Les APE Ets TU si — La Joute Fille Pauvre { ( La fameuse soirée arriva. Hormine, patiente pour la pre- mière fois, se laissa docilemeut parer. $a mère et Fernande a- yant attaché les dernières épin L’ Permettez-vous, mensieur le | baron, d'offrir le bras à votre femme. Le baron eut un soupir de sonlagement, et l’enthousiaste de tantôt, suivi de ses amis, al la se mêler à d'autres groupes Fernande était toujours seule ales,ellese déclara satisfaite. Elle était ravissante, il est vrai, sous ses volants de guze rose pâle garnis de mignonnes pa- querettes que l'on était tenté de cueillir. À son tour, elle passa linspection de la toilette des deux femmes. Madame Labeau était vêtue de velou?s nons. Uae dentelle de point d'Angleterre d'un prix inestimable, couvrait sa poi trine et ses bras. Une magui- fique parure de diamants cem- Plétait 0e costume d'ane riche sévérité. Fernande portait une simple robe blanehe et n'avait dans ses beaux cheveux qu'un camélia rouge. —{@ette toilette de pension- naire vous sied à ravér, lui dit Hermine. Pourtant, à votre place, j'aurais préféré autre chose. Mademoiselle Fornande esi mise comme elle doit, réplique madame Lobean en souriant. Fernande comprit et rougit légèrement. Elles allaient pas- ser dans les salons, l’institutrice reprit vite possession d'elle. même et oublia bientés son é- motion passagère. Mermine é. tait déjà dans une groupe de jeunes filles ; sa mère faisait, avec sa grace habituelle, les honneurs de la maison, Fer. naude alla s'asseoir dans un cein, et voyant son isolement, elle se prit à songer à sa posi- tion si différente de ce qu'elle promettait d'être autrefis. Les invités arrivaient en foule. Madame Lobesau avait fait de nembreusesinvitations, et, soit eurlosité, soit sympathie, chaonn était accourn, même de fort Join. Fernande, dars ce miliea aimé, était toujour seule. On dansa. Nul ne songea à l'inviter. —Qui est-elle ? demandèrent enfin quelques jeunes gens qui finirent par la découvrir. —Je ne sais, Une parente, sans doute. —Hile n'est pas mal. —Quel air distingué ! Et quels yeux ! — Enthousiaste ! — Regarde. — C'est vrai : elle est jolie, —Pius que jolie, cher. ns Où vas tu ? Je —lci. Je ne lui suis pas pri senté. Gest juste. Comment faire ? .… Voioi M,@t madame de La caute ; ils doivent la connaitre et me tirercnt d'embarras. La baronne s'avançait, en ef-; fet. Ba robe était d'un bleu si diaphane qu'on l'eut dite en- tourée d'un nuage. Elle efllen. rait à peine le parquet, et s’an- puyait avec une nonchalance sans égale sur le bras d'un petit homme vieux, gros et Jaid qu'elle avait l'air de conduire au supplice. Nos ourieux sa iuèrent les nouveaux-venus, et, après les compliments d'usage, ds désignèronts Fernande à l'attention de la baronne. —@harmante jeune fille, dit- elle ; je l’aims beauconp. C'est | l'institutrice d'Hermine. Les jeunes gens poussèrent uu ah ! si expressif, qu'elle con. oroisée, et, à demi cachée par! les draperies, elle aspirait l'air embaumé de la nuit. Peu à peu, elle n'entendit plas que confusément Jles bruits de la danse ; la tête dans les mains, l'œil humide, elle rêvait. À quoi rérait-elle ? Qui le sait ? — Vous allez vons enrhumer, mademoiselle, lui dit une voix qu'elle reconnut bientôt. Et sur ia terrasse chargéee de fleurs, elle aperçut M. de fi- weste qui venait de déserter les salons, où il avait consenti À pa raitre, pour respirer librement et loin de ea monde qui ne lui allait guère. Fernande avait tressaiili comme si elle eût été réveillée en sursaut. — Je n'ai