11e — 4 r + E y _ DR hE de ; en SE RE ac net Ur Liu MMA 2 VEN 2 MA OMAN D DAT NT NN es nina: amenant A 4 25 8 SAR OA à à DE A An» mu bon 2 Eh th ss sui ill Æ Ee. ! > pe , Le LEO à vw RS D #; VE SR Ru LA CIE. DE PUB. DE L'IMPARTIAL, PROPRIÉTAIRE. G. BUOTE, RÉDACTEUR. F. J. BUOTE, GÉRANT LU A TIGNISH, ILE du PRINCE EDOUARD, JEUDI LE 21 FEV. 1901. 8 ANNEE. - La MECHE D'Or. - 00000001XX0000000 PREMIERR PARTIE | L Tous les employés de la grande maison de tissne Gau- chois, Perrin et Oie attendaient ce soir-là. avec une impatience fébrile, l'heure où ils seraient appelés tour à tour dans le bu- reau des patrons ; oar c'était Je 81 mars, jour où, de temps ime mémorial, les patrans distribu- aient les gratifications et les a- vancements. Vers six heures, on eutendit la voix de M. Gauchois qui oriait. —Faites venir M. Serge Mo- rain. À oet appel, une porte s'ou- vrit dans Je fond du magasin; un grand jeune homme parut, traversa le long couloir qui sé- pare les rayons où les marchen- dises sont amoncelées et gravit l'escalier tournant qui mène au oabinet des chefs de la maiseu. —Vous m'avez demandé ? fit- il, en saluant les denx associés. | — Oui, mon ami, dit gaiement M. (Gauohois. Comme vous êtes devenu notre plus précieux collaborateur, c'est par veus que neus commençons notre distri! bution des récompenses. M. Perria ajouta : | — Et nous allons vous donner quelque ehose qui vaudra mieux qu’une décoration. | Serge Morin s’inclina en sou- riant, M. Gauchois continua a-| veo bonhomie : —] y a six aus, mon ami, que vous êtes entré dans notre maison, pour aider à notre des sinateur qui se faisait vieux ; à eette epoque, vous aviez douze vents francs d'appointements.) Depuis deux ans, notre vieux dessinateur 8 pris sa retraite, et vous l'avez si bien remplacé, que uous avons pu porter vos appointements à quatre mille francs, en vous augmentant ré- gulièrement chaque année de six cent franes, suivant l'habi- tade absolue de notre maison. Aujourd'hui, roas voulons faire davantage de vous. L'année a été bonne ; nous avons reçu, de tous côtés, des complimegts sur les dessins de nos étoffes nou- velles. Et nous sommes dispo- sés à vous attacher à nous d’une façon définitive. Dans quel ques jours, nous préparerous un traité par lequel vous devien- drez notre employé intéressé Et, en attendant, nous vous an nonçons que vos appointments seront désormais de cinz mille francs... —À! Monsieur!..fit Serge, avee un mouvement de joie. — Etes vous satisfait ? deman- da M. Perrin. —Messiurs, je vous remer- cie.….Je suis heureux !...Et je me sais comment vous exprimer mon bonheur.…..Ah! m&@r:ci, Mes- sieurs ; merci, au r@n de mon père et au mien ! — Nous sommes aussi heu- reux que vous, mon cher Mo- rain, de pouvoir réaliser les rêves qua vous aviez faits. Je | } | pour lui demander ce qui s'était sopposera plus à vos projets d'avenir... —En effet, dit M. Perrin, d’un air malicieux, ce n'est pas seule- ment au nom de votre père que vous devez uous remercier. Je sais une jeune fille que cette nouvelle va combler de joie. Serge murmura doucement, comme parlant pour Iui seui: — Oh ! chère Thérèse ! Et, en même temps, une vive rougeur lui mentait au visage. — Mon ami reprit M. Gau- chois, veus direz aussi à votre père que nous voulons être vos témoins, le jour où vous épou- serez maderoiselle Grarancier. Serge pressa avec effusion les denx associés : il répéta, plu- sieurs fois, d’une voix émne : — À h ! merci !...…, meroi !… — Allons, adieu, et à demain! Le dessinateur sortit du ca- binet et redescendit au magasin, tandis que les patrons appelaient un nouvel employé.$Ses collègues l'arrêtèrent quelques instants passé. Ettous les félicitèrent de bon cœur, oar tous l'aimaient 1] regagna son bureau et rangea | 'wromptement les papiers quil Er une joie sans mélange. Serge Morain était le fils u- De fait le sacrifice de ces rêves ar- tistiques, pour suivre la volon- té de son père. 1llavait d'ail leurs en lui la confiance la plus absolue. Et comme M. Gau- chois était un vieil ami du com- maudant Morain,il avaïs pris Serge dans sa maison, où il avait rapidement fait son che- min, en qualité de dessinateur Le père et le fils vivaient dazs une umion et une félicité complètes, qui n'avaient failli être rompues qu'une fois, lors- que Serge avait demandé à son père la permission de se marier. 