(Suite de la 3me Page) tres, un Canadien-français, qui est l’âme dirigeante de cette ré- union de plénipotentiaires an- glais et américains c’est le pre- mier ministre du Canada, j'ai nommé Sir Wilfred Laurier. Est ce bien du recul, cela ? Et vous-mêmes, Messieurs, où en êtes-vous de vos affaires na- tionales, de votre prastige, de notre situation ici ? 11 y a vingt aüs certa'ns journaux américains avaient des paroles de haine et de mépris pour les vaillants ou- vriers Canadiens qui travaillent dans les filatures et les fabri- ques du Massachusetts et des Etats de la Nouvelle Angle- terre. Hier. ces mêmes journaux appuyaient au posts de liente- nant gouverneur du Rhode-1s- land. M. Pothier, un acadier ou canadien ; et aujourd'hui ces mêmes journaux chantent ies louanges de Lafayette, un fran- çais. Est-ce de la décadence, cela, Messieurs et Mesdames ? Plusieurs d’entre vous ont lu l’histoire de Dollar et de ses compagnons. ils étaient dix- sept, campés en avant garde, à l'ouest de Montréal. Je parle de deux cents ans passés, lorsque le Canada appartenait encore à la Frauce et qu'il Iuttait pour l'existence coutre les Anglais et les 1roquois réunis. Dollar s'était donc avancé au devant des 1roquois. Ceux-ci le surprennent dans an fortin mal palissadé, et se mettent en frais d'en finir vite avec cette poi: gnée de visages pâles. 1ls mon- tent à l'assaut da fort. 1ls sont repoussés avec grande perte d'hommes une deuxième et une troisième fois. Exaspérés, ren- dus furieux à la vue de leur ar. mée décimée par quelques chré- tiens, ils se ruent comme des bêtes fauves contre les Frauçais qui résistent toujours. Ce n’est que lorsque le dernier blanc est tombé qu'ils peuvent enfin pénétrer dans l'enceinte du fort. Etonnés de tant de vertu guerrière, ils tiennent conseil et, désespérant de l'emporter sur une race qui produit de semblables soldats, ils repren- nent, »ensife, le chemin de leur pays. Dollar et tous ses compa- gnons avaient péri, mais le Ca- nada français était sauvé. 11 n’y a plus d’iroquois, Mes- sieurs. La guerre de sang ne sévit plus entre Aaglais et Français. Mais la lutte, pour a: voir changé de terrain et d’as- pect, dure toujours. C'est tou- jours la lutte suprême pour l'existence natiorale, d'un côté, et pour l'absorption définitive de l'autre, qui se continue. Les trois millions de Français de l'Amérique du Nord courant aujourd'hui autant de dangers que leurs aïeux en couraient au temps des grandes guerres con |sace et la Lorraine, il y a trente tre ies Iroquois. lis sont enve- loppés de toutes parts par soi- xante et dix millions d'hommes de races étrangères. Qui se dévouera pour les sau- ver ? Où sont ceux qui s’avan- ceront à l'avant-garde, prêts à recevoir les premiers assauts de l'ennemi, dûssent-ils, pour le sa- iut de la race, périr tous jusqu’- au dernier ? Où est Dollar avec ses compa: gnons ? 1lme semble, en songeant comme je puis à toutes ces choses, que vous autres, qui oc- cupez les avant-postes de Ja Nouvelie Angleterre, du Massa- chusets, et des Etats de l'Ouest, vous êtes peut-être cette avant- garde qui doit sauver la pro vince de Québec et l’Acadie,! c'est-à-dire la race françaaise en Amérique. Les commencements: ont été durs pour vous, ici. Vous avez été en) butte au mépris et à la calom- GOLD, IL'IMPARTIAL, JEUDI JUST À BAD A sharp stinging pain in the back—you think it r. doesn't amount to any- az thing—be all right in a few days—but it doesn't get all right—kidneys are, not doing their duty, and the poisonous matter that they ought to remove is going all through the sys-' tem—causing rheumatism, | gout, dyspepsia, head- aches, backaches—all sorts of ills. DOANS KIDNEY PILLS Cure the disease by removing the cause. W. D. Popham, Talbot St. St. Thomas, Ont. says: ‘I have for a long time had serious back and kidney trouble. My back was s0 stiff and painful that when I sat down I had to have something to assist meto getup. I have taken four boxes of Doan’s Ki … Pills, and they have taken the stiffness an pain from my back and enabled me to straighten up without pain or difficulty.” Price soc. a box, 3 for $1.25, all druggists. The Doan Kidney Pill Co., Toronto, Ont. nie. Les vôtres mêmes restés