pas froid, répondit elle. Meroi de votre avis, M. Philippe. — Vous n'avez pas froid parce que vous êtes excitée par Ja danse. — Je n'ai pas dansé. — Pourquoi ? —On ne m'a pas invitée. — Les mareuds ! murmura:t il tout bas. Voulez-vous danser ? — Avec qui ? — Je vais vous ehercher un cavalier. — (l’est inutile, merei. — Vous ne ponveg pas rester là toute la soirée. —Cù voulez-vous que j'aille ? je ne connais personne, personne no me connait : madame de Lacante est entourée : made moiselle Hermine n'est plus sar terre ; M. Gaston hasarde ses premiers compliments : M. A. natole fait le beau : ici an moins ma solitude n’est pas remar- quée. Elle parlait en souriant et pourtant Philippe lui dit : — Fernando, vous sonffrez. 1lne l'avait jamais appelée ainsietne s'aperçut Dent être pis de la différence. Klle hési. ta une seconde ;illui prit la main ; elle l'avait si glacée qu'elle glaça la sienne. —Veus souffrez ! répéta-t-il. Une larme, tombée des yeux de la jeune fille, monilla les doigts de Philippe. —Je le savais, je le devinais, reprit-il se parlant à lui-même. Fernande, ne pleurez pas. Vous valez mieux qu'aucune de ces temmes. À son nom répété ainsi pour la seconde feis, à ces paroles, elle regarda Philippe. 11 Ini sembla tranefigaré. Sa phy- ionomfe. d'ordinaire si calme dans sou indifférence, était ani- mée d’un éclat qu'elle ne lui s- vait jamais vu. Elle remercia Dieu meutalement d'être si bien comprise, et, émue elle soupira : —Oui, je sonffrais de mon i- solement, et j'avais tort. Bxeu- sez ma faiblesse... — Pauvre enfant !elle s’ac- cuse, interrompit:il. — Ne suis-je point coupable ? — Non !...rentrez...je vons en prie. 1l iui serra la main et Ja re- poussa doucement vers l’inté- rieur du salon. Elle obéit, et seI& Fernande ? ]ni demanda tinua : | —C'est dommage, n'est pas ? Aucune fortuug: : à sance vulgaire et des goû | patrieienne, Je le trouv#"iolig" oe soir. Voules vous toujfuré être présentés ? —Q'est inutile, madame. Me Recté. R... Voilà que vous rougissez. si. —Je n'ai rien, monsieur, ré. Fpliqua-t-elle. LS Voulez-vous me faire déve Madame Lobeau prit le bras! Insurance eflect.d :t lw rates avec un empressement af Vous êtes d’une pâleur! Elle s'était rapprochée d'un: | IMPARTIAL JEUD le malade malgré lui ? continua | Fernande avec une certaine vi- vacité. — Je ne connais pas cette pièce mademoiselle ; de qui est- sile ? interrogea-t-il d'un air assez gouailleur, quoique tou jours charmant. Et comme elle ne répondait pas, il poursuivit : —Ne vous ‘donnez pas la peine de chercher le nom de l’auteur ; je crois me rappeler... une des scènes... Rectifiez si je me trompe. C'est peadant une fête, un bal, si je m’en sou- viens ; l’héroine inquiète et rè- vause, ne voyant pas apparaitre celui qu'en secret eile adore, veut fuir la foule, elle se ré. his Le conteur fut interrompu brasquement par l'apparition de Philippe de Fineste qui, s'inclinant devant Fernande, lui réelama l'honneur d'un quæ drille, et, lui offrant le bras, la conduisit au miiieu du salon où les figures s’organisaient. Fer- nande, étourdie epcore du ton de M. Anatole et de l'invita- tion de Philippe, regardait sans voir 6e qui se passait autour d'elie. —Je serai un bien mauvais cavalier, lui disait Philippe, à vous de ms guider. L'orchestre jetait ses pre- mières notes: Je signal donné, 1es danseurs se mirent en menu vement. Fernarde émue, mais vaguement heureuse, entraînée par la musique, par les IÎu- mières, par l’enivrenient de ja danse, se laissa aller à ce charme nouveau pour elle, et se livra franchement au plaisir. Philippe imitait son vis-à-vis, l'élégant sous préfet de *X4%. 