1] y avait un an de cela; et le commandant avait dit : —Non, mon garçon, mon, je ne te laisserai pas commettre la folie da te marier lorsque ta po- sition n’est pas plus assurée. Tu aimes Thérèse Garancier, et elle t'aime, il y a longtemps que je m'en suis aperçu : vous vous marierez...……. mais plus 0rg Vous êtes jeunes... Vous pouvez attendre, que diable ! Serge était incliné sans ré- pondre ; mais, pour la première fois, il avait trouvé pesant le jo i4g de son père, et pendant cette dernière année, if y avait eu une légèra contrainte entre eux. Desormais tout cela était fini ,; le jeune homme pensait lencombraient sa table de tra-|bieu que, lorsqu'il répéterait à LL. Le | : | vail ; puis il s’élança au dehors son père les bonnes paroles de avec cette légèreté que _—_— M. Gauochois, le commandant ne s'opposerait plus à son ma- riage. Aussi Serge Morain al- nique da commandant en re-|lait-il rapidement par les rues ; traite Louis Morain, dont Jeslil avait déjà franchi les boule- journaux ont eélébré la glo-|vards, la rue Auber, la rue du riense guerre de 1870. Sa mère, dont la sante avait toujours été dé- bile, n'avait pu résister aux cruelles émotions de l’année néfaste ; et quand ie comman- dant était entré à Paris, après la signature de la paix, il avait trouvé sa femme morte, et Serge malade. Le brave soldat avait donné aussitôt sa démission, et s'était consacré entièrement à l'éducation de son enfant. Serge était devenu un beau jeune homme. Très brun comme son père, il avait les yeux bleus si doux do sa mère et un sourire franc qui éclairait son visage un peu sévère. 1l avait toujours été sérieux et travailleur et avait obtenu les succès les plns brillants, dès ses premières an- uées de collège. Une fois ses études terminées, il s'en était rapporté à son père pour choisir la situation qui lui conviendrait le mieux. Ses goûts le por: taient vers une carrière artis- tique : mais le vieux soldat avait brusquement coupé 6e beau rêve : — Non, mon garçon, avait-il déclaré, non, je ne te laisserai pas devenir peintre. Si nous avions de la fortune, je te lais serais suivre ton penchant ; mais je ne Veux pas que tr traines la misère, je veux que tu aies une situation sérieuse; pour gagner de l'argent, quand ov est peintre, i! faut attendre tro] cngte mps. Tu cherchera: ddne un métier quite permette lésormois de gaguer ton pain, pense que, maintenant, rien pe | Serge avait immédiatement coudaite pendant la | Havre ; et maintenant il s’enga- geait dans la rue de Rome, où ils oscupaient un appartement donnant sur la gare St. Lazare. La nuit était venue ; on allu- mait les becs de gaz, Serge se représentait la bonne sofrée qu'il allait passer aveo son père ; il l'aimait doublement, car il avait reporté sur lui la tendresse qu'il aurait eue pour sa mère. ils dineraient gaiement, dans leur voquettesalle à manger, tapissée d'armes ;et puis ils iraient en- semble rendre une visite à da fa. mille Garancier. 11 s'était mis à courir. ilarriva enfin devant le muméro 66. Généralement, ii entrait tou- jours dans la ioge de Ja concicer- ge, afin de voir s'il nv avait au- eune lettre pour eux ; mais, ce soir-là, il n'avait pas le temps... 11 gravit les quatre étages en une minute, et s’arrêla tout es- soufilé devant leur porte. D'habitude, il frappait un pe- tit coup, et c'était son père, ren tré avant lui, qui venait ouvrir, parce qu'il ne fallait pas déran- ger leur bonne Julie, qui prépa- ‘ait le diner. 11 frappa, comme toujours, très doucement et at- tendit. Personne ne vint ou- vrir : cependant son père devait être là, car 1] entendait un bruit de conversotien. 11 allait son- 1er, quand, par une fenêtre de l'escalier, il vit qu'il n’y avait pas de lumière dans la cuisine. Julie n'était donc pas là. Puis il eut un sourire heureux. En collant son oreille contre la no7- to, lai a ’ait semblé distiaguer (Continuer à la 8me page.] Dr. Murphy PHY8ICIAN AND SURGEON First Prize Graduate New York Uriversity TONER, PES Carte Professionnelle Arsenault & McKenzie AVOCATS, &c. (Récemment chez Charles Russell et Cie., Londres) BUREAUX : Summerside et Charlottetown Aubin E. Arsenaiult, S’Side,. H. R. Mackenzie, Ch‘Town. ARGENT À PRETER À. À. McLean, Q. c. 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