au pays, et qui ne soupçonnaient pas la mystérieuse mission que vous accomplissez ici, ont gémi su” votre exil, ont blämé votre exode, ont proféré contre vous des paroles dures et amères. De votre côté, plusieurs ont fléch1 devant les premières at- taques de l'ennemi. Un certain nombre dont les pères et les mères étaient français ne le sont plus aujourd’hui et parlent une langue étrangère. Quelques-uns qui croyaient aux divins en- selgnements de l'Eglise catho- lique n'y croient plus. 1ls sont tombés, tous ceux-là, vivants, au pouvoir des 1roquois, et leur chute est moins glorieuse que celle de Dollar et de ses compa- gnons. Mais l'avant-garde est tout de même restée debout, fière, cou- rageuse, forte, frappent d'éton- nement ceux qui pensaient la fondre dans la fournaise cem- mune où ont fondu comme du plomb Ja plnpart des autres races qui sont venues se fixer en Amérique. et c’est vons, Mes- dames et Messieurs, qui êtes cette avani-garde glorieuse. Vous amortissez le flot, pour me servir d'une image mari- time, qui autrement briserait dans son impétuosité les falaises du Bas Canala et de l’Acadie, couvriralt nos champs de dé- bris, nous submergerait. En passant par vos rangs, le flot pan-américain s’adoacit ; un sonfle chargé d’un parfum français s’en dégage comme une ozone agréable, et, quand il touche aux rives de la vieille colonie française, il est lui-même presque francais. N'y aurait-il pas dans tout ce- ei quelque chose de providen- tiel ? J'entendais, il n'y a p°s bien! longtemps, deux Français et un Anglais, se piquant les uns et les autres de connaissances eth- nounologiques, disserter sur l’a- venir de la race française dans le moud?. La France s'en va, di- sait l'Anglais. Elle a perdu l’Al- ans ; depuis, elle n’a fait que di- minuer. Pendant que les Alle- mands, les Russes, les Anglais augmentent par l'excès des naissances sur la natalité, les Français, eux, restent station- naires, C’est-à-d're reculent. Dans cent ans la France sera dépassée comme l'est aujour- d'hui la Grèce. Le Français n‘est pas une race prolifique, a- joutait l’aimable fils d'Albion, et il ne colonise pas. [suite et fin à la 5me page] Nous garantissons que a ces Plasters allégeront DÈx. la douleur plus vite que tout autre emplâtre. 1 Mis en boîtes de 26 cts MENTHOL ou en rouleaux d’une verge de Jong, au prix 2 us $r. Dans les rou- fÿ D XL eaux on peut couper - Dans chaque famille on devrait en avoir D LASTÉR pe les cas urgents ét toutes les dimensions. mprévus. de. ait DAVIS & LAWRENCE CO, Ltd, MONTREAL Défiez-vous des contrefaçons. DEVOUEMENT CONJUGAL On ne saurait apprécier trop [haut les avantages d'un, clergé marié. L'autre jour, mistress Creighton, femme de l’évêque de Londres, ofirait obligeam- | ment à son mari de le rempla- cer dans une cenformation. Et qui n'aurait pas été enchanté d'être ‘‘confirmé” par une si jo- lie main ? Voici un autre trait de dévouement conjugal non moins touchant. La chose s'est passée dans une paroisse du comté de Hertford, Angleterre. Un certain dimanche, il y a quelques temps, le pasteur vieux et inform”, venait de com- mencer le service de la Commu- nion. 1! avait “consacré” les es- pèces, lorsque sa femme, avec son chapeau et son châle, fran- chit la balustrade de l'autel : ‘““Assieds-toi, mon chéri, dit-elle: tes rhumatismes te font beau- coup souffrir aujourd'hui : c’est moi qui acheverai le service.” Aussitôt dit, aussitôt fait. Elle se met à distribuer le pain et le vin, dit les dernières ocraisons et renvoie les paroissiens “éperdus et bénis.” (Historique). 1MPURE BLOOD Mrs. Will Varner, New Cana- da, N.S., writes : ‘‘1 have used Burdock Blood Bitters for Head- ache and impure Blood. One bot:le made a cure, 1 think there is no better medicine made.” STATISTIQUE CRIMILELLE Nous venons de recevoir le rapport contenant les “délits sujets à poursuite” et les con- damnations sommaires, dans la Puissance du Canada pour l’an- née expirée le 30 senrtembre 1897. D'après le tableau donné, il y a eu une augmentation de 632 dans le nombre des accusations pour ‘‘délits à poursuite”, du- rant l’année : le nombre des condamnations ayant diminué dans le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle Ecosse. tandis qu'il a augmenté dans les autres pro- vinces. When the children grind their teeth, have a ravenous ap- petite, yet don't seem to thrive, give them Dr. Low's Worm Syrup. 