ee 4 e. . bd" D Re D on 4 F | an si es W Moscier ZA CIE. DE PUB. DE L'IMPARTIAL, PROPRIÉTAIRE. VOL. 2. NO. 39 Il n'est bruit dans toute la Pro- vince que d’un miracle survenu à Lourdes au cours du dernier pèleri- nage national et dont a été l’objet une jeune fille de St-Rémy de Pro- vence. Marie Dumas, dont le noim vole aujourd'hui sur toutes les bou- ches dans cette région. Montpel- lier s’est rendu au pays de la mira- culée et a recueilli direétement les impressions de la jeune fille, de ses parents et voisins et de son curé. Tout le pays est dans la joie. Marie Dumas est à peine âgée de seize ans. À la suite d’une chute très douloureuse sur le coude gau- che, survenue en février dernier, son bras se contracta ; l’avant-bras se colla sur ia partie supérieure du bras, la main fermée s'appliqua sur l'épaule gauche, d’où on ne put l’é- carter, et les ongles continuèrent à pousser, entrant avant dans les chairs et faisant une plaie horrible. Bientôt tous le côté gauche se pa- ralysa, l'œil et l'oreille cessèrent leurs fonctions, le sein gauche s’a- trophia et la malade ne put plus supporter d'autre noarriture que l’eau. Quoique appartenant à une fa- mille assez indifférente au point de vue religieux et se souiciant assez peu de la dévotion, Marie Dumas se sentit prise d'un désir impérieux - d'aller à Lourdes, persuadée que la fBxSte-Vierge la guérirait. On céda à ses instances. En route, elle se trouva si mal qu'onufit venir un médecin et prêtre, . Enfin, elle ar- riva à Lourdes. Ici nous laissons la parole à M. Jules Véron, ce “FRohir’” : La pauvre enfant était enfin au but de ses désirs. On la conduisit sur un matelas à la piscine. Un premier bain ne fit aucun effet. Un second pas davantage. Enfin, le samedi 23 août, au sortir du troi- sième bain, la malade sentit comme * par enchantement la contracture de son bras céder un peu. En même temps, elle demanda du pain. Les personnes qui veiilaitent sur elle et qui savaient que depuis trois mois elle n'avait pris aucune espèce de nourriture se refusaient à lui don- ner un aliment solide. Klle insista vivement et mangea de bon appétit pain qu'on lui donna avec un ar" d on de chocolat. -Le miracle devait être complet. Le soir, Marie prenait de la viande et à partir de ce moment elle s’ali- menta tout comme une personne bien portante. Le lendemain, di- manche, la contraéture du bras diminua encore, et la malade put suivre en marchant la procession. Après un autre bain, le bras s'ou- vrait à angle droit, les doigts se détendaient, l'œil, l'oreille retrou- vaient leurs fonétions, tous ses membres reprenaient leur sensibi- lité. La guérison était complète. Marie Dumas, heureuse de pou- voir marcher et courir reprend le chemin de la Provence, descendait à tous les arrêts du train pour se donner le plaisir de courir. Joyeu- sement elle rentre à St-Rémy où deux mille personnes l’attendent à l’arrivée. M. Véran continue son récit : La famille de Marie était au pre- mier rang, le père et la mère en tête. Mais quand l’omuibus arriva, set les cantiques prêts à sor- tir de toutes les poitrines s’étouffè- rent dans des larmes et des sanglots. Onse précipite vers la miraculée, tout le monde veut la voir, la tou- cher, l’embrasser, Son père était —— Le Miracle de St-Remy TIGNISH, IL E du PRINCE EDOUARD, JEUDI LE | si ému qu'ilnela voyait pas: il fallut qn'elle se précipitât dans ses bras pour qu’il prit conscience qu'il avait enfin sa fille avec Iui—sa fille guérie !