— Evangeline. DEUXIEME PARTIE a II (Suite) Au-dessus de leur terrible sentier de guerre, le vautour plane et tour- noie dans les airs sur les ailes ma- jestueuses, comme l'âme implaca- ble d’un chef égorgé dans une ba- taille, qui monte et franchit les degrés invisibles du ciel. Cet là s'élève la fumée des campements de ces sauvages maraudeurs. Cà et là, des bosquets se dressent sûr les bords des rapides rivières. Et l'ours maussade et taciturne, cet anachorète du désert, descend dans les sombres ravines pour déterrer les racines aux bords des flots. Et sur toute cette création, le ciel lim- pide et cristallin, s'étend comme la main protectrice de Dieu. C'est dans ce pays merveilleux, au pied des monts Ozark, que Ga- briel s'était enfoncé avec des chas- seurs et des trappeurs à sa suite. Un jour après l’autre, Basile et la jeune fille avec{leurs guides sui- vaient ses traces fugitives, et cha- que jour, ils pensaient l’atteirdre. Quelquefois, ils voyaient où du moins ils oroyaient voir la fumée de son campement qui s'élevait dans l’air du matin, bien loin dans la plaine ; mais lorsque, à la nuit tombante, il atteignaient ce lieu, ils ne trouvaient plus que des brai- ses et des cendres. Cependant, bien que leurs cœurs fussent tristes parfois et leurs corps fatigués, l'espérance toujours les guidait comme la magique fée Morgane : elle leur montrait ses lacs de lumière qui fuyaient et s'é- vanouissaient devant eux. Un jour qu'ils étaient assis près de leur feu du soir, une femme indienne entra silencieusemeni dans le petit campement. Ses traits portaient les traces profondes de la douleur, et attestaient une pa- tience aussi grande que cette dou- leur. C'était une femme shawnée qui revenait dans sa tribu, fuyant les terres lointaines où chassait le cruel Comanche, et où son mari, un courenr des bois canadiens, avait été tué. Leurs coeurs furent tou- chés de son récit, et ils firent à cette pauvre femme la plus cha- leureuse et la plus amicale récep tion, l'encourageant avec de bonnes paroles. Elle s'assit et se régala avec eux de viande de buffle et gibier rôti sur les braises. Lorsque le repas fut achevé, Ba- sile et tous ses compagnons, fati- gués d’une longue journée de mar- che où ils avaient chasser le daim et le bison, s’étendirent sur le ga- zon et s’endormirent à la trem- blante lueur des feux, qui se jouait sur leurs visages et sur leurs corps euveloppés dans des couvertures. Alors, l'indienne vint s'asseoir à la porte de la tente d’Evangéline et elle répéta lentement d’une voix douce et basse et avec le charme de son accent indien, toute l'his- toire de son amour, avec ses plai- sirs, sés peines et ses vissicitudes. Evangéline versa bien des larmes à ce récit ; elle pleura en apprenant qu'un autre coeur, aussi malheu- reux que le sien, avait aimé et a- vait été déçu. Emue jusqu'aux profondeurs de son âme d’une com- passion féminine, et trouvant au milieu de sa douleur dans la présence d’un être qui avait souffert comme elle, à son tour el'€ lui racouta l’histoire de son auou et de tous ses malheurs- L'Inüien- ne restait muette de surprise, el lorsque Evangéline eut fini, elle demeurait muetteencore. À la fin cependant, comme si une mystéri euse horreur eût passé par son es- prit, elle parla et racouta le conte- de Mowis : Mowis, le fiancé de neige, qui rechercha et obtint main d'une jeune fille, mais qui, le matin venu, se leva et sortit du de 1 ' wigwam, s’évanoissant, se fondant et se dissolvant aux rayons du So- leil, jusqu'à ce qu'elle ne le vi plus, quoiqu'elle le suivit bien loit dans la forêt. Puis avec ses ac- cents lents et doux, qui ressem- blaient à une incantation, elle ra- un charme | | Rtidens la revit parmi son peuple.”’ | jestueux, qui s'élevait au milieu du L'IMPARTIAL JEUDI conta l’histoire de la belle Lilinau, 5 LE’ 12 DEC, 190 l recherchée en mariage par un fan tôme. À travers les pins au dessus de la maisonnette de son père, dans le silence du crépuscule, il soupi- rait comme le vent du soir, 2t murmurait. des paroles d'amour à la jeune fille, si bien qu'elle suivit son vert et ondoyant plumage à travers la forêt ; et plus jamais elle ne revint, et plus jamais on ne Stu- péfaite et silencieuse, Evaugéline écoutait les doux flots de ces paro- les magiques, et le pays qui l'en- tourait Jui semblait comme une terre enchantée, dont l'étrangère basanée était l’enchanteresse. Len- tement, sur le sommet des monts Ozark, la lune se leva : elle éclaira la petite tente, elie dora de sa splendeur mystérieuse les sombres feuillages, elle enveloppa et rem- plit toute la forêt. Tout près d'elles, avec un doux murmure, le ruisseau fuyaïit, et au-! dessus de leurs têtes, les branches | s'inclinaient et exhalaient des sou-| pirs à peine perceptibles. Le cœur! d’'Kvangéline était rempli de pen-| sées d'amour, mais at milieu d'elles | se glissait un secret et subtil sen-| timent de peine et de terreur indé-| finissable, comme le serpent froid | et venimeux se glisse dans de l’hirondelle. C'était une crainte qui n'avait rien de terrestre. Un souffle de la | région des esprits semblait planer dans l'air de la nuit, pour un mo- ment elle se dit qu’elle aussi, com- me la jeune fille indienne, poursui- vait un fantôme. Kemplie de ces pensées, elle s’endormit, et la peur! et le fantôme s'évanouirent. Le lendemain se remit en marche. | le + de bon matin, on! Et comme ils! À s’acheminaient, la femme shawnée | leur dit : ‘‘Sur le penchant occi-| dental de ces montagnes demeure! dans son petit village la Robe Noi- Il enseigne beaucoup de choses aux, re, qui est le chef de la mission. gens, et leur parle de Jésus et de Marie, et leurs cœurs rient de joie! et pleurent de tristesse en l'écou-, tant.”” | Evangéline, tion secrète et subite, saisie d’une émo-| répondit :| ‘Allons à la mission, car de bon- | nes nouvelles nous y attendent.’ | Ils tournèrent donc leurs chevaux | dans cette direction. tournant de la Derrière’ un montagne, juste à l'heure où le soieil se couchaït, ils entendirent un murmure de voix, et ils virent dans une large et vas- te prairie, sur les bords d’une ri- vière, se dresser les tentes chrétiens, les tentes de la mission des Jésuites. Sous un chêne ma- des village, la Robe Noire était à ge- noux avec ses enfants. Un crucifix attaché au hant du tronc de l'arbre et ombragé de vignes, fixait ses yeux agonisants sur la multitude agenouillée à ses pieds. C'était Ià leur rustique chapelle. À travers les arceaux entrelacés de oette voüte aérienne montait vers les cieux le chant de leur vê- CHEAP Handsome Lockets, Chains, pres, qui mêlait ses notes aux doux DEL oi Silencieux otick Pins, 5 eux, soupirs des branches. la tête découverte, s'approchèrent, sur le parterre de verdure, et se joignirent à la prière du soir. Lors- que le service fut achevé, et que la bénédiction fut tombée des mains The never slip collar Button Cuff Links, les voyageurs s'agenouillèrent Fancy Clocks, Parlor Ciocks, 0 du prêtre, comme la semence des mains du semeur, le vénérabie pas- lentement ] Bed Room Clocks teur s'avañça vers les . . 7; nl » si »1- itrangers et leur souhaita la bien- Kitchen Clocks venue. Quand ils lui répondirent, il sou- XT A 2 . —. / ] « | è æ * : y / - rit avec bonté, en attendant les ac # à - LL E2 a. , 1 és L | cents familiers de sa langue maäter-| SÉRIART : Re Al {he anove at price—jusirigit nelle an milieu de cette forét, ei| | LS. Perry. AT ENT: | AÉAELRÉ avec des paroles amicales, il les conduisit dans son wigwam. is se reposèrent sur des nattes des peaux, 1ls se régalèr PL RTE teaux de maïs, etils étanchèrent E eur soif à le Ï d'eau|$& | $CAY , TRADE MARKS, | COPYRICHTS AND DES:CNS. | | gourde pleine du missionnaire. end your business direct to Washington, D TE A OGU FE My office close to U. S. Patent Office. FREE vrelimir- saves time, costs less, better service. ary exzminations made. Atty’s fee not due untii Fr atent G RAT j Sur demande nous enverrons xp is secared. PERSONAI ATTENTION GIVEN—19 YEARS Dbtée nonvent cataldue de USE PROS DO : Le HNVENTIVE. À be VY is À ñ * ACTUAL EXPERIENCE. Book ‘How to obtain Patents,” etc. sent ‘res. 