{ + À ao ns L'IMPARTIAL, JEUDI LE 19 FEVRIER 1903 à où BREL ET Dre RE Re ae re £ FE or F e ? # pour mari, car elle est bien maïheu- reuse chez elle. La mère Martin! n'est pas tendre tous les jours ; elle bat quelquefois cette chère Simone, qui se tue à travailler pour la nour- demoiselle, de tuer ici, en quelques |{#ir. heures, plus de foulques et decanards | __ Pauvre fille ! répliqua Melle. que cette barque n’en pourrait por- | de Norville en soupirant ; elle doit ter......Mais attention ! Etienne, | être bien malheureuse, en effet, si ajouta-t-il en s'adressant à son fils, |elle n’a pas l'affection de sa mère ! le jeune monsieur pourrait S'être| Eh bien, mon ami, pourquoi ne l'é- réfugié de ce côté. *” |pousez-vous pas, puisqu'elle vous antntet Le Cri du Sang (suite de la 1re page) issayons ! Il se leva debout, et, formant un ‘aime ? cornet de ses deux mains, il poussa | —_Xh ! Je puis-je, demoiselle ? dit un cri aigu, puissant, qui dut être | Etienne, qui parut près de pleuter ; entendu à une grande distance. je suis de la conscription maritime, Mais vainement prêtèrent-ils | cette année, et on veut que j'aille l'oreille à la suite de cet appel. Le | servir le roi sur ses vaisseaux. Mais calme le plus profond régnait SUT |les gendarmes ne me tiennent pas les eaux et dans les vastes palus encore ; qui consolerait Simone qui s'étendaient jusqu'aux limites | quand je ne serai plus là? Aussi, de l'horizon. Rien ne répondit, pas | je jure bien...” même l'écho. Il n’acheva pas. Ia barque ve- Les bateliers parcoururent en|nait d’être saisie par la main d’un criant ainsi les anses, les criques, | géant, et l'avant se souleva presque les passages où le naufragé aurait | perpendiculairement, tandis que pu se réfugier. Souvent, le père| l'arrière s’enfonçait dans l’eau. et le fils unissaient leurs voix pour |! ‘BâÂbord la barre l’’ s’'écria le les rendre plus perçantes ; Amélie | patron Poncet d’une voix contenue. elle-même joignait son timbre ar- | Etienne obéit avec une rapidité gentin aux sons graves sortis de ces | qui tenait de l'instinct. Aussitôt robustes poitrines ; mais le résultat \]a barque s'abaissa par saccades ‘et était toujours le même. Pas un cri | reprit sa position horizontale, quoi- ne répondait aux leurs, excepté | qu'elle bondit encore à la surface parfois celui d’un plongeon effrayé | raboteuse de l'étang. Puisellesor- dans £a couche d'algues et de zos- |tit du tourbillon qui avait pensé tères. Partout le silence, l’immo- | l'engloutir et vogua sur des eaux bilité : et saus doute si des habi- | moins furieusement agitées. tants de la rive remarquaient au! Pendant cette crise, pas une pa: loin cette lumière qui dansait à la | role n'avait été prononcée ; quand surface de l'étang, s’il entendaient | on se crut en sûreté, un souffle bru- ces sons inarticulés perdus dans le | vant s'échappa de toutes les poi- vague des airs, ils croyaient qu’un |trines. feu follet voltigeait sur le marais, et ‘Merci, bonne Vierge ! dit le pa- que l’âÂme des morts mêlait ses gé- | tron Poncet ; nous l'avons échappé missements aux deruiers souffles de | belle : la tempête. ‘‘Rien, de par le diable ! dit en- fin le patron Poncet ; pour sûr, Et il montra du doigt, à quelque M. Adrien n’est pas de ce côté. distance de l’arrière, une espèce de —Eh bien, alors, s’écria Melle. | renflement de la surface du lac. On de Norville avec un empressement |eñit dit d'un monticule qu’une cein- fébrile, rendons-nous bien vite au |ture d'écume brillante faisait recon- Roquairol. naître de loin dans la nuit ; c'était —Le Roquairol ! le Roquairol ! | la source d’eau jaillissante, si redou- répliqua le pêcheur, font le visage |tée des pêcheurs. Partout à l’en- s’assombrit ; il n'y a pas de temps tour, l'étang était soulevé par une de perdu. C’est à peine si, dans | force: irrésistible qui y formait com- une heure d’ici, nous pourrons en me une nouvelle tempête. approcher de cinquante pas, tant le) “Voilà peut-être l’endroit fatal flot y court avec violence. ?? pensa Amélie, nous portions en plein sur Où avais-tu donc les yeux, Etienne, mon garçon ?’’ l'Avysse..