—Car quelles phrases pour- raient décrire la joie de la mère, des sœurs, des frères de la jeune fille ?.. Et, ce fut suivie d’un cortège im- posant que la miraculée regagna son mas. Mais l'émotion soulevé À St- Rémy par cette guérison miracu- leuse ne devait pas se calmer de si- tôt. Le lendemain de son arrivée, lorsque Marie Dumas se rendit à l’église pour assister À une messe d'action de grâce, ce fut une véri- table foule qui l’accompagna, et au retour, à l'entrée du petit chemin qui conduit à son mas, elle dut pas- ser Sous un arc de triomphe que les voisins avaient dréssé à la hâte avec des branches de verdure et des fleurs. Le dimanche suivant, 31 août, c'était ia fête annuelle de Notre- Dame de Lourdes à St-Rémy. Chaque année une foule énorme y assiste, mais comme !1 municipa- lité de cette ville essentiellement cathoïique est socialiste, la proces- sion ne se fait plus qu’à l'intérieur de l’église. Mais cette année, la présence de la miraoulée avait répandu un en- thousiasme qui avait besoin de se manifester au dehors. Tout était terminé, dit M. Vé- ran, dans sa description pleine de saveur méridionale, et le clergé était «éjà dans ja sacristie où les j''êtres se dépouillaient d’ornements, lors- que toute l'église retentit d’un cri : ‘Ja proucessioun de fero !’’ En un clin d'œil, ies hommes s’empa- rent de la statue de N. D. de Lour- des, la miraculée saisit la bannière leue rapportée de la grotte sainte, et cinq mille personnes, hommes et femmes, se précipitent au dehors, où la procession, une véritable co- hue d’ailleurs, déroule bientôt à tra- vers les boulevards dans un enthou- siasme indescriptible. Ah! l’on sait bien qu'il y a un arrêt qui in- terdit les processions et il aurait fait beau voir que quelqu'un vint déranger celle-ci ! Ie ciergé de la paroisse est resté dans l'église, et seuls quelques prêtres étrangers se sont simplement mêlés en sou- tane à la foule. Celle-ci fait dix fois le tour de la vilie, et sans ré- pit les cinq mille poitrines font en- tendre l'hymne provençal : Provençau e catouli Nosto fe n’a pas faii. Canten, touti trefouli ! Provencau e catouii ! La miraculée porte, sans se fati- guer, la bannière ; sa voix monte, jamais lasse, parini les autres voix ; et elle, la mourante ressuscitée, conduit avec une vaillance juné- vile cette foule qui célèbre le triom- phe ce la vie sur la mort... Marie a retrouvée sa gaieté, ses yeux vifs, ses cheveux qu'elle: a- rait perdus. Jille raconte ses souf- frances, sa guérison en laquelle elle avait une foi absolue, sa joie de se voir encore bien portante auprès de ses parents bien-aimés : elle rit à belles dents des fortes têtes de St- Rémy qui vont jusqu'à prétendre qu’elle est morte à Lourdes et qu’- on a expédié à sa place une jeune fille qui lui ressemblait ; elle mon- tre son bras guéri, ses ongles qui s’enfonçaient auparavant dans le creux de sa main et qu’elle n’a pas encore taillés afin de convaincre les incréduies ; elle assure que ce sont tous ses membres qui ont repris leur état d'autrefois ; elle parle en riant de l'appétit extraordinaire qu’elle a.... Ses parents cepen- dant interrompent de temps à au- tre leurs occupations pour entendre une millième fois le récit qui les | charme toujours. Et le curé de St Rémy, M. le chanoine Mille, est heureux du mi- racle dont est favorisée sa parois- sienne ‘‘que pour un peu, dit le rédaéteur de ‘‘l’Æc/air,' on croi- rait que c’est lui même qui a été guéri.’ Heureuse famille, heureuse pa- roisse ! UNE VOIX DU PURGATOIRE Ayez pitié de moi, ayez pitié de moi, vous, du moins qui, futes mes amis ! Job. XIX. 21. O Frères ! O Sœurs! O Amis! quoi ! depuis si longtemps que nous vous attendons, et vous ne venez pas ; nous vous appelons, et vous ne répondez pas ; nous souffrons de ces souffrances auxquelles rien ne peut être comparé, et vous ne com- patissez pas ; nous gémissons, et vous ne nous cousolez pas ! Hélas ! hélas! tous ceux que nous avons aimés sur la terre de toute notre affeétion, nous ont a- bandonnés ; nous pleurons au sein de cette sombre nuit, il n'est per- sonne qui nous console. à Ah !'c'est fini, c'est à jamais fi- nilils nous ont tous oubliés, ct! voilà que plus même un souvenir | ue nous rattache à la terre ! | Partout c'est l'oubli : l'oubli sur | toute un ve, qu'aucue parol: n: rappelle plus; l'oubli sur notre nom, que personne déjà ne pronon- | ce plus ; l'oubli sur notre tonibeau, | que personne ne visite plus ; l'oubli | sur notre mort, que persontie ne | pleure plus: l'oubli sur la terre, | l’oubli pariout ! Malgré nos adieux si pleins de re- grets, malgré nos protestations si pleines de tendresse et malgré des serments si pleins d’immortalité, voilà pourtant où tout aboutit par- mi les vivants, à l’universel oubli des morts ! Personne pour prier, personne même pour se souvenir ! Personne ! Ah ! je me trompe, il y a sur ia terre un cœur qui n'ou- blie jamais, un cœur prompt à tou- te heure à venir au secours de ses morts délaissés : c'est le cœur de l'Eglise catholique, c'est le cœxr d'une mère !. Oh ! dit cette mère à ses fils dé- solés du Purgatoire, pour vou: nous offrirons à Dieu chaque jour l2 sang de Jésus-Christ ; les cèlestes mes- sagers lui préseriteront, et, par lui, vous serez bientôt affranchis de vos souffrances et mis e:1 posses- sion de l’obist de vos désirs. O Frères ! O Sœurs! O Amis! venez donc unir vos prières à celles de l'Eglise dans le Saint Sacrifice de la Messe ; c’est la prière au-des- sus de toutes les prières et qui ga- gne le cœur de Dieu. Saint Jérôme vous apprend que, lorsqu'on célèbre la Messe pour une îme du Purgatoire, ce feu, d’ail- leurs si dévorant, suspend son ac- tion, et l'âme cesse de souffrir tout le temps que dure la célébration du sacrifice ; le saint docteur affirme inême qu'à chaque messe qui se dit, beaucoup d'âtmes sortent du Purga- toire et s’envolent au paradis.... Abonnez-vous a L'IMPARTIAL 4 The closest Hand, or bowl com En tn à Made in | the! 2 ETS tune à méme nl ee. &] Is the «4 t} vet prox ÿ 4 ; F1 tauces a: of the m 11 dehivers| LA ë} LS il CE out moi Æ Gaparntds ti v2parat( À It caul 13 " Li five min æ. « 4 #3 The S! ki | Ë made, ai {3 "3 ; newal p4 k ÊS Î k Comoicte Catabel &gniicat:01. È are que enners tdi mdan curé hs à 1 ee er eme 3 NT, ‘hu JUSTICE PROMPTE | | | Coridamné et pendu le nêm:2 . | Nacogdoches, ‘Texas, procés de Jin Buchanau, Le nèe qui a assassiné toute la fari Hicks a eu lieu, ici, hier, et le j: a accepté son plaidoyer de cou: ble. Deux h2ures après que la sd. tence de moït eñt {té pronoucé, | nègre était pendu haut et coi mis d’une sianière légale. 11 y a dix jours, les cadavres | M. J. Hicks, son épouse et sa fil furent trouvés dans leur derneui Buchanan était arrêté huit jours! près et s'avouait l’auteur du tri] assassinat. Le prisonnier fut conduit à Sh! veport pour l'empêcher d'être 1y ché et de 1à renferiné dans la pris| de Herderson, gardée de milice. j aT in CON Il fut amené hier à Nacozdoche sous la protection de cinq comp gnies des troupes de l'Etat. 1 bruit de son arrivée en viile se r pandit bientôt et la foule tenta | s'emparer de Buchanan, Cej;endal ce dernier fut pendu avant que gens furieux eussent pu mettre | main sur sa personne.