1l se sentait heureux, lui aussi, et l'effort qu'il venait de faire {c'en était un véritable pour lai de danser]. semblait ne :nti avoir rien coûté: Anatole, l'œil grand ovvert, la physionomie ivterdite, cher- chait à se rendre compte du phénomène qui se passait sous ses yeux. ÂAvisant ma(ame de Bianchemiu, il courut à elle, et, lni montrant Philippe et Fer. LE 7 NOV,, du précepteur et se fit conduire dans la salle du bal. La quadriile tonchait à la fin. 1ls dnreut s'effacer jo%r faisaer terminer le galon. L'œil si doux de madame Lo- beau eut un éolair en voyant passer Feruande dans les bras de son frère. Nalnele vit, si- non maitre Anatole qui retint à grand peine un sourire de satis- faction. Mes coups ont visé juste, pensa-t il. Vous le voy:z, madame, reprit il après un silence ; mon- sieur Philippe a èté excellent médecin. Monsienr Anatole ! Je m'explique mal ; c'est la danse que je veux dire. Allez douo voir ce que devient Gaston. 1lest si imprudent !.. Ainsi éongédié, maitre Ana: tole, très satisfait de |ni-même, oourut à la recherche du jeune bachelier. Madame Lobean alla au-devant de Fernande et| de son frère, et leur dit aveo son plus aimable sourire ; — C'est parfait, mes amis, et vous vous en tirez à ravir ! Ta crois ? iaterrogea Phi- lippe. Certainement ! Un coup d'es- sai est un coup de maitre ; tu ne dois pas t'arrêter en si bon chemin. Mademoiselle Fer pande a bien vouln être ton pre- fesseur cette fois ; tu peux dé- sormais voler de tes propres ailes. Tu esle maitre de la maison, cher,et te dois à ces dames, Cours faire tes invita- ous [à continuer] PEOPLE RECOVERING From Pneumonia, Typhoid or Scarlet Fever, Diphtheria, Le Grippe or any Serious Sickness nande, il attendit son exclama. tion. Quoi d'étonnont! c'est leur) âge, fit-eile. | Mais M. Philippe ! M. Philippe n'est pas nn vieillard, que je sache. J'ai bien dansé, moi, iln'y a qu'un ins- tant. Auatole se tut, et, dès qu'il put le faire,il battit en retraite, et alla se réfugier dans un salon de jeu. 11 y rencontra madame Lobeau. Grande nouvelle, madame ! lui dit ilen l'abordant ; applau-| dissez avec moi: M. Philippe! danse ! Mon frère danse ! exclama-t. elle ; j'en suis ravie, Quai done a pu le décider ? | Mademoiselle Fernande. Vous dites ? Mademoiselle Fernande Ver. neuil | ÉPRre je le féliciterai !....… | | “……. cette pauvre petite n'avait, sans doate, pas dansé de la soirée Je ne le crois pas, madame. | Elle est restée fort longtemps à | la eroisée de la terrasse ;: M. Phi. | lippe, qui r'y a vue, la crue | soufranié et l'a engagée à ren-| ne fut pas peu surprise de trou-|trer. Elle était en effet fort ver, installé sur le siège le plus | pâle... | voisin, l'élegant Anatole. Que n'êtes vous venu m'a. —Qu'avez vous, mademoi.|vertir ! | J'allais ie faire, madame, lors-; À e Si vous voulez! il a bien fait de se dévouer......* 1901 STILL TO THE FRONT ! !! Ware still to tho fcoat this spring with on» of th: nivps assorted stock of general merchaudise to be found in any city or country store in this province. Although this is the season of bad roads, the extra induoe- ments we offer, and the redaced prices on most of our goods, will more than repay the sacrifice of iravelling through the bad roads. Do not come all at once, bat for the next few months we een guarantee you, that our staff of attentive clerks wili be even ready and willing to serve you all, to your attire satisfastion. The