—n1n: s— m0 mn<CnOn qui n—< >r-Q‘ UD)=n1>f-Œ LA PETITE SOUVENANCE ' “ ° > , NOTE LIMINAIRE 2006 Un phénix issu de la renaissance acadienne‘ Né trente-cinq jours avant l'adoption à Memramcook. en juillet 188|. du 15 Août comme fête nationale acadienne. J. Henri Blanchard. plus que nul autre sur son île. aura été formé par cette première vague de renaissance qui voulait à tout prix une vie meilleure pour les Acadiens. On a dit de lui qu'il était un patriote a tous crins2 et l'un des principauv traits d'union entre dem‘ générations. ou deux époques.‘ En tout cas. pour plusieurs générations d'Acadiens et d'Acadiennes a l'lle—du—Prince-Edouard. le professeur Blanchard demeure le véritable phénix dont l'énigme issue des cendres de la Déportation ne pouvait être résolue. selon le dicton. que par ceux les plus occupés à qui il faut demander d'abattre le plus de besogne. Le professeur J. Henri Blanchard était ce phénix qui. vite en besogne. allait s'occuper de son petit peuple battu mais non abattu car dès le premier quan du 20“ siècle. le peuple acadien à l'lle risquait de s'enfouir à tout jamais avec sa langue. sa foi et ses valeurs particulières.‘ Si la vie de J. Henri Blanchard est un modèle d'inspiration pour tous' c'est parce que lui-même avait été inspiré en adolescence. ll avait été inspiré a l'école supérieure de Tignish par le joumaliste et professeur Gilbert Buote. celui à qui on attribue le premier roman acadien écrit par un Acadien. ainsi que par Charles Gavin Dutfy. plus tard avocat etjuge. Liée à son goüt passionné pour la lecture. l'inspiration obtenue fit en sorte qu'il t'ut aussi considéré comme probablement l 'homme qui a le plus fait pour la cause acadienne de son temps." ll a ainsi ancré sa vie sur ce qu'il savait donner puisqu'il l'avait lui-même obte- nue dans sajeunesse. l'inspiration de ces deux grands modèles.7 Plus que quiconque. il est le premier historien acadien de l'lle à avoir parlé autant des détails sordides de la Déportation de I758. Le professeur Blanchard était un grand admirateur et s'est inspiré de l'abbé Henri-Raymond Casgrain. celui qui a réalisé que la transcription de la fameuse collection du révérend Andrew Brown avait été «tronquée». c‘est-a-dire retranchée de ses passages les plus incriminants.x Selon Tanton E. Landry. dont le manuscrit. désormais plus jamais inédit. honore les pages de cette Petite Souvenance. J. Henri Blanchard s'est mis vite à besogne pour mieur faire connaître à ses compatriotes leur véritable identité acadienne et le dépôt riche et attrayant que le passé contenait... (ll a fait) renaître chez ses concitovens fram'ophtmes une reconnaissance plus généralisée de l’existence d’un héritage propre à eut..." C ‘est en cela avant tout que J. Henri Blanchard (l88l-1968) est un véritable phénix de la renaissance acadienne à l'lle. parce qu'il a osé faire renaître. des cendres du passé. l'héritage de la nation acadienne qui risquait. et qui risque toujours. comme il nous le disait si bien. d'être endigué pas ces flots envahisseurs menaçants... A moins que l'on ait marché. et que l'on marche toujours bien plus rondement et bien plus vite‘”. comme lui. il avait marché pour abattre le plus de besogne pour la cause acadienne.'Le professeur Blanchard était bien pour l'lle— du-Prince-Edouard ce principal trait d'union entre deux époques dont parlait le père Clément Comiier. Un historien anglophone de l'lle-du-Prince-Èdouard. le père Francis W. P. Bolger disait de lui qu'il était «véritablement un homme de la renaissance». et de la renaissance acadienne avant tout! Le deuxième lieutenant-gouverneur acadien de l'lle. le Dr J. Aubin Doiron. à son tour. parlait de lui comme catalyseur de «renaissance prometteuse» : Lorsque le docteur .l-Henri Blanchard apparut sur la scène de l 'e'ducation acadienne de notre province. alors sonne le réveil acadien annonçant une renaissance prometteuse. Déjà. sur l'immense e avier de l histoire universelle. s 'etaient joués les premières notes et les premiers accords de l épopée d “une petite entité humaine qui voulait survivre. ” ° David LE GALLANT Ces soirées passées à corriger ces «concours» n’ étaient pas sans leurs moments de gros rire. Le bon professeur qui avait beaucoup lu et étudié pendant sa vie, commençait à avoir la vue faible. C'est pourquoi il se servait de sa fameuse «loupe». Albert à Pacifique et moi, nous avions de la misère à retenir le rire quand M. Blanchard perdait, parmi les paperasses, son crayon rouge qu'il ne pouvait retrouver sans avoir recours à sa «loupe» qui était également perdue. Quelle situation! Il fallait tâter par toute la table pour ressusciter la loupe, le crayon rouge. De bons'souvenirs, de belles heures passées autour d'une table auguste au 114, rue Upper Prince (Charlottetown). Parmi mes souvenirs! (jérémie Pineau, «Portraits de j.—Henri Blanchard». La Petite Souvenance, Société Historique Acadienne de l'Î.—P.»E., , no. 5. mai 1981, p. 14) 4 J. Henri Blanchard sur le traversier entre Charlottetown et Port—Lajoye.