droit. Il accéda au Barreau de la pro- vince de Québec puis à celui du Nouveau-Brunswick. À partir de 1875, il entreprit plusieurs voyages de reconnaissance dans toutes les régions acadiennes des Provinces Maritimes. Il passa ainsi plusieurs de ses étés à prendre con- naissance de l'histoire et de la situa- tion de ses compatriotes; il devint en quelque sorte le porte-parole reconnu des Acadiens. En 1885, à l’âge de 33 ans, il fut nommé au Sénat pour re- présenter la circonscription séna- toriale de l'Acadie créée à cette oc- casion. Pascal Poirier a été un des grands défenseurs des intérêts des siens. Un des principaux organisateurs des premières Conventions nationales acadiennes, il a été aussi secrétaire puis président de la Société Nationale l'Assomption. Il s'est surtout distin- gué dans la lutte pour l'obtention d'un évêque acadien, lutte qui a monopolisé les énergies des nationalistes entre 1890 et 1912. Pascal Poirier consacra aussi une grande partie de son temps à la re- cherche historique et linguistique. Parmi ses principales oeuvres men- tionnons: Origine des Acadiens (1874), Le Père Lefebvre et l'Acadie (1898) et le Parler franco-acadien et ses origines (1928). A sa mort, le 25 septembre 1933, les principaux journaux anglais et français du Canada ont tous salué en lui “le champion infatigable de la cause acadienne.” Source: Gérard Beaulieu, “Pascal Poirier: notes biographiques”, dans “Mé- moires de Pascal Poirier”, Numéro spécial, La Société Historique Acadienne, 33ième Cahier, Vol. IV, No 3, octobre, novembre, décembre 1971, pp. 92-93. Marcel-François Richard, ptre L'abbé Marcel-François Richard, nationaliste acadien par excellence, est né à Saint-Louis - de - Kent (Nouveau-Brunswick) le 9 avril 1847. Il fréquenta d’abord là petite école de sa paroisse et ensuite le Collège Saint- Dunstan, à Charlottetown. Il n'y avait pas encore, à cette époque, de collège français dans les Provinces Maritimes. Six ans plus tard, il fut admis au Grand Séminaire de Montréal. Après son ordination en 1870, il fut nommé curé dans sa paroisse natale; il y demeura jusqu'en 1886. Ensuite il fut curé de la paroisse de Rogersville jusqu'à sa mort en 1915. Dès le début de son ministère, l'abbé Richard s'intéressa grandement à la question de l'éducation chez les siens. Entre autres, en 1874, il fonda la Collège Saint-Louis. En effet, il trou- vait que le Collège Saint-Joseph était trop bilingue et pas assez acadien et que, de toutes façons, dans une société rurale dépourvue de bons moyens de communications, il y avait de la place pour d’autres collèges acadiens. Toutefois, Mgr Rogers, l'évêque irlandais de Chatham, trouvait que le collège acadien de Saint-Louis ne comblait pas les besoins de la jeunesse irlandaise de la région et il provoqua donc la fermeture du Collège en 1882. L'abbé Richard a été aussi fondateur d'un couvent qu'il fit construire, en 1881, et dont il confia la direction aux religieuses enseignantes de la Con- grégation Notre-Dame de Montréal. L'abbé Richard a été l'un des grands promoteurs du mouvement de coloni- sation en Acadie. Comme d'autres chefs acadiens de l'époque, il encoura- gea très fortement le défrichement de nouvelles terres. Il était convaincu que c'était la meilleure solution au pro- blème de la rareté des terres dans les anciens villages acadiens et à celui de l'émigration des Acadiens vers les villes des États-Unis. Alors, il se chargera de l'établissement de deux nouvelles colonies, Acadieville et Rogersville, dont il fut vraiment le fondateur. Élu président d'une société de colonisation à la Convention acadienne de 1884, il dépensa énormé- ment d'énergie à promouvoir les intérêts de la colonisation. Les contemporains de Marcel- François Richard lui ont donné le titre de Père de l'Acadie nouvelle. Il a été en effet un des plus importants chefs de file de la Renaissance acadienne. À la Convention de Memramcook, en 1881, il se fit le champion de l'As- somption de préférence à la Saint- Jean-Baptiste à titre de fête nationale des Acadiens. Grâce à ses efforts et à son éloquence, l'Assomption fut adoptée par les délégués. Lors du deuxième congrès national tenu à Miscouche en 1884, l'abbé Richard joua encore un rôle déterminant dans le choix du drapeau acadien et de l'air national. Il travailla aussi intimement avec Pascal Poirier et Pierre-Amand Landry dans les revendications qui furent présentées au Saint-Siège con- cernant la question de la nomination d'un évêque acadien. Dans ce but il fit deux voyages à Rome, en 1907 et en 1910, où il reçut enfin du Pape Pie X la promesse que l'Acadie aurait bientôt un évêque. En 1912, le Saint-Siège nommait un évêque acadien. En somme, les démarches de l'abbé Richard auprès des autorités romaines ont beaucoup contribué à résoudre cette important question. En 1905, en reconnaissance du grand dévouement de l'abbé Richard au service de l'Église, le Saint-Siège l'honora en le faisant Prélat Domes- tique de Sa Sainteté le pape Pie X. A partir de cette date, on l'appelera Monseigneur Richard. Il est décédé en 1915. Sa dépouille mortelle repose à Rogersville au monument de Notre-Dame de l'As- somption qu'il avait lui-même fait construire en 1912. 29