce bataillon, non le plus grand ora- teur, ni le plus grand juriste, ni même le plus grand tacticien qu'ils purent trouver dans leurs rangs ; ils choisrent le plus ch-étien, Mal: linckrodt. On savait que ce chrétien austère ne confierait jamais à des mains souillées l'honneur de défendre l'Eglise et les âmes chrétiennes. on savait que pour maicher à sa suite, il fallait prendre un ergag2ment de vie irréprochable, et répudier absolument toute compromission avec l'erreur et avec les éléments anti-chrétiens. Ce que le chef et ses lieutenants voulaient, pour res- ter forts et invincibles, c'était une petite armées, chrétienne avant tout, formée de chrétiens complets, chrétiens dans leurs principes com- me dans leur vie. Pour être ou {devenir de pareils chrétiens, il fallut connaître d'a- bord la religion pour être fier et qu’elle apporte peur la solution des problèmes de Ja vie politique, so- ciale et économique. Ces politi- fciens, de vrais politiciens visant à prendre et à garder leur légitime d'influence et d'action dans le gou- vernement de leur pays, ne suppo- sèrent pas un instant que la religion dût rester étrangère à la politique, Pour faire de la politique effica- ce, ils s’appliquèrent à l'étude de la religion d’où est sortie et d'où sortira la civilisation. Dès le col- lège et dans l'université même, ils s'appliquèrent à connaître et à dé- fendre leur foi.. ‘Ces gens là, a-t- on dit avec vérité, étudient le reli- gion là où ils faut l'étudier, ail- leurs que dans les revues ou jour- naux mondains. Partout, chez les députes du Centre, vous trouveriez en évidence, sur la table de travail un bon manuel de théologie et un cours de droit canoniqne. ils possè- dent admirablement leur ‘‘Conci- de Trente’, et il ne faudrait pas en hasarder devant eux des citations inexactes ou incomplètes, surtout s’il s’agit des cancns disciplinai- res : on serait sûr d'être lestement rectifié.”? À cette connaissance plus qu'or- dinaire de ia religion et dela cons- titution de l’ Eglise, se joignit, chez les hommes du Centre, une prati- que rigoureuse de leurs croyances. Avant tout, pas de scaudales, pas de violations publiques des lois de Dieu, ni des lois ou dela disci- pline de l'Eglise. Pas deces fai- blesses mondaines que l’on excuse trop facilement ailleurs. ‘‘Si vous briguez l'honneur de défende l'E- grlise, répétait souvent le chef, soy- ez-en d’abord les dignes fils.”? L'explication de leur éloquence, de leur puissance d’action, de leurs succès, il faut la chercher dans la force de leurs convictions sans dou- te, mais aussi daus la vertu de leur vie privée, au foyer comme au par- lement. Fidélité aux exercices de piété, assistance à la messe, visite au Saint Sacrement, examen par- ticulier, lecture spirituelle, prière eu commun, chemin de la Croix, communion fréquente, éloignement Au monde et de ses dissipations é- nervautes, vie en famille, amour du foyer, toute ‘a pratique sérieuse de leur foi, a fait des chefs du Cen- tre Allemand, des modèles de chré: tiens et ensuite des modèles de po- liticiens catholiques. La victoire des politiciens s’ex- plique par la force et la clarté des convictions de ces fiers catholiques, par la solide piété et par l'intégri- s’enthousiasmer de sa cause et lui té de vie de ces chrétiens complets. geus, des jeunes filles ; ces jeunes bons encore au fond de jeur Âme, et qui pert-être ont fait leur prière du matin, plissent un peu tristement les lèvres à la vue de cet étalage tout en gras. Pas un n'ose élever la voix. Ils se mettent à table et ils man- gent. KT 4 Mais voilà qu’arrive, splendeur de ses vingt cinq ans, un beau et loyal jeune homme qui sa- lue avec gräce silencieux devant cette table qu’il parcourt du regard, et d’un ton uet : ‘ Un déjeuuer maigre, une omelette, s’il vous plaît ! ”’ —Oui, Monsieur. Et après quelques minutes, il est servi, et fume devant lui une ma- gnifique omelette. Autour de lui quelques visages rougissent ; et il lui sembla que ses voisins mangeaient plus timidement. Ils comprenaient leur lâcheté. KT Eu wagon : ‘‘C’est, bien, Mou- sieur ce que vous avez fait là, dit un des voyageurs décorés en ser- rant la main du courageux chré- tien ; si vous fussiez venu plus tôt, dix, même quinze de ncus auraient | fait maigre.”” Il souriait, et, avec une certaine fierté : ‘‘Je le savais, dit-il, et _je constate tous les jours l’effet de ma parole et de mon exemple ; mais j'ai été en retard aujourd’hui, “Voyez vous messieurs, j'ai pro- dans la/mis à la Sainte Vierge, après un miracle obtenu : la guérison de ma mère ; j'ai promis de me faire l’a. reste un moment | PÔtre du maigre du vendredi. Je suis voyageur de commerce : je n’ai ni le temps, ni la dévotion nécessaires pour faire beaucoup de bonnes oeuvres : j'y supplée de mon mieux par cet apostolat. ‘Sous la protection et la béné- diction de nos anciens maîtres, des h religieux, nous sommes six, tous voyageurs comme moi, qui avons fondé l’apoïtolat de l’oma2lette, Nous arrivons les premiers à table, nous demandons à haute voix une omelette et nous constatons qu’à près nous et à cause de nous, nous ve sommes pas les seuls qui la de- wmandons et qui la mangeons. ‘Oh !linessieurs, c'e:t si bou un peu de courage chrétien, un peu de | fermeté, un peu d’audace |! ” “L'Apôtre laïque."