Un problème majeur——sujet d‘une querelle annuelle—— était de garder allumés les cierges des acolytes par un tenps invariablement venteux, d'autant que notre église s'élevait sur un littoral nu sans un seul arbre pour la protéger contre le noroît. Je n'ai aucun souvenir de pluie en ce dimanche—là; et pourtant les encensoirs qui envoyaient si bravement leur fumée âcre quand nous sortions de l'église s'éteignaient infailliblement avant notre retour. C'était pour nous, les enfants de choeur, une cause de fol amusement: il fallait tisonner les charbons pour les garder allumés souffler dessus jusqu'à ce que nous ayons le visage tout rouge. Après tout, un problème hautement technique devait être resolu sur le champ et nous, nous étions, selon toutes évidences, les ingénieurs divins assignés ä cette tâche! Joyeux et maladroits, nous trébuchions des centaines de fois dans nos soutanelles tachées de cire et nous essayions de nous faire mutuellement des croche—pieds tout en prenant l'air d'être entièrement absorbés par les innombrables AVE MARIA. Ce n'était pas seulement une cérémonie d'une indéniable portée spirituelle: c'était aussi bien amusant.