Cela nous amusait bien de pivoter ainsi sur place car, en toute autre circonstance on ne nous permettrait jamais de nous retourner ä l'église pour reconnaître les fidèles placés dans les bancs arrières. Comme je Suis reconnaissant maintenant d'avoir vécu, bon gré mal gré, ces grands mystères chrétiens dans toute leur splendeur: le mystère de Dieu, enfant parmi nous ä Noël; le mystère du mal et du péché pendant 1a saison du Carême; le mystère de la souffrance et de la mort des Jours saints; le mystère de la joie et de du jour de Pâques; le mystère de l'Esprit sanctificateur du jour de la Pentecôte. la vie C'était une extérience poétique et Spirituelle ä la fois, un creuset vivant de l'universel pèlerinage humain; un rituel commémoratif qui nous faisait revivre les millénaires obscursd’une humanité ancestrale. C‘était une c’lébration cyclique semblable à celle des quatre saisons que nous trouvions tout ä fait normale puisque l'existentiel de nos vies se reflétait dans la sainte liturgie de l‘église: la naissance et la mort, le chagrin et la joie, la danse et les chants funèbres, le rassasiemcnt et la faim, les jours heureux et ceux porteurs, d'humiliation et d'angoisse.... TOute cette réalité charnelle que notre religion venait embrasser et marquer de son sceau d‘universalisme transcendental, tout cela me prouvait bien que ma famille formait un petit cosnas bien distinct mais tout ä la foi: rattaché au grand univers orëe. Donc, elle se réjouissait, {riait et seuffrait avec le Christ comme si elle eut été toutcson église. Ma très chère fasille, ah bien oui! Ma mère, aussi ratiguée qu‘elle pouvait l’être qui n‘oubliait jamais un seul "Je vous salue, Marie!" Mon père, plus patient qu'un de ces chênes sans âge et d‘une sensibilité telle qu'il lui était impossible de tuer un veau, ou même un porc. (Il engageait toujours un voisin pour cette tâche. Aussi ce voisin, pour moi, n'était—il jamais tout ä fait humain.