2008 en usage. l'expression petit violon étant fréquemment employée”. En fait, la plus ancienne attestation écrite de. ce terme en Acadie se trouve dans le journal de l‘évêque du Québec, Joseph-Octave Plessis. lors de sa visite pastorale à l‘Île-du-Prinee-Édouard en 1812“. Cèdre Vous allez peut—être trouver étonnant que l’attestation la plus ancienne du mot cèdre pour le thuya (nom connu principalement par les botanistes) est reliée à l’Île-du—Prince- Édouard. Notre cèdre a ainsi été désigné par Jacques Cartier dans son journal de bord lors de sa courte visite à l’lle en 1534". Il semble qu’il a adopté ce nom pour cet arbre a cause de sa ressemblance (particulièrement sa feuille) aux espèces de genévrier d‘Europe - cèdre étant un nom vemaculaire employé pour ce dernier dans certaines régions de France“, nom que l‘on retrouve pour les genévriers dans l’ancien grec”. C’est en fait un faux-nom en terme botanique: les vrais Cèdres (espèce du Cedrus). le mieux connu étant le cèdre du Liban, sont très différents en apparence du cèdre de l’lle-du-Prince- Édouard et appartiennent à une famille de plantes entièrement différente. LES ARBRES FEUILLUS Comme j’ai mentionné ci-dessus, l’identification des arbres feuillus de l’Île-du- Prince-Edouard et l’attribution de noms à ces arbres ont présenté moins de problèmes que dans le cas des conifères. Ceci s’explique du ISSobey, p. 131. fait que la majeure partie des forets de France consiste d‘arbres feuillus. Dans les forêts de l‘Île. presque toutes les espèces letlillllcs avaient un équivalent européen avec lequel les premiers explorateurs auraient déjà été familiers. Ainsi les noms ht‘trc, chêne, orme. frêne. tremble. bouleau, érable. saule et autres furent simplement et correctement transférés aux espèces équivalentes dans le Nouveau Monde. Néanmoins. trois des noms appliqués aux arbres feuillus en Amérique du Nord présentent un certain intérêt. Merisier Bien que le nom bouleau apparaisse tôt dans les documents relatifs à l‘Amérique du Nord (on y désigne probablement ainsi presque toujours le bouleau à papier). un nom entièrement différent, merisier, fut donné au bouleau jaune dès les débuts de la colonisation française. Samuel de Champlain serait le premier à citer ce terme en 16302". C’est un nom apporté de France où il désignait le cerisier sauvage. La raison pour laquelle ce nom fut employé pour une espèce de bouleau n’est pas du tout évidente. mais il se peut que l‘arbre ne fut pas reconnu à l‘origine comme un bouleau. L’écorce du bouleau jaune adulte ne ressemble pas à celle d’autres espèces de bouleau. Un ancien botaniste (Boucher, 1664) a suggéré qu’il avait été nommé ainsi parce que son écorce ressemble à celle du merisier (c.-à.-d. le cerisier sauvage) de France“. Quoi qu’il en soit de l’origine du nom de merisier, ce nom vernaculaire est I 16 Père Anselme Chiasson. «Le journal des visites pastorales de Mgr Joseph-Octave Plessis (Évêque de Québec) en Acadie 181 l. 1812. 1815». Les Cahiers de la Société historique acadienne, Vol. l l, No. 1-2—3. 1980, p. 80. "Bideaux, p. 103. “Jacques Rousseau, La Botanique canadienne à l'époque de Jacques Cartier. Contributions du Laboratoire de botanique de l’Université de Montréal, No. 28, 1937, p. 48. ‘9 Russell Meiggs, Trees and Timber in the Ancient Mediterranean World, Oxford : C larendon Press, 1982, p. 410. 2“’lvizitssignon, p. 177. 2' Massignon, p. 177. PACK 3l!