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Ce qu'il y a de plus inconpréhensible, c’est qu ily a des milliers de femmes Qui attendent |À 1 heure de la naissance de leur enfant dans l’an- |* goisse et dans la douleur, et qui pourraient être |À heureuses et en bonne santé, si elles le voulaient, 7 Quelle est la femme qui ne voudrait pas être . -:\, bien portante et avoir un enfant plein de santé ? < Le vouloir n’est pas suffisant, il faut employer s les moyens nécessaires. | \} u A Les Pilules Rouges sont offertes aux femmes faibles et Î|£ : s souffrantes comme moyen d'acquérir des forces et de revenir \ / à la santé. Des milliers de femmes s’en sont servies et assu- ent qu’elles ont rempli le but pour lequel elles sont destinées. Si la femme malade veut revenir à la santé, si la mère de famille faible, veut âcquérir des forces, les Pilules Rouges sont là pour l'aider. Elles ont aidé tant de femmes qu’il n’est plus permis de douter de leur efficacité, Elles donnent la santé aux femmes de tout âge et les guérissent sûrement de tous les maux dont elles peuvent souffrir ; elles adou- |! cissent les angoisses de la maternité et donnent à la mère la force et la santé qu’elle transmettra à son enfant. É “ Depuis cinq ans, c'est-à-dire depuis la naissance de mon premie \ ‘enfant, dit Madame Jos. Deleau, je souffrais d’une douleur ee côté, ‘‘ et de beau mal pour lesquels les médecins ne pouvaient me faire aucun ‘ bien ; je souffrais aussi de mon estomac, ma igestion se faisait mal, je ‘me levais le matin fatiguée et ahurie et à peine capable de me trainer. ‘ T'écrivis alors aux Médecius Spécialistes de la Cie Chimique : Franco-Américaine qui me conseillèrent de prendre les Pilules SR Rouges, et 7 boîtes de ces merveilleuses Pilules me guérirent com- piètement pour tous ces troubles qui m'étaient restés après la naissance de ion premier enfant. FÆlles me ‘mirent forte et courageuse ; j'aurais bien voulu connaître ce bon remède avant, car j'avais dépensé beaucou ‘‘ d'argent et aussi j'avais terriblement souffert ; il m'aurait épargné beaucoup de troubles. « ‘‘ Madame JOSEPH DELEAU, ‘ Creigbton, Pa.”’ | ‘* Pour m'être levée trop vite après la naissance de mon premier enfant, dit Madame Augustin Galipean, je | Hi ‘restai presqu'infirme ; je souffrais de toutes sortes de’ maux, j'étais d’une faiblesse extrême et je pouvais à | ‘peine me trainer dans ma maison. Une de mes voisines me conseilla de prendre les Pilules Rouges jue ‘“Je pris pendant un an, et après avoir été malade pendant 6 ans, elles me guérirent complètement. " ‘‘ Je prends encore les Pilules Rouges de temps en temps afin de me tenir forte, mais je n’en ai pas “ besoin, car je ne souffre plus et je suis en parfaite santé. Je conseille aux mères de famille de prendre les ‘Pilules Rouges, car elles guérissent les maux auxquelles elles sont exposées. ‘ Madame AUGUSTIN GALIPEAU, ‘ Val Morin, Co. Terrebonne, Qué. . Les Pilules Rouges sont essentiellement une médecine pour les femmes ; elles guérissent toujours les irrégularités, l’inflammation, les ulcérations et le beau mal. Elles sont le remède à prendre pour préparer à la maternité et elles sont un tonique sans égal pour aider aux mères qui nourrissent leurs | enfants. Les Médecins Spécialistes de la Cie Chimique Franco-Américaine, peuvent être consulté: gra- tuitement soit par lettre ou à leur bureau, au No. 274 Rue St-Denis. Il est vrai qu’il n’est pas néces- saire pour les fermes qui veulent prendre. les Pilules Rouges, d'aller consulter ces médecins, cepen- dant, nous ne saurions trop conseiller aux femmes qui souffrent depuis longtemps et qui se seraient ë découragées, d'aller voir ces médecins ou de leur écrire et d’apprendre d’eux ce qu’il leur faut faire ‘| pour aider à l'effet des Pilules Rouges et les ramener à la santé. b Les consultations au bureau sont données tous les jours de la semaine, excepté le dimanche, de 9 É heures du matin à 9 heures du soir. : Les femmes devront refuser comme imitations toutes Pilules Rouges vendues de porte en porte, au 100 ou à 25c la boîte et aussi exiger que le nom de la Cie Chimique Franco-Américaine soit sur chaque boîte ; c’est le seul moyen d’avoir les véritables Pilules Rouges et de se guérir rapidement, Si elles ne peuvent les obtenir de leur marchand, elles leur seront expédiées sur réception du prix 50c la boîte ou G boîtes pour $2.50. 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