pee” Sd A ati ft dd à ag di ER à ms en RÉ ation LA CIE. DE PUB. DE L'IMPARTIAL, PROPRIETAIRE. G. BUOTE, RÉDACTEUR. F. J. BUOTE, GÉRANT VOL. 1. hante NO. 19. TIGNISH, ILE du PRINCE EDOUARD, JEUDI LE 6 JUIN 1901. LA MECHE D'OR 0000000XXX0000000 DEUXIEME PARTIE 16 [suite.] — Moi ?fit Zéphirin, d'un air vaif. Comment voulez vous que jele sache? M. Fourmont m'a donné ce matin ‘ordre de porter piusieurs paquets à mademoiselle Julienne, Je les ai portés à Asnières; et made- moiselle Julienne m'a fait dé. jeûner à la cuisine, avec Jacquet le jardinier. J'ai même aidé Jaëquet à déplace: des menbles dans la chambre de Mademoi- selle. Le jugee d‘instruetion vit bien qu'il n‘obtiendrait pas beaucoup de Zéphirin cepen- dant il demanda encore: — Voyons, tâehez de vous sou venir: ce Claude Garancier n'al- lait il pas souvent daus certains endroits de la banlieue? Uu canotier a toujours une auberge préférée sur le bord de la Seine. 1lavait dû vous le dire. Rap pelez vous! Zéphirin eut l'air de beau- coup réfléchir; puis il répondit gravement: —Oui, Monsieur, en effet. Du côté de Joinville, M Claude allait souvent sur la Marne —Bah ! fit le chef de la sureté: ils n'ont certainement pas quitté Paris. Comment pourraient ils sortir de Paris? j'ai des limiers dans toutes les gares, dans tous les bureaux d'octroi Et peut-être en ce moment ces gredins sont-ils déjà arrêtés? —Je le souhaite, répliqua sèchement le juge &'instruction; mais je n'y compte gnère. La police a la main si malheureuse en ve moment! ‘M. Lisars avait bien raison den'y point compter; car, ni ce jour là, ni les jours suivants, on ne retrouva les fugitifs: peu à peu le bruit se répandit qu'ils avaient dû gagner l'étranger Et on les oublia bientôt, pour ne plus s'oocuper qne de Serg« Morain. Brigard avait prévu ce qui allait arriver; un grand revirement se faisait, dans l'opi nion, en faveur de ce pauvre garcon, qui n‘avalt jamais cessé de protester de son innocence, et dans les paroles duquei on n'avait jamais relevé la moindre contradiction. Les magistrats eux mêmes avaient commencé à douter, lorsque Serge avait dé oiaré énergiquement qu'ii n: voulait prendre aueun avocat, etqu'il était décidé à se dé: fendre lui-même en racontant simplement la vérité. Il avait suitts l'infirmarie du Dépôt; et déjà le juge d'instruc- tion avait pu le faire eompar aîitre devaut lui. Dans ces comparutions, Serge donnait bien tous les explications qu'on jui demandait; mais, dès qs'on lai parlait nettement de l’acou le cadavre de son père, et à la conduire sur le lieu du erime. Le docteur Bernedel, qui le soi- gnait avec beaucoup de dévoue- ment, disait : — Ce garçon a été déjà très éprouvé ; et, s’1l n’est réellemeat pas coupable, une émotion, aussi terrible que celle à laquelle on veut le soumettre, peut lui faire le plus grand mal. Mais les magistrats sont natu- rellement peu portés à croire aux protestations des ineulpés ; et, quelques jours après l’éva. sion de Thérèse, on décida, mal: gré les sages conseils de M. Bernedel, que Serge serait mené à la Morgue. Une nouvelle coraplication vint, du reste, gonfirmer tous les soupçons de la justice. La veille du jour fixé pour la con- frontatiôn, le chef de la sûreté entra triomphant, chez M. Li- sars, en Criant : —Ah! comme j'avais raison quand je vous disais que Thérèse Grarancier et son frère n'avaient pas quitté Paris, et que, malgré le revirement qui se fait dans l'opinion en faveur de Serge Morain, j: croyais toujours, moi, à sa culpabilité. En voici les preuves indéniables. En même temps, il montrait à M. Lisars un morceau de pa pier sur lequel étaient collés des mots à nprimés. — Qu'est ce que cela ? de- manda M. Lisars, intrigué. — Encore un coup de Claude Garanoier ! Vous savez que les journaux ds ce matin ont annoncé que Serge Moraiu allait être confronté demain aveo le cadavre de son père, et conduit rue de Rome, peur ia reconsti- tution de la scène de l’assassi- nat. Eh bien, tout à l'heure, un commissaire est venu porter, pour Serge Morain, an paquet que lui avait remis une femme... ee paquet portait simplement cette adresse : M. SERGE MoRAIN Au dépôt de la Préfecture de police. Le concierge m'a aussitôt envoyé l'homme et le paquet ; et j'ai appris Ce que je viens de vous dire. Puis j'ai examiné le contenu du paquet. 