… Mais où Adrien a péri ! n'importe ! allons ! Etienne, mon | oubiiant déjà le danger qu’elle ve- garçon, ajouta-t-il en s'adressant à | nait de courir elle-même. son fils, cède-moi les avirons. Il y! Etienne, dont la distraction avait aura assez à faire pour tous les deux, été cause de cette fausse manœu- quand nous serons près de l’Avysse vre, s’empressait de vider l’eau qui ou du rocher ; repose-toi, c’est mon | était entrée dans la barque. Sa tour maintenant.” | besogne achevée, il vint prendre la Le jeune marin obéit, et le père, seconde rame. A l'air grave et ré- prenant les rames, poussa la barque | fléchi des bateliers, Melle. de Nor- avec vigueur pour regagner le cen-| ville comprit qu’alors seulement la tre de l'étang. lutte contre les flots allait sérieuse- Bientôt on se retrouva sur les! ment commencer. eaux agitées et le mouvement sac-, Une teinte blanche, d’abord, puis cadé du bateau rendit à Amélie ses rose, euvahissait le ciel du côté de terreurs. Etienne, qui venait de l’orient. Des nuages, invisibles s'asseoir à son côté, la fit frisson- | jusqu'à ce moment, apparaissaient ner. dans les hautes régions de l’atmos- ‘“Demoiselle, dit-il avec douceur, ne craignez rien... si nous chavi- | Cependant, l'obscurité pesait encore rons, je VOUS sauverai OU je mour- sur les régions basses, et le petit fa- rai avec vous !”” Amélie murmura un ment timide. I] n’y a pas de quoi, murmura phère, avec des franges violettes. nul, ballotté à l'avant de l’embar- remerci- | cation, permettait seulement de voir à quel:,ues toises autour de soi. Tout à coup surgit du sein des Étienne avec simplicité ; vous ren- eaux, comme une pyramide noire et dre service, ce serait encore rendre irrégulière, le Roquairol, cet écueil service à ce pauvre M. Adrien, car | redouté où Adrien de Laroyère avait je sais combien il vous aimait ! dû venir la veille chasser aux fla- —Quoi ! vous l’a-t-il dit? de- mants. La cime se dessinait nette- manda Melle. de Norville d’une ment sur le ciel. Mais un bruit voix étouffée. sourd, continuel, semblable à des —À moi ? décharges précipitéés d'artillerie, sieur tel que lui m’aurait-il fait des se faisait à sa base, sans qu’il fût confidences ? Mais je l'ai vu plu- possible encore d'en distinguer la sieurs fois avec vous, quand vous cause. veniez vous promener sur la grève, et quelqu:s mots qui lui sont échap- —Veille, Etienne ! cria le père ; n'avait pas exagéré le danger d’ap- nous ne devons pas être loin de l’A- brocher de ce lieu terrible. Comment un mon- On courut en droite ligne sur le Roquairol et bientôt Amélie elle- même put reconnaître que Poncet De hau- vysse.””’ tes laimes concentriques venaient En effet, depuis un instant l’eau s’abattre tour à tour sur le rocher tourbillonnait avec plus de force au- avec fracas ; l’eau rejaillissait con- tour de la barque, et on entendait tre ses flancs à une hauteur consi HEUREUSE ET-EN BONNE SANTÉ Une belle et jeune Canadienne Sauvée du Catarrhe des Poumons par la Pe-ru-na. CV NON PAPE TN NT ENT k di A ï NES FVTTTITITTITITTTITENITNTINTTI TITI VTT INT TTITTTTTITTTTTIIITTITTTTITEINITITIAT Mlle FLORENCE RENAH Mlle Fiorence E. Kenah, 434 Maria Street, Ottawa, Ont., écrit : ‘* Il y a quelques mois je pris un froid sévère qui attaqua mes poumons et dura avec tant de persistance que je m'en zlarmai. Je pris des remèdes sans amélio- ration, et à la fin mes organes digestifs ne fonctionnaient plus, et ma tête et mon dos commencèrent à me faire souffrir beaucoup et fréquemment. ‘* On me conseilla d'essayer la Peruza, et quoique j’eusse peu de fol j'étais si malade que j'étais prête à essayer n'imsorts quoi. Elle donna le soulagemement désiré tout de suite, et je sentis que j'avais enfin la bonne médecine. En trois semaines j'étais complètement rétablie et ai joui d’une santé parfaite depuis. ** J'ai maintenant la plus grande foi “ans !2 Feruna.’”’—F. E. Kenah. Les femmes devraient prendre garde de| Je suis heureuse de l'avoir fait, car elle contracter le catarrhe. Le vent froid, lame soulagea immédiatement. Il ne m’en pluie, la boue de l'hiver sont spécialement | fallut que deux bouteilles environ et je crus des causes d’affections catarrhales. Peu de | que c'était de l’argent bien dépensé, femmes y échappent. “ Vous avez une ferme amie en moiet non- Aux premiers symptômes d’un froid, on |seulement je conseille à mes amies d’en devrait prendre de la Peruna. le système contre les froids et le catarrhe. | teilles pour donner aux personnes trop pau- La lettre suivante relate l'expérience d’une | Vres Pour en acheter, et j'ai remarqué que jeune femme avec la Peruna : sans exception elle a guéri rapidement par- Mile Rose Gerbing de Crown Point, Ind., | tout où elle a été employée.”