1t will clear out every worm without harming the child. Price 25c. Les Deux Petits ee C'était à la tombée du jour. J'ouvris ma fenêtre au derni:r rayon du soleil couchant et au tr.is du soir. Le tumuilte du jour avait cessé dans nos rues ; la ville fatiguée de Ja chaleur et de l’activité fébrile de la jour née rentrait paisiblement dans le calme de la nuit. Seuls les petits oiseaux, de retour au nid maternel, dans un tendre gazouillis, s’'échangeaient leurs souhaits avant de s'endor- mir. ; Je m'étais accondé, en écou- tant cette musique toujours nouvelle du petit peuple ailé, et mes yeux erraient au hasard, lorsque, tout-à-coup, deux en- fants placés presque sous ma fenêtre, attirèrent mon atten- tion. L'un, blond, aux chveux bouclés, les joues roses, le re- gard doux et bon, était coquette- ment habillé. Ses petites mains tenaient un fruit. 11 était assis sur le seuil d'une porte. L'autre, à la mine miséreuse, chétif, en haillons, n’avait de commun avec le premier, que cette can- deur et cette bonté quise réflé- taient dans ses grands yeux noirs. Un peu éloigné, ii s'était |arrêté et regardait le petit riche. Le sourire sur les lèvres, il 6 couta longtemps «on joyeux ca- EN LPS PSE M Re A redoublèrent en voyant tout-à- MR, hi, 2 E 24 NOVEMBRE, 1898. quet. 11 semblait, toute joe de le voir si heureux. L'autre petit, lui, ne le voyait pas. Vowlant jouer avec son fruit, le marmot, aux cheveux bou- clés, l’échappa. 11 disparut en roulant. Le bambin se prit à pleurer. Ses larmes et ses cris coup le petit pauvre courir avec empressement après son fruit Celui-ci avait-il cédé à la gour- mandise, et se hâtait-il de déro- ber ce fruit pour s'enfuir en-| suite ? Etait-ce cela qu'il épiait depuis si longtemps ? Oh ! non, le mioche avait trop bon cœur. 11 le ramasse, le nettoye, le sou- rire sur les lèvres, revient vers l'enfant tout en larmes. 11 lui sèche les yeux en lui remettant son fruit, puis, avec une ten- dresse toute caudide, il le baise au front, lui disant de sa voix !a plus douce : ‘Ne pleure pas, mon beau !” Cette scène de naïve candeur et de générosité enfantine, ne se termina pas là. Le blond marmot cesse de pleurer, un doux sourire s’'épanouit sur ses lèvres à la suite du baiser de l'indigent. 11 veut, à son tour, remettre à son petit ami le bon oflicc qu'il vient de lvi rendre. 11 regarde son fruit, et, tendant sa petite main, il le lui donne. Le pauvret accepte avec un sourire. Il sépare son cadeau, et en donne une moitié à l'enfant blond. Les deux petits s'assey- ent l’un près de l’autre, le bon- heur dans l'âme et le sourire sur les lèvres, savourant leur fruit devenu plus succulent encore. Quel bonheur pour des mères d’avoir des enfants au cæur si riche: Avec la dame romaine, elles ont droit de s'écrier, en les montrant : ‘Voilà raes joyaux !” Cri légitime d’un cœur mater. nel. Mère riche, uotre petit est le plus précieux de vos joyaux, et vous, mère pauvre, votre en- fant vous rend la pius riche des mères. Que dis-je, leur mère? en ont-ils une encore ? Cer petits anges connaitraient-ils le vide immense que cause l'absence d’une mère, et toute l’amertume que renferme le nom d'’orphe- lin? Ah! je m'arrête ici... Pourquoi ce nuage de tristesse sur un spectacle aussi ravis- sant ! H1S L1FE WAS SAVED Mr. J. E. Lilly, a prominent citizen of Hannibal, Mo. lately had a wonderful deliverance from a frightful death. In tel- hug of it he says : “I was taken with Typhoid Fever, that ran into Pneumonia. My lungs be. came hardened. 1 was so weak 1 couldn't even situ» in hed. Nothing helped 1ne. 1 expected to soon die of Consumption, when 1 heard of Dr. King's New Discovery. One bhottle gave great relief. 1 coutinued to use it, and now am well #nd strong, 1 can’t say too much in its praise.”’ This marvellous me- dicine is the surest and quick- est cure in the world for all Throat «nd Lung Trouble. 50 cents and $1.00, at auy Drug Store; vuvery bottle guaran- teed. names LL; . ALLEZ-VOUS BATIR ? 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