1l y avait deux gilets de flanelle, des mou- choirs, divers objets de toilette etenfin un foulard, qui était olacé an milieu. Tont oela avait une tournure $ort honnête: | | et je l'aurais fait remetire à l'in. vulpé, si Je n'avais eu un soup- | gon : je pressentais quelque, ruse. J'ai soigneusement taté tous les objets ; et dans l’ourlet | du foulard, j'ai trouvé cette let- tre. Voiia tout. | Ea achevant son réoit, le chef! du la sûreté sourit aves bon-! (heur. Le juge d'instraction lut| 1 sation de parricide portée contre | lui, i! se révoltait et alors de répondre, avee la plus vive indignation. Aussi “hési- tait on depuis plusieurs jours, le coufronter à la Morgue avr | + refusait | CC an a | alors la iettre, formée par des! mots imprimés n jparral et collés sar un mor. 6e papier. + — Bu eff+t, dit-il, voils qui } ? ICS GOUTSS 2: | ! lèverait tous \ 4 ? 1 — ïlaiatenant, ne vous _ ble-t-i! pas p#éférable da laisser parvenir cette lettre an piiso:- nier, commesi nous ignorions son existence ? Nous sommes prévenus ; nous n'arois donc rieu à craindre. — C'est juste ; et cela je force- rait à se trahir Ini même. .….C+ soir ià, en même temps que son repas, le geôlier appoi lä| à Serge le piquet qui avait été déposs pour lui. Et le prison- uier fut bien étonné quand il sn vit le contenu. 1! pensa anssi- tôt que cela devait venir de Claude. Qui ponvait s'intéresser à lui, «siuon le frère de celle qui l'aimait ? 11 regarda tous les objats avec uue jole enfantine ; puis il evt an doats, ea voyant Île foulard : — Pourquoi Claude m'envoie- tilua foulard? murmuratil;: il sait bien que je ne in en sers | Jamais... Tiens, et uu foulard décousu …...…… Il seatit alors le papier ca hé dans l'our'et. —Uue lettre ? Il l‘enleva et la cacha vive- ment, Com ncn:ant 1l alla s'assurer qu'aucan pas ne retentissait dans Je couloir,| et pir sursroit d> précautions, | tuurna je bas au guichet av " de lire sa lettre “On doitta mener demain | la Moryçnue et rue de Rome. à devenir. Ovccasio1 mnique de t'évader. Rien à tenter à la Morgue ; mais, rue de Rom», évasion sera facile. Quaiti:rius la France jusqn'à ce que nous puissions établir notre innocence. Mais absolament néc'seaire échapper aux griffes de ia police. La petite cour intérieure, qui sépare le numéro66 da numéro 68 de la rue de Rome, est aisée à franchir. Pendant qu'ou te laissera dans l'entrée, avant de pénétrer dans la salle à manger, où l’on va reconstituer le crime, tu f:ras ouvrir la fenêtre de l'entrée sous un prétexte quel- conque ; cette fenêtre donne sur la petite cour de service, par où s'éclairent jes petits escaliers. Ta assommes aiors les deux hommes quite gardent, ettu sautes sur la feuêtre. De là, tu empoignes la barre d4f:r qui est plantée entre les deux corps de-logis et tute lances dans l'escalier du numéro 68 Avant qu'on ait eu le temps de se re- touiner,tu arrives dans la rue, où je t’attendrai, avec une voi- tare, pour t'aider a fuir.” 11 n’y avait pas de signature. —Ciaude a bien tout prévu, se dit Serg», même ie cas oû cette lettre tomberait entre les miins de la police. C'est pour Cela qu'il ne signe pas, et qu'il remplace son écritire par des mots imprim(s Tout est bien combiné. ii relat la lettre une seconde foie, en gravatous les termes dans sa mémoire ; puis il la dé. chira et pet Ilne dormit pas da la nait. Il réfl'chiesait. | Puisque Ciaude ue pariait de ETES CSN Vi 2067 CA SSI QT ER ME: J. H. Myrick & Ce, Importers aad Jealers in DRY GOODS HARDWARE BOOTS & SHOES FINE GROCERIES And Fis:cang “Supplies AT 'TIGNISH and A LBERTON We have just opened à full and complete stock of NEW GOODS. 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