prospsots for a big trade during the spring season 18 very bright indeed. As soon as roads permit our egg bayers will be ont again to visit everybody, and solieit their trade, 1t is not necessary to enumerate here the different kiadsof goods in our Stook. Suffoient it is to say, that we keep almost anything which the peeple want. : Our spriag goods are already all in now, and anybody ‘we cau't suit in anything, cannot be suited on this Barth. We are always prepared to buy all kinds of prodace in ex- change for our merchandise. Eggs, we make a speoiaity. Lust year we handled 55,000 dozens, and this year we waut to ïn- orease this amonnt considerably. We want wool, hides and pelts, also pork, beef, cattle and sheep, oats, wheat, and other grains, potatoes etc. A full stock of Carter's Tested Seeds on hand. We handle lumber of all kinds. Give us a trial. 30 ARSENAULT & SON& C9 WELLINGTON Require tho Norve Toning, Blood En- riching, Heart Sustaining Action of Milburn’s Heart ane Kerve Piiis. It is well known that after any serious iliness the heart and nerves are extremely weak and the blood greatly impoverished. For these conditions there is no remed; equals Milburn's Heart and Nerve Pills. It restores all the vital forces of the body which disease has impaired and weakened. Mr. T. Barnicott, Ayimer, Ont., says :— ‘“ About a year ago I had a severe attack of La Grippe which left my system in an exhausted condition. I could not regain strength and was very nervous and sleep- less at night, and got up in the morning as tired as when I went to bed. “TI had no energy and was in a miser- able state ofhealth. ‘4 Milburn's Heart and Nerve Pills, which I got at Richard's DrugStorehere, changed me from a condition of misery to good health. They built up my system, strength- ened my nerves, restored brisk circulatior of my blood, and made a new manof me. TI heartily recommend them to any one suffering from the after effzcts of Grippe, or any other severe illness."” Hyndman & Co INSURANCE AGENTS CHARLOTTETOWN. Representing in P E 1slan! North British & Mercantile Fire ins Co. Union Fire Assuran :e Society Phoenix Fire Assurance Co. que M. Philiÿype est arrivé et of London. lui a proposé un quadrille. Ras-| surez-vous, madame ; elle avait | dû êtresaisie par le froid; le! mouvement l’a réchauflée : la! — Rien ! ce serait difficile à | voilà guérie. où juger... General Marine Insnrance Co Stendard Life Assurance Co. { THE MODERN FOUNDRY AND MACHINE,SHOP We would call Spesial attention to the fact that our Ksta- blishment is fitted with the very best Modern Machinery and employing none bat first olass workmen We are in a grand poai tion to turn ont satisfactory work. OUR FOUNDRY DEP°<T has proved to be a decided success We have spared expense in fitting up this depart mezt, having imported from the United States a “Special Grade of Sand” aud using the best trade of “Pig 1ron”, we are in a position to meet the lonsw d- sired needs of the public. Parties in need of anything in our line we ask to consider these iaets and any work which may be en- trasted to ns will receive our careful attention. We solicit your valued orders. Bruce Stewart & Co. THE MODERN FOUNDERS, Engineers and Machinists Steam Navigation Co’s Whurf CHAR LOTTETOwN PAE nr Railway dining Rooms (Near Railway Station) Water Street, Summerside, P.E. Island MEALS OR LUNCH on arrival of all trains. OYSTERS served any way desired at short notice. ALL KiNpSs TEMPERATE DRriNKs, CicaRrs AND ToBAcco. G. P. GRADY, Proprietor.