—Mlle Rose est une femme du monde très populaire et} Gerbing. elle écrit ce qui suit : Si vous ne dérivez pas de résultats prompts Dernièrement je fis une longue promenade | €t satisfaisants de l'emploi de la Peruna, en voiture dans la campagne, et étant trop | écrivez de suite au Dr. Hartman, lui détail- légèrement vêtue je pris un mauvais rhume lant votre condition, et il se fera un plaisir qui tomba sur mes poumons et dont je ne de vous donner gratuitement le bénéfice de pouvais me débarrasser. J'avais beaucoup | SES Conseils. entendu parler de la Peruna pour les rhumes | Adressez ves lettres : Dr. Ilartman, P:e et le catarrhe, et j'en achetai une bouteille | sident of The Hartman Sanitarium, Colum- pour essayer. | bus, Ohio. à venir d’en haut, une teinte lugu- |le rocher, mais de loin, afin d’évi- bre. De grands oiseaux de mer ter les grosses lames, qui étendaient planaient autour du Roquairol, et|leurs terribles anneaux autour du leurs glapissements de sinistre au-|Roquairol, et dont la moindre eût gure ajoutaient encore à l’effroi inévitablement submergé l’embar- qu’il inspirait. | cation. Bientôt le patron ordonna à son| Eneffet, de l’autre côté de l'é- fils de cesser de ramer. |cueil le danger était moins effra- ‘Impossible d'aborder, dit-il a-’yant. Le flot ne brisait pas avec près un moment d'examen ; le ba-!la même violence ; la pente du ro- teau chavirerait dix fois avant de ! cher semblait aussi beaucoup plus toucher la roche, et, s’il la tou- | douce et quelques arbustes l'éga- chaït, il serait brisé comme une cc-! yaient de leurs touffes vertes. quille d’œuf....Il est trop tôt l’’ |ce point, une veine de la pierre, Etienne lui-même fit un signe|plus tendre et plus friable, avait d’assentiment. Mais Amélie, qui|cédé à l’action corrosive des vagues comprenait moins le danger, ne se|et formait ure échancrure ou brè- montra pas abattue : che dans laquelle s’engouffrait l’é- ‘Courage ! mes amis, s’écria-t-|tang. elle ; songez que M. Adrien est là] L’embarcation s'arrêta en face peut-être, à quelques pas de nous, | de cette échancrure. Etienne, l'œil et qu’un dernier effort peut le sau-|fixé sur ce point, paraissait combi- ver ! ner quelque hardi projet. —J'en doute, ma pauvre petite! ‘Patron Poncet, dame du bon Dieu, répliqua Pon- |lie, n’est-ce pas dans cet enfonce- cet avec un accent de tristesse ; ment que se trouve le petit bassin du reste, nous allons le savoir. ’? appelé la ‘Baignoire de saint Guil- En même temps il poussa de|helm”” ? nouveau son cri d'appel ; mais, | poussa notre barque le juur que je cette fois encore, personne ne ré-|fis avec ma mère et M. Adrien une pondit. Etienne et Mile de Nor-|visite au Roquairol. ville joignirent leurs voix à la sienne ; toujours même silence et même solitude. “Vous voyez, dit Poncet, il n’est pas sur le Roquairol......S'il y était, il a des yeux, il pourrait nous voir, il a des oreilles, il pour- rait nous entendre ; il a une voix, il pourrait nous répondre....Il ne nous reste plus qu’à retourner à Balaruc. —Oh ! de grâce, patron, ne uous éloignons pas, dit Amélie a- vec instances ; peut-être ce mal- heureux jeune homme se trouve-t- il épuisé de fatigue, transi de froid, mourant, incapable de parler. Le Ca Dur demanda Amé- Je me souviens qu’on y The Origineator of un grondement sinistre à peu de dis- dérable, puis retombait en écume, | tance. Le jeune marin ne parut pas que la lame suivante lançait de nou remarquer cessymptômes effrayants veau contre les rocailles. L'écueil ! ‘Ah ! demoiselle, reprit-il avec paraissait taillé à pic ; c'était à pei- mélancolie, comment n'aurais-je ne si quelques plantes marines, des | pas deviné M. Adrien, quand moi- cristes aux teintes glauques, des ta-| même je suis amoureux fou de la marins, des salicornes, végétaient jolie Simone, la fille à la mère Mar- dans ses humides anfractuosités. Ce : dé tin ?... une belle créature, demoi- tableau empruntait à la lumière DOAN'S KIDNEY PILLS, rocher doit être abordable sur quel- que autre point. —La demoiselle a raison, dit Etienne avec vivacité ; filons encore à bâbord, père, j'ai mon idée.’’ Il reprit sa rame et son père l’i- mita, uniquement par complai- sance, caril n’attendait rien de bon de cette nouvelle tentative. The original kidney specifie for the cure of Backache, Diabetes, Bright’s Disease and ail Urinary Troubles. Don't accept something just as good. See you get the genuine DOANS They cure when al others faïl. 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